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Isekai Shoukan wa Nidome Desu

Chapitre 84

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Chapitre 84

Chapitre 84

Chapitre 84/12766%~10 min de lecture1 996 mots

Au petit matin, j'étais aux abords du village.

« Tu pars déjà ? »

« Ouais. J'ai pas le temps à perdre. »

Pour mon départ, plusieurs hommes du village étaient venus me saluer.

Les autres auraient voulu venir aussi, mais beaucoup étaient encore convalescents et ça ne leur allait pas, alors je les en ai dissuadés.

« Merci pour la nourriture et le matériel de bivouac, ça m'a bien aidé. »

« De rien. On n'a pas compris grand-chose, mais grâce à ta venue le village a été sauvé. Tu es notre bienfaiteur. »

« On pourrait pas traiter un tel homme avec ingratitude, ça ferait tache sur le nom du village ! »

Devant leurs sourires francs, j'ai moi aussi fini par sourire.

Je réajustai mon sac à dos bourré de vivres et d'équipement de campement, et tournai le dos au village.

« Bah, à plus. Si je repasse dans le coin, je passerai vous voir. »

« On t'attendra quand tu veux ! »

« Reviens-nous voir ! »

En agitant leggerement la main, je quittai le village.

***

« La grande ville, c't par là, hein... »

D'après le gars du village, si je file tout droit sur cette route de prairie, je tombe sur une grande ville.

Puisque j'ai l'option de retourner sur le continent des démons, viser un port est la meilleure piste.

Y aura pas de bateau dans cette grande ville, mais il doit y avoir un moyen de rejoindre une ville portuaire.

Chercher une charrette, c'est sûrement le plus rapide.

Avec mes jambes actuelles je suis plus vite qu'une charrette, mais comme je connais pas la géographie du continent humain, je suis sûr de me perdre.

Du coup, la stabilité d'une charrette, c'est mieux.

...Bon, plus important que ça.

« Ça fait longtemps que tu dors, sale dieu. »

« J'ai sommeil... zzzzz »

« Tu m'encombres déjà assez avec le sac, alors descends ! »

« Mmh... Quel homme manque de foi... »

Je l'ai porté sur mes épaules tout le trajet en le laissant dormir, il devrait plutôt me remercier.

À contrecœur, il lâcha ma tête et se mit à marcher à mes côtés.

Cela dit, le voir avancer en somnolant, les cheveux en bataille à cause de son sommeil, finit par faire douter qu'il soit vraiment un dieu.

« Avec un tel nid d'oiseau... Même si tu peux te rendre invisible, soigne un peu ton apparence. À la base t'es pas mal. Et puis, tu t'es couché tard hier. Fais plus ça, d'accord ? »

« M-mouh... Oser me faire la morale, à moi qui suis un dieu... »

« Réponds. »

« Oui. »

Je m'accroupis et remis de l'ordre dans la coiffure de Straw.

Si j'avais pu utiliser la magie, une application de feu et d'eau aurait réglé ça en un clin d'œil, mais comme je ne peux pas, je n'ai pas le choix, je dois le faire à la main.

Je lissai leggerement du bout des doigts et parvins tant bien que mal à arranger ça.

« Y a encore des mèches qui rebiquent, mais c'est déjà ça. »

« ...Tu as l'air diablement habitué. »

« Hein ? Bah... J'ai fait ça tout le temps, alors. »

Depuis ma réincarnation jusqu'à mon retour dans ce monde, j'ai toujours été avec Yūhi, ma voisine d'enfance.

De l'école primaire au collège, quand son côté bordélique était à son paroxysme, je lui redressais chaque matin sa tignasse en pétard.

C'est sans doute pour ça que j'ai pris l'habitude.

Parce que... maintenant, elle est vachement plus responsable, mine de rien...

« Qu'est-ce que tu as, avec cette mine de quelqu'un qui rumine ? »

« Non, c'est rien. »

Je me relevai et repris la route.

Après une trentaine de minutes de marche, le paysage de la prairie changea enfin.

« Hein ? C'est quoi, ça... »

Devant moi, sur la route, une charrette était à l'arrêt.

