Je descendis du lit avec précaution.
J'essayai de forcer, mais la force ne venait pas.
M'inquiétant, je me demandai si je ne pouvais pas marcher.
« Ça va ? »
Monœil me caressa doucement la jambe.
J'acquiesçai et lui transmis « Ça va ».
Mais mon anxiété devait se lire sur mon visage, car l'un des Monœil serra fortement ma main.
« Ce n'est qu'une perte de force musculaire, vous pourrez remarcher. Faisons de la rééducation petit à petit. »
Soulagé par ces mots, je poussai un soupir.
Bien, je pourrai marcher.
Il faut que je m'accroche à la rééducation.
Aujourd'hui, ce sont les Monœil au langage poli qui s'occupent de moi.
Les Monœil ont chacun leur personnalité.
Certains disent « Bonjour », d'autres « Salut », « Yop », « Yo » — les salutations sont déjà toutes différentes.
Comme leur apparence est identique, j'ai été perdu au début.
Mais en les observant bien, j'ai remarqué que leurs gestes différaient chacun.
Depuis, bien que ce ne soit pas parfait, j'arrive à les distinguer.
Eux aussi semblent s'en réjouir.
« Bonjour. Pas d'imprudence, d'accord ? »
Un homme entra par la porte de la pièce.
Au fait, y a-t-il d'autres personnes dans ce bâtiment ?
Je n'en ai vu aucune à part cet homme.
Et je n'ai toujours pas appris son nom.
Je l'ai demandé plusieurs fois, mais malheureusement, ça n'a pas marché.
Comme on l'appelle « Maître », peut-être que ça suffit, mais j'aimerais tout de même connaître son nom.
« Tu t'ennuies à force de ne faire que dormir, non ? Je veux te présenter tes compagnons, allons au salon. »
Je suis content.
J'ai hâte de les rencontrer aussi.
J'ai dû acquiescer sans m'en rendre compte, car l'homme rit et me caressa la tête.
« Compte sur moi. »
Compter sur moi ?
Je penchai la tête, et une araignée géante entra par la porte.
Mon corps tressaillit face à son immensité.
Hein ? Non non, elle est trop grande !
Je restai bouche bée, stupéfait par sa taille, et avant que je m'en rende compte, elle était juste devant mes yeux.
« Cette enfant, c'est Parent-san. »
Hein ?
Parent-san ?
…… Ça veut dire araignée mère ?
Ce n'est pas un nom, sûrement.
Personne ne donnerait un nom aussi bizarre.
« Parent-san, j'aimerais que tu portes cet enfant jusqu'au salon. Ses jambes sont encore faibles, il ne peut pas se tenir seul. »
…… C'est peut-être un nom, en fait ?
« Compris. Compte sur moi. »
Face à ses nombreux yeux tournés vers moi, j'acquiesçai maintes fois sans réfléchir.
D'ailleurs, elle peut parler.
Je me demande quel genre de monde c'est, ça m'intrigue énormément.
Parent-san, l'araignée géante, tendit ses pattes avant vers moi.
Qu'est-ce que c'est, une poignée de main ?
Serrer la patte d'une araignée, c'est étrange… Je fixai intensément l'énorme patte devant moi.
Alors je vis quelque chose s'en sortir en glissant.
C'est du fil ?
Ah ?
Le fil d'araignée sort d'ici ?
Je croyais que c'était par l'arrière ?
J'ai un souvenir d'encyclopédie d'insectes… mais c'était il y a si longtemps que je me trompe peut-être.
Ah bon, le fil d'araignée sort des pattes avant.
« Utilise ça. »
L'homme apporta une chaise en bois.
Un coussin était posé sur l'assise.
Je regardai comment on allait faire, et mon corps fut soulevé d'un coup.
Surpris, je me raidis, mais je glissai latéralement et fus déposé sur le coussin.
Apparemment, Parent-san m'a soulevé avec son fil.
Le fil d'araignée est costaud, hein.
Tandis que j'admirais, la chaise en bois s'éleva et s'arrêta à une quinzaine de centimètres du sol.
Mon corps était, sans que je m'en rende compte, fixé en rond sur la chaise par le fil de Parent-san.
L'inquiétude de tomber me traversa l'esprit, mais même quand Parent-san se mit en marche, c'était stable.
Je soupirai de soulagement, mais je veux quand même marcher par moi-même.
Il faut que je m'accroche à la rééducation pour pouvoir vite me déplacer seul.
L'endroit où j'étais semblait être le deuxième étage du bâtiment.
Ceci dit, quel grand bâtiment.
Le couloir s'étendait à perte de vue.
Alors que j'étais ébahi, l'homme me tapota la tête.
« C'est grand, hein ? »
J'acquiesçai à ses paroles.
C'est le plus grand bâtiment de ma mémoire.
« Comme les enfants ont augmenté, on a agrandi la montagne rocheuse. Bon, du coup, le grand déménagement des champs a été un sacré boulot. »
Les enfants ont augmenté donc on a agrandi la montagne rocheuse ?
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Ce bâtiment, c'est la montagne rocheuse ?
Je regarde autour. Sol en bois, murs, plafond.
Aucun élément de montagne rocheuse en vue.
J'ai mal entendu ?
Et le grand déménagement des champs ?
