Je m'appelle Junior, et je me dirige vers le domaine des dieux de la mer.
Mont Olympe des dieux célestes, Enfers des dieux des ténèbres, et maintenant le domaine marin des dieux pour compléter le trio des royaumes divins !
Mais pas du tout dans cet état d'esprit !
Je n'ai absolument aucune envie d'y aller !
Parce qu'une fois qu'on y a mis les pieds, on ne sait pas si on en repartira vivant !
L'angoisse l'emporte largement sur l'excitation !
« Mon maître a été bien insistante, excusez-la. »
C'est d'une voix douce qu'on tente de me calmer : le grand monstre marin Keto, qui me porte sur son dos à travers l'océan.
Il parait qu'il est une bête divine au service du dieu Poséidos, mais il est bien plus raisonnable et facile à comprendre que son maître.
…… Ce qui pose question.
« Comment trouvez-vous le confort de mon dos ? Je nage en essayant de ne pas trop vous secouer, n'hésitez pas à me le dire si vous remarquez quelque chose. »
Ah, non, c'est tout à fait confortable.
Désolé de vous faire prendre tant de peine.
« Mais non, vous êtes l'invité important de Poséidos-sama. En tant que serviteur fidèle du dieu de la mer, je dois vous offrir l'accueil le plus distingué. »
Il dit ça avec une humilité admirable.
Franchement, pourquoi son messager est-il plus humain ( ? ) que le dieu lui-même ?
« Haha, même moi, j'ai eu mes heures de gloire autrefois. Je me suis battu contre des héros pour conquérir de belles femmes. À l'époque, j'étais le méchant, ceci dit. Pas une "méchante jeune fille", mais un "méchant kaiju" ! »
Rien ne va dans cette phrase, et elle n'est même pas drôle.
En plus, les kaijus sont presque toujours les méchants, donc préciser ça n'était même pas nécessaire…… Ça me rend triste de l'entendre.
« Haha, c'est vrai…… »
Raté, l'ambiance est retombée !
Désolé, c'est de ma faute si je suis nul pour choisir mes sujets de conversation !
« Ce n'est pas grave. Je crois qu'un jour sortira l'histoire d'un protagoniste réincarné en kaiju qui lira l'avenir du récit pour battre le héros, alors j'attends. »
Il nourrit une ambition sacrément détournée.
B‑bein, j'espère que ça se réalisera.
Au fait, on n'est pas encore arrivés ?
« Désolé, encore un peu de patience. C'est le domaine des dieux, après tout. S'il était facile d'accès, ce serait problématique. »
C'est vrai qu'une barrière qui sépare les hommes des dieux ne doit pas être franchissable si facilement.
Pour le bien des dieux comme pour celui des hommes.
Cela dit, le professeur No Life King, capable d'invoquer un dieu aussi facilement, est vraiment hors norme.
C'est pour ça que les deux domaines divins visités précédemment étaient déjà difficiles d'accès, et le retour encore plus éprouvant.
Le domaine des dieux est un lieu inaccessible. Une fois qu'on y est parvenu, en repartir est encore plus impossible, c'est ça ?
« Le domaine marin gouverné par le dieu Poséidos s'appelle Okéanos. C'est la même mer, mais un monde totalement distinct de celle où vit l'humanité. On ne peut pas y arriver en nageant normalement. »
Bein oui, probablement.
On dit que la mer est vaste et grande, mais apparemment pas assez pour atteindre le monde des dieux.
« La mer divine Okéanos se trouve au-delà de l'horizon. »
Au-delà de l'horizon ?
L'horizon, je connais. C'est cette ligne là-bas, au bout de la mer, où le ciel et l'eau se touchent.
Comme j'habitais à la ferme près du littoral, je le voyais tous les jours.
« Vous pensez peut-être qu'en nageant, on finira par l'atteindre. Mais demain ne vient jamais en tant que "demain". Quand le jour change, demain devient aujourd'hui et arrive. C'est pareil pour l'au-delà de l'horizon : il reste toujours au-delà de l'horizon. »
C'est une séparation spatiale, en quelque sorte.
Moi aussi, petit, je me demandais pourquoi la mer, qui a l'air de continuer à l'infini, avait une fin. Et ce qu'il y avait au-delà.
J'avais demandé à mon père, qui avait répondu : « Puisque la Terre est ronde…… non, est-ce que ça s'applique à un monde fantasy ? D'ailleurs, ce monde est-il géocentrique ou héliocentrique ? » — il était perplexe.
Du coup, est-ce que je vais pouvoir atteindre aujourd'hui cet au-delà de l'horizon qui m'intriguait enfant ?
