— Royaume d'Emperas, point de vue du mage supérieur —
Il semble que le 5e ordre des chevaliers ait envahi la forêt.
D'après le rapport, ils sont entrés sans encombre, ce qui me rassure.
Cette fois-ci, de nombreux mages les accompagnent.
J'espère qu'ils reviendront sains et saufs.
Je parcours les documents devant moi.
Des documents importants concernant les pierres magiques jusqu'à présent.
Je cherche un moyen de compenser la puissance perdue sans recourir aux esclaves ; on a jugé que si l'on compensait la puissance, les fissures pourraient être réparées.
Mais plus je lis, plus le moral s'effondre.
On me jette au visage l'étendue des crimes que nous avons commis.
… Seules les informations sur les péchés accumulés y figurent.
Au moment où j'ai senti le château trembler, une masse de documents s'abat sur ma tête.
La tête me fait mal, je ressens la terreur d'être écrasé par le haut.
Qu'est-ce qui s'est passé… je n'entends que le grincement de mon corps qui se compresse.
Pas encore…
Je ne veux pas mourir !
J'entrouvre les yeux et des caractères sautent à ma vue.
Un rapport sur le renforcement de pierre magique par des esclaves.
Il stipule que le nombre d'esclaves est insuffisant pour le renforcement.
Après avoir remis ce rapport au roi, celui-ci a commencé à faire procréer les esclaves entre eux.
J'ai entendu dire que même avec leurs émotions scellées, certains esclaves versaient des larmes.
C'est moi qui ai soumis ce rapport.
« Pardonne-moi »
Ce ne fut pas un son, je me contentai de prier sans cesse.
Soudain, ma respiration oppressée revient.
Je respire de tout mon corps et parviens tant bien que mal à vérifier l'état des lieux.
Mes subordonnés mages gisent au sol.
Je constate que plusieurs sont blessés.
Je veux les secourir mais je ne peux pas bouger.
Bien que l'attaque ait cessé, la peur entrave mes mouvements.
Je redresse tant bien que mal mon corps chancelant et me dirige vers mes subordonnés effondrés.
Ils sont inconscients mais ne semblent pas morts, je souffle de soulagement.
Je m'assois lentement sur le sol et laisse mon corps se détendre.
En expirant lentement, mon corps se met à trembler.
Une peur et un désespoir terrifiants.
Les larmes débordent.
Je me souviens soudain.
Ah, cette jeune fille tremblait-elle de telles émotions tout en me dévisageant jusqu'au bout.
Et moi, je l'ai frappée… .
Mes crimes… les documents à mes côtés en attestent.
Comme l'a dit cette jeune fille, c'est « impardonnable ».
……
Du château silencieux, des voix commencent peu à peu à s'élever.
Ce sont des cris, des hurlements, des pas de course, des vociférations.
Tandis que j'écoute ces sons, hébété, j'entends quelqu'un entrer dans la pièce.
Je tourne le regard et aperçois le chef des mages.
Le visage du chef des mages est livide et son corps semble trembler.
Il est arrivé quelque chose au roi.
Cette seule phrase pèse lourd, mais je prends une grande respiration et mets mon corps en mouvement.
Mon corps qui bouge lourdement ressemble à celui d'un autre.
Malgré tout, je me hâte vers le roi.
Je suis légèrement surpris de voir le chef des mages entrer dans la chambre, le roi ne laisse jamais personne y entrer.
Hormis sa fille de confiance et sa petite-fille.
Non, peut-être ne leur fait-il pas confiance non plus.
Puisque ces deux-là portent aussi la marque d'esclave.
En entrant dans la chambre, j'entends les cris du roi et des hurlements.
Je suis stupéfait par son apparence.
Son bras gauche manque à partir du coude environ.
Un corps renforcé… ah non, le sang du roi coule déjà en lui.
Depuis l'échec de la magie de renforcement de l'épée.
Dans ce cas, ce résultat est concevable.
Mais le roi n'admettra jamais cet état.
Je ressens un désespoir différent de tout à l'heure.
……
Le bras gauche du roi ne repoussa jamais.
Même les mages les plus puissants y infusant leur puissance magique, c'était comme verser de l'eau dans un seau percé.
C'est le corps même du roi qui subit une anomalie.
Quelle que soit la puissance magique injectée, cela ne sert à rien.
Le roi est fou de rage mais ne peut rien y faire.
Tous les quatre mages, chef des mages inclus, ont conscience de la cause.
Pourquoi le bras du roi ne se répare pas.
Et probablement qu'il ne se réparera plus jamais.
Mais ils ne peuvent pas le dire.
Non seulement leur propre mort, mais tous ceux qui les entourent seraient condamnés à mort.
On ignore combien ce nombre s'élèverait.
En sortant de la chambre du roi, un soupir m'échappe.
Le corps du roi était renforcé par une pierre magique.
S'il s'agissait de la pierre magique d'origine, le corps du roi n'aurait pas dû être blessé.
Mais la pierre magique actuelle n'a pas la force de renforcer le corps du roi.
Sans parler de la réparation du bras sectionné.
Non, si l'on pouvait revenir à la pierre magique d'avant les fissures, ce serait possible aussi.
Mais puisqu'il n'existe pas de méthode pour la restaurer, dans les deux cas c'est impossible.
……
Si j'avais pris conscience lors de la réparation des fissures de la pierre magique… .
À ce moment-là, oui, à ce moment-là.
Des esclaves rassemblés auprès de la pierre magique pour réparer une encore petite fissure.
En voyant ces esclaves, pourquoi n'ai-je rien ressenti.
… Ils avaient peur, ces esclaves dont le cœur devait être scellé !
Déjà à ce moment-là, la pierre magique… .
Tout, j'ai mis trop de temps à m'en rendre compte.
Trop de temps.