Phouu. C’est bien moi.
Le château Oakbo de cette année s’est également achevé sans encombre.
J’avais vraiment pensé qu’on allait tout louper, mais grâce à Riteseus-kun qui a géré la situation bien mieux que prévu, l’événement s’est terminé paisiblement.
Les participants professionnels qui posaient problème depuis longtemps ont eux aussi fini par obtenir de vrais emplois grâce à leur recrutement par l’armée directe du gouvernement de la République Humaine.
Des fonctionnaires, vous savez ? Fonctionnaires.
Qu’importe s’ils sont soldats, dès lors qu’ils sont payés par l’État, ce sont de parfaits fonctionnaires.
Passer de semi-chômeurs comme ils l’étaient à des agents de l’État constituera probablement une promotion exceptionnelle.
Soit dit en passant, interdiction des emplois du second front étant donné, il semble que la participation au château Oakbo soit原则上 interdite.
Non, participer au château Oakbo n’a rien d’interdit en soi, mais tirer un bénéfice financier de cet événement semble être formellement prohibé.
C’est pour ça qu’ils interdisent les activités parallèles.
Je lui avais expliqué la chose en ajoutant « Tu pourras participer l’année prochaine aussi ! Tant mieux pour toi ! », mais il avait éclaté en sanglots en me rétorquant « À quoi bon y aller si ça ne rapporte aucun sous ! T’es fou ou quoi ! ».
Et puis il était parti en se laissant traîner par Riteseus-kun.
Bref, vu qu’il possède une condition physique capable de nettoyer le château Oakbo sans effort, il devrait parfaitement tenir le rang en tant que soldat.
Par ailleurs, concernant Neyote-kun, dont la popularité monte, le résultat de la guerre d’attraction opposant les organismes officiels des démons et des sirènes plus les quatre guildes d’aventuriers semble avoir été une gestion tournante.
Il paraît que le gouvernement de la République Humaine, l’armée du Roi des Démons, le palais des sirènes et les guildes d’aventuriers se relayeront pour le diriger chaque année. De plus, son inscription à l’école agricole est prévue un de ces jours.
J’ai craint que ce programme surchargé ne nuise plutôt à ses études, mais je me suis dit que c’était exactement le genre de choses qui marcherait pour Neyote-kun…
Après tout, c’est un travailleur acharné ; lorsqu’on mise sur lui, il dépasse souvent ses propres capacités pour répondre aux attentes.
…Pourvu qu’il ne s’écroule pas en cours de route.
Je pensais même à lui donner un coup de main modéré, mais les Clonins, ses pairs, devraient savoir comment le prendre en charge correctement.
L’événement en lui-même avait rencontré un franc succès.
À l’extérieur du terrain principal, les stands tenus par Lettuce Rayte et Veil semblaient avoir attiré une immense foule.
Les ramen étaient excellents et le natto connaissait lui aussi une notoriété constante.
En plus, Platyi venait d’ouvrir son propre magasin de curry et récoltait déjà sa part de gloire.
Ce restaurant de curry, tenu par la patronne qui portait Norito sur le dos, avait connu un succès fulgurant grâce simplement à la curiosité suscitée par sa célèbre hôtesse.
Au début, le curry lui-même avait suscité la méfiance avec des « Osoma ? », « Un osoma en fait… ? », mais l’odeur épicée des ingrédients avait rapidement éveillé les appétits, provoquant instantanément une queue infinie.
Par la suite, des produits dérivés comme le curry-ramen ou le curry aux haricots avaient été mis en vente, recevant un accueil très chaleureux.
Ensuite, Junior avait participé à la compétition principale et l’avait terminée sans faire de vague.
Tout s’était passé ainsi, tous les événements avaient pris fin sans accroc et le château Oakbo de cette année semblait devoir se conclure sur une note triomphale… jusqu’à ce que…
« Très bien, tout le monde s’occupe du déménagement, on se dépêche ! »
« Seigneur, mon seigneur… ! »
« Oui ? »
« Regardez le ciel… ! »
Sur l’insistance d’un parmi les gobelins, j’ai levé les yeux vers le ciel.
Y avait-il quelque chose là-haut ? me suis-je demandé, mais indéniablement, une silhouette planait depuis les hauteurs célestes pour se diriger vers nous. Qu’était-ce donc ?
Un oiseau ? Un avion ?
Haha, quel con. Même si on parlait d’un oiseau, un avion n’existe clairement pas dans un autre monde de fantasy.
Me suis-je dit… !
« C’est un robotoooo !?! »
On vient de recevoir encore moins crédible qu’un avion sur les chapeaux de roue !?
Un robot géant !?!
Rien ne m’aurait laissé imaginer qu’une telle machine pourrait venir jusque chez nous, même dans mon ancien monde.
On dirait directement sortie d’un univers futuriste ! D’une ère spatiale !
Depuis quand ce monde est devenu un autre monde de science-fantasy, abrégé SF comme ça !?
Je sais parfaitement que l’acronyme original désigne la science-fiction !
Mais on n’arrête jamais de relever les détails techniques au pied de la lettre !
Bon, passons. Une situation totalement imprévue avec la descente d’un robot géant depuis le ciel !
La théorie veut généralement qu’un robot apparaisse soit en tombant du ciel, soit en étant exhumer des profondeurs terrestres !
« Qu’est-ce que c’est que ça ? Qu’est-ce que ça peut bien être… !? »
Sans compter moi, l’événement touchant à sa fin, les spectateurs et les participants qui rentraient chez eux ont tous eu le regard rivé sur la scène, figés par l’étonnement.
