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Isekai Tensei Dungeon Master: Onsen Dungeon o Tsukuru

Chapitre 91

Isekai Tensei Dungeon Master: Onsen Dungeon o TsukuruIsekai Tensei Dungeon Master: Onsen Dungeon o Tsukuru
Chapitre 91

Chapitre 91

Chapitre 91/12473%~10 min de lecture1 910 mots

Cela fait un mois que je passe mes journées à jouer à des jeux vidéo tout en observant distraitement l'exploration des donjons.

Le quotidien est inchangé.

Au Donjon Mange-sans-souci, les aventuriers font toujours la fête autour de l'alcool et sèment le désordre.

Quant au Donjon thermal, il déborde de dignitaires de divers pays et de leurs serviteurs, tous venus profiter des vertus de l'eau apportée d'ici.

Dans le Donjon thermal, les chevalières de Sepans s'activent sans relâche : elles transportent l'eau, apportent du savon, plongent d'étranges pièces dans l'eau renforcée, et s'entraînent corps et âme.

D'ailleurs, la 2e unité est devenue nettement plus forte — ou alors elle s'est habituée aux mouvements des ennemis du 18e étage — car elle ne peine plus face aux ours rouges.

Non seulement les chevalières, mais aussi les aventurières transportent assidûment l'eau des étages inférieurs du Donjon thermal pour la revendre aux marchands de l'entrée.

Puisque l'eau thermale se vend à prix d'or, c'est comme si un trésor jaillissait en permanence.

Le prix de rachat n'est d'ailleurs pas si bas.

Il y a eu une période où l'eau thermale, disponible de façon stable, s'était faite racheter à vil prix.

Du coup, les aventuriers ont tourné le dos en disant « alors on ira chercher l'alcool du Mange-sans-souci », la quantité transportée a chuté, l'offre a diminué, et ça a posé problème.

Finalement, le prix de l'eau thermale est remonté et s'est stabilisé à un niveau qui assure un revenu stable.

On peut déduire ces circonstances des informations lisibles chez ceux qui se baignent encore et encore dans l'eau piégée du 5e étage.

« Hé, Peta-chan, c'est pour quand le 17e étage du Mange-sans-souci ? »

Allongé, une partie de jeu en cours, je mange un sandwich préparé par Peta-chan tout en posant la question.

« Demain, ce sera prêt.

Ah ah ah, c'est incroyable de pouvoir agrandir aussi vite grâce à tout ce monde…

Le 20e étage… le 20e étage de rêve, à ce rythme, on y sera en un clin d'œil. »

« Demain, hein… Bon, je le ferai construire, j'observerai un peu la situation, et après… »

« Après quoi ? »

« Non, la situation ne change pas, alors je me disais que j'allais couper ma conscience un moment. »

Honnêtement, le jeu commence à m'ennuyer.

C'est que le corps d'un Maître de donjon ne connaît ni la somnolence ni la fatigue physique, donc je peux jouer sans arrêt sans me lasser corporellement.

Mais il n'y a pas de nouveaux jeux à disposition.

Que se passe-t-il quand on enchaîne jour après jour, sans dormir, des jeux qu'on connaît par cœur ?

Eh bien, on s'en lasse.

Je me suis lassé.

« C'est mortel, tiens. Bug-kun ne pointerait pas le bout de son nez ? Tania-san irait bien aussi, elle a dû apprendre à cuisiner d'ici là. »

« La visite entre cœurs de donjon, ce n'est pas vraiment fait pour tuer le temps… ah ? … »

« Oh, c'est Bug-kun qui arrive ? »

Quand Peta-chan émet des sons incompréhensibles, c'est généralement qu'elle communique par télépathie avec un autre cœur de donjon.

« Non, c'est le cœur du Donjon de Fil. Son maître veut te parler. »

« Fil ? Pourquoi le fil s'adresserait-il à moi ? Je n'ai aucune idée… ah, le tissu, peut-être… »

Je n'avais que ça en tête.

« Tu en penses quoi, Maître ? »

« Ah, vas-y, appelle-les.

