Nous avons décidé d'accepter la proposition de Puffa pour résoudre le manque de main-d'œuvre et nous nous sommes rendus dans un certain lieu.
C'était le territoire des démons, une section du Royaume des Démons.
De plus, c'était au fin fond des montagnes.
Mais il n'y a pas eu de difficulté pour y arriver.
Car nous y sommes parvenus en un clin d'œil grâce à la magie de transfert.
En d'autres termes, Puffa est déjà venue ici une fois ?
« Ah, c'est nostalgique. Comme prévu, au fin fond des montagnes, rien n'a changé. »
La magie de transfert ne peut voler que vers des points de transfert préalablement installés.
Autrement dit, on ne peut s'y rendre sans y avoir mis les pieds une première fois et effectué le travail magique pour établir un point de transfert.
Le point de transfert établi au fin fond de ces montagnes a sans doute été mis en place par Puffa.
Mais pour quelle raison a-t-elle mis une chose pareille dans un endroit comme celui-ci ?
« J'espère que celui-là aussi est resté tel quel... Ah, le voilà, le voilà. »
Devant la direction que prenait Puffa, il y avait un bâtiment.
Un manoir au fin fond des montagnes !? On dirait l'endroit idéal pour une série de meurtres mystérieux !?
« C'est sûr ici !? Pas dangereux !? »
Puffa répond à moi qui tremble de peur.
« C'est bon, c'est bon, il n'y a juste plein de poupées posées là. »
Meurtres au manoir des poupées !?
Il doit bien exister un roman policier comme ça !?
Non, ce n'est pas ce genre d'histoire... !?
Comme Puffa entrait dans le bâtiment avec une aisance déconcertante, je n'ai eu d'autre choix que de la suivre en tremblant.
À notre visite, nous avons été accueillis d'emblée par ce qui ressemblait à des poupées.
Et en grand nombre.
« Hiiiiiiiiii !? »
Moi, je flippe sérieusement.
Le hall d'entrée est rempli de poupées.
Pas dix ou vingt, mais bien plus, un nombre incalculable.
Et toutes, sans exception, sont cassées.
Ce sont ce qu'on appelle des poupées à joints sphériques, avec des proportions proches de l'humain pour un réalisme saisissant, ce qui rend leur état brisé d'autant plus inquiétant.
Leurs visages sont modelés comme des mannequins, imitant outrageusement l'humain, ce qui les rend encore plus effrayantes.
Certaines ont le crâne défoncé, d'autres ont le buste et la taille séparés.
C'est un spectacle horrible.
Quel genre de tragédie s'est donc déroulé ici !?
« C'est nostalgique... Rien qu'en me tenant ici, mon cœur se réchauffe. »
Tu te réchauffes le cœur, Puffa-san !?
Quels souvenirs restent dans cet endroit !? Vu les traces, je ne vois que des souvenirs de cauchemar !?
« Eh bien, c'est des souvenirs de cauchemar, certes. »
« Comme je le pensais !? »
Ce n'est qu'ici que Puffa m'a enfin raconté la tragédie cauchemardesque qui s'est déroulée dans ce manoir.
Autrefois, le prince Arowana du Royaume des Sirènes faisait un entraînement guerrier sur terre.
Puffa l'accompagnait dans ce voyage, et c'est lors d'une halte qu'ils sont tombés sur ce manoir.
« Le seigneur qui gouverne cette région nous l'a demandé. Il y a un type bizarre qui vit au fin fond des montagnes, il voulait qu'on aille voir ce qu'il en est. »
« Un type bizarre ? »
« Sa vraie nature, c'était un automate..., une poupée qui bouge toute seule, créé par un génie il y a plusieurs décennies. C'était la chute. »
Automate... !?
Il existe ce genre de chose dans ce monde aussi.
Alors, celles qui sont là, éparpillées par terre, ce sont aussi... ?
« C'est moi et mon mari qu'on a cassées à tour de bras... ! Vraiment nostalgique. C'était un travail commun à nous deux... »
Puffa fait une expression amoureuse en se remémorant tout ça, mais ce n'était pas un travail commun à tous les deux, non ? Hackai et Songokufon étaient aussi là, non ?
« Mais pourquoi revenir sur un lieu de souvenirs pareil... ? Ah ! »
J'ai réalisé.
Le problème de manque de main-d'œuvre à la ferme et les automates qui traînent ici en grand nombre.
Si les deux s'emboîtent parfaitement... ?
« Tu comptes les faire travailler à notre ferme !? »
« Pas besoin de leur donner à manger, ni de lit. C'est une main-d'œuvre idéale, non ? »
C'est pour ça qu'elle m'a amené ici !?
« Mais celles qui traînent ici sont toutes complètement cassées ? Même si on essaie de les utiliser, elles ne bougeront pas normalement... »
« Il suffit de trouver celles qui ne sont pas si cassées que ça et de les récupérer. Il y en a neuf mille huit cents, y en a bien qui sont intactes. »
Neuf mille huit cents !?
Il y en a autant !?
« Cent suffiraient amplement comme main-d'œuvre, non ? Je compte sur vous pour le tri ! »
Sur place, outre moi et Puffa, de nombreux orques et gobelins nous accompagnaient.
Le plan devait être de leur faire trier les automates peu endommagés pour les ramener à la ferme.
