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Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 837

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Chapitre 837

Chapitre 837

Chapitre 837/94189%~10 min de lecture1 929 mots

« Quand il s'agit de notre entourage, ça finit inévitablement par des mariages politiques, hélas. Considérez cela comme une simple référence : il y a ce genre de choses dans la société humaine. »

Les propos du Roi Démon étaient fascinants même pris comme de simples histoires, et Marie comme moi étions captivés.

« Par exemple… disons… Commençons par mon bras droit, Belfegamilia, l'un des Quatre Rois Célestes à qui j'ai confié l'entière autorité de l'armée démoniaque. »

Ce nom, je le connais.

Papa avait dit : « Même parmi les humains inférieurs, il y a quelques types dangereux qu'il ne faut absolument pas provoquer. »

Et l'un des noms cités était justement Belfegamilia.

« En fait, c'est mon frère. Mon père, dont je parlais tout à l'heure, a engendré une fille dans sa fougue naturelle, et ce fils est né d'elle. Bien qu'il porte le sang de la famille royale démoniaque, il n'a pas été reconnu et a erré à travers le monde sans aucun appui pendant un temps. »

Après cette période, il a intégré l'armée démoniaque et s'est révélé d'une manière éclatante.

On n'a pas बताया comment ses origines sont parvenues aux oreilles du Roi Démon, mais pouvoir accueillir ce frère secret comme confident a dû être d'un grand réconfort pour le Roi Démon, alors en pleine guerre.

« Pour élever ce frère au rang de Roi Céleste, le plus gros problème était sa lignée. Bâtard non reconnu du précédent Roi Démon. Et même s'il a le sang royal, chaque Roi Céleste doit obligatoirement appartenir à une lignée héréditaire d'épée sainte. La solution adoptée fut… »

Un mariage politique.

« La lignée de l'Épée Sainte Déchue Fiagerupu avait justement une femme en âge de se marier, sans héritier mâle, le poste de successeur étant vacant. On l'y a fait entrer comme gendre. Grâce à cela, l'homme le plus fiable et le plus compétent a rejoint le noyau dur, et tout est devenu bien plus simple. »

« Mais la fille, elle est d'accord ? Se faire marier du jour au lendemain à quelqu'un qu'elle n'a jamais rencontré… »

« C'est la norme pour les femmes nobles. Pour la noblesse, le mariage lie deux maisons. Pour perpétuer la lignée transmise par les ancêtres… et, si possible, la faire prospérer davantage avant de la léguer à la génération suivante, il faut la lier à la meilleure alliance possible. »

« C'est ça… ? »

Malgré les explications, Marie gardait un air peu convaincu.

L'idée de perpétuer et faire prospérer sa maison par le mariage doit être difficile à saisir pour un dragon, espèce qui recherche le summum de la force en solitaire.

« Les époux s'entendent bien, au moins ? »

« En tant que suzerain, je m'efforce de ne pas empiéter sur la vie privée de mes subordonnés, donc je n'en sais pas grand-chose. Lui-même a un caractère difficile et parle peu de sa vie familiale… »

Quel sens se cache derrière le sourire amer et mélancolique du Roi Démon ?

« Mais si ça tournait mal, même en essayant de le cacher, ça finirait par me parvenir. Comme je n'entends rien, c'est que ça doit marcher à peu près. Et les nobles ne se marient pas tous par obligation. Bati, qui a célébré sa cérémonie en même temps que vous, en est la preuve. »

« Ah, celle-là… »

Le visage de ma sœur s'illumina d'un coup.

Bati, qui avait prêté serment le même jour lors d'une « cérémonie conjointe », était une démoniaque, et son mari un officier d'élite de l'armée démoniaque.

« Bati est d'origine roturière, sans avantage de lignée, mais sa renommée de couturière vaut bien plus que n'importe quel pedigree. »

« C'est vrai ! Les vêtements qu'elle fait sont vraiment exceptionnels ! »

Marie est devenue une fan inconditionnelle… ?

