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La princesse oubliée

Chapitre 199

La princesse oubliéeLa princesse oubliée
Chapitre 199

Chapitre 199

Chapitre 199/24183%~7 min de lecture1 206 mots

Je me redressai avec précaution et fis avancer mon corps qui semblait peser une tonne pour pénétrer dans l'ouverture. Une fois de l'autre côté, j'examinai les alentours. De l'autre côté du mur s'étendait comme un monde nouveau. Il y avait un ciel bleu limpide, des champs verts et un paysage coloré, totalement différent du monde gris et brumeux dans lequel je me trouvais à l'instant d'avant.

Je regardai autour de moi, frappée par un immense sentiment de familiarité pour cet endroit.

« On dirait que je suis déjà venue ici. » dis-je.

Je me mis à marcher et aperçus des maisons à l'horizon. Mon esprit identifiait le lieu quand une pensée me traversa.

« Cet endroit... il ressemble au village où maman et moi vivions quand j'étais petite. » réalisai-je.

J'avançai lentement vers l'entrée du village, observant tout autour de moi. Une fois arrivée à l'entrée, je vis des villageois s'affairer ça et là. On aurait dit que cet lieu existait réellement. Je reconnus ci et là des visages familiers. Cela confirmait mon pressentiment d'il y a un instant. C'était bien mon village, mais tel qu'il était il y a des années.

Les visages familiers que je voyais maintenant avaient le même âge que le jour où j'étais encore jeune. De nombreuses années avaient passé et ils avaient forcément vieilli depuis, mais les gens ici avaient le même âge qu'autrefois.

Je posai mon regard sur une boulangerie familière au coin d'une rue où j'allais souvent acheter notre pain. Le monsieur était vieux et avant que mon père ne m'emmène avec lui, ce monsieur était déjà décédé. Mais maintenant je le voyais placer joyeusement les pains qu'il venait de cuire sur le comptoir.

Pendant que je me promenais, les gens vaquaient à leurs occupations normalement, mais ils ne semblaient pas me remarquer.

« Heu, excusez-moi. » m'adressai-je à une jeune femme qui passait, mais elle ne répondit pas, pas plus qu'elle ne daigna me regarder. « Bonjour. » tentai-je à nouveau, en vain.

Puis un groupe d'enfants courut en me dépassant, et je veux dire littéralement en traversant mon corps.

« Quoi... ? » restai-je stupéfaite. J'essayai de toucher le petit garçon qui courait, mais ma main le traversa. « Projections ou illusions ? »

Les gens ici ne sont que des illusions. Peut-être s'agissait-il d'un souvenir qui se rejouait en boucle. J'essayai aussi de toucher les maisons, mais comme tout à l'heure, ma main ne fit que les traverser.

« Ce village n'est qu'un souvenir de très loin. » concluais-je.

Si les gens et les maisons ne sont que des projections, je suis la seule chose tangible ici, et peut-être ma mère aussi.

J'essayai de me rappeler où elle se trouverait à cette heure de la journée. Je me souvenais que ma mère travaillait comme serveuse dans une taverne située au centre du village. J'accélérai le pas et marchai en direction de la taverne.

Peu de temps après, j'aperçus la petite taverne. À cette heure-ci, elle devait travailler dans la cuisine à l'arrière. Je m'y dirigeai quand j'entendis des voix d'enfants qui riaient et jouaient. Cela attira mon attention et je regardai vite dans la direction des enfants.

Et là, je vis mon moi plus jeune, qui jouait avec mes amies dans la rue près de la taverne. Mon cœur battait la chamade en voyant mon moi d'enfant, je ne peux pas expliquer ce que je ressentais à cet instant.

Mon moi plus jeune riait aux éclats en jouant. Je voyais dans ses yeux l'insouciance de mon passé. Je me souvenais que j'étais contente de notre vie simple de roturiers à l'époque. Elle n'avait rien à voir avec le style de vie grandiose de la royauté, mais nous étions heureuses. Ma mère travaillait avec acharnement à la taverne et les villageois étaient gentils avec nous. Le salaire de ma mère suffisait juste pour que nous mangions trois repas par jour et pour payer le loyer de notre petite maison. Si ma mère avait un peu d'argent en plus grâce aux pourboires, elle m'achetait d'habitude des vêtements et de simples accessoires pour les cheveux. Notre vie était simple pourtant nous étions satisfaites.

Voir mon moi plus jeune me fit me souvenir de mon enfance heureuse qui avait été éclipsée par la vie que j'avais menée au palais. J'avais oublié à quel point j'étais heureuse en vivant avec ma mère.

Je marchai vers mon moi plus jeune et tentai de la toucher. Et comme les autres, ma main la traversa.

« Elle n'est qu'une illusion, elle aussi. » pensai-je.

Mon moi plus jeune courait joyeusement partout pendant que je la regardais jouer, hébétée. Un sourire se dessina sur mon visage.

« Comme j'aurais voulu vivre comme ça jusqu'à ce que j'aie grandi. » pensai-je.

Si ma n'avait pas été malade à cause du poison, elle ne m'aurait pas confiée à mon père. J'aurais vécu ma vie jusqu'à maintenant dans ce village. J'aurais grandi pour devenir une fille du peuple normale et non une princesse.

« Mais, je n'aurais pas rencontré Leon. » pensai-je avec tristesse.

Ma vie au palais n'avait rien de grandiose et elle était pleine de tristesse, mais quand Regaleon est arrivé, tout a changé. C'était comme si Regaleon avait apporté de la couleur à ma vie qui était en noir et blanc avant qu'il n'apparaisse.

« Je ne voudrais rien changer à mon passé. » pensai-je. « Eh bien, sauf peut-être essayer d'empêcher ma mère d'être empoisonnée par la reine. »

J'étais si absorbée à regarder mon moi plus jeune jouer que j'entendis une voix familière.

« Alicia ! » appela la voix.

Mon cœur se mit à battre rapidement après avoir entendu cette voix.

« Alicia, c'est l'heure du déjeuner. Entre et mange d'abord. » dit la voix. « Tu pourras rejouer plus tard. »

« Oui maman. » répondit mon moi plus jeune joyeusement et courut vers la taverne.

Je me retournai lentement et regardai là où mon moi plus jeune avait couru. Et là, sur le côté de la taverne, ma mère se tenait. Elle portait son uniforme de serveuse avec les cheveux noués en chignon. Mon moi plus jeune courut vers elle et ma mère la serra dans ses bras.

« Maman, j'ai faim. » dit mon moi plus jeune.

« Alors allons à la cuisine. Lave-toi les mains d'abord, d'accord. » dit ma mère à mon moi plus jeune qui courait maintenant vers l'arrière de la taverne.

« Oui maman. » répondit mon moi plus jeune en disparaissant de ma vue.

Je marchai vers l'endroit où se trouvait ma mère. Elle se tenait le dos tourné vers moi. J'hésitai d'abord.

« Et si elle n'était aussi qu'une illusion ? » Mon cœur battait la chamade.

J'étais nerveuse mais j'avais besoin de savoir si elle était réelle. Et j'étendis donc mon bras vers elle et saisis son épaule. Je sentis la chaleur irradier de mes paumes. Son corps était solide ; ma main ne la traversa pas.

Ma mère fut surprise par mon geste et se retourna pour me regarder. Nos yeux se croisèrent, ses yeux d'argent dans les miens. Elle fut encore plus surprise en voyant mon visage. Je ne suis pas certaine qu'elle m'ait reconnue.

« Maman... » l'appelai-je.

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