Au final, le démantèlement du sanglier cornu a progressé bien plus vite que prévu.
C'est grâce à la grande activité de l'épée sacrée.
Après avoir saigné le sanglier cornu déjà mort, je lui ai retiré la peau, sorti les entrailles, retiré la peau à nouveau pour ne garder que la viande.
Même s'il s'agissait à l'origine d'un monstre, et que sa dépouille reste assez coriace, le découpage demanderait pas mal d'efforts avec une lame ordinaire.
Avec l'épée sacrée, ça coupe tout seul.
Peau, chair, et même les os : tranchés net. Sans même forcer.
Combien je coupe, je ne me fatigue pas. Une tranchant à tomber.
En plus, comme c'est une épée sacrée, elle bénéficie sans doute d'une protection divine : la saleté et les odeurs n'accrochent pas !
Pour un tel chef-d'œuvre d'épée sacrée, le prix exceptionnel d'aujourd'hui est…
…… Oui, je me suis laissé aller. Je ne la vends pas.
J'ai eu l'impression qu'on m'engueulait, alors j'arrête ce ton.
Bref, grâce à l'épée sacrée, le sanglier cornu se transforme sous nos yeux en simple viande de boucherie. Platy prend le relais pour la viande découpée.
Elle sort un remède magique et le saupoudre prestement sur les morceaux.
La surface de la viande blanchit et gèle à vue d'œil, jusqu'au cœur.
C'est de la congélation, ça ?
La viande congelée est chargée les uns après les autres sur la charrette, et nous entamons la descente du sentier de montagne.
Cette charrette, Platy me l'avait demandée juste avant d'entrer dans la montagne, et je l'avais bricolée en vitesse avec les chutes de la construction de la cabane.
Elle avait donc tout prévu, avec tous ces préparatifs.
En tout cas, nous avons accompli notre objectif et redescendu la montagne le cœur léger.
…………
Maintenant qu'on a mis la main sur une grosse quantité de viande, changeons un peu de point de vue pour parler d'autre chose.
La suite de l'histoire « fabriquons des objets en métal ».
J'ai pris le mana metal que le maître m'avait donné, construit un four, chauffé le métal, et forgé une poêle à coups de marteau.
Notre tout premier ustensile en fer fait main.
Mais il me restait encore beaucoup de mana metal, alors j'ai continué à produire toute sorte de choses.
En tout premier, bien sûr, des ustensiles de cuisine type marmites, après la poêle.
Grande marmite, marmite moyenne, casserole à soupe, wok. Avec ça, on peut faire à peu près n'importe quel plat.
Pourvu qu'on ait les ingrédients.
J'ai aussi forgé des petits couteaux pour les travaux minutieux, et refait à neuf des couteaux de cuisine.
Un couteau d'exception forgé dans un métal rare vaut forcément mieux que les couteaux miteux achetés deux sous dans la capitale : il permet une cuisine bien plus savoureuse.
Je teste le nouveau couteau, et ça coupe, ça coupe.
J'ai l'impression qu'il pourrait trancher la planche à découper en deux.
Pourtant, il ne fatigue pas la main, ne s'use pas, les aliments n'adhèrent pas à la lame, et la saleté comme les odeurs n'accrochent pas !
Un tel couteau, à un prix incroyable…
…… C'est bon, j'arrête ce ton.
Tant qu'à faire, je décide de refaire tous les outils en fer achetés à la capitale en mana metal.
Bêche, harpon, scie, marteau, pelle : tout repassé en mana metal.
Dans tous les travaux, le « Suprême Porteur » opère, et le résultat est excellent.
J'essaie la nouvelle bêche en mana metal sur une friche encore vierge : un seul coup de lame transforme d'un coup une surface équivalente à une rizière en terre labourée.
Même en comptant l'effet du « Suprême Porteur », c'est au niveau d'un objet magique.
Ainsi, notre domicile montre des signes tangibles de développement côté équipement.
Avec toute la viande de sanglier cornu qu'on a récupérée, les réserves alimentaires sont confortables.
Jusqu'ici, on stockait tout dans la cabane où on dort, mais il va peut-être falloir un garde-manger dédié.
« Hé, construisons une autre cabane. Spécialement pour conserver la nourriture ! »
Platy fait la même proposition.
« Pas en bois, en pierre ou en briques, un truc solide et hermétique ! Je baisse la température dedans avec mes remèdes magiques, et ça se conserve longtemps au frais ! »
Un gros frigo, quoi !?
Avec Platy, le niveau de vie n'a rien à envier à mon ancien monde.
« D'ailleurs, Maître ! On ne cuisine pas encore la viande de square boar !? J'en suis déjà toute excitée ! »
Avec une poitrine aussi pleine, tu n'as plus faim, ça se voit.
Bon, blagues à part, je m'inquiète en fait du traitement du square boar que j'appelle de mon côté sanglier cornu.
De sa méthode de cuisson.
Sanglier rime avec porc.
Et la meilleure façon de cuisiner le porc, c'est le tonkatsu.
Moi aussi, je veux bien sûr manger du sanglier cornu en tonkatsu croustillant.
Mais cette vie de pionnier dans l'autre monde.
Il manque plusieurs trucs pour faire du tonkatsu.
Les ingrédients de la panure font cruellement défaut.
D'abord la chapelure.
Et les œufs.
La chapelure, je peux la faire à partir de blé ?
Le blé, je n'y avais même pas pensé, je n'en ai pas cultivé. Et même si le « Suprême Porteur » m'en donnait, il faudrait le moudre en farine, en faire du pain, puis de la chapelure : les obstacles s'empilent.
Et même si j'avais la chapelure, le plus gros problème, c'est les œufs : impossible de savoir où s'en procurer.
« Dis, Platy, dans ce monde, y a-t-il l'habitude de manger des œufs d'oiseaux ? »
« Des œufs d'oiseaux ? Chez les gens de la terre, j'ai entendu dire qu'ils le font, mais au pays des sirènes, je n'en ai jamais vu. »
Elle s'étonne de ma question, alors je lui explique qu'avec des œufs de poule, on pourrait peut-être cuisiner la viande de sanglier cornu de la façon la plus délicieuse qui soit, et Platy s'emballe.
« Retourons dans le donjon de montagne ! S'il y a des monstres volants, il y en a peut-être un qui pond de bons œufs ! »
Encore compter sur un donjon ?
C'est pas que je refuse, mais entrer dans un donjon a l'air dangereux et ça me fait peur.
« …… Ah, tiens. »
Cette fois, on a découvert que la montagne où est apparu le sanglier cornu est aussi un donjon.
« Ce donjon de montagne n'aurait pas un maître comme le maître ? S'il y en a un, je veux absolument pas le croiser… »
« T'inquiète. Les donjons avec un maître, c'est super rare. Rien que d'avoir un maître, ça en fait un donjon ultra-dangereux. Et comme il y a déjà le maître qui fait donjon juste à côté, deux donjons avec maître si près, c'est pas possible ! »
« C'est comme ça, hein. »
« Ceci dit, on dit que les donjons de type montagne abritent des dragons. Peut-être que le dragon maître du donjon va se mettre en colère qu'on a sali son territoire et viendra nous attaquer ? »
« Arrête de me faire peur ! »
On rit tous les deux, hahaha.
Plus tard, je devrai avoir une discussion sérieuse avec elle sur le phénomène des flags.