C'était au moment où Simon, dans son espace de stockage... non, son nouveau laboratoire, dessinait le plan du futur Rifle produit en masse.
« Fouhahaha ! »
Depuis la porte d'entrée résonna le bruit de ce rire qu'il avait entendu la veille encore.
« Ne me dites pas que c'est... »
« Oui, c'est nous, le fils de... »
C'était bien le Second Prince de Spada, Wilhart.
Le son de sa voix, et le bruit de ses pas, résonnaient.
Simon, interrompant temporairement son travail, alla à la rencontre de ce prince quelque peu ingérable.
« Euh, avez-vous besoin de quelque chose ici ? »
À contrecœur, Simon ouvrait la porte du laboratoire ; devant lui se tenait le mince Wil accompagné d'une unique servante.
« Oh, tu te montres enfin, le Micro Alchimiste "Simon Friedrich Bardiel" ! »
« C'est quoi ce surnom !? »
En plus, une nuance un peu grossière y était incluse.
« Mou, quelle bonne réaction tu as eue là, Fouhaha, comme prévu, un gamin est toujours plein d'énergie. »
« Je suis déjà un adulte ! »
Wilhart tapotait la tête de Simon en riant avec suffisance.
« Alors, quel est votre business ici ? »
Tout en remettant en place ses cheveux ébouriffés par les tapes de Wilhart, Simon redemandait à Wilhart la raison de sa venue.
La servante derrière lui ne montrait aucune réaction d'inquiétude. Le fait qu'elle soit la garde du corps de Wilhart était déjà un sujet connu à l'Académie Royale de Spada ; aussi, pour quelqu'un de son rang, avoir une garde du corps qui le suit n'est pas une chose étrange, même Simon, qui est indirectement lié à une famille noble, le sait et le considère comme du bon sens.
Bien qu'elle n'était pas là hier, elle a pu se cacher quelque part dans les parages, supposa Simon.
« Je suis venu aujourd'hui aussi pour approfondir mon amitié avec Kurono, mais il a l'air de ne pas être venu ici. »
« Onii-san n'est pas un élève de notre école, alors il n'y a aucune chance qu'il vienne ici tous les jours. »
En vérité, je veux qu'il vienne tous les jours, mais sans dire ce désir secret, il indiqua à Wilhart de se rendre au『Cat's Tail』, les chances d'y croiser Kurono y sont élevées.
C'est une divulgation d'informations personnelles parfaite, mais avec Wilhart pour interlocuteur, lui cacher quelque chose ne ferait que gâcher son humeur et devenir plus tard un problème.
De plus, Wilhart a une identité définie de royal ; lui dire cela est complètement différent que de le dire à quelqu'un que Simon ne connaît pas, un parfait inconnu.
« Je vois, s'il n'est pas venu ici, ça ne peut pas être aidé... »
Bien, maintenant il n'a plus qu'à partir, jugea Simon, et ramena ses pensées sur la construction du Rifle produit en masse.
Cependant,
« Dans ce cas, Simon, j'approfondirai mon amitié avec toi. »
« Hein ? »
Face à cette demande inattendue, Simon se raidit.
« Hahaha, n'avons-nous pas déjà tous les deux siégé à la même table et échangé les coupes de saké ! »
Table, ou plutôt ils s'étaient juste assis sur le même sol, et à la place des coupes de saké c'étaient des tasses de thé, préparées par Simon.
Mais, semble-t-il, pour Wilhart, juste ça suffisait amplement pour devenir amis.
Simon resta bouche bée devant cette déclaration d'amitié soudaine, mais qu'il s'en rende compte ou non, Wilhart ouvrait sa bouche à détours et avançait rondement.
« Nous avons entendu hier parler de cette arme appelée pistolet qui "n'utilise pas la magie", Simon, n'as-tu pas accompli un grand exploit avec ce pistolet que tu as fabriqué et utilisé contre les Croisés ? Alors, montreras-tu sa puissance et ton talent à nous ? »
Grâce à la conversation d'hier, Wilhart savait déjà à quel point Simon avait obtenu de résultats lors de la bataille défensive d'Alsace.
Bien que pas au niveau de Simon, Wilhart, qui n'est pas doué pour utiliser les arts martiaux ou la magie, avait développé un intérêt pour l'arme appelée pistolet capable de tuer plusieurs dizaines de personnes.
« Hmm, eh bien c'est bon... »
Simon était à l'origine une personne timide, mais curieusement il avait une impression favorable sur le pistolet ; que Wilhart en dise autant sur le pistolet et sur lui, il ne le prit pas mal.
Et plus que tout, c'était la meilleure opportunité pour vendre les pistolets à la royauté de Spada.
