Quatre calèches tirées par des chevaux étaient arrêtées à mi-pente d'un chemin de montagne, et des dizaines d'hommes en noir se battaient contre les gardes qui les escortaient. Il semblait que les passagers des calèches étaient pour la plupart des femmes, des enfants et des personnes âgées. On percevait faiblement, depuis l'intérieur, le son de voix d'enfants. Alors que la dernière calèche était fendue en deux par un coup d'épée et se renversait de part et d'autre, les jeunes femmes et les enfants qui s'y blottissaient apparurent à la vue de tous.
Les appels à l'aide furent noyés dans le fracas chaotique des lames. Quand il entendit les cris venant de derrière, l'homme d'âge mûr qui se battait contre les hommes en noir à l'avant fut distrait. Voulant se retourner, il baissa sa garde et son bras fut entaillé par une épée.
« Maître ! » À cette vue, une femme poussa un cri et se précipita à ses côtés pour parer le coup qui arrivait.
Des étincelles jaillirent au choc des épées. Bien que la femme fût habile, il lui devint de plus en plus difficile de faire face aux assauts, assiégée qu'elle était par de multiples armes de tous côtés.
« Madame, ne vous souciez pas de moi ! Allez protéger les enfants ! » L'homme d'âge mûr dit avec anxiété, ignorant son bras inerte qui saignait encore. Il couvrait sa femme de son corps tout en tenant l'épée pour repousser les agresseurs pendant qu'elle se retirait vers la calèche, où se trouvaient leurs enfants.
La femme était tout aussi anxieuse. C'étaient ses enfants ; bien sûr, elle ferait n'importe quoi pour les protéger. Cependant, il y avait deux ou trois calèches entre eux et les hommes en noir qui se comptaient par dizaines. De plus, ceux-ci étaient bien plus habiles que leurs gardes. Elle savait qu'il était impossible de protéger les deux côtés.
Plusieurs enfants à l'arrière étaient protégés par les gardes. Ils étaient peut-être terrifiés, mais indemnes. Pourtant, ces hommes en noir attaquaient avec des coups mortels, montrant clairement qu'ils ne laisseraient aucun survivant. Peu à peu, les gardes blessés ne purent plus tenir.
Une intention d'épée jaillit et trancha le toit de la seconde calèche, révélant à l'intérieur un vieillard inconscient et son garde.
« Père ! » Quand l'homme d'âge mûr vit le toit de la calèche arraché et plusieurs hommes en noir bondir l'épée au poing pour l'attaquer, son visage changea et il fonça vers eux.
« Maître, prenez garde ! » La femme se retourna juste à temps pour voir un homme en noir planter son épée vers son mari. Dans un élan désespéré, elle se jeta sur l'assaillant, qui tourna alors sa lame et la dirigea vers son dos.
Le plus jeune des enfants, apercevant cette scène, se dégagea de ses protecteurs et courut vers sa mère. Tous deux furent saisis par ce geste.
La mère hurla de désespoir, d'une voix haute et lamentable, en voyant son enfant sans défense courir vers l'épée.
Aucune mère ne saurait supporter l'agonie de voir son enfant tué sous ses yeux.
Peut-être sentant que la vie de l'enfant était en danger, elle se redressa frénétiquement depuis le sol, ignorant les épées qui la lacéraient, et se jeta sur lui, le protégeant de son corps.
L'homme d'âge mûr qui venait de secourir son père pâlit et se rua en avant en voyant plusieurs lames acérées s'abattre sur elle. Même s'il était rapide, il ne pouvait pas devancer les lames fatales qui se refermaient sur elle…