Coloriages de choses diverses et je suis revenu à la ferme, c'est moi.
Le retour au village natal de Platy, 겸 ma présentation aux parents, s'est terminé sans le moindre accroc.
Le simple fait que tout se soit bien passé est devenu le résultat.
Le couple royal des sirènes nous a raccompagnés en disant : « Revenez quand vous voulez. »
Le prince Arowana reste naturellement au royaume des sirènes. Il semble qu'il va s'atteler à la préparation de sa succession au trône.
Le roi démon, lui, a été transparent dans la seconde moitié de la visite malgré le déplacement. Il est reparti en même temps que nous. Il retourne à la capitale démoniaque pour signer le traité de paix formel avec le royaume des sirènes.
Parmi les compagnons de voyage qui ont accompagné l'entraînement du prince Arowana, Hakkai est rentré le premier à la ferme et a repris son travail aux côtés des autres orcs.
Le dragon Ardhegg, lui, continue son voyage en parcourant le monde.
Il a dit en partant : « Qu'il y ait des épreuves ou non, je veillerai sur le héros et le roi ! » mais je n'ai pas compris de quoi il parlait.
L'ange Songokufon est parti avec lui.
Pour une raison vraiment incompréhensible, sa réplique de départ a été : « Moi, je suis freedoom, alors… »
Tous deux ont dit qu'ils passeraient à la ferme ou au royaume des sirènes quand l'envie leur prendrait, donc on peut les laisser tranquilles pour l'instant.
Et enfin, celle qui est devenue la fiancée du prince Arowana de façon éclatante…
…………
« Bon, on commence le cours, bon sang !! »
« Madame Puffa, n'enseignez pas avec cette négligence, s'il vous plaît. »
Elle continue d'habiter à la ferme, contre toute attente.
On aurait cru qu'une fois fiancée au prince Arowana, elle irait s'installer sérieusement à la cour des sirènes, mais son casier judiciaire de sorcière a fait obstacle et son entrée par mariage a été purement et simplement refusée.
Pour résoudre ce problème, il lui faut bâtir un palmarès qui efface son image passée, et c'est dans ce cadre qu'elle fait prof.
Actuellement, de nombreuses jeunes étudiantes sirènes sont en échange à la ferme, dans ce qu'on appelle la « branche ferme de l'Académie des sorcières sirènes ».
L'idée, c'est que si elle les forme en excellentes pharmaciennes magiques, sa contribution sera reconnue et son mariage avec le prince Arowana ira tout seul.
« Vous là, les gamins ! Devenez des adultes compétents le plus vite possible et brillez, bon sang ! Pour que je réalise ma vie de femme mariée !! »
« Si vous affichez vos arrière-pensées aussi crûment, ça risque d'avoir l'effet inverse, vous savez. »
Ce n'est pas tout.
À la ferme, en ce moment, un programme d'accueil de jeunes talents est en cours, donc outre les sirènes, des étudiants démons et humains séjournent aussi pour apprendre tout un tas de choses.
Dans ce sens, c'est l'environnement idéal pour que la professeure Puffa fasse son nom, alors qu'elle s'y mette sur cette nouvelle scène.
… C'est ce que je pensais, mais…
« Dis, Saint… »
« Hmm ? »
« C'est à propos des élèves, mais y a un truc qui m'inquiète, ou plutôt… »
« C'est vrai, ça… »
Puffa s'en préoccupe aussi, mais moi aussi, je m'en suis rendu compte.
Un changement de situation qui intrigue tout le monde a commencé à se produire chez les étudiants.
C'est…
La fête des couples, ni plus ni moins.
« Mademoiselle Valkina, j'ai pas compris le cours d'aujourd'hui, on révise ensemble ? »
« Monsieur Stark ! On fait le stage donjon de demain ensemble !? Toute seule, j'ai trop peur !! »
« C'est du chocolat fait maison ! Si vous voulez, mangez-le ! »
« Vous avez pas de fiancée, hein ? Vous en avez pas, hein ? Bon, c'est réglé !! »
« Vous préférez les gros seins ou les petits ? »
« C'est une divination à la mode chez les démons : si le crâne se brise, la compatibilité du couple est maximale, parait-il. »
« Fais pas erreur ! C'est pas que je t'aime ou quoi que ce soit, c'est juste que je t'adore à en crever !! »
…
Un tourbillon rose ultra-concentré souffle entre les jeunes.
« L'amour, rien que de l'amour, hein… »
Comment on en est arrivé là ?
« Bah, tu mets des ados des deux sexes ensemble, c'est inévitable que ça finisse comme ça. »
« La jeunesse… ? »
« Ouais, la jeunesse. »
« La jeunesse, c'est incroyable, quand même… ? »
Si des jeunes hommes et femmes partagent le même lieu, l'amour ne peut pas ne pas naître.
Apparemment, c'est un principe universel, quel que soit le monde.
Le déclencheur initial, c'est semble-t-il la formation du couple Liteseus et Eringia, et à partir de là, les couples inter-espèces se multiplient parmi les étudiants.
« Mais bon, ça aussi, c'est pas mal pour atteindre l'objectif, non ? »
Puffa analyse la situation.
« Ça veut dire ? »
« Faire interagir les trois races et approfondir leur amitié, ça fait aussi partie des buts de l'échange, non ? Si les étudiants tombent amoureux bêtement et se marient à tour de bras entre pays, les distances entre nations se réduiront de force. »
C'est vrai.
Ce n'est pas l'amitié que j'imaginais, mais c'est aussi une forme de renforcement des liens.