Simon n'avait pas de raison de refuser la demande de Wilhart.
« Très bien, allons au terrain d'exercice. Maintenant, montre-moi la puissance de la menace qui a pulvérisé les têtes de nombreux Croisés ! »
Disant cela, Wilhart se dirigea vers la sortie d'un pas vif, tout en riant comme d'habitude.
Je suis content que tu aies des attentes pour le pistolet, mais cette manière de parler est sûrement fatigante pour celui qui l'écoute, pensa Simon tout en ouvrant la porte du laboratoire pour récupérer l'unique Rifle actuellement présent, le『Yatagarasu V2』.
Lorsqu'il a rencontré Wilhart, il n'avait pas le Rifle en main, mais normalement il le garderait toujours serré, tant il aimait cette sensation.
Bien que rang 1, Simon était aussi un aventurier, alors c'était une habitude de garder l'arme près de lui en permanence, et après avoir vécu le cauchemar d'Alsace, sa vigilance s'est encore accrue.
Ainsi, au moment où Simon saisit le『Yatagarasu V2』posé sur la table,
« Simon-sama »
« Uwaaa !? »
Il fut interpellé par une voix venant de derrière, ce qui le fit sursauter au point de bondir comme un ressort.
Tenant le Rifle en position et veillant à ne pas appuyer sur la gâchette, il se retourna pour vérifier le propriétaire de la voix ; là se tenait la servante garde du corps de Wilhart.
« Moi, Seria Ranboule, suis nommée garde du corps de Wilhart le Second Prince, veuillez m'appeler Seria. »
« J-je vois, merci beaucoup... »
Juste quel travail cette servante a-t-elle à faire, songea Simon en envoyant un regard suspicieux à la belle servante devant lui.
Face à Simon qui lui lançait un regard sur ses gardes, ses yeux bleus ne bronchaient pas et elle le fixait en retour.
« D'un autre côté, vous pouvez aussi appeler le Prince Wilhart "Wil", ou plutôt je veux que vous l'appeliez comme ça. »
« C-c'est comme ça ? »
Simon se détend un peu face à cette conversation un peu amicale.
Il a même pensé qu'il allait se faire engueuler pour n'avoir pas été trop familier avec le prince.
« Pour le dire franchement, Wil-sama n'a pas d'amis, pas un seul, donc ce serait bien mieux si vous deveniez amis avec lui. »
« O-oui... »
Tout en étant sidéré par l'attitude de Seria qui devenait de plus en plus froide au fil de ses mots, Simon comprit que la rumeur du Second Prince sans amis est vraie.
Le Premier Prince, Aisenhart, a été diplômé il y a quelques années et était intime avec de nombreux élèves au point d'être appelé une idole ; comparé à cela, la popularité du Second Prince était nulle.
La merveilleuse position de Second Prince et cette étrange manière de parler le rendent inapprochable, mais la raison principale pour laquelle il est délaissé est que la force qu'il possède n'est en rien comparable à celle de son frère.
C'était un coup fatal à Spada qui tire sa fierté de sa puissance militaire.
Malgré le fait que la Troisième Princesse soit le modèle de la petite sœur égoïste, elle est vraiment populaire juste à cause de la puissance de sa magie.
« Il en est lui-même assez blessé, donc "sans amis" est un mot tabou. »
« C'est vrai, je comprends. »
Simon montra un accord intense.
Être sans amis et solitaire était une situation identique pour Simon.
Actuellement, en ayant Kurono comme personne compréhensive, il n'avait plus à ressentir autant ce sentiment d'obligation, mais il comprenait encore plus que suffisamment ce sentiment d'isolement, au point que de l'affinité monta en lui pour Wilhart.
Pas seulement cela, en conversant hier, Simon comprit qu'à l'opposé de cette manière de parler, il n'y avait aucune arrogance ni hautaine de royal ou de noblesse.
C'est la même chose pour sa relation avec Kurono, il aurait été naturel qu'il dise à Kurono qu'en tant qu'aventurier rang 2 quelconque, il devrait se sentir honoré que Wilhart lui parle.
L'attitude de Wilhart, elle, donna une bonne impression à Simon, et c'est la vérité.
« Moi aussi, je veux approfondir mon amitié avec le Prince Wilhart... non, Wil. »
C'est pourquoi, ces mots n'étaient pas des paroles sucrées, mais ses vrais sentiments.
« Je vois, merci beaucoup. »
« Euh. »
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Pouvez-vous s'il vous plaît arrêter de me caresser la tête ? »
Sur la tête de Simon, un peu timide, se trouvait la main de Seria qui caressait ses cheveux cendrés brillants.
« Désolée, la main a bougé toute seule. »