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Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 913

Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo TsukurouIsekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou
Chapitre 913

Chapitre 913

Chapitre 913/107185%~9 min de lecture1 624 mots

Je me demande quel genre de changement l'expansion mondiale du Dragon Ramen va bien pouvoir provoquer.

D'emblée, le bouillon Gon-kotsu, par son extrait de dragon concentré, agit comme un stupéfiant interdit qui octroie une puissance phénoménale à quiconque l'ingère.

Son efficacité est telle que le bouillon lui-même devrait être classé stupéfiant, voire déchet industriel.

Après tout, le simple fait de boire du bouillon Gon-kotsu brut, sans aucun traitement, transforme un humain en berserker immortel — un produit d'une dangerosité extrême.

Mais si l'on dilue cette mixture pour la rendre consommable par le commun des mortels, et qu'on la distribue ensuite aux quatre coins du monde, que se passera-t-il ?

Tous ceux qui auront mangé du Dragon Ramen vont subir un power-up simultané, non ?

Et pas en petit comité, en plus.

Puisque le Dragon Ramen a été produit en masse.

Si l'humanité entière se trouve renforcée d'un coup, l'écart de puissance relatif entre les individus ne devrait pas bouger d'un iota.

Puisque tout le monde a gagné exactement la même force.

L'humanité tout entière a basculé d'un cran vers le haut, sans que personne ne s'en aperçoive.

Bien peu, sans doute, sont ceux qui s'en rendront compte.

On ignore encore quelle portée aura ce renforcement global, mais…

Pour l'instant, du côté de Veil, c'est la satisfaction totale : elle a pu éponger ses dettes d'un seul coup.

« Tout a fondu d'un coup ! Il ne m'en reste plus qu'un tout petit peu ! »

Le fait qu'il en reste encore après tout ce qu'elle a dépensé fait froid dans le dos, ceci dit.

Toutefois, faire ingérer de l'extrait de dragon de façon continue à des gens normaux pose question sur le plan sanitaire, donc impossible d'en rajouter une couche.

Soucieuse de la santé de ses clients, Veil a décidé d'opérer un changement en catimini à partir de la seconde vague : fini l'extrait de dragon, place à un bouillon sûr à base de porc et de carcasses de poulet.

… N'est-ce pas moi qui ai l'impression qu'on est en train de tricher en douce ?

« Changer de bouillon ne veut pas dire faire des compromis ! Je vais mobiliser toute mon expérience et mon savoir pour hisser ce bouillon liquide au sommet, en conservant richesse et parfum ! »

Veil, reconvertie en artisan ramen, brûle d'une flamme nouvelle.

… Simplement, avec cette affaire, on a déjà fait boire du bouillon Gon-kotsu à toute l'humanité.

Pourtant, il en reste encore.

Comment écouler le stock restant ?

Y a-t-il encore des gens dans ce monde qui peuvent en boire sans souci ?

… Une angoisse digne d'un problème environnemental planétaire m'a effleuré l'esprit, mais gâcher la joie de Veil aurait été de mauvais goût… Je me suis tu.

Tant pis. Si cette réussite peut la sauver, c'est tout ce qui compte.

Les problèmes futurs, on les réglera le moment venu.

Le Dragon Ramen continuera de se vendre tant que l'offre et la demande s'accorderont.

Faisons-en le bilan et passons au sujet suivant.

C'est un problème qui éclate à l'instant même.

Tout a commencé par la visite de Riteceus, l'actuel Président de la République humaine…

…………

« Saint, sauvez-moi ! »

Depuis qu'il est devenu Président, Riteceus ne cesse de se mondaniser.

Où est passé le Riteceus aux allures de protagoniste de light novel surdoué, celui qu'on connaissait à la ferme ?

Le voilà qui ressemble au héros d'un manga business pour jeunes adultes.

Il reste un protagoniste, cela dit… mais quel protagoniste boueux.

C'est donc ça, se faire polir par les vagues de la société… !?

« Alors, qu'est-ce qui t'amène cette fois ? »

Impossible de renvoyer mon ancien élève sans l'écouter.

Comme pour tant d'autres qui accourent à la ferme, je me résous à jouer les conseillers.

« Tu venais juste de venir nous annoncer ton mariage, non ? »

« C'est précisément à cause de ce mariage qu'un énorme problème a éclaté ! »

En devenant Président — chef de l'État — Riteceus a dû se ranger au plus vite.

Un homme n'est considéré comme accompli que s'il a un foyer.

Celle qu'il a choisie (ou qu'on lui a imposée ?) pour compagne de route est Eringia, une femme de la race démoniaque qui étudiait jadis à la ferme avec lui.

Eringia l'admirait bien plus qu'il ne l'aimait, c'est un fait ; mais pour la jeune République humaine, resserrer les liens avec le pays voisin n'était pas une mauvaise idée.

C'était aussi un moyen clair d'afficher une ligne de paix avec le Royaume des Démons.

Le mariage de Riteceus et Eringia devrait être béni… pourtant.

« Les grandes figures de la République humaine s'y opposent toutes en bloc. »

« J'ai l'impression de t'avoir déjà entendu dire ça. »

Avant, aussi.

