Les deux femmes ressentirent une légère tremble au cœur après qu'il eut balayé sur elles son regard féroce. Pourtant, en pensant à leur cadette qui avait été chassée de la pièce, elles serrèrent les dents et dégainèrent les épées ceintes à leur taille.
À cette vue, l'homme fronça les sourcils, s'avança d'un pas décidé et engagea le combat contre les deux femmes au deuxième étage.
Bien que les deux femmes l'attaquassent l'épée à la main, il n'avait pas sorti d'arme et semblait parer leurs assauts avec une aisance déconcertante. Il était évident que sa force surpassait de loin celle des deux femmes.
Quand il vit la scène, le tenancier se replia vers l'escalier pour éviter d'être mêlé à la bagarre et cria : « Hé, vous trois, vous trois là-bas, ne vous battez pas, arrêtez... »
On entendait le sifflement de l'intention d'épée frôler la robe de l'homme. Une trace de sang suinta de son bras et teignit son vêtement de rouge.
À la vue de sa blessure, le visage de l'homme s'assombrit. Au départ, il n'avait pas l'intention de tuer, mais comme ces deux femmes semblaient décidées à le faire, il ne pouvait naturellement pas faire preuve de clémence.
« Tu cherches la mort ? »
Une voix basse et glaciale sortit de la bouche de l'homme, puis son corps se mouva et sa vitesse augmenta instantanément. En un clin d'œil, il avait saisi le poignet de l'une des femmes et la plaqua au sol, faisant tomber son épée longue. Dans le même mouvement, il projeta la seconde femme du deuxième étage d'un simple geste de la main.
La femme qui avait été soulevée et jetée au premier étage poussa un cri en tentant de se stabiliser pendant sa chute. Pourtant, elle perdit l'équilibre et ne parvint pas à se rattraper. À cet instant, l'autre femme qui soutenait la blessée au premier étage vit la scène et se précipita pour rattraper celle qui tombait.
« Troisième Grande Sœur ! »
Bien qu'elle l'eût attrapée, la vitesse et la force employées pour la projeter en bas étaient si grandes qu'elle ne put stabiliser toutes les deux. Elles furent toutes deux affectées par cette force invisible et s'écrasèrent au sol.
« Ouf ! » Les deux femmes tombèrent au sol et gémirent. Comme la force avait été stoppée à mi-course, bien qu'elles fussent tombées, elles n'étaient pas blessées.
« Troisième Grande Sœur, occupe-toi de Septième Petite Sœur. J'irai aider Première Grande Sœur. » Dit la femme avant de bondir sur la pointe des pieds vers le deuxième étage.
Quand les clients du premier étage virent le combat, certains réglèrent immédiatement leur note et partirent, ne voulant pas s'attirer d'ennuis. D'autres se replièrent vers l'entrée et regardèrent depuis l'extérieur. Le vaste premier étage était vide, hormis les deux femmes blessées. Personne n'avait remarqué dans son coin, en train de manger de la viande et de boire du vin.
Il n'était pas étonnant que personne ne l'ait remarquée. Elle était assise dans un coin pour commencer. Maintenant que toute l'attention était portée sur le deuxième étage, naturellement, personne ne prêterait attention aux recoins du premier.
Après avoir siroté une gorgée de vin, saisit un morceau de travers de porc et se mit à le manger en regardant le combat des trois personnes au deuxième étage, comme si elle assistait à un spectacle.
L'homme était manifestement quelqu'un qui cachait son jeu, sans parler des deux femmes, même s'il y avait eu quatre hommes contre lui, ils n'auraient pas fait le poids, d'ailleurs...
Son regard se porta sur les autres chambres privées du deuxième étage. Auparavant, les portes étaient closes, mais à un moment donné, elles s'étaient ouvertes, et des gens se tenaient maintenant sur le pas de leur porte à observer le combat des trois personnes.
Les gens dans les autres chambres privées n'avaient pas l'air d'être des gens du coin. À en juger par la façon dont ils tenaient leurs couteaux devant leur poitrine, pourraient-ils être des cultivateurs immortels venus d'ailleurs ?
Pourraient-ils être là pour le Palais de la Nuit d'Ombre ? Juste à cet instant, à ce moment précis, un cri perçant retentit.