« Les robes de Bati sont devenues un symbole de statut pour la haute société. Oruba… le mari de Bati… si approcher ce dernier permet d'obtenir en priorité ses créations, la plupart n'hésiteront pas. Imaginez les bénéfices que cela apporte à leur maison… »

Ça doit valoir bien plus qu'une alliance avec une maison haut placée médiocre.

Je ne connais pas les technologies humaines, mais pouvoir générer par son seul métier des profits qui rivalisent avec des traditions séculaires est tout bonnement phénoménal.

« Un talent ou une capacité capables de balayer les coutumes et usages ancrés dans la société, c'est formidable. Elle a frayé sa propre voie par son seul génie. J'aimerais pouvoir en faire autant. »

« Bien sûr qu'elle en a le droit ! »

Le respect de Marie est impressionnant.

Par un heureux hasard, elles ont célébré leur mariage le même jour ; savoir que tout se passe bien pour elle est une joie.

D'ailleurs, leurs maris respectifs semblaient aussi avoir tissé des liens.

Puisque nous sommes au pays des démons, allons saluer le mari de Bati… le seigneur Oruba.

« Et puis, qui d'autre y avait-il… »

« Roi Démon, pardonnez l'intrusion. »

Au moment où la conversation menaçait de s'éterniser, entrée soudaine.

Un démon âgé s'avance vers le Roi Démon.

« Cette affaire nécessite votre approbation urgente. Veuillez y porter votre regard, je vous prie. »

« Rufik Fokare, tu ne vois pas ? Je reçois d'importants invités en ce moment. Les papiers peuvent attendre. »

« Néanmoins… »

Apparemment, il est débordé.

Nous sommes arrivés sans prévenir, c'est gênant. Je ne pense pas qu'on puisse tout imposer par la force des dragons.

« Bon sang, quel type inflexible. Puisque c'est comme ça, tu les recevras pendant que j'examine les dossiers. Fais bien attention : si vous les mettez en colère, la capitale démoniaque sera réduite en cendres en un instant, sans laisser la moindre cendre. Ces dossiers, les affaires qu'ils concernent, tout y passera. »

« Je ne vais pas tout brûler, moi !? »

L'ère des dragons tyranniques est finie, non !?

Pendant ce temps, Marie reste à son rythme…

« Ah, alors racontez-moi votre histoire de mariage, monsieur. À votre âge, vous devez être marié, non ? En ce moment, je collecte ce genre de témoignages un peu partout. »

« Mon mariage… c'est ça ? »

« Oui, je viens de rendre visite au royaume des sirènes. »

La voix de Marie avait une pointe autoritaire.

Le royaume des sirènes et le pays des démons sont aux antipodes l'un de l'autre. Elle veut sans doute nous montrer la capacité des dragons à franchir cette distance d'un trait.

« Hum… mais mon histoire de mariage n'est pas très réjouissante, je crains. »

« Peu importe si c'est banal. Je veux tous les échantillons possibles pour m'en servir de référence. »

Ma sœur… !?

Lui imposer ça à quelqu'un qu'elle rencontre pour la première fois, n'est-ce pas abusif ?

« Enfin, si le Roi Démon lit sagement ses dossiers pendant que je parle, je ne m'en formaliserai pas. Ah, j'oubliais de me présenter : je suis Rufik Fokare, chancelier du pays des démons. »

« Tiens, une connaissance à moi est aussi chancelière. Une adorable femme qui gouverne les grands océans. »

Pourquoi cette attitude de rivalité, ma sœur ?

« Mon mariage remonte à… plusieurs dizaines d'années. Accaparé par le travail, j'avais laissé passer l'âge, et sur les instances de mon entourage, j'ai contracté un mariage arrangé. Ma femme était la fille d'un haut noble plutôt aisé. »

« C'était quand même de bonnes conditions. »

« J'étais alors un haut fonctionnaire prometteur. Je traitais des masses de dossiers sous les ordres du Roi Démon de l'époque, ma carrière avançait vite, alors on m'a vu comme un bon parti. Les propositions n'ont pas manqué. J'en ai choisi une, c'est tout. »

Le Roi Démon de l'époque… ce ne serait pas celui dont on vient de parler… ?

