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Loner Life in Another World

Chapitre 280

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Chapitre 280

Chapitre 280

Chapitre 280/30492%~9 min de lecture1 693 mots

Et le matin est arrivé, encore une fois. Haruka va nous quitter, ne serait-ce que pour un moment. Et le problème, c'est qu'il a un palmarès à cent pour cent : jusqu'à maintenant, pas une seule fois, il n'a été seul sans faire quelque chose de dangereux. C'est une certitude angoissante.

« Bon, je file. De l'autre côté, les ennuis ne vont pas éclater tout de suite, alors ne te presse pas, d'accord ? Mais si on m'appelle, accourez. En revanche, venez seulement quand vous serez prêtes, en tenue de combat complète, armes au poing, sérieuses. Parce que si j'appelle, c'est que c'est sérieux. Si j'appelle pas, c'est que ça va. Donc tenez-vous prêtes, rien que pour la préparation. »

Je ne comprends pas pourquoi se planter seul devant une armée de plus de trente mille n'est « pas un problème », alors que la suite l'est, mais elle le pense vraiment.

« C'est bon. On gère ici. Et la prochaine fois, on viendra, c'est promis. Alors appelle-nous quand tu veux. Pour ça, on s'est préparées tout ce temps. Pas pour être protégées par Haruka, mais pour combattre *avec* lui. Donc la préparation, la détermination, c'est bon de notre côté. Bonne route. Mais fais gaffe, vraiment, sérieusement, à fond. »

« Je m'en vais ? Enfin, si on y réfléchit, la maison c'est la Frontière, donc ça revient à "je rentre chez moi" ? »

Pourquoi ses derniers mots avant de partir seul à la guerre, c'est « je rentre chez moi » ? On dirait une épouse violente qui, après une dispute de couple où même le chien ne voudrait pas fourrer son nez, va défouler sa rage sur une armée. Mais si c'est *cette* épouse, l'armée prendrait la poudre d'escampette.

« « « Bonne route ~ ! » » »

« « « Frère, c'est une promesse, hein ~ » » »

Au petit-déjeuner, Haruka a parlé avec chaque enfant, un par un. Il a promis d'emmener ceux qui le voulaient à la Frontière, et ils ont scellé ça par un petit doigt crocheté. La crédibilité d'un serment scellé par quelqu'un qui possède « Régénération » — et la personnalité de ce quelqu'un — est une autre question, mais il l'a fait, correctement.

Du coup, les enfants ont pu lui dire au revoir en souriant.

Ici, on doit protéger cette boutique de souvenirs qui est le point névralgique du ravitaillement. Et on doit tenir jusqu'à ce que tous les gens de la capitale soient libérés sains et saufs. C'est pour ça qu'on doit rester. C'est frustrant. Même si on l'a bien compris avec la tête, même si on en a discuté toutes ensemble et qu'on s'est mises d'accord, c'est frustrant. Encore une fois, il est parti tout seul.

Encore une fois, sans Angélique-san, sans Slime-san, juste lui, tout seul. Et comme on l'a vu tant de fois, il a disparu, flânant, comme d'habitude.

« Parce que les gens de la capitale, faut les protéger. Alors il faut les filles qui savent se battre là-bas. Le château Muri Muri, c'est juste du massacre, donc moi je suffit. Le bon homme au bon endroit, au bon moment, à la bonne sauce. Si on y réfléchit bien, ça a l'air d'être un plan magnifique, alors je me sens plutôt bien, en fait ? »

Apparemment, c'est le plan. Mais le fait qu'elle dise « ça a l'air d'être un plan » veut dire qu'elle a juste eu l'idée sur le moment et qu'en fait, y'a pas de plan. S'en inquiéter, c'est perdre.

« Allez, on se met à préparer l'ouverture. Faut bien arnaquer les clients pour faire un max de bénéfices, sinon la pauvre miséreuse qui se prend pour une grande dame va nous engueuler parce qu'on a moins de fric qu'elle ~ »

« « « Com-pris ~ » » »

La troisième division s'est effondrée, il ne reste que quelques milliers d'hommes, mais les armées nobles des provinces se sont rassemblées, des bandes de mercenaires ont été recrutées, des hors-la-loi se sont joints à eux, le total monte à trente et un mille. Et ça continue d'augmenter.

Mais le nombre, on s'en fiche. Le danger, c'est le soutien du Pays de l'Église.

Des artefacts magiques, une préparation pour surpasser le Faux Labyrinthe, et la puissance pour faire tomber le château Muri Muri. Ils viennent parce qu'ils sont confiants. Enfin, c'est sûrement de la surenchère.

Comme l'adversaire a des cartes en main, Haruka prépare la carte au-dessus.

Franchement, provoquer Haruka dans un concours de harcèlement, ce n'est même plus de l'outrecuidance, c'est de la candidature au suicide. Si le Royaume ou le Pays de l'Église avaient quelqu'un capable de harceler, piéger, duper ou plumer Haruka à son niveau, l'autre monde serait unifié depuis longtemps ou détruit depuis longtemps.

À l'étranger, parait-il, dans pas mal de cultures, s'excuser ou baisser la tête, c'est perdre. Mais foncer sur Haruka avec une attitude hautaine, c'est sûr qu'on se fait écraser à un taux de compression maximal.