Le fait que le désir charnel en soit le moteur principal me chiffonne un peu, mais si les gamins d'ici finissent par se marier, font des enfants, et que la prochaine génération de métis s'épanouit, ça deviendra aussi un pilier de l'ère de paix.
« Aaah, ils m'étalent leur bonheur sous le nez, ça m'énerve. Moi aussi, je veux me marier vite, je veux me marier, moi… »
Puffa gémit de jalousie.
Mais toi, tu esvirtuellement fiancée, et ton Arowana te rend visite tous les trois jours entre deux audiences, non ?
Un orage d'amour souffle sur la ferme.
Tch, les gens comblés, ça me donne la nausée.
Pourtant, tous les êtres vivants trouvent un partenaire, font des enfants et les élèvent : c'est la chose la plus naturelle au monde.
Donc, en principe, je restais spectateur des histoires de cœur, mais à un moment donné, un événement m'a forcé à ressentir ce lien.
À partir de maintenant, je vais raconter cet événement.
…………
Le point de départ a été une consultation venue d'Orkubo.
« Dalkish-san qui me demande conseil ? »
« Oui. »
Cela dit, ce n'était pas un souci personnel d'Orkubo : il ne faisait qu'intermédiairer.
La source de la consultation, c'est Dalkish-san.
Il est seigneur dans l'ancien royaume des humains.
Jeune mais capable, il aime ses sujets et fait preuve de discernement.
La rencontre a eu lieu parce qu'Orkubo et sa bande voulaient construire un château par hobby, et le terrain qu'ils avaient choisi se trouvait par hasard dans le fief de Dalkish-san.
Le château Fūun Orkubo, bâti là-bas, est devenu une attraction touristique phare du fief.
Orkubo et les siens, en tant que constructeurs, y passent encore de temps en temps pour l'entretien, et ils en profitent pour saluer le seigneur Dalkish-san.
« Il parait que Dalkish-dono a des soucis en ce moment… Quand on a demandé les détails, c'était un problème qu'on ne pouvait pas résoudre nous-mêmes, alors on s'est dit que Notre Seigneur aurait peut-être une bonne idée… »
« Hou. »
Je dois aussi beaucoup à Dalkish-san.
Il a fermé les yeux sur le château Orkubo qu'on a construit sans permission sur ses terres.
Pour rendre cette générosité, s'il y a quelque chose que je puisse faire, je veux l'aider sans hésiter.
« Alors, pour entendre la consultation de Dalkish-san directement, on l'invite à la ferme. Un rapport de seconde main manquerait de respect. »
« Entendu. »
C'est ainsi qu'on a décidé d'inviter Dalkish-san à la ferme.
…………
Dalkish-san est venu à la ferme accompagné.
Sa femme, Varlina-san.
Leur rencontre est un peu complexe et ne peut être racontée sans la guerre homme-démon qui vient de se terminer.
L'ancien royaume des humains, vaincu, a été occupé, et un surveillant de l'armée du roi démon a été placé sous chaque seigneur.
C'est dans ce rôle que Varlina-san est venue sous les ordres de Dalkish-san.
Autrefois ennemis, leur relation était délicate, mais après bien des péripéties, ils se sont aimés et mariés.
Un mariage international entre un démon et un humain. Probablement le tout premier.
En un sens, ils sont les précurseurs de la tempête amoureuse qui souffle à la ferme, et j'espère que des couples comme eux se multiplieront.
On peut dire qu'ils sont les aînés de nos ados en couple.
Alors, quelle consultation ces deux-là peuvent-ils bien avoir ?
« Euh… tout d'abord, Saint-sama, félicitations pour la naissance de votre héritier. »
C'est la première chose qu'a dite Dalkish-san en entamant l'entretien.
Il a dû l'apprendre par Orkubo ou les siens.
« Merci pour vos politesses. Mais aujourd'hui, je suis là pour écouter votre consultation, alors gardons les salutations brèves… »
« Non, en réalité, notre consultation a un lien avec cela… »
Un lien avec Junior ?
Nous ?
« Moi et Varlina, depuis notre mariage, un certain temps s'est écoulé. Notre compatibilité comme couple semble bonne et nous passons des jours paisibles. »
« Il me chérit beaucoup, et chaque jour qui passe renforce mon sentiment d'avoir eu raison de me marier. »
Quoi, de la vantardise ?
« Cependant, notre vie de couple a un unique problème. Et qui plus est, un problème assez important… »
« Nous n'avons toujours pas… d'enfant !! »
Hé ?
Effectivement, Dalkish-san et Varlina se sont mariés l'hiver dernier. À cette époque, une annonce de grossesse n'aurait rien d'étrange.
« Le mari est seigneur. Il lui faut un successeur à qui confier le fief. Et mettre au monde cet héritier est la mission capitale de l'épouse du seigneur ! »
« Mais depuis la cérémonie, plus d'un demi-an s'est écoulé. Comment dire… on s'y met avec ardeur, pourtant il n'y a toujours pas de bénédiction… »
Ils commencent à s'inquiéter sérieusement, apparemment.
C'est vrai.
Dans une société féodale, la continuité du sang est cruciale. Il arrive qu'on divorce pour absence d'enfant.
Vu ces circonstances, leur souci est grave.
On pourrait dire que quelques mois, ce n'est rien, mais vu qu'ils forment un couple international humain-démon, une rareté, il n'est pas exclu que des gens cherchent la petite bête pour les séparer.
Pour éviter que leur amour ne soit brisé par une futilité, s'il y a quoi que ce soit que je puisse faire, je dois l'exécuter sans hésiter.
…
Mais…
Est-ce que *moi*, je peux faire quelque chose ? Pour leur offrir un enfant ?