D'ailleurs, parmi eux se trouve Hackai, qui a autrefois voyagé avec le prince Arowana et Puffa.
Tous ont fait avancer le travail efficacement.
« Mais hey ? C'est quand même le territoire du Royaume des Démons, non ? On ne va pas se faire engueuler pour avoir pris des trucs sur le domaine sans l'autorisation du propriétaire ? »
« T'as vraiment l'esprit pointilleux pour un Saint. T'inquiète, j'ai déjà fait le lobbying auprès du Roi Démon et j'ai l'autorisation. »
Puffa est vraiment une femme qui, tout en étant une hors-la-loi, ne néglige jamais le lobbying.
Et merci au Roi Démon de s'être donné du mal.
Ce qui est fiable, c'est un ami qui a du pouvoir.
« Bon, ben moi aussi je vais chercher un automate en bon état. Je vais t'en déterrer un comme neuf ! »
« Ah, moi aussi... !! »
Je ne peux pas rester planté là à ne rien faire pendant que tout le monde travaille.
Moi aussi, je vais déterrer un trésor parmi ces débris !
C'est pas le but, ça ?
« Hoï, alors on fait comment ? Deux par personne comme quota ? Mais prudence, pas de blessés, hein. »
« « « « Oui ! » » » »
Sur le terrain, outre moi, Puffa, les orques et gobelins, il y avait encore plusieurs autres accompagnateurs.
Lettuce Rate et Horkosfon, qui ont toujours l'air de s'ennuyer.
Lamp Eye de la race des sirènes nous accompagnait aussi.
Puis quelques elfes. Et Belena aussi, qui participait vu que c'était un événement dans son pays natal, le Royaume des Démons.
En fait, comme il y a rarement quoi que ce soit à faire hors de la ferme, on a l'impression que les amateurs de raretés se sont réunis.
Mon épouse Platy voulait venir aussi, mais comme nous deux partis en même temps aurait laissé personne pour garder Junior, elle est restée à contrecœur.
Veil a fait de même.
C'est probablement que l'attachement à Junior a gagné sur la curiosité.
« Si mon mari avait été là au bon moment, on serait venus ensemble. J'aurais voulu qu'on se remémore ce jour-là à deux... »
Le "mari" dont parle Puffa, c'est le prince Arowana, et ils se sont promis de se marier.
« Vraiment, dès qu'il y a une ouverture, vous essayez de flirter... »
« C'est pas ça... Mon mari, lui, il se souciait du maître de ce manoir. »
Le maître de ce manoir ?
Il a l'air en ruine, une maison abandonnée où personne n'habite depuis toujours, non ?
« C'est un chercheur en magie démon qui est mort il y a plusieurs décennies. Il serait mort dans le désespoir, sans que son talent ne soit reconnu. ... Il se projetait en lui, disant que ne pas déceler les gens de talent est une faute des dirigeants... »
C'est bien le sérieux prince Arowana.
« Je me disais qu'en apprenant qu'on peut utiliser ne serait-ce qu'une partie des œuvres laissées par ce génie mort, mon mari serait content. Bon, si on les ramène à la ferme et qu'on lui montre qu'ils y travaillent, ça suffit à remplir le but... »
Puffa, toujours "le prince Arowana d'abord".
À ce rythme, le jour où elle deviendra la nouvelle reine des sirènes n'est pas loin.
Alors que je pensais ça en me sentant tout chaud...
« Mon seigneur ! Mon seigneur ! »
Les orques qui nous accompagnent font du bruit.
Qu'est-ce qu'il y a ?
« C'est un gros morceau ! On a déterré un gros morceau ! »
Un gros morceau ?
Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'ils ont découvert un automate intact, sans la moindre cassure, flambant neuf, comme neuf ?
Voyons voir... et je vais regarder.
Un automate vraiment incroyablement géant avait été déterré.
« C'est un gros morceau aaaaaaah !? »
Impossible de contester, c'est physiquement un gros morceau.
Il avait une longueur totale de plus de trois fois celle des autres automates.
Et le pire, c'est que ce géant automate, contrairement aux autres débris, n'était pas hors service et se déchaînait en pleine forme.
« Dangereuuuuux !! Évacueeeeez !! »
Avec son corps géant, il démolissait sans pitié la ruine qui pourrissait, alors tout le monde a fui pour ne pas se faire ensevelir vivant.
« Puffaaaaa !! Ça !! C'est aussi un automate aaaaaaah !! »
« Vu sa forme, c'en est un sans doute, mais c'est bizarre !! Y en avait pas quand on est venus la dernière fois !? »
Même Puffa qui est déjà venue ne le connaissait pas.
Vu sa taille, impossible de le rater, mais où se cachait-il !?
Et pourquoi apparaît-il maintenant, et en plus en pleine forme pour se déchaîner ?
« Non, c'est pas le moment de réfléchir, à ce rythme on va se faire écraser ! »
...c'est ce que je pensais, mais ça n'est pas arrivé.
Les camarades qui ont accouru au bruit ont attaqué tous en même temps...
Le mana canon d'Horkosfon, le médicament magique explosif de Lamp Eye, les tirs de magie extrême de Belena, le poing Saint Orc de Hackai, etc., tout a touché et le géant automate a été pulvérisé sans résistance.
« ... Nos gamins sont troooop forts... »
Mais au final, qu'est-ce que c'était que cet automate géant, bon sang ?