Un point de vue du Monœil chef —
C'est impensable que moi, j'en arrive là !
Tout en courant à travers la forêt, je me tape doucement la tête.
Créer une situation où je ne peux pas répondre à la question du Maître, quelle faute impardonnable ai-je commise.
Il faut vite déterminer l'année, le mois et le jour de ce monde.
Quelles autres informations le Maître pourrait-il nécessiter ?
Le groupe sanguin, peut-être ?
Ou bien le signe astrologique ?
Peut-être aura-t-il besoin de l'horoscope du jour.
Non.
J'ai l'impression que mes pensées sont en pagaille à cause du choc.
Il faut me calmer.
Respiration profonde.
« Inspire, expire. Inspire, expire. »
Bon.
Pour l'instant, direction le pays des humains pour connaître l'année.
D'abord, il faut absolument vérifier ce que le Maître a demandé.
Ceci dit, j'ai été négligent.
Quand on vit dans la forêt, on ne se soucie absolument pas de l'année en cours.
Ce qui importe, c'est la saison.
Parce que ça concerne les périodes de récolte et de semis.
Ah ?
En interrogeant l'équipe agricole, aurais-je pu le savoir ?
Mes pieds en mouvement s'immobilisent net.
Il n'y avait pas l'équipe agricole dans le salon tout à l'heure.
Aujourd'hui, plusieurs unités de l'équipe agricole sont parties pour « observer des gens ordinaires », donc celles qui restent sont toutes au travail aux champs.
Hmm, devrais-je revenir les interroger ?
Mais s'ils ne savent pas, ce sera une perte de temps.
Pourtant, s'ils savent, ce sera le moyen le plus rapide d'obtenir la réponse.
« C'est un problème difficile. Que faire ? Hein ? Eux, c'est quoi ? »
Quelque chose a bougé dans le coin de mon champ de vision. En regardant, ce sont des humains.
D'ailleurs, je courais sans faire attention, mais où suis-je exactement ?
Je regarde autour de moi, mais impossible de savoir.
« ... Vérifions d'en haut, tiens. »
J'escalade un grand arbre tout proche et atteins le sommet en un instant.
En scruttant les environs, j'aperçois d'immenses champs un peu plus loin.
Sans m'en rendre compte, j'étais arrivé près du pays des humains.
D'ailleurs, j'avais utilisé la magie du vent pour créer un vent arrière et augmenter ma vitesse.
« Ceux d'il y a peu... ils étaient là. »
Je fixe les humains qui avaient un comportement suspect dans la forêt.
Ils sont trois.
On dirait qu'ils cherchent quelque chose dans la forêt.
Et de leurs sacs émane une présence de la forêt.
« Serait-ce des malfaiteurs ? »
Je ne les ai encore jamais vus, mais des rapports sont arrivés, donc je connais leur existence.
Des gens qui emportent sans autorisation les biens de la forêt.
Ce sont eux, sans doute.
Le vent m'apporte leurs voix.
« Lequel ? »
« Celui-ci ? »
« Ah, c'est celui-là. Avec ça, on va faire un max de fric. »
Ce sont définitivement des malfaiteurs.
C'est inacceptable.
La réponse à la question du Maître est importante, mais je ne peux pas tolérer ceux qui saccagent la forêt que le Maître chérit.
Une punition divine s'impose, sans conteste.
« Bon, comment les corriger ? »
Le Maître a dit de se contenter de les effrayer, parce qu'il est gentil.
Les effrayer... tout le monde disait que le dosage était difficile.
Quel dosage, exactement ?
Autant ne pas les réduire en poudre, non ?
Ou alors, tant que ce n'est pas aussi chaud que du magma ?
« C'est embêtant. Je ne sais pas doser. S'ils en meurent par erreur, ce sera embêtant. »
« Trouvé. C'est cette fleur. »
Je tourne mon regard vers leurs paroles.
Une fleur blanche ondule.
Le Maître aimait bien cette fleur, aussi.
« Arrache-la. Il nous faut ses racines. »
Arracher ? Disent-ils ?
*Boc.*
« Gah. »
« Wah. »
« Qu'est-ce que c'est ! »
Hé ?
Il y a quelque chose à mes pieds.
... Depuis quand ?
Pourquoi ?
La personne qui était dans mon champ de vision roule maintenant sous mes pieds.
Qu'est-ce qui s'est passé... ?
« Qu'est-ce que c'est que ce type. Hé, c'est quoi toi ! Dégoûtant. »
C'est désagréable !
Je suis un golem créé par le Maître, pour le Maître.
Une existence très fière.
Et cet insultes, c'est quoi.
« Wah. Arrêtez ! »
« Gyaa~ ! »
... Les deux autres malfaiteurs sont étendus à mes côtés.
