Du sommet de la pente, elle dévala jusqu'en bas et ne s'arrêta que lorsque son corps vint heurter un arbre. La douleur lui arracha un grognement et elle resta étendue au sol un moment, incapable de se relever.
Ce ne fut qu'après un laps de temps qu'elle souffla, toujours allongée, les yeux levés vers le ciel, songeant que s'enfuir de cet endroit, le Palais des Enfers, n'avait pas été chose aisée.
Ce ne fut que lorsqu'elle parvint à sortir du réseau de barrière du Palais des Enfers qu'elle réalisa que le lieu était ceint de montagnes sur trois côtés, ne laissant qu'une unique issue. Mais puisqu'elle fuyait cet endroit, il allait de soi qu'elle ne pouvait emprunter cette voie ; elle avait donc gravi la montagne, ce qui lui avait pris la nuit entière, franchissant plus de dix formations de barrière et une frontière ensorcelée avant d'arriver ici.
Heureusement, ses puissances mystiques, qui avaient été scellées, s'étaient brisées et libérées grâce à son utilisation de la puissance spirituelle, sans quoi elle aurait fort bien pu être reprise.
Après s'être reposée un moment, elle se releva et scruta les alentours, suivant son instinct pour choisir une direction, songeant à contacter Leng Shuang en premier dès qu'elle sortirait de là, afin que celle-ci cesse de s'inquiéter après si longtemps sans nouvelles.
Mais ce qu'elle n'avait pas envisagé, c'était qu'elle ignorait totalement où elle se trouvait, et que chaque scène qui s'offrit à elle ensuite fut si horrifi qu'elle en resta fortement stupéfiée...
Si on l'avait projetée droit dans les cieux à cet instant, elle aurait vu que l'endroit où elle se tenait était entièrement cerclé de forêts denses s'étendant sur des lieues et des lieues. Songer à en sortir à pied ? Hah, sans y passer au moins sept ou huit jours, il n'y fallait même pas songer.
Marchant seule dans la forêt, elle regardait à gauche, épiait à droite, trouvant l'endroit un peu étrange. Elle constata qu'un petit drapeau coloré était planté çà et là par endroits, et qu'une formation de barrière jalonnait chaque portion de chemin, certaines piégées de dangers, d'autres n'étant que de déroutants réseaux labyrinthiques.
« Étrange, quel genre d'endroit est-ce ? »
Elle marmonna pour elle-même en marchant, quand tout à coup elle aperçut devant elle deux jeunes gens s'appuyant l'un sur l'autre, assis et haletant sous un arbre. Ses yeux s'illuminèrent aussitôt et elle fit quelques pas rapides pour dire : « Ces deux Jeunes Maîtres, puis-je vous demander... »
Avant qu'elle n'ait achevé sa phrase, les deux individus avaient déjà bondi sur leurs pieds au son de sa voix et s'étaient mis à fuir sans même lui jeter un regard.
Elle resta un instant interdite. Elle marchait déjà depuis une bonne demi-journée avant de tomber enfin sur ces deux personnes. Quoi qu'il en soit, elle ne devait pas les laisser partir. Elle se lança donc à leur poursuite en criant : « Hé ! Jeune Maître ! Inutile de courir ! Je demande simplement mon chemin ! »
Cependant, elle aurait mieux fait de ne pas crier. À l'entendre, les deux hommes coururent encore plus vite !
« Phew ! Qu'est-ce qui se passe ! ? » Elle souffla, les sourcils froncés, fixant les deux silhouettes. Elle ne les poursuivait pas de trop près, se contentant de les suivre sans se presser, songeant qu'en les suivant simplement, elle finirait bien par sortir de cet endroit, non ?
Mais, si elle n'était pas anxieuse, elle poussait les deux jeunes gens au bord de la crise de nerfs.
« De quelle secte est cet individu ! ? Pourquoi nous poursuit-il encore après nous avoir chassés si longtemps ! ? Qu'est-ce qu'il peut bien vouloir ! ? »
L'un d'eux ruisselait de sueur, le visage tordu par la panique. Lorsqu'il se retourna et vit cette silhouette rouge à une trentaine de mètres derrière eux, le suivant tranquillement, il ne put s'empêcher de pousser un cri lamentable.
« Houf ! Houf ! Je ne peux plus courir ! Même si je dois mourir ! » L'autre jeune homme, légèrement bedonnant, hurla en s'effondrant au sol. Il lança un regard noir à Feng Jiu derrière lui et cria : « De quelle secte viens-tu ! ? N'est-ce pas assez de nous avoir suivis si longtemps déjà ! ? »
Voyant qu'ils ne couraient plus, Feng Jiu accéléra le pas pour les rejoindre, la bouche fendue en un grand sourire tandis qu'elle toisait les deux jeunes hommes sur leurs gardes et dit : « Je ne suis que quelqu'un qui cherche son chemin. Pourquoi fuyez-vous tous les deux ? »
« Qu... Quoi ? Dem... Demander son chemin ? »
Les deux hommes restèrent stupéfaits, fixant Feng Jiu avec un ahurissement total avant de lui demander : « Demander son chemin pour où ! ? Tu ne sais pas où se trouve cet endroit ! ? »