À présent, je suis d'humeur excellente.
C'est normal, c'est le jour de mon mariage. Impossible d'être de mauvaise humeur en un jour de fête pareil.
Du coup, mon cœur s'élargit comme le lac Biwa.
Je rirai et pardonnerai n'importe quelle petite bêtise.
« Dans le monde d'où je viens, il existe le concept des "huit millions de dieux" »
Je le dis au dieu qui a fait une bêtise cette fois-ci.
« Puisqu'il y a beaucoup de dieux dans ce monde, l'idée est de tous les respecter sans distinction. Moi aussi, je respecte tous les dieux selon cette pensée, donc je ne ferai pas de favoritisme envers qui que ce soit. »
« Donc, pas besoin de vous démener pour devenir mon objet de foi. »
« Vous êtes tous mes dieux. »
« C'est pour ça que je ferai des offrandes sans distinction non plus. »
« Vraiment ? » « Youhou ! »
Si cette persuasion peut mettre fin aux remu-ménages de ce genre de la part des dieux, tant mieux.
Bref, nos noces, le serment devant les dieux... enfin, devant le dragon, étant fait, la cérémonie passe à la phase suivante.
Le banquet !
On boit, on chante, on fait un vacarme d'enfer pour fêter le mariage.
On dirait même que c'est ça, le vrai événement principal : tout le monde se régale des plats de la ferme.
Sans qu'on leur demande quoi que ce soit, Veil installe son stand de ramen, Bacchus sert de l'oden, et Horkosfon balance du nattō à tout va.
Cette ferme est devenue un truc où il sort toujours quelque chose sans que j'aie à lever le petit doigt.
« Bon, moi non plus je peux pas me laisser faire. »
Évidemment, « ne rien faire » n'est pas une option.
C'est NOTRE événement, à Platy et à moi. C'est à moi de faire le max pour l'ambiance !
« Du coup, j'ai préparé un truc. »
Là, je réfléchis un coup.
Le truc indissociable du « mariage = ça ! ».
J'ai déjà préparé plusieurs indispensables du mariage.
Alliances, robe de mariée, changement de tenue...
Bien sûr, ça ne s'arrête pas là.
Le suivant, c'est... le gâteau de mariage !
Le gâteau géant qu'on expose au banquet. Celui où les mariés y plantent le couteau ensemble, soi-disant leur premier travail commun.
Moi aussi, je l'ai préparé !
En guise d'événement principal de ce banquet !
« Maître, tu as l'air motivé ? »
Platy, en robe de mariée, devine mon intention et fait briller ses yeux.
« Comme attendu de Platy, tu ne passes pas ton temps avec moi pour rien. »
Le gâteau de mariage, je le lui cache encore, à Platy.
C'est ce qu'on appelle une surprise.
Pour ça, la veille de la cérémonie, je me suis enfermé dans la cuisine et j'ai enchaîné les gâteaux tout seul.
Douze étages, et une hauteur qui dépasse ma taille : c'était éreintant, c'est peu dire.
L'odeur sucrée à la cuisson a dû fuir à fond, donc tout le monde est peut-être déjà au courant.
Mais le moment où cet effort paie, il est là, maintenant !
Le banquet bat son plein, c'est le timing parfait pour sortir le gâteau.
« Écoutez-moi tous... »
Mon ton solennel attire tous les regards de l'assistance.
Tout le monde l'a senti : il va se passer quelque chose.
« En ce jour de fête, je vous ai préparé un spectacle. Dans ma patrie, c'est un truc qu'on peut dire indispensable au mariage. »
Alors, regardez.
« Le gâteau de mariage ! »
Le gâteau géant arrive, porté sur un plateau.
Ma pièce de cœur, une fois dehors, gagne encore en majesté.
Douze étages de gâteau rond, quand même.
C'est sans doute le plus gros truc que j'aie jamais cuisiné.
« Hoaaaaaaaa !! »
« Kyoeeeeeee !! »
« Abababababababababababababababa !! »
Des cris bizarres éclatent de partout, poussés principalement par les femmes.
« Un gâteau !? C'est un gâteau !? »
« Qu'un gâteau aussi énorme existe au monde !? »
« Je n'aurais jamais imaginé ça ! Pouvoir créer un truc pareil,さすが le Saint ! »
Elles sont en excitation totale.
...Ah oui, les femmes adorent les sucreries, c'est connu.
La première fois que j'ai fait un gâteau, plein de filles se sont ruées dessus, c'était le chaos.
