Les sept compagnons de Chai semblent aussi avoir retrouvé la forme.
Au début, leurs allures chancelantes m'inquiétaient vraiment à les voir.
Maintenant, ils courent partout autour de l'étang qu'on a créé.
L'étang… son image n'étant pas très bonne, j'avais pris l'habitude d'y lancer un sort de nettoyage une fois par jour.
Tiens, les abords de l'étang changent chaque jour comme un jardin, c'est l'œuvre de l'équipe agricole, sans doute ?
On y a vu apparaître des poissons, on ne sait trop comment.
Il y a aussi d'étranges choses qui ressemblent à des crevettes.
Quant à celles qui sortent la tête… j'ai décidé de ne pas m'en soucier.
Je veux leur donner des noms maintenant qu'ils vont bien.
Les sept : trois mâles, quatre femelles.
Leurs couleurs rappellent surtout celle de Chai, sauf un mâle au pelage marron taché de blanc.
Une femelle portait un pelage marron taché de rouge, avec des yeux rouges aussi.
Les mâles : « Chaya », « Chata », et celui aux taches blanches « Charyu ».
Les femelles : « Chaha », « Sacha », « Chami », et celle aux taches rouges « Himecha ».
J'ai tout basé sur le « cha » de Chai.
Mon degré de satisfaction personnelle est de 100 %.
Ils ont dû aimer, sûrement… enfin, je crois.
Au début, Chai et Core restaient un peu en retrait l'un de l'autre, mais récemment ils passent beaucoup de temps ensemble.
Ils chassent même ensemble.
Je surveillais pour voir comment ça évoluerait avec les nouveaux compagnons de Chai, mais rien n'a changé apparemment.
Core et Chai sortent ensemble.
J'avais peur qu'ils finissent par se séparer en deux groupes distincts, mais ça a l'air d'aller, ouf.
Ce qui a changé, c'est que j'ai constamment deux loups et un chien près de moi.
C'est une escorte, peut-être ?
Merci.
Merci aussi aux deux bébés araignées, aux deux bébés fourmis, aux deux jeunes araignées.
J'ai l'air d'être assez faible pour mériter toute cette escorte.
Je vais faire des efforts.
***
Un jour, je me suis souvenu.
Dans une émission sur le développement d'une île, on pressait de l'huile à partir de graines de camélia.
Il y a peut-être des graines qui donnent de l'huile dans ce monde aussi.
Si j'ai de l'huile, je pourrai manger des fritures.
Parmi les fruits d'arbres, il y en a qui ressemblent à des aubergines, d'autres à des courges.
Pour moi, ce ne sont pas des fruits mais des légumes.
Je veux les faire frire nature et y verser un peu de sauce de poisson.
Ça devrait être bon, c'est sûr.
Cela dit, il y a toutes sortes de graines.
Il faut déjà en ramasser.
Premier jour, j'ai ramassé des dizaines de graines et essayé de les écraser, mais rien à en tirer.
Deuxième jour, j'ai ramassé des dizaines de graines et essayé de les écraser, mais rien à en tirer.
Troisième jour, au réveil, il y avait sur la table une grande variété de graines… plus de cent.
Les jeunes araignées et les jeunes fourmis se sont mobilisées pour me les apporter, apparemment.
Merci.
Ce jour-là, j'ai passé mon temps à casser des graines, encore et encore… la magie fait que je ne me fatigue pas, mais c'est lassant.
Oh, quand j'écrase une graine, j'ai une drôle de sensation au bout des doigts.
Je regarde mes doigts : ils sont brillants, on dirait…
Un gros fruit gros comme ma tête.
À l'intérieur, une chair visqueuse au parfum sucré intense, et en son centre des graines bourrées à craquer.
Au fait… à quoi ressemblent les graines qui donnent de l'huile ?
Je ne le sais même pas, au fond.
Je goûte un peu la chair… regret immédiat.
Une astringence incroyable… Sasa me regarde avec un air surpris.
Peut-être qu'il connaissait ce goût d'astringence.
Bon, j'essaie tout.
Essayons de presser les graines de ce gros fruit.
Mais avant ça, récoltons un peu plus de ces fruits.