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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 47

Kekkaishi e no TenseiKekkaishi e no Tensei
Chapitre 47

Chapitre 47

Chapitre 47/10147%~9 min de lecture1 745 mots

« Bonjour. Ce matin, le petit-déjeuner se compose de pain, de fromage, d’œufs brouillés, de jambon fumé à l’oak et de salade. N’hésitez pas à tartiner votre pain de confiture selon vos envies. »

Le petit-déjeuner vanté par Paris, notre chef.

La minutie avec laquelle Paris étudie est vraiment surprenante. Elle maîtrise déjà la cuisine bien mieux que moi. Pour continuer à affiner son savoir-faire, je pense même à l’emmener un jour à la capitale impériale.

J’ai posé un sort d’invisibilité pour qu’elle passe pour une humaine, mais à cause de sa constitution naturellement trapue, les gens la voient plutôt comme une femme assez grosse. Elle est pourtant une princesse… Mes compétences en matière de barrières ne sont clairement pas au point encore.

Par ailleurs, j’ai entouré Genéha d’un charme qui lui donne l’apparence d’un cheval. Comme elle loge à l’écurie, cela s’est imposé d’elle-même.

« Au revoir et bon courage ! » lança Paris.

Accompagné des adieux de Paris, je me rends à mon travail. Les affaires coulent toujours aussi bien. Récemment, elle m’a confié diverses courses, tellement nombreuses que je n’en finis plus. En faisant mes achats, je réalise souvent qu’il fait déjà nuit. Du coup, depuis quelque temps, je n’ai plus eu l’occasion d’aller au restaurant de l’hôtel réputé pour son délicieux boeuf bourguignon.

J’arrive à la boutique et prends place devant le comptoir. Comme s’ils m’attendaient depuis longtemps, quelques marchands et aventuriers entrent. Je suis en train de traiter leurs commandes quand messager du premier ministre fait son apparition. Il me transmet un message urgent : être immédiatement au palais.

Je ferme donc rapidement l’établissement et me dirige vers le palais. Premiers ministres entre et, comme s’il m’attendait impatiemment, remarque mes cernes marquées sous les yeux.

« Excusez-moi de vous déranger. J’ai besoin de vous pour une affaire. »

« Encore une mission d’escorte royale ? »

« Disons que oui. J’aimerais que vous escortiez un membre de la famille impériale jusqu’à proximité des frontières de la capitale. »

« Vous parlez de la région d’Asha ou de Berganda ? »

« Peu importe. L’essentiel est de les guider jusqu’à la limite de la capitale et de veiller à ce qu’ils la quittent bien. »

Sa demande semble étrangement imprécise.

« Écoutez. Il y a de cela quinze jours, nous avons recueilli une princesse et un prince de la race féline au village de Chiru. Ils ont déclaré vouloir affronter le Grand Démon en se présentant comme des Héros. Équipés d’armures dignes de ce nom, ils furent hébergés au palais en attendant. Or, lors de nos vérifications auprès de leur pays natal, Pyao, il s’avère qu’il ne s’agit là que de leur propre mise en scène. Pire encore, tout leur équipement a été dérobé aux trésors royaux. Le roi de Pyao, furieux, a aussitôt décidé de les bannir définitivement du territoire. »

… Ces idiots félins, vraiment. Qu’ils soient venus chercher refuge au palais, voilà qui tombait mal. Je préférerais ne rien avoir à voir avec cette histoire.

« Des émissaires de Pyao sont alors arrivés pour récupérer les fugitifs et restituer les objets volés. Mais ils ont provoqué un véritable massacre, blessant gravement les envoyés ainsi que plusieurs dames de compagnie du palais. »

Situation critique. Heureusement, aucun décès à déplorer.

« Nous les avons maîtrisés et confisqué leurs équipements. Par malheur, c’est Sa Majesté la première princesse Ricorette qui a dû gérer la crise sur place. S’ils s’étaient calmés tant mieux, mais non : ils ont proféré des insultes contre elle, précisément elle. »

De pire en pire. Que ont-ils pu bien dire exactement ?

« … Il a lancé : “Une idiote incapable de faire quoi que ce soit sans l’autorité de son père.” »

Point final. Sentence de mort garantie.

« Ils sont actuellement emprisonnés. Que voulez-vous, on ne peut laisser insulter une princesse de l’Empire. La colère de Ricorette est à son comble ; elle exigeait jusqu’à présent sans relâche « qu’on lui coupe la tête ». Cela m’a pris du temps pour la calmer. L’Empire a décidé de les exiler hors de nos terres, mais éviter qu’ils ne causent le désordre dans la capitale reste primordial. En revanche, envoyer des soldats en escorte jusqu’à la frontière semble excessif et peu recommandable. »

Ne suffit-il pas de les installer dans un chariot et de les mener jusque-là ?

« … Il a tenu ce langage insolent non seulement envers Sa Majesté la princesse, mais aussi envers tous les autres hauts fonctionnaires et dames de service. Imaginez-vous un instant des soldats gardant quelqu’un pareil ? Au pire cas de figure, ils risquent fort de se faire massacrer par nos propres troupes. »

Tant pis pour eux, s’ils se font tuer !