« Y a le cheval et les bagages... mais personne ? »

« ! Hé, , j'entends des bruits de combat de l'autre côté. »

« Oh ? »

En contournant la charrette, je tombai sur un homme qui semblait en être le propriétaire, en train de se battre contre quelques monstres de petite taille.

Ces monstres, c'est... des gobelins.

Individuellement, leur rang est le plus bas, D, mais comme ils agissent en groupe, selon leur nombre ils peuvent monter jusqu'à l'équivalent du rang A.

Là, ils sont cinq. Juste à la limite pour atteindre le rang C.

« Chikusho ! Ça alors ! »

« Guigui ! »

L'homme a l'air en difficulté.

Sa maniement de l'épée frôle l'amateurisme, et son expérience du combat doit être quasi nulle.

« Bon, je l'aide. »

Je saisis Kuromaru, attaché à mon sac, et m'interposai d'un coup de pied entre l'homme et les gobelins.

« Je vous prête main-forte. »

« Woah ! M-merci... ! »

Profitant de la surprise qui figea les gobelins face à mon apparition soudaine, je tranchai la gorge du premier d'un coup de Kuromaru.

Avant qu'ils ne reprennent leurs esprits, j'entamai le cœur du second.

« Gui ? »

« Gyi ! »

« J'pige pas ce que vous dites. »

Les deux gobelins qui venaient enfin de m'identifier comme ennemi et s'élançaient furent tranchés net, ensemble.

Alors que les deux moitiés tombaient au sol, le dernier, apeuré, tourna le dos et s'enfuit.

« Gyiiii ! »

« C'est pas fini ! »

Bon, le laisser partir m'aurait pas gêné... mais ça m'énerve, alors non.

Heureusement que j'avais planqué un couteau dans le dos de la veste neuve qu'on m'a filée au village.

Pour l'instant, je n'ai aucun moyen contre la distance, alors je vais compter là-dessus.

« Oraa ! »

« Gi ! »

Je balançai le couteau, qui se ficha proprement dans le crâne du gobelin.

J'ai pas à me plaindre, au point où j'en suis, ça pourrait presque me faire vivre.

« Cinq lancers pour un touché... Enfin, pour un premier essai, c'est pas si mal. »

« ...Faut pas le dire. »

Ça a juste glissé, c'est pas que je suis nul, bordel.

« Oh ! Frangin, t'assures ! Merci bien ! »

« Hein ? Ah ouais, c'est rien. Par contre, toi, tu tires ta charrette tout seul pourquoi ? Les monstres par ici ont l'air faibles, mais comme tout à l'heure, si ils viennent en nombre, c'est chaud, non ? Faut engager un garde... »

« C'est que... je suis commissionnaire, mais juste avant le départ, l'aventurier engagé comme garde m'a roulé dans la farine et a pris la poudre d'escampette avec l'acompte... Mais vu la marchandise, j'avais pas le temps de chercher un remplaçant, alors j'ai dû partir seul, à contrecœur. »

« Je vois... »

D'habitude, pour une escorte, on verse 30 % à la signature et le reste à l'arrivée.

C'est parce que certains commanditaires refusaient de payer qu'on en est arrivés à ce système.

Cela dit... pour une mission aussi safe, avec que des petits fry, se dégonfler comme ça, c'est quand même sacrément froussard.

« ...Tiens ! Frangin ! Tu veux pas me servir de garde ?! Je paierai le tarif normal, promis ! »

« Hein ? ...Hum, selon la destination, je pourrai peut-être pas accepter. »

« T'inquiète ! Vous visez Rakhria, devant vous, non ? En passant par cette route, c'est la seule possibilité ! Moi aussi j'y vais ! »

Effectivement, le nom de la grande ville que les villageois m'avaient donné, c'était Rakhria.

Dans ce cas, sa demande vaut le coup.

Et s'il paie... vu que je suis à sec, ce serait même plutôt malin d'accepter.

« ...Bon, d'accord. On va au même endroit de toute façon. Je vous protège jusqu'en ville. »

« Vraiment ?! Ah, ça m'arrange ! Alors, on se casse ! »

« Attends, lui, il peut monter dans la charrette ? »

Je posai la main sur l'épaule de Straw en demandant.