« Pourtant, une fois marié, rien n'a changé. Le Roi Démon d'alors continuait à m'abreuver de travail sur un coup de tête, et je passais mes journées à courir après. Quand j'ai enfin vu une accalmie et pris mon premier jour de congé depuis deux ans pour rentrer… »

« Deux ans !? »

« La demeure était vide. »

Sa femme, lassée, était rentrée chez ses parents près d'un an plus tôt.

La procédure de divorce était déjà finalisée ; le chancelier n'avait eu qu'à en prendre acte.

« Dans un sens, c'est normal. Un mari qui ne rentre pas depuis plus d'un an parce qu'il ne pense qu'au travail, c'est logique qu'on l'abandonne. Sur le coup, j'ai eu un choc et j'ai eu de la peine pour elle. Mais ce qui m'a vraiment surpris, c'est ce qui a suivi… »

« Q-Quoi… ? »

« Elle est devenue la dix-neuvième épouse du Roi Démon. Bien sûr, après notre divorce officiel. »

Ce pourri de prédécesseuuuuuuur !!

Même moi, je n'ai pas pu m'empêcher de crier.

C'est bien de lui qu'il s'agit ! Celui dont le Roi Démon disait qu'il avait « mis la main sur plein de femmes » !!

Qu'est-ce qu'il fabrique, celui-là !!

« Comme beaucoup me racontent des choses sans qu'on leur demande, j'ai fini par apprendre qu'il avait commencé à la courtiser pendant que j'étais submergé. Elle fréquentait bals et salons de thé pour tuer le temps pendant mon absence. Ce genre d'endroits, c'est le terrain de jeu du Roi Démon libertin. »

« Euh… Désolée… »

« Non, non, c'est de ma faute d'avoir laissé le travail me consumer. La cause profonde, c'était ce pourri de Roi Démon. »

Marie fait une tête à s'en vouloir et s'excuse.

Moi non plus, je ne sais que faire, le cœur serré.

À ce moment, le Roi Démon, qui lisait ses dossiers, relève la tête.

« … Je viens d'apprendre cette histoire pour la première fois, mais… Rufik Fokare, tu devrais frapper ton père, je pense. »

« Inutile de me le dire, je l'ai déjà fait. Cinq fois du vivant de mon père, et trois fois de plus après son abdication, à peu près. »

« Tu devrais le frapper encore plus. »

J'approuve de tout cœur.

« D'ailleurs, j'ai obtenu de lui la permission de lui planter un couteau dans le dos juste avant qu'il ne meure de maladie ou quoi que ce soit. Je m'en tiens là. »

« Je te le permets, plante-le-lui maintenant. »

« S'il me reste du temps pour ça, mieux vaut travailler. Tous les projets en cours sont ceux dont je suis certain qu'ils profiteront au pays des démons, alors ma motivation n'a jamais été aussi haute. »

Pouvoir se jeter corps et âme dans le travail pour les autres, même dans cet état… Quel homme… !?

Je suis venu pour entendre des histoires de mariage, et je me retrouve à le respecter purement et simplement.

« Je n'ai apparemment pas de chance de ce côté-là. Tant pis. Ceux qui ont la chance au travail comme en ménage, les voilà. »

En regardant par la fenêtre, on aperçoit une silhouette qui court, le souffle court.

Ce visage, je l'ai déjà vu. Ce n'est pas l'un des membres de Cronins qui ont conquis mon donjon ?

Malgré la distance, mon ouïe de dragon capte : « Yosshaa ! Aujourd'hui encore, je vais bosser dur ! »

« Kuhuhuhuhu… Un heureux qui court. Un heureux uni par la politique à son amour d'enfance. Le pays des démons serait bien plus sain si ce genre de gens se multipliait. »

Ainsi parle le chancelier démoniaque d'un rire insolent, devant qui même moi, dragon, me sens submergé.

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