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Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 864

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Chapitre 864

Chapitre 864

Chapitre 864/101185%~10 min de lecture1 891 mots

Je suis Marubasutosu.

Officier de l'armée du Roi des Démons, Marubasutosu.

De par mon rang de général supérieur, je tiens un poste important, juste après les Quatre Rois Célestes.

C'est sans doute en raison de cette lourde responsabilité que j'ai été choisi.

Gouverneur du bureau d'occupation du Royaume des Hommes.

J'ai obtenu cette grande mission parce que mon seigneur de cette vie, le jeune et grand Roi des Démons Zedan, a abattu le Royaume des Hommes ennemi par une opération éclair.

Il a mis un terme à la guerre entre humains et démons qui durait depuis des centaines d'années… non, plus de mille ans.

Ce seul fait constitue un exploit méritant de rester dans l'histoire, mais la grandeur du Roi des Démons Zedan ne s'arrête pas là.

Il a stationné l'armée dans le Royaume des Hommes conquis et ordonné la protection des humains qui y vivaient.

De nombreux généraux s'opposaient à cette politique.

Les humains sont des ennemis jurés contre lesquels nous nous battons depuis des centaines d'années.

Il y a des rancunes anciennes, et puisque la victoire est décidée, certains hommes forts argumentaient avec force qu'il n'y avait aucune raison de leur tendre la main, qu'on devrait plutôt les exterminer jusqu'au dernier.

Mais le Roi des Démons a rejeté toutes ces idées.

« On ne doit pas porter la rancune de la guerre au-delà de sa fin », a-t-il dit, et il a interdit la vengeance jusqu'au dernier soldat.

Le fait que je sois choisi comme commandant en chef de l'armée d'occupation stationnée au Royaume des Hommes doit aussi correspondre à cette politique.

Mon évaluation dans l'armée est de privilégier la raison à l'impulsion, et d'être apte à être employé dans des situations délicates où pas la moindre erreur n'est permise.

La gouvernance effective du Royaume des Hommes exige un pilotage comme marcher sur une glace fine, impossible pour un guerrier sanguin qui ne connaît que la force.

J'ai humblement accepté l'ordre, quitté le Royaume des Démons où j'avais vécu longtemps, et émigré au Royaume des Hommes.

L'ancien pays ennemi… où de nombreux rebelles doivent encore se cacher.

C'était une mission dangereuse où assassinats et meurtres étaient tout à fait possibles.

Alors que la guerre venait de se terminer, devoir encore se tenir dans un territoire occupé où l'on risque de se faire trancher la gorge était, franchement, une mission qu'on évitait.

En réalité, beaucoup de ceux qui arrivaient en poste devaient se sentir comme s'ils avaient tiré le mauvais sort.

Trente ans de carrière militaire.

Gravir les échelons depuis simple soldat jusqu'au rang de général supérieur fait de moi un cas à part dans l'armée.

Généralement, quand on réussit une'ascension aussi féroce, on finit par être approché par quelque famille d'héritiers d'épée sacrée pour devenir l'un des Quatre Rois Célestes.

Il y a eu beaucoup de tels précédents, et il est normal que les officiers prometteurs soient repérés tôt et intégrés dans des familles influentes.

Pour un roturier sans lignée, c'est encore plus vrai ; au contraire, se faire approcher par la noblesse est la voie de base pour faire carrière, et on dit même qu'on ne peut pas s'élever sans être approché.

En fait, les actuels Quatre Rois Célestes, Belfegamilia-sama et Mamoru-sama, sont des gendres adoptés, et l'ancienne « Rancœur » des Quatre Rois Célestes, la reine Grashara, était issue d'une branche cadette de la famille héritière de l'épée sacrée de la Rancœur, Funfviolet, même si son rang était bas.

Par cette connexion et son talent, elle est devenue l'une des Quatre Rois Célestes, et a même été remarquée par le Roi des Démons pour devenir reine, une véritable Cendrillon.

Ainsi, pour faire carrière dans l'armée du Roi des Démons, le talent et des connexions menant aux Quatre Rois Célestes sont indispensables.

