Aujourd'hui, le mois a changé et nous sommes au huitième mois, le mois de Kouen. (Note : Flamme rouge)
Sous la chaleur étouffante du soleil brûlant en plein été, je marchais dans les rues de Spada, auxquelles je m'étais un peu habitué, vêtu de ma robe d'apprenti magicien étouffante.
La destination était l'Académie royale de Spada, la plus grande de Spada et l'académie la plus célèbre même parmi toutes les cités-États centrales du continent.
Mais quelle que soit sa renommée, pour moi qui n'ai pas passé ne serait-ce qu'un mois depuis mon arrivée ici, je ne savais rien d'elle hormis son nom.
Or donc, quant à la raison pour laquelle je me dirigeais vers cette école, il faut remonter à hier soir, après notre retour des [Catacombes de la Résurrection] une fois notre quête accomplie.
.
« Nous avons eu de la chance que la récompense pour l'extermination de cette vache soit plus élevée que prévu. Peut-être devrions-nous aller manger quelque chose de bien demain. » (Kurono)
« Oui, faisons-le sans faute. » (Fiona)
Parce que la récompense reçue pour le Minotaure Zombie que Lily a tué instantanément était plus élevée que prévu, tout en voyant Fiona s'enthousiasmer pendant notre conversation, nous sommes entrés par la porte de l'auberge. Peu après,
« Kurono-sama, nous avons une lettre pour vous. La voici. »
Une employée werecat, la même qu'avant, me tendit une lettre.
La prenant en la remerciant, j'en parcourus rapidement le contenu.
« C'est de Simon-san ? » (Fiona)
« Ouais. »
L'expéditeur était comme prévu. Quant au contenu,
« Qu'est-ce qu'il y a d'écrit ? » (Fiona)
« Ça a l'air d'aller mieux de son côté. En plus, elle veut parler. » (Kurono) (Note : Rappel que Kurono ignore encore que Simon est un homme)
Bon, en gros, c'est ça.
Je n'avais aucune raison de refuser l'invitation, bien au contraire, il y avait une montagne de choses que je voulais demander à Simon qui était un résident de Spada.
Et comme ça, j'étais en ce moment en route pour rencontrer Simon.
Il semble que Simon ait recommencé à aller à l'école qu'il fréquentait avant pour diverses raisons et vivait actuellement dans le dortoir, loin de chez lui. La lettre mentionnait donc que je devrais me rendre directement à l'école quand je viendrais le rencontrer.
Il y avait même des excuses écrites dans la lettre de me faire venir jusqu'ici pour le rencontrer moi-même, mais après tout je suis un aventurier, il n'y avait aucune garantie de quand je reviendrais. Plutôt que d'attendre indéfiniment au [Queue de Chat], il valait mieux que je demande Simon à l'école.
Aussi, l'Académie m'intéressait aussi, donc en fait, je suis même content d'avoir eu une raison d'y entrer en toute légitimité pour la visiter.
Au passage, je suis seul en ce moment parce que,
« Ce sera plus facile de parler sans moi, non ? »
Lily a manifesté ce genre de prévenance.
Je ne pense pas que ce soit si inquiétant que ça, mais si Simon doit expliquer des circonstances personnelles, il est vrai qu'il vaudra mieux que je lui parle seul.
Aussi, il semble que Lily et Fiona aient toutes les deux des courses à faire aujourd'hui.
Elles prépareront la prochaine quête en même temps, donc par division du travail, nous nous movions tous les trois séparément aujourd'hui.
Tout en pensant que ça faisait un peu bizarre de marcher seul, je commençais à voir de plus en plus de garçons et de filles en uniforme.
Réalisant que j'approchais de l'école, je vérifiai les quelques panneaux géants pour m'en assurer et repris ma marche.
« Ooh, putain, c'est énorme……. »
L'Académie royale de Spada, une fois arrivé devant son portail, ces mots sortirent naturellement de ma bouche.
Des murailles aussi splendides que les remparts extérieurs de Spada lui-même s'étendaient et étaient bien mieux décorées qu'au moins le troisième rempart défensif.
Symbolisant peut-être d'anciens héros, sur la droite se tenait la statue d'un soldat brandissant une épée dans un manteau et sur la gauche une statue de chevalière portant une armure complète et équipée d'une lance. Au pied des deux statues, un drapeau représentant l'emblème de l'école était aussi planté.
