Quand elle vit que le vieillard s'adressait à elle directement, leva les yeux et haussa légèrement les sourcils :
« Vous voulez voyager avec nous ? »
« En fait, il se trouve simplement que nous semblons prendre la même direction. Puisque c'est le cas, nous ne pouvons pas continuer à marcher derrière vous en vous laissant affronter le danger devant. »
Le vieillard dit cela en gardant le sourire aux lèvres. Il paraissait très courtois, mais ne semblait pas témoigner beaucoup de respect à . Après tout, l'autre partie n'était qu'une femme, et qui plus est une femme enceinte qui ne connaissait pas sa place.
« Je vois ! » répondit sur le ton de la conversation et regarda le vieillard en esquissant un sourire : « Puisque vous vous sentez mal à l'aise de marcher derrière nous, alors vous pouvez passer devant nous ! »
Le vieillard fut saisi d'étonnement en entendant cela. Une pointe de stupeur traversa son regard, il n'avait manifestement pas prévu qu'elle dise cela.
Les jeunes gens qui l'accompagnaient regardèrent aussi avec stupeur. Dans des circonstances normales, s'ils avaient tenu de tels propos, n'auraient-ils pas dû obtenir un accord immédiat ? Après tout, leur équipe comptait près de cent personnes, toutes des éléments d'élite.
De leur côté, ils n'avaient que vingt mercenaires plus quelques jeunes maîtres aristocrates, deux femmes et une femme enceinte en rouge. Une chose était de se promener dehors avec une telle équipe, mais s'enfoncer dans les profondeurs de la forêt en était une autre. À présent, ils leur tendaient une perche, mais on ne leur savait pas gré de leur bienveillance.
L'homme qui portait le nom d'Ouyang fronça légèrement les sourcils en entendant les paroles de et estima que cette femme n'avait que la beauté, pas l'intelligence. D'abord, il avait trouvé qu'elle avait une allure extraordinaire, aussi n'avait-il pas déployé son aura de supériorité. Qui croyait-elle être pour parler ainsi ?
Son opinion sur elle chuta immédiatement. Dans le monde de la culture immortelle, il ne manquait pas de belles femmes. Même si cette femme avait une apparence de fée, sans sagesse ni force, elle ne finirait qu'en jouet d'un expert suprême.
Ils n'avaient pas à accorder d'attention à ce genre de femme.
C'est pourquoi il dit à Jin Yifeng à ses côtés : « Capitaine Jin, dans ce cas, nous passerons devant. » Ayant dit cela, il mena son équipe et partit.
Jin Yifeng secoua imperceptiblement la tête en les regardant tourner les talons et s'éloigner. Il pouvait voir qu'ils étaient extrêmement mécontents de la réponse de Madame Xuanyuan. Cependant, à son avis, Madame Xuanyuan n'avait aucune intention malveillante en prononçant ces mots, elle ne faisait qu'énoncer les faits.
Puisqu'ils étaient gênés et mal à l'aise de les suivre, ils pouvaient passer devant ! Le chemin n'appartenait à personne, personne n'aurait rien à dire s'ils allaient chacun de leur côté.
Toutefois, après que le Patriarche Ouyang et les siens eurent entendu les paroles de Madame Xuanyuan, ils estimèrent qu'elle ne savait pas ce qui était bon pour elle. C'était parce qu'ils ne savaient pas à quel point étaient forts les gens autour de Madame Xuanyuan. Cette nuit-là, et les autres se reposèrent sur place. Il faisait déjà nuit lorsqu'ils étaient entrés dans cette zone, aussi se reposèrent-ils cette nuit-là et partirent le lendemain matin. Ainsi, ils pourraient tous bien se reposer et éviter les dangers potentiels de la nuit.
Cependant, comme le Patriarche Ouyang et sa famille voulaient passer devant, ils ne s'arrêtèrent pas pour se reposer cette nuit-là et continuèrent d'avancer…
Peut-être était-ce parce que l'autre partie les avait devancés cette nuit-là que, dans les jours qui suivirent, et les autres ne croisèrent plus la famille Ouyang. Quelques jours plus tard, après qu'ils eurent pénétré la zone la plus intérieure de la forêt, Jin Yifeng examina les traces laissées sur le sentier et son cœur ne put s'empêcher de faire un bond. Les gouttes de sang qui tombaient des mauvaises herbes le clouèrent sur place.