« Serait-ce un événement supplémentaire du château Oakbo ? »
« Vraiment trop d’événements à la pelle en ce moment… ! »
Pas du tout ! C’est une imprévision totale pour nous aussi !?!
Que faisait exactement ce robot à arriver en douceur par surprise ?
S’il visait à abolir la guerre, il serait arrivé bien trop tard.
Le géant leva les bras en produisant un bruit métallique assourdissant.
Pensant à un geste hostile, il semblait pourtant pointer quelqu’un du doigt ?
Là où pointait le doigt du robot géant se trouvait le robot-château transformable Oak Butler, forgé par les gobelins !?!
« Il n’envisage quand même pas de dire… “combattez” ? »
Contre le Oak Butler ?
Ce robot serait venu du ciel spécifiquement parce qu’il considère notre engin comme un adversaire contre qui il doit se battre !?!
« Puisqu’on nous lance un défi, accepter est le devoir de tout vaillant. Écartons les dangers qui nous menacent ! »
À ces mots, Oukobo fit entendre sa voix glorieuse pour relever le défi.
Mais attends ! Attends une seconde !
Je comprends très bien. Ce robot géant descendu du ciel présente visiblement une qualité technique supérieure !
Ne serait-ce que par sa capacité à descendre du ciel, il doit posséder des fonctions volantes !
De plus, son équipement est complet.
Il tient un fusil dans la main droite, un bouclier dans la gauche, et porte même une épée sur le dos !!
Sa structure entière est faite d’un métal apparemment ultra-résistant, c’est forcément un super-alliage !
Et il doit embarquer plein d’autres systèmes cachés en sus !
« En comparaison, le robot-château transformable fabriqué par les gobelins… »
Après tout, comme c’est basé sur un château, sa construction repose fondamentalement sur le bois.
Bien que le bois dur abattu à la ferme rende sa charpente plus solide que la moyenne, il est impossible d’imaginer qu’elle puisse rivaliser avec le corps pare-choc de tôle noire dressé tel un donjon du robot descendant du ciel.
Et en plus, notre robot-château part littéralement sans aucune arme.
Ni fusil, ni épée.
Sans parler évidemment d’aucune attaque spéciale.
Ils veulent vraiment affronter celui qui est complètement armé de pied en cap dans cet état !?!
Zéro chance. Ça se fera massacrer sans résistance.
Faut-il réellement laisser détruire ainsi le robot que tout le monde a peiné à construire ?!
« Mon seigneur… Les robots ne sont pas conçus pour rester décoratifs et admirés de loin… ! »
J’ai la nette impression d’avoir déjà entendu cette phrase sortir de la bouche de quelqu’un d’autre !
« Les robots existent pour combattre et vaincre ! C’est pourquoi nous ne pouvons fuir l’épreuve qu’on nous impose ! Nous devons y faire face frontalement et remporter la victoire ! C’est ma conviction ! C’est précisément parce qu’il s’agit du meilleur de nos robots, construit avec amour, le Oak Butler !! »
Oukobo… !
Ah oui. Plus facile à dire puisque, conçu avec tout notre amour, on ne pouvait pas refuser de croire en lui.
Même si le résultat devait être une mise à mal.
Impossible de tourner le dos à un défi lancé !
Fonce, Oukobo ! Crois en ton œuvre magistrale, le Oak Butler !!
« Oui monsieur ! »
Passant du mode citadelle à une posture humanoïde, il se place en position de combat face au robot venu du ciel.
Robot géant contre robot géant.
Le combat s’annonçait titanesque en taille et en puissance, sans même besoin de préciser.
Les spectateurs regagnaient déjà leurs foyers, mais la tension soudaine les retenait le souffle bloqué.
Cependant…
La configuration de la bataille restait nettement défavorable au Oak Butler.
L’écart de puissance entre les deux camps était flagrant.
La différence technologique entre le Oak Butler et l’engin descendant du ciel équivalait probablement à celle séparant les automates de l’époque d’Edo des armes de science-fiction.
Il pourrait être pulvérisé en mille morceaux dans l’instant.
Pourtant, tant que le fier-à-bras du groupe existe, le combat reste obligatoire.
Je parie sur ta capacité à trouver une ouverture peu importe la situation, Oak Butler ! Car tu es un combattant après tout !
« Combat de robots… Prêts ? Allez ! »
lança un individu au comportement d’arbitre.
Qui diable pouvait bien être cet arbitre improvisé ?
Annonçant le début, les deux machines fondirent l’une sur l’autre.
Au millimètre exact où leurs poings et leurs épées allaient entrer en collision…
Le choc explosa en mille éclats dispersés !
Le robot venu du ciel fut le premier !
Pourquoi diable cela avait-il pu arriver !?
« Vas-tu bien ? Ça a failli être critique ! »
En prononçant ces mots, tandis que ses ailes claquaient puissamment, le dragon Alexander-san vint se poser parmi nous.
Un seul de ses jets de flamme l’avait broyé net.
Il fallait bien comprendre, après tout, il est le dragon ultime.
« Quel soulagement de réussir à intervenir juste à temps. Qui étaient ces intrus venant perturber une fête aussi joyeuse ? De rien, votre magnifique Oak Butler était sur le point d’être anéanti ! »
« ………… »
Ni Oukobo ni moi n’avions d’autres choix que de soutenir ce regard couvert de suie.
Bon, il faut bien admettre que d’avoir été secourus aurait dû nous rendre gracieux.
Mais il s’agissait d’un affrontement entre hommes.
Il semblerait que le dragon tarde encore à saisir la romance d’un duel au corps à corps de machines.
***