Moi, roturier sans relations, je ne pouvais atteindre un certain sommet que si j'épousais une femme d'une famille des Quatre Rois Célestes.

Alors, qu'ai-je fait ?…

Finalement, je ne me suis pas mis avec une telle femme.

Si on me demande s'il y avait une raison, pas particulièrement.

Pour forcer le trait, il n'y avait tout simplement pas de femme de l'âge convenable dans aucune des familles des Quatre Rois Célestes… voilà tout.

Même s'il y en avait, elles avaient déjà un fiancé et pas de lien avec moi…

Pendant ce temps, j'ai rencontré ma femme actuelle et nous nous sommes mis ensemble comme ça.

Au passage, c'était un mariage arrangé.

À l'époque, mes collègues m'avaient raillé : « Vous vous êtes précipité. » Pourtant, j'ai accumulé ma carrière sans accroc majeur et suis parvenu au poste de général supérieur de l'armée du Roi des Démons.

C'est probablement le plus haut rang accessible sans s'allier à une famille des Quatre Rois Célestes.

On me dit « l'homme qui est devenu grand par le seul talent », « le cinquième Roi Céleste », et j'ai la fierté d'être devenu, nom et réalité, une existence indispensable à l'armée du Roi des Démons.

C'est précisément parce que je suis cet homme que j'avais dû aller au Royaume des Hommes.

Pour la grande réforme à venir de l'armée du Roi des Démons, les Quatre Rois Célestes sont indispensables, et en parallèle, seul quelqu'un ayant les plus hautes capacités et réalisations peut gouverner l'occupation d'un Royaume des Hommes de taille équivalente à la patrie.

Donc, n'étant pas un Roi Céleste mais leur égal, seul moi pouvais remplir ce rôle.

Avec cette résolution, j'ai traversé les mers vers une terre étrangère et m'y suis dévoué pendant plusieurs années.

Ce ne fut pas une mission aussi éprouvante que je l'imaginais.

Les humains non-occupants n'ont pas opposé la résistance farouche prévue, et nous ont même accueillis.

C'est sans doute que le mécontentement envers l'ancienne famille royale et l'Église était fort.

J'avais laissé ma famille au Royaume des Démons, mais grâce à la magie de transfert, je pouvais y retourner facilement. Juste après la fin de la guerre, les restrictions sur la magie de transfert s'étaient assouplies, et je pus revenir à la capitale démoniaque bien plus souvent que prévu pour passer du temps avec ma famille.

Le contenu concret du travail différait aussi de mes attentes…

« Soutenez-nous, il y a un événement festif dans tel fief du Royaume des Hommes. »

« Et toi aussi, participe. »

« Supervise les travaux de reboisement dans la forêt des elfes. »

« Rassemble des garçons et filles talentueux de tout le pays. »

J'ai l'impression qu'il y avait beaucoup d'ordres plutôt pacifiques et bizarres.

Mais grâce à cela, je pus m'en tirer sans danger…

Et vint enfin le moment d'accomplir toutes les missions.

On jugea que l'ancien Royaume des Hommes s'était remis de l'épuisement de la fin de guerre et était capable de s'autogouverner.

Notre bureau d'occupation fut relevé de ses fonctions et nous devions nous retirer vers la patrie.

Moi aussi, je rendis mon poste de gouverneur.

Des jours longs et courts à la fois.

À mon arrivée, j'étais prêt à y enterrer mes os, mais que la souveraineté me soit rendue si vite montre à quel point le tempérament des humains est laborieux.

En tant que gouverneur du bureau d'occupation, la plupart des humains que j'ai nouvellement rencontrés étaient polis, pensaient logiquement, et décidaient toujours d'agir pour leur patrie et leurs camarades.

Grâce à eux, la reconstruction progressa rapidement, jusqu'à ne plus avoir besoin de l'aide des démons.

Le Roi des Démons de la patrie, le représentant du nouveau gouvernement humain, et moi avons maintes fois discuté pour trouver le moment parfait de restituer la souveraineté.