Se moquer de moi, créé par le Maître, c'est impardonnable.
Donc c'est le châtiment mérité.
Je vérifie la respiration des trois.
Bien.
Une force à peine suffisante pour briser des branches a suffi.
Le dosage maximal était la bonne réponse... pas trop faible ?
Bah, peu importe.
« Cependant, c'est embêtant. Que faire de ces gens ? »
Si je les laisse ici, ils pourraient encore viser les fleurs.
Pour l'éviter, il n'y a qu'à les emmener.
D'ailleurs, je vais au pays des humains.
Autant les emmener avec moi.
« Avec mon état actuel, c'est un peu impossible. »
Je peux porter trois personnes sur l'épaule, mais ma taille est petite, donc c'est gênant.
Ça consomme de la puissance, donc je ne le fais qu'en cas d'imprévu, mais grandissons.
« Cette taille devrait aller. »
Je dois faire à peu près la même taille que le Maître.
Bon, direction le pays des humains.
J'ai pas mal perdu de temps.
J'ai hésité à faire demi-tour, mais vu la situation avec eux, je décide d'aller au pays des humains.
Allez, je hisse les trois sur mon épaule et je cours vers le pays des humains.
« Ma vitesse a baissé par rapport à tout à l'heure, on dirait. »
Il faut que je m'entraîne plus.
Ceci dit, en approchant du pays des humains, l'ambiance de la forêt change.
Il y a plus d'arbres bas.
Oups, les feuilles, danger.
*Bashi.*
« Guh. »
Ici, ce sont des branches qui sortent.
*Bashi.*
« Gya. »
Qu'est-ce que c'est, depuis tout à l'heure l'arrière est un peu bruyant.
Ils n'ont pas l'air d'avoir repris conscience... bon, pas le temps de m'en soucier.
Fonce.
« Hein ? Ce sont des mélanges, ça. »
On dirait qu'il y a des gens qui se battent, mais ils sont en train de perdre.
Core a dit que les mélanges sont des trucs inutiles.
C'est sur ma route, alors aidons un peu.
*Doga.*
« Eh ! »
Un coup de pied sauté net.
Allez, les autres mélanges aussi, je les dégage.
*Doga.*
*Boko.*
*Bako.*
C'est réglé.
Mince, encore du temps perdu.
Dépêchons-nous.
« Ah, attendez... »
Désolé.
Là, tout de suite, j'ai pas le temps.
« Ça se voit. »
Les champs du pays des humains s'étendent.
Bon, que faire de ceux que je porte sur l'épaule.
« Kya. »
« Quoi ? »
Un cri retentit. Je tourne le regard vers là-bas : ils me regardent, surpris.
Quoi ?
... Ils crient seulement, donc pas de problème.
« C'est... »
Un haut mur apparaît.
Je peux l'enjamber ?
Ah, tiens, il y a des gens avant ça.
Hein ?
Il y en a de plus en plus.
Un type en vêtements assez luxueux apparaît aussi.
C'est bon, je confie ces types à ces gens et je demande l'année.
« Qu-, que souhaitez-vous ? »
Qu'est-ce qu'ils ont ?
Ils transpirent bizarrement et sont tout paniqués.
Malades ?
Si c'est le cas, leur confier ceux que je porte sur l'épaule ne posera pas de problème ?
Domage d'avoir réussi le dosage, s'ils meurent de maladie, ce sera embêtant.
« Malades ? »
« Hein ? »
Quoi ?
Les mots passent, non ?
Le Maître a mis la magie d'interprétation sur tous nous, les golems.
« Malades ? Vous avez mauvaise mine. »
Je repose la question.
Ceci dit, leur teint empire de plus en plus.
Changement amusant.
« Ça va. Y a pas de problème. »
... Si la personne dit que ça va, c'est que ça va.
C'est passé au-delà du bleu, c'est blanc, mais ils disent que ça va, alors j'arrête de vérifier.
« Alors... »
« Je vous les rends. »
Je balance les trois que je portais sur l'épaule devant les gens.
Mince.
J'ai oublié de sortir de leurs sacs ce qu'ils avaient pris dans la forêt.
Je récupère le sac de celui qui a roulé et vérifie l'intérieur.
Y en a.
Ils avaient pris des noix.
« C'est... ! »
« C'est un bien de la forêt. Je le reprends. ... Un problème ? »
« Non, y en a pas ! Absolument, y en a pas du tout ! »
Vraiment okay ?
Leur respiration est rude, ceci dit.
« Compris. Au fait, cette monde, c'est quelle année et quel mois quel jour aujourd'hui ? »
« Ha ? »
Répondez vite à la question.
Il faut que je réponde au Maître le plus vite possible.