Aller au contenu principal

Loner Life in Another World

Chapitre 243

Loner Life in Another WorldLoner Life in Another World
Chapitre 243

Chapitre 243

Chapitre 243/29483%~9 min de lecture1 603 mots

Le poids de son autorité me fit reculer, me rétrécir sur moi-même. Le vice-roi, représentant du roi, avait beau faire piètre figure, son interlocuteur était le chef de la famille Omui, lignée de héros, et qui plus est le seigneur de guerre Mérotosamu en personne. Nous, qui ne devions notre rang qu'à notre naissance dans la famille royale, n'avions pas le même calibre.

Qui plus est, rien que la solennité écrasante de cette salle de conférence où l'on nous avait conduits suffisait à intimider non seulement les fonctionnaires du royaume, mais jusqu'aux officiers militaires. Voilà ce qu'était le roi des marches, Omui.

Mais que je tremble ou que je me fige, cette vie, cette existence, je les avais déjà jetées. J'étais venu livrer ma tête sur un plateau. J'étais venu marchander avec cette tête.

« Même en échange de ma tête, de celle du vice-roi, vous maintenez que c'est impossible ? C'est le seul levier qui nous reste pour amener les nobles à la table des négociations. Si nous ne le faisons pas, les marches périront dans le chaos et le royaume tombera sous la coupe de l'État théocratique. Et malgré tout, vous comptez déclencher une guerre pour protéger un simple aventurier ? Il ne nous reste plus que cette option. »

Une obstination incompréhensible. Pourquoi aller jusqu'à couvrir un impoli dont on ne comprend même pas la nature ? Présenter des excuses aux marches avec cette tête serait encore trop léger, mais vous dites qu'elle ne vaut pas même la vie d'un gamin ? Vous êtes prêt à troquer votre terre et votre pays contre la vie d'un seul homme ?

« Avant toute chose, ce n'est pas une question de pouvoir ou non, vous n'avez aucun droit ! Sous quel prétexte comptez-vous l'arrêter et le dépouiller, Prince royal ? Je tiens à l'entendre. Ce garçon s'est battu seul, et nous n'avons fait que récolter la paix et la richesse qu'il a apportées. Ni le garçon, ni le trésor ne vous doivent quoi que ce soit ! »

Quelle situation ! Le seigneur Mérotosamu, qu'on appelait le roi des marches, se laissait berner. Certes, la prospérité des marches m'avait stupéfié, elle surpassait peut-être même la capitale. Mais c'était un résultat a posteriori. Pourquoi fallait-il aller jusqu'à mettre en balance la terre et le royaume pour honorer les actes arbitraires d'un gamin étranger ?

Pas seulement Mérotosamu, mais la maison Omui tout entière ne pliait ni devant l'argent ni devant la force. Une indépendance inébranlable, une obstination indomptable : telle était la façon de vivre des Omui. Si on leur disait non, ils n'hésitaient pas à défier l'autorité même de la famille royale. C'était pour cela qu'on les appelait les rois des marches.

« Avez-vous besoin d'une raison ou d'une cause légitime pour l'arrêter afin de protéger le royaume et les marches ? Il ne nous reste aucun autre recours que de régler l'affaire en échangeant la tête de ce garçon contre la mienne. Tant que l'État théocratique ne reculera pas, les nobles ne reculeront pas. La négociation est la seule issue, et cette négociation réclame une tête. Si vous acceptez ce prix, je laisserai ma tête ici, le front baissé devant les marches. Prenez votre décision, seigneur Mérotosamu ! »

Le garçon. Donc l'heureux bénéficiaire de l'effondrement dans le labyrinthe, celui qui avait mis la main sur une fortune colossale et le trésor du roi labyrinthe, c'était ce gamin.

Ce manteau noir inquiétant qu'il portait, c'était bien lui, le tueur de labyrinthe. Cette technique sinistre qui avait exterminé la compagnie de mercenaires de l'État théocratique, c'était sans doute le trésor du roi labyrinthe. Mais sans cela, il n'était qu'un gamin de niveau 21. Il suffisait de le piéger, de le capturer, de lui confisquer ses artefacts et de le livrer aux nobles. Cela seul créerait le terrain d'entente.

Honnêtement, je m'étais demandé si Mérotosamu et Chariseles n'étaient pas sous « Charme » ou « Marionnette », mais l'enquête n'avait révélé aucune altération d'état. Alors c'était par de simples mots, par ce ton léger et incompréhensible qu'il les avait ensorcelés. Il s'était insinué grâce à son verbe et à ses manœuvres. Il parasitait les marches grâce à l'argent et aux relations.

« Dans ce cas, c'est en tant que famille royale que nous l'avons appréhendé. Nous demandons qu'on nous remette ce garçon. »

« C'est impossible. Et puis, appréhendé ? Il me semblait qu'il était venu de son propre chef ? Le prince royal prétend-il sérieusement qu'il est prisonnier ? Et quand bien ce serait un ordre du royaume, ce garçon est un hôte précieux que la maison Omui protège. Quelle qu'en soit la raison, nous ne le remettrons pas. »

Impasse. J'étais venu m'incliner, offrir ma tête et marchander en direct, mais il n'y avait absolument aucune volonté de négocier.