Avec un gâteau hors norme comme ça, forcément, la tension monte.
Je voulais une réaction à l'originalité de l'événement « gâteau de mariage », mais l'intérêt des femmes a été raflé à 100 % par le « gâteau sucré et bon qui dresse une tour géante ».
« C'est ouf, Maître ! Tout ça, c'est du gâteau !? On peut tout bouffer !? »
Même Veil laisse tomber ses ramen et accourt.
Quand elle le dit, on croirait qu'elle va tout avaler toute seule.
« C'est pour le mariage que tu l'as fait !? On a le droit de faire un gâteau aussi dément pour un mariage !? C'est ouf, Maître ! Faisons un mariage tous les jours à partir de maintenant !! »
Le mariage, c'est pas ça l'événement.
« Chez moi, y a la coutume de couper le gâteau géant à deux, les mariés. Ça compte comme le premier boulot commun du couple. Allez, Platy ! On y va ensemble pour la coupe du gâteau ! »
« Glou... !! ...Hein !? »
Platy aussi, son appétit pour le gâteau a atteint le point critique, elle n'était plus à ça.
« Saint-sama ! Vite, mangeons le gâteau ! »
« Gâteau ! Gâteau ! »
« Coupez-le ! »
« J'peux plus attendre ! Je vais le croquer direct !! »
L'odeur sucrée du gâteau géant leur vole la raison à vitesse grand V, donc les faire patienter plus longtemps risque de déclencher une émeute.
Faut expédier la coupe du gâteau tout de suite.
« C'est ça, Maître ! Faut le couper sinon on peut pas toutes le manger ! ...Mais si on croquait ce gâteau énorme en entier !? Si on le bouffait en l'enlaçant !? »
C'est pas bon, la conscience de Platy est totalement happée par le gâteau.
Faut le couper vite.
Une fois en petits morceaux, les filles reprendront leurs esprits.
« Bon, j'y plante la lame. »
Pour la coupe, j'utilise l'épée sainte maudite Dry Schwarz.
Elle aussi, ça fait un bail qu'on traîne ensemble, donc elle est pile poil pour ce travail mémorable.
Je saisis le manche avec Platy, et on l'enfonce dans le gâteau.
Comme attendu d'une épée sainte, la lame glisse dans la crème et le biscuit sans la moindre résistance.
« Kyaaaaaaaaaaaaaa !! »
Pour une raison quelconque, les femmes hurlent de joie rien qu'à la coupe.
La coupe de l'épée sainte ne s'arrête pas là.
À une vitesse invisible, elle va et vient dans le gâteau géant.
À chaque passage, des lignes de coupe apparaissent, le découpent fin, et il se transforme en parts individuelles parfaites.
Comme l'original était énorme, le nombre de parts est dingue.
Ça couvre largement le nombre d'invités.
Bien sûr, c'est ma pièce de cœur, Saint oblige.
Pas de fausses pièces comme on en voit parfois dans les gâteaux de mariage : c'est du 100 % gâteau frais comestible.
« Allez, c'est bon ! Régalez-vous à fond ! »
« Hokyawaaaaaaaaaaa !! »
Les demoiselles, ayant oublié la langue humaine, se jettent sur le gâteau peu importe leur âge.
« Y'en a plein en rab, alors une assiette par personne, mangez tranquilles, ok ? »
La réaction est bien différente de ce que j'avais prévu, mais elles sont contentes, donc c'est bon.
Pas que les filles, les mecs et les dieux aussi se régalent, et tout le banquet baigne dans l'odeur sucrée.
« ...L'odeur sucrée a imprégné l'épée sainte aussi... »
Ça va pas partir pendant des jours, cette odeur.
Une épée sainte qui sent le sucre, ça a son charme.
Pas du tout.
L'intéressée, Platy, fonce sur sa part.
Elle a déjà fini sa première assiette et tend la main vers la suivante.
« Platy, t'as pas intérêt à trop manger... ? »
« C'est bon ! ...Regarde, Junior peut pas encore manger de gâteau, non ? Si je mange beaucoup et que mon lait devient sucré, Junior goûtera le gâteau à travers lui ! »
Une méthode d'éducation alimentaire pour bambin qui dépasse l'imagination.
Si tu bouffes assez de sucre pour changer le goût de ton lait, y aura forcément des problèmes ailleurs, donc arrête.
En tout cas, grâce au gâteau de mariage, le banquet a encore monté d'un cran.