C'est qu'ils les ont refaits ?
« Voici le salon. Je vous les amène. Comme son corps n'est pas encore rétabli, pas d'imprudence, d'accord ? »
À la voix de l'homme, des cris de joie montèrent du salon.
On m'accueille ?
J'espère.
Un peu tendu, j'entre dans le salon.
Et je restai un peu coi.
« On t'attendait. »
Comment dire… un chien à la gueule féroce ? Il y en a.
Et pas qu'un.
Ah ? Les gens ?
Je scrute le salon.
Ah, ils sont là.
Mais ce ne sont peut-être pas des gens.
Parce que les gens ne flottent pas en l'air, si ?
Ah, oui, c'est ça.
Certains ont même des ailes.
Hm ?
Des gens avec des oreilles de bête ?
« Y en a quelques-uns à l'air costaud, mais ce sont tous de bons gars. Ils pensent à leurs camarades. »
L'homme se dirige vers le centre de la pièce et Parent-san le suit.
« Ici, ça va ? »
La chaise flottante fut posée au sol, et mon corps seul fut déplacé en douceur sur un canapé proche.
« C'est bon ! Merci, Parent-san. »
L'homme dit ça en caressant le corps de Parent-san, l'araignée géante.
Incroyable, il la caresse normalement.
J'étendis la main moi aussi pour la caresser.
Une fraîcheur glacée me parvint.
Parent-san sembla surprise que je la caresse, mais elle ne montra aucune aversion et l'accepta.
« Je vais vous les présenter. En commençant par celle-ci… »
À côté de l'homme se tenait, droite, une grande chienne ? au visage féroce et au pelage argenté.
Pour un chien, le corps est grand.
Ah mais, dans ce monde, même les araignées sont de cette taille, tout est grand… enfin, pas sûr.
L'homme, lui, faisait ma taille.
Et ceux qui flottent avec une apparence humaine ne sont pas si grands non plus.
Ceux aux oreilles de bête non plus.
« Core et sa partenaire Chai. L'espèce est différente, mais c'est un couple. Et à côté, euh… les deux enfants. Celle-ci c'est Ai et Nea. Au fait, Core est un Fenrir, Chai une Dire Wolf. Ai et Nea sont des Garm. »
Fenrir, j'ai l'impression d'avoir déjà entendu ça.
C'était quoi ?
Une créature légendaire ? Non, impossible.
« Parent-san, je vous l'ai présentée. La fourmi à côté, c'est Shuri. Parent-san est une Chuearenie, et Shuri une Anferufurumi. Et les écureuils. Leur corps est bleu-vert et ils ont des cornes. Quelle était leur espèce, déjà ? »
« Maître, nous sommes des Ratatosk. »
« Ah oui. Désolé. »
Donc Parent-san, c'était bien un nom. Je me demande comment elle a fini avec ce nom.
En tout cas, araignée géante et fourmi géante.
Une présence dingue.
Et les écureuils ont des cornes, et leur couleur de corps…
« Et aujourd'hui, tout le monde est en taille réduite, mais de droite à gauche : "Tout Mou", "Lézard Volant", "Guimauve", "Pelote de Laine", "Bleu Clair". L'espèce, c'est dragon, comme vous voyez. »
Hein ?
Il vient de dire des mots bizarres, non ?
Tout Mou ? Lézard Volant ? Guimauve ? Pelote de Laine ? Bleu Clair ?
Dans le flux, ce sont des noms, ça ?
Euh, c'est sérieux, ces noms ?
« Ah~, je comprends ce que tu veux dire. Mais moi aussi, j'ai essayé de leur donner des noms plus cools. Pourtant, tout le monde a adoré ceux-là… J'ai réessayé plusieurs fois, mais impossible. »
Ah bon, c'est pas de la faute de l'homme ?
Non, mais d'où il a sorti ces idées, au juste ?
Tout Mou, d'où ça sort ?
De l'apparence d'un dragon, "Pelote de Laine", ça ne vient pas !
« Ah ! Au fait, je ne connais pas ton nom. »
Dans ce flux, qu'on me demande mon nom, c'est un peu flippant.
« Tu ne te souviens pas de ton nom ? »
Hein ?
Nom ?
……………… Je sais pas.
Je secouai la tête.
« Je vois. Hum~, quoi de bon ? »
Ah, j'aurais dû dire que je le savais.
Je regarde l'homme.
Il a l'air de réfléchir.
À quelque chose, pas à un nom, hein.
Un nom normal, ça m'irait bien.
« "Lumière", ça te va ? »
Bien.
Un nom normal.
« Tu n'aimes pas ? Alors un autre… »
Mince.
Soulagé, j'ai oublié de réagir.
J'agrippe désespérément le bras de l'homme à côté de moi.
Et j'acquiesce encore et encore.
« Ton nom… "Lumière", c'est bon ? Je peux encore réfléchir pour trouver mieux ? »
Arrête !
Ça va, "Lumière", c'est bon.
« Pas la peine d'être si désespéré. Bon, soit. À partir d'aujourd'hui, je t'appelle Lumière. »
Je souffle, soulagé.
« Tout le monde, cet enfant, c'est Lumière. Entendez-vous bien avec lui. »
Bien.
…… Hé ?
La présentation de ceux qui flottent n'est pas finie, non ?