Et l'on passa à une pause, on me guida vers une chambre d'hôte somptueuse. Effectivement, les marches étaient nées une seconde fois. Peu de grandes puissances pourraient préparer un salon d'hôte aussi luxueux, aussi magnifique. Mais à quoi bon une renaissance et une prospérité flamboyante si les marches devaient être détruites ? Certes, c'était grâce à ce gamin que la paix était revenue, et ses dépenses inconsidérées avaient enrichi la ville. Mais pourquoi le royaume devait-il périr pour un gamin qui n'avait eu que de la chance ?

« Pfuu… Obstinés. Trop obstinés. Pourquoi le couvrent-ils à ce point ? »

« La maison Omui est réputée pour sa loyauté et sa reconnaissance des dettes. Elle doit sans doute se sentir redevable envers ce garçon. La conquête du plus ancien labyrinthe était le vœu chéri de générations d'Omui. »

Mais un gamin de niveau 21 ne peut rien faire. Il n'est qu'un impoli profiteur qui a ramassé le mérite de la mort du roi labyrinthe suite à un effondrement, par simple hasard ! Je ne comprends pas pourquoi le seigneur Mérotosamu, surnommé l'invaincu, et Chariseles, la reine de l'épée, en arrivent à le porter aux nues.

« Des informations ? On en a ? Même non confirmées, même des rumeurs, n'importe quoi, tant que c'est de l'info ! »

Si je ne comprenais pas à ce point, c'est qu'il manquait des pièces. Ce gamin avait-il une valeur ? Y avait-il une raison pour qu'il soit indispensable ?

« D'après les informations actuelles, la rumeur en ville dit qu'il s'attire les faveurs des femmes avec des friandises exotiques qu'on n'a jamais vues. »

Des friandises ? Effectivement, il avait séduit une vingtaine de belles princesses comme le disait la rumeur, et les tenait à son service. Un tueur de femmes ? Chariseles était-elle tombée dans ses filets ? Mais pourquoi Mérotosamu ? Ah, c'est la demoiselle Mériel qui a été séduite, et toute la famille avec !

C'est pour ça que les femmes et les gamins ne valent rien. Se faire mener par le bout du nez par de simples friandises, se faire berner par un séducteur ! Mais quand même, une rigide comme Chariseles, aussi facilement manipulée ? Et cette servante bavarde jusqu'à l'être ?

Mais le laisser en vie ne ferait qu'un obstacle. Et le tuer ne donnerait à sa tête aucune utilité. La responsabilité, je la paierai de ma tête. De toute façon, j'étais venu pour la déposer en guise d'excuses. Que le compagnon de route soit cet impoli insupportable, ce gamin étranger, me donne la nausée, mais cette tête est nécessaire.

*Toc toc.* Un coup léger, et Mérotosamu apparut seul. Une conversation privée ?

« Excusez-moi. Prince royal, est-ce que vous comptez vraiment livrer ce garçon à l'armée des nobles ? Vous êtes sûr de ne pas vous tromper ? »

« Seigneur Mérotosamu ? Nous, famille royale, ne mentirions pas à la maison Omui. D'autant plus que si je vous trompais, je ne pourrais pas faire face à mon frère aîné même après ma mort. Il n'y a que la vérité, pas l'ombre d'un mensonge. »

Le fait que Mérotosamu vienne seul en disait long. C'était bien ça. La demoiselle Mériel avait dû être séduite, l'empêchant de dire publiquement qu'on le livrerait. Moi qui suis encore célibataire, il m'avait nargué en traînant derrière lui une vingtaine de belles filles aux cheveux noirs, ce gamin insupportable. Et ce n'était pas assez, il avait murmuré des mots doux à la fille d'un comte, et maintenant il visait la princesse !

Même dans l'armée, on n'avait pu cacher sa surprise devant la tenue indécente de Chariseles. Mais comme c'était un équipement de niveau trésor national ou supérieur, tout le monde avait fini par accepter. Je n'ai aucune intention de livrer le pays à l'État théocratique, mais je n'ai pas non plus l'intention de laisser ce séducteur faire la loi ! Oui, l'assassinat…

« Du côté des Omui, des marches, et personnellement, je ne peux pas le livrer. En plus, il a l'air d'y tenir, lui ? Enfin, j'essaie de l'en empêcher ? Mais il a l'air déterminé à y aller ? »

Lui-même ? Non, je ne me ferai pas avoir. Feindre de se sacrifier en se livrant à l'armée des nobles pour se faire bien voir, mais ce ne sont que des paroles en l'air. C'est comme ça qu'il trompe les femmes. Il joue les héros tragiques comme dans une pièce de théâtre. Rien que d'y penser me donne la nausée.

Quelle que soit la petite comédie de ce gamin vil, depuis qu'il a dit qu'il irait, je ne le laisserai plus reculer. Je le traînerai de force en lui tordant le cou.

Ainsi, je pourrai me présenter à la négociation. À la négociation qui engage le destin du royaume.

Swipez pour naviguer

Commentaires

0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.