« Si cela se produit, la réputation de l’Empire en patira irrémédiablement. Si l’on rapporte que des soldats impériaux ont égorgé un membre royal de Pyao, on ne sait quelle provocation nos voisins pourraient en tirer. »

« Puisqu’ils sont si embêtants, pourquoi ne pas simplement les faire disparaître dans l’ombre, pour que jamais nul n’en parle ? »

« Agir dans l’ombre suppose que l’affaire ne soit pas publique. Or, le fait que le prince de Pyao ait proclamé vouloir combattre le Grand Démon en se faisant passer pour un Héros est déjà connu de tous. Il n’y a d’autre issue viable que de les éloigner pacifiquement de nos frontières. C’est pourquoi je fais appel à vous, dont la réputation dans l’escorte royale n’est plus à faire. Peu importe l’endroit, conduisez-les simplement jusqu’à la limite de l’Empire et laissez-y tomber ces individus. »

… Il avoue ses vrais motifs enfin. Compris. Finalement, ils maintiennent volontairement mes compétences sous une apparence modeste. Me placer comme protecteur via une barrière tandis que je les transporte vers la frontière. Ni risque qu’ils ne me mettent à mort, ni risque que je les tue accidentellement. Je conçois aisément la position inconfortable des nobles.

Je n’ai aucune envie de m’y coller. Toutefois, face à la demande insistante du Premier ministre, impossible de décliner. Puisque les chevaux et carrioles seront fournis, je déciderai de enfermer les idiots félins et leur véhicule dans une barrière solide, puis de les abandonner près de la frontière. De plus, juger incorrect de les laisser partir avec juste les vêtements sur le dos, le ministre a précisé que je pouvais remplir le wagon de vivres avant de les déposer sur place.

« À vrai dire, quel genre de royalty complètement dépassée. »

« Non, c’est un cas très fréquent. »

Fréquents ? Tous les souverains de cet univers sont-ils stupides ? Certes, le roi du Royaume de Juka était largement dans le mille…

« On apprend certes aux nobles les bonnes manières et la protocolaire stricte, mais on néglige presque totalement de leur enseigner le sens commun du quotidien. Leur ignorance totale de ces aspects relève presque d’une sorte de fierté. »

Ah… Maintenant je comprends comment on obtient des crétins à tête de chat comme eux.

Décidé à me rendre auprès des félins. En sortant de ma chambre, je vois une jeune dame de haute extraction avancer vers moi. Plutôt que de continuer son chemin, elle s’arrête net devant moi et me fixe intensément.

« Un problème ? »

« Seigneur Lynos, voici Son Altesse la Première Princesse Ricorette. »

Le Premier ministre intervient précipitamment pour me signaler la présence de la célèbre princesse. Oh, celle dont on parle tant ? Elle dégage une aura de grande intelligence. Je m’incline rapidement.

« J’ignore tout de la situation, veuillez m’excuser pour cette inconvenance. »

« Tu serais donc ce mage-barrière dont on vante les exploits ? Je suis Ricorette. Cette attitude est inutile. »

Alors que je reste perplexe face à ce mot « inutile »,

« Vous n’êtes au service de Sa Majesté l’Empereur, encore moins du mien. Et vous n’êtes probablement pas celui du ministre Grement présent ici, n’est-ce pas ? Ayant reçu aucun bienfait de votre part, je dis simplement qu’il n’est pas nécessaire de conserver ce type de comportement. Laissez les autres princes et princesses garder leurs habitudes ; avec moi, cette attitude est totalement superflue. »

Elle termine sa phrase et file immédiatement sans regarder en arrière.

« C’est ainsi qu’elle fonctionne. Notre vision du monde diffère radicalement de la sienne. »

Après avoir dit au revoir au ministre, je suis un soldat qui m’emmène vers le sous-sol abritant les cellules.

La philosophie de la princesse Ricorette contient une part de vérité. Pourtant, son raisonnement nie carrément les fondements de l’Empire. Si nous vivions en pleine guerre civile, ça resterait compréhensible ; mais à l’heure actuelle, où l’ordre impérial est parfaitement établi, ses idées seraient considérées comme hérétiques. Je reconnais son intelligence exceptionnelle, mais elle est visiblement née au mauvais moment.

Tout en réfléchissant à ces mots, je continue ma route et atteins bientôt les caveaux carcéraux.

Le prince et la princesse félins bénéficient gentiment de cellules individuelles. De plus, leurs serviteurs respectifs ont été autorisés à les accompagner. Même des aides personnelles sont présents pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Mis à part qu’il s’agit bien d’une prison, le confort offert est excellent. Probablement un cauchemar pour le personnel servant, mais bon…

« Salut ! Ça faisait longtemps. Comment tu vas ? »

« Ah ! Te revoilà, le provocateur d’autrefois ! Donc tu travailles vraiment dans ce château ? Dégage-moi vite d’ici ! Le Grand Démon ne va pas patienter éternellement ! Tous les idiots se suivent ! »

« … Vraiment doué pour les présentations. Bref, vous êtes tous officiellement bannis. Je vais vous conduire jusqu’aux frontières. Allons-y. »

« Exilé ? Pourquoi seulement moi et mon frère sommes-nous traités ainsi ? »

« Votre situation actuelle résulte entièrement de vos propres actes. C’est votre mentalité et vos agissements qui ont créé ce chaos. »

Les quatre félins sont menés hors de leurs cellules. Ils avaient autrefois des lames attachées à la taille, mais désormais ils sont désarmés et vêtus de haillons maculés. À première vue, personne ne suspecterait qu’il s’agit de membres de la famille impériale.

Tandis que nous avançons, un homme coiffé d’une capuche traverse le couloir derrière nous. Sans y attacher trop importance, je le regarde passer. Soudain, il s’arrête devant la cellule voisine de la mienne, demande au gardien d’ouvrir la serrure et pénètre à l’intérieur. Le prisonnier enfermé dedans me rappelait vaguement quelque chose.

Le troisième prince de l’Empire Heida, Heida Shua Sélias.

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