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Loner Life in Another World

Chapitre 145

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Chapitre 145

Chapitre 145

Chapitre 145/23462%~5 min de lecture982 mots

Quarante-neuvième jour, soir. Le manoir du seigneur d'Omui.

« Voilà qui conclut mon rapport. Et voici la proposition de Haruka, celle-ci concerne l'économie, le commerce et la distribution. Celle du bas porte principalement sur la politique agricole des environs et les projets de rénovation. Les documents en main concernent l'aménagement général des terres frontalières, et le dernier est une proposition de rénovation de la ville. C'est tout. »

Et la jeune fille partit en laissant ces mots : « Excusez-moi. »

J'avais entre les mains une montagne de documents. Autour de moi, d'autres montagnes de documents.

Tous contenaient des propositions révolutionnaires rien qu'à les parcourir rapidement, dès le plan de défense des terres frontalières initial, c'était une proposition sans précédent.

On transformait les montagnes escarpées qui bloquaient la marche en remparts d'Omui pour bâtir une ville fortifiée et contrôler le flux avec le royaume. Les remparts de la chaîne de montagnes et le labyrinthe de gestion servant de porte étaient déjà achevés. On construisait une ville de défense et de distribution à ses entrées, on spécialisait l'actuelle ville d'Omui en ville de défense contre la forêt des monstres, et finalement on bâtirait une nouvelle ville d'Omui au centre de deux villes de défense au nord et au sud et de districts agricoles à l'est et à l'ouest, qui servirait de garnison pouvant intervenir aux quatre coins en cas de crise et de plaque tournante logistique pour la marche, avec un plan d'infrastructures de transport détaillé selon l'ordre d'aménagement.

Je pensais entendre les pourparlers avec le domaine voisin de Narrowgi, mais on m'a présenté un plan d'aménagement défensif qui intégrait même le royaume.

C'était une conception innovante qui considérait la marche comme une seule immense ville, un seul immense château, et les remparts et portes du côté du royaume étaient déjà terminés.

Même ces travaux publics colossaux étaient proposés à bas prix avec un tableau de tarifs, le troc était accepté, des prix consciencieux.

Déjà, les fonctionnaires de chaque domaine s'arrachaient les propositions, les lisant à voix haute comme hantés, échangeant des regards perplexes, mais leurs yeux brulaient d'une flamme intense.

Ils relisaient comme possédés, recoupaient avec les autres propositions pour vérifier, leurs visages montraient une excitation qu'ils ne pouvaient cacher.

Oui, c'est un rêve.

Un rêve comme on n'osait même pas en rêver, une marche paisible et prospère.

Un manuel de procédures pour réaliser un bonheur de rêve invraisemblable.

Un plan d'une future marche de rêve à faire peur tant on y croit.

Combien de fois on doute et vérifie, c'est un plan de rêve certain jusqu'à la certitude.

Tous s'immergeaient dans les propositions les larmes aux yeux, comme pour entrevoir le monde de rêve qu'elles contenaient.

De leurs visages crispés par le sourire, on devinait qu'ils lisaient l'avenir où leurs enfants et petits-enfants vivraient heureux.

C'est un livre de rêve.

Quiconque lit ce livre se fait aspirer dans le rêve.

On se noie dans ce livre où est écrit le bout du rêve inaccessible.

C'est un guide pour réaliser un rêve impossible.

C'est un plan pour créer une réalité qui ne peut exister dans la réalité.

Tous pleurent en pensant aux futurs habitants heureux, à leurs descendants.

Ce n'est pas une simple proposition de rêve.

On ne rêve pas que le rêve se réalise, c'est un traité de tactique pour anéantir toutes les possibilités irréalisables.

C'est un projet tyrannique qui refuse tout ce qui n'est pas un rêve heureux.

« Vous tous. On vous a donné tant, on vous a montré tant, que ceux qui disent ne pas pouvoir le faire se manifestent ! Que ceux qui disent ne pas vouloir le faire se manifestent ! »

Tous me dévisageaient les larmes aux yeux.

Bonne attitude.

Bonne résolution.

Où trouver un travail qui comble autant le cœur, qui vaille tant la peine, pour lequel on ne regretterait pas de risquer sa vie ou son existence ?

« Alors, que chacun commence ce qu'il peut commencer, fasse ce qu'il peut faire, et rapporte l'avancement et les problèmes. Qu'on réclame immédiatement ce qui manque, matériaux ou main-d'œuvre. »

Tous regagnaient leur poste en se bousculant, une énergie de champ de bataille.

Non, c'est le champ de bataille des fonctionnaires.

Jusqu'ici, dans ma marche où les fonctionnaires n'avaient eu que le traitement des défaites, c'était leur premier champ de bataille décisif.

Les officiers aussi, tout en admirant le plan de défense, étaient fascinés par les traités de stratégie et de tactique joints.

Combien de sagesse, de connaissances et de techniques possèdent-ils ?

Qu'est-ce que ce garçon ?

Qu'est-ce que ces garçons et filles ?

Sont-ils le rêve d'une marche pauvre ?

Sont-ils l'illusion d'une marche misérable ?

Cette marche ne croit pas aux dieux.

Eux, l'Église, on ne leur pardonnera jamais.

Dans cette marche où on ne peut rien croire, où même rêver n'est pas permis, que sont venus faire ces garçons et filles ? Pourquoi font-ils tout cela pour moi, pour les gens de la marche, qui n'ai ni richesses ni pouvoir à offrir ?

Pour cette terre et ce peuple de la marche destinés à périr dans un avenir proche.

Ces garçons et filles qui semblent semer le bonheur sans cesse.

Ces garçons et filles qui fauchent sans cesse le malheur nommé monstres.

Sans qu'on sache d'où ils viennent.

Sans qu'ils ne disent ce qu'ils sont venus faire.

Sans qu'on sache ce qu'ils feront.

Simplement, comme si c'était naturel, ils continuent de semer le bonheur à tous.

Des bienfaiteurs qui nous comblent de grâces au-delà de toute vénération, qu'on ne peut remercier qu'avec gratitude.

Et au centre d'eux, ce garçon qui continue de semer le bonheur dans cette marche sans même en connaître le nom.

Pourquoi ne retient-il pas mon nom ? J'ai même ajouté des panneaux indicatifs...

Dans ce plan de rêve, il est écrit : la ville de Muri-je-ne-sais-quoi de la marche...

Haruka, c'est Omui ? C'est Omui, bon sang.

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