Puisque j'ai une distraction qui tombe à pic, je l'accueillerai volontiers. »

« Armures, fer, fil…

Tous les plus grands donjons supérieurs finissent par venir chez moi.

Ah ah, moi aussi je rejoindrai bientôt le club des super-grands donjons ! »

Peta-chan ricane en marmonnant ce qui ressemble à un sort d'invocation, l'espace se distord et deux silhouettes apparaissent.

Hein ? Des silhouettes… humaines ?

« Imiter mon rituel d'invocation du maître et atteindre cette taille en un clin d'œil…

Le cœur du Mange-sans-souci de Sepans a dû tomber sur un maître sacrément doué, nyā. »

Devant moi se tient une créature entièrement nue, portant un collier de style égyptien et des bracelets aux poignets et chevilles.

Le hic, c'est que ce corps nu est celui d'un chat noir de taille humaine.

En un mot : une déesse Bastet non anthropomorphisée.

C'est quoi, ça ?

Les cœurs de donjon n'ont pas tous une forme humaine ?

À côté, une femme avec un turban sur la tête, allure de marchande.

Comment dire… le genre à dire « Hé hé, merci bien » après une vente.

D'après les infos glanées, ce doit être une personne qui, à l'époque de la Route de la Soie, traversait le désert à dos de chameau pour commercer le tissu.

« Désolée, mais je voulais absolument traiter avec toi, j'ai pas pu tenir en place et j'suis accourue. Dis-moi, ce tissu, c'est bien un produit de ton donjon ? »

La femme déplie une serviette de bain comme on en trouve dans les grands bains d'hôtel, et me lance ça dans un kansai-ben suspect à souhait.

… Cette traduction en langage de marchande qui dit « merci bien », c'est parce que *moi* j'ai eu cette impression à la première rencontre ?

C'est pas du tout la façon de parler d'un humain de l'Antiquité, ça.

Et la serviette déployée, c'est sans aucun doute celle qu'on avait placée au 18e étage du Donjon thermal.

Déjà arrivée jusqu'au Donjon de Fil ? C'est rapide ?

Difficile de croire que les aventuriers du Donjon de Fil puissent se procurer des serviettes en assez grand nombre pour qu'elles se répandent…

Et même si c'était le cas, le donjon ne peut les absorber que si l'aventurier meurt à l'intérieur avec la serviette sur lui.

À moins que l'aventurier ne l'offre volontairement au donjon.

Hmm ?

… En poussant le raisonnement jusque-là, j'atteins une conclusion.

« … Est-ce qu'il y a eu, par hasard, des chevaliers de Sepans qui sont venus offrir exprès une serviette à votre donjon ? »

« … C'est pas toi qui les as envoyés ? Des chevaliers de Sepans sont venus, brandissant fièrement ce tissu inconnu, et l'ont laissé au fond du donjon avant de partir, nyā. »

C'est la chatte noire nue, cœur de donjon, qui me répond.

Des chevaliers de Sepans qui exhibent un tissu pour faire de la pub, puis le laissent se faire absorber au fond du Donjon de Fil.

Pas de doute, c'est l'œuvre de cette fille, Auf.

À partir des gemmes similaires sorties du Donjon aux Gemmes et du Mange-sans-souci, elle a deviné qu'on faisait des échanges entre donjons.

Son courrier en faisait mention.

Elle a dû aussi remarquer les changements dans les drops du Donjon d'Armement et du Donjon de Fer, et capter les signes de ce commerce.

En gros, elle anticipe que je vais commercer avec le Donjon de Fil pour améliorer encore la qualité de nos drops.

Comme publicité, elle a fourni des serviettes au Donjon de Fil — qui a un lien avec le tissu — pour attirer l'attention.

« Ce tissu, c'est une serviette ?

Costaud, hein ! Cette absorption, ce toucher… un simple fil de coton, rien qu'en changeant le tissage, ça devient un produit si haut de gamme ?

Frérot, tu viens d'un pays à la technologie sacrement avancée, hein ? »

La maîtresse du Donjon de Fil examine la serviette avec intérêt, tout en parlant.