« C'est grâce à moi, la bête divine Keto, que nous pouvons transcender l'espace et aller au-delà de ce point final qu'est l'horizon. Alors, je vais vous montrer ma vraie valeur ! Je fonce ! Concentration maximale !! »
Hein ? Keto-san, votre personnalité ( ? ) change quand vous prenez de la vitesse !?
Enfin, vous êtes un kaiju !
Wooooo !? La vitesse monte en flèche, je vais être éjecté par la résistance de l'air !!
« Allez, Esprit Clair !! »
On dépasse tout à la vitesse de la lumière !?
……。
Hm ?
Quand je reviens à moi, je suis dans une mer totalement différente de celle que je connaissais.
Un soleil éclatant brille au zénith, sans cette chaleur brûlante.
Une douceur chaleureuse.
Autour de moi, la mer s'étend à 360 degrés, sans vent, les vagues calmes, un paysage d'une sérénité absolue.
Dans cette quiétude, le kaiju Keto-san et moi, sur son dos, sommes tout aussi paisibles.
Flotter seul au milieu de ce décor qui n'est que mer, on a l'impression d'être au centre du monde.
« Voici la mer des dieux, Okéanos. Qu'en pensez-vous ? On ne peut pas dire où on est, mais c'est complètement différent de la mer du monde humain, non ? »
Effectivement, sans pouvoir situer l'endroit, c'est une mer aux allures totalement distinctes du monde des humains.
Sans pouvoir situer l'endroit…… mais concrètement, qu'est-ce qui diffère ?
« Dans la mer des dieux, il n'existe aucune menace. Ni tsunami qui chavire les navires, ni calme plat qui fait mourir de faim les marins, ni brouillard qui les égare. Ni vents glaciaux, ni canicules. C'est une mer paradisiaque. »
M'explique Keto-san.
« Une mer digne d'accueillir les dieux. Ici, rien à craindre, rien à redouter. Allez, essayez de descendre de mon dos. »
Hein !?
Au milieu de cet océan où l'horizon fait le tour complet, le seul bout de terre, c'est le dos de Keto-san. Si j'en descends, je vais couler et mourir, non !?
« Allez, allez, laissez-vous tenter. »
Dans ce cas, me faire avoir, c'est couler !?
Mais après m'avoir conduit si gentiment, douter de Keto-san serait malpoli.
Allez, tant pis, je tente le coup ! Même si je tombe dans l'abîme, c'est parti pour le saut à l'élastique !
…… *Plouf ! Glou !*
Hein !?
Au moment où je plonge, une chose incroyablement invraisemblable se produit.
J'entre dans l'eau par les pieds, mon corps s'enfonce comme dans la mer du monde humain.
Mais une fois que l'eau arrive au niveau de la taille, de la poitrine, un phénomène impensable dans la mer des hommes se produit.
Depuis la surface, une puissante répulsion jaillit et mon corps est projeté vers le haut *boing* !
« Eeeeeeeeh !? »
Puis la gravité me ramène vers l'eau, la répulsion me renvoie à nouveau…… avec une force un peu plus faible cette fois.
Ça se répète plusieurs fois, jusqu'à ce que je me retrouve *ston* debout sur la surface de l'eau.
…… Debout !?
« La mer d'Okéanos vous porte si vous voulez marcher, et vous laisse plonger si vous voulez nager. Elle se comporte exactement comme vous le souhaitez, en toute liberté. »
Mon père a déjà marché sur l'eau en utilisant le "Porteur Suprême", mais cette fois, c'est totalement différent : j'ai l'impression de tenir debout normalement.
« Au passage, même si vous plongez, vous n'aurez pas le problème de "ne plus pouvoir respirer" comme dans la mer humaine. Une mer paradisiaque sans aucune menace. Voilà ce qu'est Okéanos. »
Une mer sans danger.
Effectivement, elle mérite le nom de paradis.
Mais dans ce cas…….
Qu'est-ce que ce tsunami qui fonce droit sur nous aaaaaaaa !?
« Hahahahahaha !! Bienvenue, fils du Saint !! »
« Ah, ça… c'est… une plaisanterie du maître de cette mer. »
Dit Keto-san, à moitié exaspéré.
Au sommet de la vague qui déferle, une silhouette humaine.
Tous deux sont des phénomènes au-delà de l'entendement humain.
Et cette silhouette chevauchant le tsunami……
« Moi, le souverain des sept mers ! Le plus libre des dieux de la mer ! Le dieu Poséidos, c'est moi ! Ahahahahahaha !! »
Voilà qu'apparaît l'épicentre de tout ce remue-ménage, le maître de ce domaine divin Okéanos.
Le dieu marin Poséidos.
Il surgit en surfant sur le tsunami, comme un Johnny de la glisse en pleine euphorie.