Ce qui fut émouvant, c'est que le représentant humain était un jeune homme que je connaissais.

Il y a eu un moment où, au nom d'un nouvel essai de formation de personnel, on avait rassemblé des garçons et filles du pays ; il en faisait partie.

Voir l'enfant d'alors devenu un homme capable de porter une nation me fit sentir le poids du temps, et si c'est aussi le succès de la politique de formation du Roi des Démons, l'émotion n'en fut que plus grande.

Désormais, le Royaume des Hommes ira bien confié à ces jeunes.

Ce vieil soldat comprit qu'il n'avait plus sa place ici.

Les travaux de retrait de l'armée de garnison terminés, quand je partis à mon tour, les humains organisèrent une cérémonie d'adieu et m'offrirent même un bouquet.

Là, je versai des larmes involontaires.

Quels que soient les beaux discours, nous sommes des occupants.

Nous les avons soumis par la guerre, nous sommes aussi des envahisseurs qui sommes entrés sans leur laisser le choix ; je pensais que, quelque bienveillance qu'on mette à gouverner, on ne serait pas remerciés, mais plutôt haïs.

Ce fut le moment où tout ce que j'avais fait en cette terre fut intégralement récompensé.

Ainsi repris-je le chemin du retour, mais à ce moment-là, j'avais déjà décidé de prendre ma retraite de l'armée du Roi des Démons.

La situation change à une vitesse vertigineuse.

La guerre finie, l'armée du Roi des Démons, ayant accompli son rôle principal, doit se réformer et la réduction des effectifs avance.

Déjà, beaucoup d'officiers et soldats ont quitté l'armée, trouvé de nouveaux emplois ou vivent en retraite sur leur pension.

Dans ce contexte, un vieux soldat sans poste qui revient n'aura pas de place.

Suis-je devenu un homme dont ni le Royaume des Hommes, ni la patrie n'ont plus besoin ?

De retour au pays, je me rendis d'abord au château du Roi des Démons et, comme convenu à l'avance, obtins une audience avec le Roi des Démons.

À genoux dans la salle du trône, je fis mon rapport à mon seigneur, le Roi des Démons Zedan.

« Toutes les missions au Royaume des Hommes se sont achevées sans le moindre problème. »

« C'est bien. »

Je suis heureux d'avoir pu travailler sous ses ordres.

Je suis militaire depuis le règne du précédent Roi des Démons Baal, mais l'épanouissement dans mes fonctions a été d'un tout autre niveau depuis le règne de Zedan-sama.

Pouvoir clore ma carrière militaire sous son règne est peut-être le dernier bonheur de ma vie de soldat.

J'allais achever mon rapport sans encombre et aborder ma retraite, mais…

« Alors Marubasutosu, je veux te parler de ta nouvelle mission. »

« Ha, cependant… »

Alors que j'allais demander ma retraite, on me parle d'une nouvelle mission par le haut…

C'est exactement comme se faire couper l'herbe sous le pied.

« Je comprends ce que tu veux dire. Gouverneur, tu t'es dévoué à la reconstruction du Royaume des Hommes. Une si grande œuvre, quelle belle sortie. Mais j'ai encore besoin d'un homme laborieux comme toi. »

« Ha… ha… !? »

« Il semble que Mamoru peine seul à tenir les rênes de Belfegamilia. Et nous allons lancer sérieusement un département diplomatique avec la République humaine. Avoir quelqu'un qui connaît bien la situation de l'autre côté serait une grande aide. Pour l'instant, tu prendras officiellement ta retraite, mais en tant que conseiller à temps partiel, tu assisteras l'état-major et prêteras main-forte au département diplomatique, veux-tu ? »

C'est donc cumuler deux missions… !?

Mince, je comptais me la couler douce en retraite, et voilà que ça devient la période la plus chargée de ma vie.

J'avais cru connaître le bonheur suprême en accomplissant une chose…

Mais peut-être qu'un bonheur encore plus grand est d'être encore nécessaire après tout avoir accompli.

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