Apparence calme et posée, mais ses yeux brillent de la convoitise propre aux marchands : *ça va se vendre, ça va se vendre !*

Ce visage de qui tient un produit dont il est sûr qu'il va partir, je l'ai souvent croisé au Japon dans mon travail.

« Votre but, c'est d'obtenir mon accord pour que ce tissu soit droppé dans le Donjon de Fil ? Quelle serait la contrepartie pour nous ? »

« Oh ! Causer vite, ça m'arrange. De notre côté, on t'offre une serviette tissée avec du fil du Donjon de Fil.

Si toi, le maître, tu t'en sers un moment, ton donjon pourra lui aussi produire des serviettes tissées avec du fil de qualité du Donjon de Fil, non ? »

En disant ça, la maîtresse du Donjon de Fil me tend une serviette au lustre étrange.

Un toucher incroyable. Une légèreté invraisemblable. Une douceur épaisse comme un duvet de haute volée. Et une glisse soyeuse comme une taie d'oreiller de luxe — ou de dakimakura éro.

Jamais vu une serviette pareille, même dans les usines d'Imabari au Japon moderne.

« Cette serviette, elle sert à s'essuyer après le bain, donc elle est super absorbante, non ? Essaie aussi ça. »

Je fais apparaître une bassine et de l'eau du Donjon thermal, me lave les mains, et les essuie avec la serviette.

Mes mains mouillées sont séchées en un instant, la serviette elle-même sèche à une vitesse folle et retrouve son toucher doux.

C'est donc une serviette faite de fil du Donjon de Fil… c'est bien une qualité magique que la science moderne ne pourrait pas reproduire.

Yabai. J'ai envie de m'envelopper tout le corps dedans à la sortie du bain.

Je la veux. Vraiment.

Je pourrais presque jouir de plaisir.

« Compris ! Faisons affaire ! »

« Oh ! Merci bien, j'aime bien les mecs qui décident vite en affaires. »

« Je suis, comme vous le savez, le Maître du Donjon thermal. Donc pour tout produit textile lié aux bains, on peut faire plein d'autres échanges. »

« Vraiment ? J'compte sur toi ! »

La maîtresse du Donjon de Fil affiche un sourire sans arrière-pensée, mêlant curiosité et attente.

« Par exemple, cette serviette en nylon. Elle est conçue pour être frottée sur le corps avec du savon afin d'éliminer la peau morte.

Et voici un peignoir de bain, une robe entièrement en tissu éponge. Si on la porte après le bain, c'est d'un confort extrême. »

« Hé ? La serviette en vêtement, je pige… mais celle-là, c'est quoi comme fil ? »

La texture de la serviette en nylon doit lui être totalement inconnue.

Visage fasciné, la maîtresse du Donjon de Fil en examine le toucher avec soin.

De son côté, le cœur de chat noir observe la scène en position assise, en bâillant, visiblement en terrain conquis.

Peta-chan discute tranquillement avec le cœur de chat qui s'ennuie.

Les cœurs semblent tous se désintéresser du commerce de leurs maîtres.

« Voici le savon produit par mon donjon. On le frotte sur la serviette, comme ça. »

En observant le savon et la serviette en nylon, la maîtresse du Donjon de Fil affiche une mine admirative, et on sent qu'elle a envie de tester elle-même.

Je saisis l'occasion.

« Et voici l'eau thermale dont mon donjon est fier. J'ai préparé l'eau du 11e étage, la plus populaire.

Allez, je vous en prie, *es-sayez* ! »

Avec un sourire le plus gentleman possible, sans laisser paraître la moindre arrière-pensée lubrique, je fais jaillir un bain dans la salle du maître et l'invite à l'essayer.

De toute façon, elle ne pourra pas reproduire cette serviette en nylon dans sa propre salle du maître sans l'avoir essayée elle-même pour en ressentir les effets.

Cette proposition est donc une invitation tout à fait naturelle.

Zero perversité.

C'est bon, non ?

Je le pense tout en jetant un coup d'œil discret au visage de la maîtresse du Donjon de Fil, en gentleman.

Elle me regardait comme si je'étais une ordure.

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