« N'est-ce pas la chambre de la princesse Veronica ? » fit remarquer Regaleon.
Le roi saisit le sens du prince sur l'instant. Il se précipita vers l'autre porte et, effectivement, y entendit de forts gémissements et des bruits érotiques. Beaucoup plus forts que dans la chambre d'Alicia.
« Ma chère, ma chère... ce doit être un malentendu. » La reine avait saisi la situation. Connaissant le tempérament du prince héritier, elle savait ce qui allait se produire.
La reine maudit sa fille aînée. « Pourquoi n'a-t-elle pas simplement suivi mon plan ? Pourquoi a-t-elle impliqué le prince héritier ? » pensa-t-elle au plus profond d'elle-même.
« Quel malentendu ?! » Le roi s'emporta de nouveau. « N'entendez-vous pas ces bruits obscènes ?! »
« Père, ce n'est peut-être pas ma sœur à l'intérieur. » dit Elizabeth. « E-Eille doit être encore dans la salle de bal. »
Le roi Edward regarda Elizabeth, puis la reine. Il comprit la situation en un instant.
« Ces mère et filles, qu'ourdissent-elles encore ? » Le sang bouillait en Edward, il serra les poings avec force. Puis il regarda le prince Regaleon. C'était une chance que le prince soit là pour protéger Alicia.
Sans plus regarder le groupe, le roi ouvrit la porte du salon de Veronica.
Une fois ouverte, une odeur enivrante s'en échappa.
« Couvrez-vous la bouche et le nez, tous. » ordonna le roi. « Laissez la porte ouverte et allumez les lumières. »
Comme dans le salon d'Alicia, la pièce était plongée dans le noir. Et l'on y entendait les bruits obscènes et humides d'un homme et d'une femme.
En un instant, la lumière s'alluma. Au centre de la pièce, un couple nu était en plein acte.
Le premier ministre Murdoc vit l'encensoir qui diffusait l'odeur enivrante et le referma vite. Au bout d'un moment, la pièce fut débarrassée de l'odeur et les gens autour purent à nouveau respirer l'air frais.
Une fois la lumière allumée, le couple nu cessa son activité. Ils sentirent la présence des gens autour d'eux.
« Ahh, père ?! » hurla Veronica. Elle se vit entièrement nue et se mit à pleurer.
« Traînée ! » La reine était furieuse. Elle s'élança et saisit une couverture sur un canapé proche pour couvrir sa fille. Mais ensuite, elle lui donna une gifle sur chaque joue. « Qu'as-tu fait ?! » la gronda-t-elle.
« Mère, je n'ai pas voulu... J'ai été... j'ai été agressée. » Veronica était en larmes. « Le prince héritier est entré et m'a agressée. Père, vous devez me faire justice. Ma... ma chasteté m'a été volée. »
Le roi Edward regarda sa fille aînée. La fureur et le sentiment se mêlaient en lui. Il savait ce que cette fille trament. Le roi regarda derrière lui, où se tenaient le prince Regaleon et son assistant.
« Absurde ! » tanca Dimitri.
« Vous dites que ce prince héritier vous a agressée. » dit Regaleon froidement. « Car, à ma connaissance, je suis le seul prince héritier présent à cette fête, hormis votre frère, le prince Richard. »
« L-Le prince Regaleon ?! » Veronica fut surprise. « Alors qui était... ? » Elle regarda l'homme qui était maintenant à moitié nu. L'homme avait un corps superbe, plein de muscles, il enfilait maintenant son pantalon.
Le groupe regardait l'homme, maintenant à moitié nu. C'était Sire Bradford, le chevalier personnel de la princesse Veronica.
« Pourquoi... pourquoi es-tu ici ?! » hurla Veronica.
« Sire Bradford, expliquez-vous. » Le roi regardait Bradford, attendant son explication.
Bradford s'agenouilla devant le roi.
« Votre Majesté, je n'ai aucune excuse pour ce que j'ai fait. » dit Bradford respectueusement. « Mais je suis prêt à assumer mes responsabilités, Votre Majesté. J'ai pris la chasteté de la princesse Veronica, donc je l'épouserai et la prendrai pour femme. »
« Noooon !!! » hurla Veronica. « Je ne t'épouserai pas. Je n'épouserai personne d'autre que le prince héritier Regaleon ! »
Alors claqua une gifle retentissante. C'était le roi qui giflait Veronica très fort. Ce n'était rien comparé à la gifle qu'elle avait reçue de la reine. Sa joue gonfla et rougit sur l'instant.
« P-Père ? » Veronica regarda le roi, surprise.
« Silence ! » rugit le roi. « Tu oses encore dire cela alors que ta chasteté a été prise par un autre ? »
Le roi comprenait ce qui se tramait. Si Veronica insistait encore pour impliquer le prince Regaleon là-dedans, il était sûr que Regaleon enquêterait à fond sur ce qui s'était tramé cette nuit.
Le roi Edward savait que le prince Regaleon connaissait les desseins de Veronica. Et ce qui se tenait devant lui maintenant était la revanche du prince sur sa fille.
C'était encore un châtiment léger. Si Veronica persistait à vouloir épouser le prince Regaleon, il craignait que le prince ne fasse quelque chose de bien plus sinistre.
Le roi regarda Regaleon. Le prince lui offrit un sourire vicieux. Il savait que le prince l'observait, attendant sa décision.
Le roi Edward savait que même s'il ne voulait pas danser sur l'air du prince Regaleon, il n'avait pas d'autre choix que de le suivre. Veronica était toujours sa fille, même s'il était mécontent d'elle maintenant, il ne voulait pas qu'elle soit tuée ou subisse un sort pire que la mort.
« Alors je vous donne ma bénédiction. » Le roi Edward regarda Sire Bradford. « Tu épouseras ma fille Veronica. »
« Merci pour votre bénédiction, Votre Majesté. » La tête de Sire Bradford restait baissée.
« Non... non... nooon. » Veronica pleurait en silence. La reine la consolait.
Le roi se tourna. « Ministre Stanley. »
« Oui, Votre Majesté. » Stanley baissa la tête.
« Assurez-vous que cet incident ne fuitera pas. » ordonna le roi. « Et préparez le mariage de Veronica le plus vite possible. »
« Oui. » Stanley quitta la pièce sur-le-champ.
Le roi Edward posa un dernier regard sur Veronica. Elle pleurait par terre.
« Tu l'as bien cherché, fille insensée. » pensa le roi et s'en alla.
Près de la porte, le roi vit le prince Regaleon. Il affichait un sourire vicieux.
« Vous avez fait le bon choix, Votre Majesté. » chuchota Regaleon quand le roi passa juste à côté de lui. « Je ne tolérerai personne qui porte atteinte à ma fiancée ou à moi-même. »
Le roi comprit et acquiesça. Il s'éloigna de la pièce.
Regaleon regarda la scène devant lui. Veronica en pleurs était réconfortée par la reine et Elizabeth.
« Cela suffit-il, Votre Altesse ? » demanda Dimitri.
« Cela suffit, pour l'instant. » répondit Regaleon. « Elle reste ma belle-sœur. C'est moi qui lui laisse la vie sauve. Mais si elle fait à nouveau quelque chose contre nous, je ferai de sa vie un enfer. Elle souhaitera être morte plutôt que vivante. »
Le visage de Regaleon avait quelque chose de diabolique. Dimitri savait que c'était le visage que portait le prince héritier quand il était en colère. Personne n'avait eu une bonne fin quand le prince arborait un tel visage.