S'ils s'étaient contentés de s'excuser et d'acheter des pierres magiques, il ne se serait rien passé. Au contraire, Haruka visait exactement ça et bossait en cachette depuis tout ce temps.

Et pourtant, ça a viré à la guerre. Du coup, Haruka se tient seul sur le champ de bataille et doit tuer. Il a tout fait pour éviter la guerre, il a tout tenté pour empêcher le chaos, il a maintenu un espace de dialogue jusqu'au bout, et tout a été vain.

Il a fait des efforts pour que la guerre n'ait pas lieu, il s'est démener corps et âme pour éviter le conflit, il est allé jusqu'au bout, et ça n'a pas marché. Si l'Église ou les dieux disent que c'est pas permis, alors tant pis, on n'a pas besoin de leur permission. Haruka continue de se débattre pour construire un avenir où lui seul pourrait vivre en paix, heureux, en s'amusant. Mais un dieu qui ne fait même pas ça, on n'a pas envie qu'il nous pardonne, qu'il nous reconnaisse, qu'il nous loue. Si c'est ça, l'enseignement de ce dieu, on le lui renvoie emballé dans du papier cadeau avec un ruban, décoré de strass, illuminé au néon, avec une boule à facettes, et en port dû, s'il vous plaît !

Elle voulait juste rêver au bonheur de la Frontière.

Elle voulait juste que tout le monde puisse sourire.

Même ce tout petit souhait, il y a des dieux qui refusent de l'accorder. Un tel dieu n'a aucune raison d'exister.

Un dieu qui ne peut pas exaucer ce vœu ne devrait pas exister. Au contraire, c'est nous qui ne pouvons pas le pardonner !

Si dieu c'est la justice et qu'Haruka qui lui résiste c'est le mal, alors on sera le mal. On n'a pas besoin d'une telle justice.

Si rêver au bonheur et faire en sorte que tout le monde sourie, c'est aller contre dieu et être le mal, alors on n'a plus besoin de discussions ni de négociations. On n'a pas envie d'écouter un tel enseignement, pas envie de le pardonner.

On est vraiment en colère.

Parce qu'on n'a même pas reconnu ce minuscule bonheur qu'Haruka essayait de construire. Sans savoir à quel point c'était dur, à quel point cette Frontière est devenue heureuse !

On est vraiment en colère.

Parce qu'on sait à quel point cette Frontière heureuse est précieuse, merveilleuse, belle, miraculeuse. Parce qu'on sait combien Haruka s'est battu.

On est vraiment furieuses.

Il visait juste une fin où la Frontière est protégée, où la guerre n'éclate pas, où personne ne meurt. Il visait ça en secret, en faisant semblant de ne pas y toucher, en bossant comme une dingue. Et tout a été gâché, tout a été transformé en bouillie, et en plus ils essaient d'envahir la Frontière. Y'a pas moyen de ne pas être en colère. Y'a pas moyen de pardonner ça. Parce qu'ils ont piétiné en bottes les sentiments d'un bon gars qui ne croyait qu'au happy end !

Haruka se battait juste pour le tout petit bonheur de la Frontière.

Haruka s'énerve pour les autres, souffre pour les autres, pleure pour les autres, se bat pour les autres. Quel que soit le faux-semblant de méchanceté qu'il affiche, au final, il fait juste un grand tapage pour le bonheur de quelqu'un. Il ne pense pas à lui, il se laisse pour compte, il balance même sa vie comme une vieille chaussette. Il s'énerve pour les autres, pleure pour les autres, et pour lui, il ne fait rien.

Alors on s'énerve à sa place. Puisque Haruka ne s'énerve que pour les autres, on s'énerve pour lui. Et on s'énerve à mort, parce que c'est trop horrible, et que c'est trop pitoyable.

Donc, on est vraiment furieuses.

Haruka s'inquiète jusqu'au bout de nous mettre en danger. Il regrette de nous impliquer dans le conflit.

Mais c'est déjà *notre* bataille, depuis longtemps. Parce qu'on est vraiment furieuses. Et on va s'énerver pour Haruka, pour sa part à lui. C'est *notre* colère, à nous ! C'est *notre* guerre, à nous. Pas parce qu'on est entraînées, pas parce qu'on est sans lien. Nous-mêmes, on est furieuses. Parce que c'est absolument impardonnable !

Ils ont piétiné et insulté les sentiments d'Haruka, les pensées d'Haruka, le petit bonheur qu'Haruka souhaitait, ce rêve qui voulait juste protéger. C'est pour ça que c'est absolument impardonnable ! C'est pour ça qu'on ne pardonnera absolument pas !

C'est ça, le consensus de la réunion des filles. C'est ça, la vraie intention de la réunion des filles.

Donc, on en finit avec la capitale, ici et maintenant. Nous, on va à la Frontière.

Aujourd'hui, deux boutiques plus le colportage, on va être ultra-occupées. Avec l'offensive de cette boutique de souvenirs, on fait tomber la capitale. Comme ça, la capitale tombe.

Le scénario jusqu'à la fin est déjà écrit, la scène et les acteurs sont prêts. Ça marchera à coup sûr. Parce qu'un scénario aussi vicieux, j'en ai jamais vu !

Avec ça, c'est sûr, elle tombe. Y'a aucune chance qu'elle tienne.

La capitale, réputée imprenable et d'une solidité de fer, va se faire avoir par du kabayaki et des soldes. C'est déjà décidé.

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