Sa blessure n'est pas encore stable, donc tant qu'il est alité, essayez de ne pas le bouger outre mesure. Évitez aussi de laisser qui que ce soit lui rendre visite ces prochains jours, de peur de gêner son traitement et de déplacer à nouveau l'alignement de ses os.
Alors que donnait ses instructions, elle n'entendit aucune réponse de sa part. Elle leva donc la tête vers lui et le vit la fixer béatement, une expression étrange sur le visage. Elle demanda : « Qu'y a-t-il ? »
Luo Heng sortit de sa rêverie, jeta un œil aux médicaments, puis demanda : « D'où les tiens-tu ? Ne me dis pas que tu les as fabriqués toi-même ? »
Bien que ce ne fussent pas des pilules médicinales, c'étaient des médicaments liquides, et seul un alchimiste pouvait les confectionner. Il n'était qu'un garçon de courses, comment savait-il préparer des remèdes que leurs alchimistes ignoraient ?
sourit et répondit : « Ne te l'ai-je pas dit plus tôt ? C'est une recette secrète de famille, cette pommade n'a d'autre usage que de soigner les mains, les pieds et les os brisés. Quant aux autres médicaments liquides, ce sont des cadeaux d'autrui. Même si je ne sais pas raffiner des médicaments, mon Sac Cosmos est rempli de toutes les pilules que vous m'avez données ! Il y en a pas mal. »
En entendant cela, bien que Luo Heng fût perplexe, il reconnut que son explication tenait la route. Ce gars n'était qu'un garçon de courses, mais comme il était très efficace et avait le verbe haut, maints alchimistes lui avaient souvent offert des pilules de grade inférieur en récompense.
Il n'était donc nullement surprenant que possède des médicaments liquides que certains alchimistes étaient incapables de produire.
« Très bien, je retiendrai tout ce que tu as dit. » Il hocha la tête, rangea les médicaments sur la table, se tourna vers et dit : « Laisse Frère aîné Chen avec moi. J'ai noté toutes tes instructions. Ne t'inquiète pas ! »
« D'accord. » acquiesça et donna encore quelques consignes avant de partir.
Ce jour-là, elle avait voulu profiter du prétexte de livrer des élixirs au Huitième Pic pour rendre visite à sa mère. Pourtant, à peine eut-elle franchi le seuil de sa demeure troglodytique qu'elle l'aperçut marchant non loin.
Elle resta un instant saisie, puis s'avança vivement : « Oncle Martial, que se passe-t-il ? » C'était assez drôle, en y songeant : c'était sa mère, elles connaissaient leurs identités respectives, pourtant elle l'appelait encore Oncle Martial.
« Tu vis ici ? » Shangguan Wanrong jeta un coup d'œil à l'humble demeure troglodytique derrière elle et fronça légèrement les sourcils.
« Les garçons de courses logent ici. » Elle sourit, ses yeux se plissant en croissants : « Veux-tu entrer t'asseoir ? »
« Oui. » Shangguan Wanrong acquiesça et pénétra dans la demeure troglodytique avec elle.
Une fois à l'intérieur, elle constata que la grotte n'était pas seulement exigüe, mais aussi sommairement aménagée. Il n'y avait même pas d'endroit pour se laver. En songeant qu'elle n'avait pas un lieu où se baigner tranquillement, elle ressentit une pointe de culpabilité.
Ce n'était que parce qu'elle était venue la chercher qu'elle vivait dans un tel endroit et était devenue une disciple garçon de courses du Troisième Pic du Soleil. Non seulement elle avait failli à prendre soin d'elle en mère toutes ces années, mais elle l'avait en plus laissée mener une vie si dure. Ce n'était pas juste.
« Assieds-toi. » fit un geste et lui versa une tasse de thé. Elle la regarda ensuite avec espoir et demanda : « Puis-je t'appeler mère ? »
À ces mots, le cœur de Shangguan Wanrong tressaillit ; elle releva la tête vers sa fille. Les yeux lui brûlaient tandis qu'elle prenait ses mains et lui caressait le visage. Elle demanda tout bas : « Alors, écouteras-tu ce que mère a à te dire ? »
Le visage de s'illumina d'un sourire ravi en entendant cela, et elle répondit : « Mère, que veux-tu me dire ? » Son père serait si heureux d'apprendre qu'elle avait retrouvé sa mère.
« Pars d'ici, pars vite et retourne auprès de ton père. »