« Ces loups sont encore là ? Ils..... Ils vont continuer à nous suivre ? » Il fut soudain assez choqué. Ils avaient marché une sacrée distance et il n'avait pas réalisé qu'une meute de plus d'une dizaine de loups les suivait derrière eux.
Il n'osait l'imaginer. S'ils avaient été pris totalement au dépourvu et que ces loups s'étaient jetés sur eux, quel en aurait été le résultat.....
« Pas de souci. Ils n'oseraient pas s'élancer sur nous. Ils attendent juste une occasion. » Feng Jiu lança un bref coup d'œil aux loups, puis se retourna et continua de marcher.
Elle savait qu'après avoir brutalement et impitoyablement tué quelques-uns de ces loups, cela avait déjà servi de dissuasion efficace pour le reste de la meute et qu'ils n'oseraient plus charger imprudemment sur eux. Les loups savaient pertinemment que le moindre faux pas de leur part ne signifierait que mort certaine pour eux !
Mais les loups ne voulaient pas simplement partir, alors ils avaient suivi le duo à distance, guettant une chance.
« On va juste les laisser nous suivre derrière nous ? » L'homme demanda, choqué, voyant que le petit mendiant ne semblait pas le moins du monde préoccupé, et trouva cela plutôt étrange.
[Le petit mendiant était manifestement bien plus jeune que lui, comment avait-il pu acquérir un tel cran et de telles compétences prodigieuses ?]
Feng Jiu s'arrêta net et fixa l'homme droit dans les yeux. « Ou tu veux aller les chasser ? »
« Hein !? ..... Je pense qu'il n'y a pas besoin. Laisse-les donc ! » Il sourit bêtement et se gratta la tête, impuissant.
Ainsi, si quelqu'un se trouvait à proximité, il verrait alors cette étrange scène passer.
Deux types avançant nonchalamment devant, et sur leurs talons, à une dizaine de mètres derrière eux, une meute de plus de dix loups gris affamés salivant abondamment aux mâchoires.....
« Petit, tu penses que ce qui est gravé sur ce bijou de jade pourrait être mon nom ? » Il tendit un morceau de jade à Feng Jiu en disant : « Il était à l'origine suspendu à mon cou. »
Feng Jiu prit le morceau de jade et l'examina. Il y avait vraiment trois mots gravés dessus qui disaient : « Guan Xi Lin ? »
Sa voix marqua une pause tandis qu'elle fixait l'homme un instant avant de demander : « Tu t'appelles Guan Xi Lin ? »
« Je pense que c'est possible. »
Elle lui rendit le pendentif de jade et dit en riant : « Je m'étais imaginé que tu pourrais t'appeler une grosse brute ! »
Guan Xi Lin regarda le petit mendiant sans un mot, mais sagement n'en dit pas davantage.
Ils parcoururent encore un bout de chemin et la meute de loups les suivait toujours derrière, ne montrant aucun signe de départ.
Jusqu'à ce que Guan Xi Lin renifle et grinça des dents vers Feng Jiu pour dire : « Petit, y a du monde devant, dépêchons-nous de les rattraper. Si ces gens nous laissent les suivre, alors ces loups qui nous suivent n'oseront plus jamais nous attaquer. »
« Du monde ? Comment le sais-tu ? » Elle scruta devant, et mis à part des arbres et des herbes, elle ne vit pas le moindre signe de qui que ce soit là-bas.
Il hocha la tête avec insistance : « Y en a, c'est sûr ! Je sens l'odeur de viande qui rôtit. »
« L'odeur de viande qui rôtit ? Comment se fait-il que je ne la sente pas ? » Marmonna-t-elle en continuant de marcher encore une distance. Au bout d'un moment, elle put vraiment sentir l'arôme de viande qui rôtit et elle entendit faiblement des voix de gens qui parlaient. Elle lança immédiatement un regard inquisiteur à Guan Xi Lin à côté d'elle.
[A-t-il le nez d'un chien de chasse ?]
« Hé hé, tu vois ? Je t'avais dit qu'il y avait du monde ici ! » Dit-il en riant : « Allons-y, quand on y sera et qu'ils nous laisseront les suivre, on n'aura plus à craindre même si on croise d'autres bêtes sauvages. »
« Tu crois que les gens vont nous laisser entrer dans leur groupe aussi facilement ? » Elle le dévisagea puis dit : « Moi seule serais assez libre pour te laisser me coller aux basques. »
Le voyant planté là, hébété, l'air impuissant, Feng Jiu le dévisagea et continua : « Cet endroit s'appelle les Bois des Neuf Pièges et il est rempli de nombreuses bêtes féroces. Dans un lieu si truffé de dangers sans fin, qu'est-ce que tu crois que les autres penseront en voyant deux inconnus surgir soudain vers eux ? »
« Quoi..... qu'est-ce qu'ils penseront ? » Demanda-t-il curieusement, ne comprenant pas la situation.
« Abruti ! Ils penseront quelles arrière-pensées nous avons à nous approcher d'eux ! »
« Alors on fait quoi ? »
Le regard de Feng Jiu changea, et ses lèvres s'étirèrent en un sourire sinistre : « C'est bon. J'ai un plan. Regarde-moi faire. »