Les enfants aussi semblent s'être habitués à la vie ici.
Même quand les golems de roche se rassemblent, ils ne bronchent plus, et ils arrivent maintenant à saluer Shuri.
Pour Core et les siens, Chai et les siens, Ai et les siens, ils s'y étaient faits un peu plus vite.
Mais Shuri, impossible de s'y habituer, elle seule.
C'est peut-être une question d'espèce.
'Ah, pour Parent-san et les siens non plus, ça n'a pas été simple non plus.'
'… Les insectes, c'est pas leur truc ?'
'Non, pour les phasmes, ils s'y sont faits vite, eux.'
'Bon, c'est du passé, maintenant y a pas de souci.'
La vie des enfants s'est calmée, alors je me suis dit qu'il était temps de leur donner des noms.
Pour les appeler, « hé, les gamins », c'est un peu fade.
Je demanderai les noms que leurs parents leur ont donnés, quand l'occasion se présentera.
D'ici là, ils feront avec ceux que je leur ai choisis.
Ce sont un garçon et une fille.
Je croyais que c'était deux garçons, alors j'ai eu un choc.
J'ai demandé à Tricole de faire en urgence des vêtements pour la fille.
Elle était bizarrement super motivée.
Le lendemain, elle m'a sorti dix tenues, une quantité dingue.
Elle avait donc envie de faire porter des jupes à quelqu'un, à ce point.
La jupe qui s'était glissée dans les affaires du garçon, je l'ai rendue à Tricole.
Pour les noms, j'ai hésité, puis
Pour la fille, j'ai mis le sens « fleurir doucement » : « Yūsa ».
Pour le garçon, j'ai mis le sens « saisir un avenir qui brille d'un cœur chaleureux » : « Yōki ».
'… Ouais, niveau satisfaction personnelle c'est max, mais eux, qu'en pensent-ils ?'
Ils m'ont fait une drôle de tête.
Je leur ai redit leurs noms en leur caressant la tête.
'Ils ont pigé, c'est bon.'
'Ah, hein ?'
'C'est quand même pas bon ?'
Ils ont pleuré… Je me suis un peu affolé.
Pendant que j'étais dans cet état, tous les deux se disaient leurs noms l'un à l'autre.
C'était un peu maladroit, ils n'ont pas l'habitude, mais on dirait qu'ils aiment bien.
'Bien.'
'… Il me faudrait un peu plus de sang-froid, moi.'
……
'Je trouvais qu'il faisait sacrément froid, c'est la neige.'
'Quand la neige s'accumulera, Marshmallow pourra sortir.'
'Ah oui, je voulais vérifier les pattes de Marshmallow.'
Malheureusement, comme Peluchon, il avait grandi en lézard.
'S'il y a un jour, j'aurais pu voir.'
'D'ailleurs, le fait que je m'en souvienne pas, c'est bizarre aussi.'
'Peut-être que je faisais léviter la bouffe par magie pour la porter à ma bouche.'
'Bref, quand Peluchon ou Marshmallow feront des gosses, je vérifierai à coup sûr !'
'Hé ? Ces gamins, c'est des femelles ? Des mâles ?'
'Chez les lézards, on voit ça où ?'
'… On attendra tranquillement qu'ils fassent des gosses.'
'… Ça, c'est… eh, non façon ?'
En vérifiant la neige, j'ai repéré un truc louche au loin.
Quelqu'un marche sur les dalles de roche au milieu du grand champ, direction la forêt.
'… Ce n'est pas une erreur de ma part.'
La rivière s'est étendue jusqu'à près de la zone défrichée.
Hier, elle n'était pas là, je crois.
Je regarde autour.
'… Ailleurs aussi, entre les arbres de la forêt, on voit la rivière.'
'C'est le lac qui a poussé ses rivières jusqu'ici ?'
'Ah, Parent-san.'
Je désigne la rivière… euh, le champ et la rivière, et je dis à voix haute : « C'est bon ? »
Comme elle me le répète plusieurs fois, elle a mémorisé le mot.
« Merci. »
'Ensuite, il suffit de montrer la cible… et après, je compte sur le lecteur.'
'C'est une méthode de communication qui repose tout sur l'autre, mais c'est le mieux que je puisse faire.'
Elle a hoché la tête, donc c'est bon.
'Ça veut dire qu'ils n'entreront pas dans le champ, ok.'
Cela dit, c'est impressionnant.
On voit plusieurs rivières entre les arbres.
Les arbres se mettent à marcher librement, et le lac fait courir ses rivières à sa guise dans la forêt.
'… Ça ne finit pas en bagarre, tout ça ?'
Je montre la rivière et la forêt en prenant une pose de combat.
C'est triste, mais la pose de combat, ça a fini par passer lors de la beuverie hebdomadaire.
Vraiment dommage.
'Alors, ça aussi, c'est bon… c'est passé, je crois ?'
'Un peu inquiet, mais bon, Parent-san ne panique pas, donc ça va.'
'Oh, une amibe.'
'C'est un copain de l'amibe de la rivière, peut-être ?'
'Hmm ? Elle se redresse et danse encore ?'
'… Elles se multiplient.'
'J'ai baissé la garde.'
« Merci, vous êtes trop forts. »
J'applaudis, et elles se calment.
'Avant que les autres amibes ne se redressent, on rentre ?'
Des amibes un peu partout dans la rivière.
'Faut faire gaffe.'
'Demain, j'espère qu'on pourra ouvrir l'entrée du sous-sol.'