Il ne peut pas se battre... enfin, il ne se bat pas, et moi seul dehors, ça règle l'affaire.

« S'il faut payer le trajet, déduis-le de ma prime. »

« Nan nan, hors de question ! Vous nous avez sauvés la mise d'entrée de jeu. Un passager de plus, c'est gratos ! »

« C'est généreux. On a pas de marge, ça aide. »

« Ouais ! Alors, p'tite demoiselle, par ici ! »

Straw, interpelée, suivit l'homme.

Une gamine qui parle comme ça, ça doit le surprendre... vu l'apparence, c'est une gamine modèle.

« Allez, monte par là. »

« Merci, monsieur ! »

Hein ?

« Hé hé ! Je suis un grand frère, moi ? "Monsieur", c'est encore tôt ! »

« Ehehe, pardon, grand frère ! »

« T'es mignonne, c'est pardonné ! Dahahaha ! »

..........

« Hein ? Qu'est-ce que tu fous, planté là ? On y va. »

« Non... Y a un truc qui me convainc pas. »

Parce que son ton, tout à l'heure, c'était du théâtre...

***

« Hé ! Frangin et sa sœur en voyage, c'est costaud, vous deux ! »

« C'est pas grand-chose. »

La route de prairie est encore longue.

En chemin, j'ai brouillé les pistes sur ma relation avec Straw.

Parent-enfant, impossible. Inconnus, ça ferait tiquer mon instinct de moderne, alors j'ai évité.

La couleur des cheveux est quasi identique, alors frère et sœur, c'était la meilleure option.

« À votre âge, c'est impressionnant... Moi, je... »

« ? Y a un souci ? »

« Non, rien. »

Drôle de bonhomme.

Bon, de toute façon, on se sépare à la ville.

J'ai pas besoin de savoir plus.

Au fait, le type s'appelle Grus.

« Et, y a du monde devant. »

« Hein ? »

Sur ses mots, je scrute l'horizon. Deux silhouettes.

Pas des monstres... Un homme et une femme.

En nous approchant, je saisis qui ils sont.

Des démons. Tous les deux.

Et je connais ces deux-là.

Au point d'en grimacer inconsciemment... Je les connais.

« Yo, la charrette là-bas, vous pouvez pas nous prendre ? On paie. »

« D-démons, vous deux... »

« Hé hé, c'est pas parce qu'on est démons que vous allez refuser, si ? Ça me plaît pas, ce genre de truc. »

« La menace n'est pas mon passe-temps, mais... cette fois, il faut absolument qu'on monte. »

La femme posa la main sur le sabre à sa ceinture.

À cette vue, je me mis devant Grus.

Son escrime... c'est mauvais.

« Attendez, Ramiña, vous deux, vous êtes un peu trop sanguins... Restons calmes. Nous, si vous nous prenez, on vous fera pas de mal. Vous, si vous n'attaquez pas, pas de raison de se battre. C'est ça ? »

« C-c'est exact, mais... »

« Alors c'est réglé. Prenez-nous. L'argent, on paie. »

« ...C-compris. »

Grus hocha la tête.

La femme retira la main de son sabre, et je lâchai Kuromaru attaché dans mon dos (le sac est dans la charrette, tenu par Straw).

« Vous avez eu la vie sauve, gamin. »

« ...Merci. »

Le couple de démons passa à côté de moi et monta dans la benne.

Honnêtement, "vie sauve" n'est pas une blague.

Avec mon niveau actuel, me les farcir en face-à-face sans dommages, c'est impossible.

Les Cinq Généraux Démoniaques, Jion et Ramiña... Les mecs que je veux le moins affronter.

Même le Héros aurait du mal à les battre proprement.

Ce sont sans conteste les plus gros atouts des démons.

Qu'est-ce qu'ils foutent ici...

« Dépêchez-vous de partir ! »

« A-ah, ouais ! »

Une voix vint de la benne, et la charrette repartit.

Qu'est-ce que c'est que ce truc... On dit depuis longtemps que croiser ces deux-là n'amène rien de bon.

En d'autres termes, ce que je veux dire, c'est...

« ...J'ai un sale pressentiment, moi. »

Je posai la main sur mon visage, marmonnant pour moi seul.

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