L'immense porte principale à double battant décorée était grande ouverte et quelques mètres plus loin un immense bâtiment scolaire se dressait.
Au centre, une haute tour de je ne sais combien d'étages se tenait et de là s'étendait un bâtiment scolaire de cinq étages à symétrie bilatérale.
C'était bien plus magnifique que le lycée que j'ai fréquenté et ça ressemblait à une grande université, non, à un palais.
Depuis mon arrivée à Spada, c'est la première fois que je vois une structure architecturale aussi grandiose.
Si je pouvais un jour voir le château royal derrière ces murailles en vrai, j'aurais sans doute la même impression.
Pour l'instant, allons à l'intérieur de l'enceinte de l'école.
Si je reste planté là à avoir l'air idiot trop longtemps, j'ai l'impression que les étudiants autour vont commencer à me regarder comme un péquenaud.
Mais en fait, moi qui avais commencé à traiter ça comme une visite touristique et avais du mal à cacher mon excitation, j'ai fini par franchir le portail.
.
.
Après avoir mis le pied dans l'enceinte de l'école qui était probablement encore plus grande que la plus grande université du Japon, j'ai évidemment décidé d'aller d'abord au dortoir de Simon.
Donc, j'ai décidé de demander mon chemin aux étudiants, ou du moins je voulais le faire mais……… comment dire ça, les filles que j'ai interpellées avaient complètement peur de moi.
De penser que mon apparence aurait un tel effet maintenant, je ne m'y attendais vraiment pas.
Sur le continent de Pandora où les gens discutent naturellement avec des Orques à l'allure terrifiante, il n'y en avait aucun qui avait eu peur de moi qui avait clairement une apparence humaine.
Mais ici, j'ai eu droit à une telle réaction.
Les filles ne pouvaient même pas me regarder dans les yeux et se tortillaient en baissant les yeux tout en essayant de répondre de quelque façon à ma question.
Non, mais sérieusement, c'est embêtant. En plus de mon allure effrayante, comme j'étais désormais tout le temps avec Fiona et Lily, j'avais complètement perdu toute appréhension envers les filles de mon âge, c'est pour ça que j'ai fini par prendre la décision stupide d'essayer de parler à ces filles.
Quand j'étais encore lycéen, j'étais encore un garçon pur qui se tortillait rien qu'en parlant à Shirasaki-san, mais à cause de l'existence de Fiona qui ne ménageait pas ses mots et de Lily qui reste à mes côtés comme si c'était évident, j'ai dû trop m'habituer à avoir des bishoujos autour de moi.
Laissant de côté si c'est une bonne ou une mauvaise chose, aborder des filles si familièrement avec ma tronche devrait vraiment être évité.
Ou plutôt, j'aurais dû simplement essayer de parler à un mec dès le début.
Tout en pensant ça, grâce à la fille qui m'a montré le chemin même en ayant peur, j'ai pu arriver à destination sans hésiter.
Et après avoir marché pendant une dizaine de minutes depuis le portail principal, alors que je pensais être arrivé là où Simon m'avait dit, j'ai été soudainement frappé par un immense sentiment de déjà-vu.
Rappelle-toi bien, oui, c'était certainement———quand j'ai rencontré Simon pour la première fois, le jour où j'ai visité son labo pour la première fois.
Mené vers un abri de stockage portant le nom de labo, le sentiment de pitié que j'ai ressenti pour elle à l'époque.
Je l'ai ressenti à nouveau en arrivant ici.
Parce que devant moi se trouvait,
« Est-ce qu'elle vit là-bas ?…….. »
Il y avait un bâtiment miteux de deux étages qui était si délabré qu'il était impossible de croire qu'il se trouvait sur le même terrain que ces bâtiments artistiques que je venais de voir.
On dirait que le labo d'Alsace a simplement été agrandi.
Non, je doute que celui-ci ait été construit comme un simple grand abri de stockage, mais il n'y a aucun doute qu'il est actuellement traité comme tel.
Essayant de ne pas être trop choqué par la vétusté du bâtiment, j'ai prié la déesse autoproclamée Mia en espérant que ce n'était pas là que vivait Simon et j'ai revérifié l'endroit mentionné dans la lettre.
« Beurk, c'est bien celui-là, sans doute. »
Tout en éprouvant de la pitié pour Simon qui devait vivre dans un bâtiment en ruine comme s'il était le protagoniste d'une pièce de théâtre mondialement connue, je fis face à l'immense abri de stockage devant moi.