Quand Riteceus a évoqué son mariage, les débats ont viré à l'émeute.

Les hauts dignitaires de la République humaine… non, depuis que Riteceus a instauré la République, la notion de vassal a disparu.

Comment les appeler, alors ?

Hauts fonctionnaires ? Ministres ?… « Grandes figures » ira bien.

« En substance, prendre une épouse issue de l'armée du Roi des Démons qui a conquis le Royaume des Hommes, c'est "se faire regarder de haut", point barre. D'un point de vue politique non plus, ils ne jurent que par une épouse issue de leur propre clan. »

« En gros, leur vrai but, c'est de caser leur propre fille pour mettre la main sur le pouvoir, non ? »

« Exact ! C'est ça ! »

Riteceus a acquiescé de toutes ses forces.

Je n'avais jamais vu un Riteceus aussi remonté, même à l'époque où il était étudiant.

« Qu'on leur explique cent fois, ils ne cherchent même pas à comprendre ! Le Président n'est pas un Roi ! Ce n'est pas un monarque absolu, son pouvoir ne s'exerce que pendant son mandat ! Le transmettre à son enfant est hors de question ! Donc le scénario "ma fille épouse le Président, leur fils devient le prochain Roi" est impossible ! Vous pigez !? »

« Comment, comment… »

Je n'aurais jamais cru devoir calmer Riteceus un jour… !?

« … Cela dit, justement parce que le pouvoir du Président n'atteint pas celui d'un Roi, les grandes figures ont fini par imposer leur avis. Sur ce coup, Dalkish nous a soutenus, mais ses forces n'ont pas suffi… »

Dalkish, l'un des seigneurs du Royaume des Hommes et notre vieille connaissance, a épousé Valina, une démone. C'est le couple mixte pionnier.

On a soupçonné qu'il voulait valider son propre mariage en cautionnant celui de Riteceus.

Face à cette vieille garde dirigeante, Riteceus a ressenti une urgence vitale. Il a tenté de rassembler ses anciens camarades de la ferme pour reconstruire un exécutif républicain totalement neuf.

Mais cela demande du temps et de la préparation.

Impossible que le bât blesse soit résolu avant que le nouveau système tienne la route.

Riteceus a donc dû gérer seul cet épisode — et a échoué, comme prévu.

« On a tout de même évité le pire : annulation pure et simple, ou mariage forcé avec la candidate des grandes figures… Mais en échange, on m'a imposé un nouveau casse-tête… »

« Un casse-tête ? »

Qu'est-ce que c'est encore.

J'en ai mal à la tête rien qu'à entendre l'amorce.

« Ils ont commencé à dire qu'il fallait "démontrer au monde entier qui est véritablement digne d'être Reine, et si celle qui l'est devenue l'est vraiment". Or ce n'est même pas une Reine, bordel ! Je leur ai répété des dizaines de fois… !! »

Vraiment, courage.

Voir Riteceus à ce point exténué…

« Quant à "démontrer au grand jour", concrètement, ils prévoient de faire quoi ? J'ai demandé, et ils m'ont répondu avec un enthousiasme terrifiant… »

Riteceus, ça va ? Ton langage se délite.

« "Il suffit de les mettre en concurrence", qu'ils ont osé lâcher. »

« En concurrence ? »

L'affaire part en vrille de plus en plus belle.

L'épouse de Riteceus — donc la Reine (même si ce n'en est pas une) — doit allier beauté, intelligence, et sang-froid face aux imprévus. Pour dénicher la vraie femme de talent qui coche toutes les cases, on va rassembler une foule de jeunes filles bien nées et les passer au crible.

C'est ça, les mettre en concurrence ?

« On va réunir des jeunes filles sûres d'elles venues de toute la République humaine, les évaluer sous tous les angles, et celle qui sortira du lot deviendra la Reine. J'ai résisté de toutes mes forces, mais le mieux que j'ai pu obtenir, c'est que ce soit le point de chute ! »

Plutôt que de risquer l'annulation de son mariage avec Eringia et l'imposition d'une épouse commode, Riteceus a saisi le gant qu'on lui tendait : « Hein, c'est bon ? On fait le concours ? De toute façon, c'est Eringia qui gagnera. »

C'eût été la meilleure parade.

En vérité, Riteceus n'a aucune obligation de se plier à cette farce.

Avec les capacités de combat qu'il a acquises à la ferme, il pourrait réduire en cendres et en morceaux de viande tous ceux qui récriminent.

Il pourrait asseoir son régime par la force.

Il ne le fait pas parce qu'il vise un État de droit, régi par la loi et la raison.

Aucun problème ne doit être résolu par la violence.

C'est pourquoi, face aux pires scélérats, il ne cesse de privilégier le dialogue.

Le véritable détenteur du pouvoir doit être le premier à s'en trouver enchaîné.

C'est dur, hein.

« Du coup, en urgence, on organise une cérémonie pour désigner mon épouse à l'ancien palais royal. Son nom… »

Son nom ?

« … Le Grand Bal du Monde ! »

Hé.

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