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Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 1323

Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo TsukurouIsekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou
Chapitre 1323

Chapitre 1323

Chapitre 1323/136197%~9 min de lecture1 697 mots

Ça faisait longtemps, tout le monde.

C'est moi.

Même après le départ de Junior, je continue de me démener à la ferme et au Pays de la Ferme.

Précision : à l'heure actuelle, la ferme et le Pays de la Ferme sont deux entités distinctes.

Ce que j'ai défriché en sueur et en larmes, à travers monts et vallées, depuis mon arrivée dans l'autre monde, c'est la ferme.

Un peu plus loin, pour accueillir de nombreux citoyens, j'ai fondé le Pays de la Ferme.

À la base, la ferme se trouvait dans un trou paumé à en crever, et c'est sur les vastes terres qui la séparaient du reste du monde que j'ai bâti le Pays de la Ferme.

Entre la ferme et le Pays de la Ferme, il reste encore d'immenses zones non défrichées, grandes comme des milliers de Tokyo Dome, donc hors de portée pour un humain normal.

Pourtant, je fais encore la navette entre les deux au quotidien.

Je bosse la journée au Pays de la Ferme, et le soir je rentre à la ferme : c'est mon rythme de base.

Une vraie vie de pendulaire.

La distance impossible à pied se parcourt en secondes si j'enfourche mon cheval-dragon Sakamoto.

Bien sûr, il m'arrive de passer la journée entière d'un côté ou de l'autre, mais moi qui ai bâti cette ferme de mes mains en partant de zéro, j'y tiens comme à ma maison, et j'ai du mal à m'en détacher… du coup, je l'utilise maintenant comme résidence privée.

On me dit que c'est problématique pour un roi de ne pas dormir dans son propre pays, mais passer mes heures privées dans un endroit où personne ne peut me retrouver, c'est aussi une mesure de sécurité. Et justement parce que je suis roi, je devrais avoir au moins la prudence d'un chef de la Cinquième Division, non ?

Enfin, c'est mon sentiment personnel, donc ça disparaîtra wohl avec ma vie.

Le mieux, je pense, serait que le Pays de la Ferme revienne à Junior, et la ferme à l'un de ses jeunes frères ou sœurs.

Oups, je m'égare.

Puisque c'est mon premier récit depuis longtemps, faut que j'attaque le vif du sujet.

Aujourd'hui, moi…

………… <<<SEPARATOR>>> « Ouraaaaah !! Ces légumes, je les ai élevés pour MOI, pas pour toi !! »

Aujourd'hui, je suis à la ferme pour la lutte contre les nuisibles.

Les nuisibles, c'est quoi ?

Les cerfs !

Pour un paysan, les cerfs sont des nuisibles terrifiants.

Étant herbivores à la base, ils bouffent les légumes. N'importe quels légumes.

Pour eux, un champ, c'est probablement un buffet à volonté.

Les dégâts sont considérables. Dans le pire des cas, ils dévorent tout le champ.

Faut pas sous-estimer la quantité que mange un herbivore.

L'herbe a une valeur nutritionnelle plus basse que la viande, c'est une évidence.

Ceux qui ont décidé de ne manger que ça toute leur vie doivent en ingérer en masse pour compenser.

Et quand ils se multiplient, deux, trois, les dégâts doublent, triplent.

C'est pas un problème qu'on peut ignorer !

C'est pour ça que je cours après les cerfs aujourd'hui encore, désespérément !

« Shaoraaaa !! Reviens plus jamais !! »

Je fais tourner un truc qui fait du bruit quand on l'agite pour les effrayer, et je parviens à les chasser vers la forêt.

« Pfiou, y a pas moyen de baisser la garde avec ces bestioles… »

Juste au moment où je reprenais mon souffle après ce boulot…

« … Dis, pourquoi tu les abats pas ? »

Une voix me hèle par-derrière. C'est Platy.

« Heuh ! ? »

« Je me le demande depuis un moment : vu les dégâts, les trier pour réduire le nombre serait vachement plus rentable, non ? Et en plus on aurait de la viande ! »

Pour Platy, l'important, c'est sans doute de pouvoir manger de la bonne viande.

C'est vrai, c'est du bon sens.

De notre côté, pouvoir récolter de bons légumes, c'est vital, et c'est bien une guerre pour la survie, nous contre la nature.

Dans la lutte naturelle, la pitié est inutile. La nature elle-même n'en a pas, la vie et la mort suivent leur cours.

Donc, pour être sûr qu'ils ne reviennent jamais ravager les champs, le mieux, c'est de leur couper le sifflet. Je le sais.

Je le sais, mais…

Parce que c'est des cerfs, justement… mais…

« À l'époque où j'étais salarié… »

« ? »

Ouais. C'était quand j'étais encore un jeune homme plein d'avenir.

Mais à l'époque, l'avenir était bouché, je faisais vaguement le taf qu'on me donnait, sans réel sentiment d'être en vie, des jours banals.

« T'as des congés payés accumulés, prends-les », qu'on m'a dit. J'ai fini par les prendre d'un coup, mais rien à faire, alors j'ai acheté un Seishun 18 Kippu sur un coup de tête et je suis parti en voyage sans but, en trains omnibus seulement.

Au bout de la longue, longue ligne de Shizuoka, j'ai atteint Nara.

On dirait que j'aurais dû descendre à Kyoto, mais j'y suis bien descendu, à Kyoto.

J'ai vu le Kinkaku-ji, j'ai monté à la terrasse de Kiyomizu, et je me suis dit « Tiens, pourquoi pas le Byodo-in Hoo-do aussi », j'ai poussé le pied, c'était plus au sud que prévu, et sur un coup de tête j'ai continué jusqu'à Nara.

J'avais entendu dire que le parc de Nara était plein de cerfs, alors j'y suis allé par curiosité.

Les cerfs du parc de Nara vivaient avec les humains comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Ils tendaient la tête quand on voulait les caresser, avaient l'air de kiffer quand on les touchait…

Pour moi, usé par le quotidien, c'était un moment de répit !

Entouré de cerfs.

Je me suis dit « C'est pas ça, l'ancêtre des cat cafés et des dog cafés ? »

Depuis ce jour, les cerfs sont devenus mes amis, mes guérisseurs.

Ils ont rejoint la même catégorie que les chiens, les chats, les hamsters, les loutres naines.

Je ne peux plus… voir les cerfs comme de la nourriture ou des ennemis !

« Oui oui, la sensibilité humaine, c'est compliqué. Ça dépend de où on a grandi, de chaque personne… »

Bien joué, Platy a compris !

Comme expected de ma femme qui m'accompagne depuis des années ! Sa compréhension dépasse les cieux !

« Mais comme ça, le problème des dégâts agricoles sera pas résolu, hein ? Tu fais comment ? »

C'est aussi vrai, ce que dit Platy…

Bon, le seul qui peut trouver un compromis avec mes sentiments, c'est moi !

Je vais trouver une solution qui n'énerve pas le grand dieu de Kashima !

Voici ce que j'ai préparé.

De la farine de blé.

Du son de riz.

Des glands pilés en poudre fine.

« Tu vas en faire quoi ? » Me regarde, intriguée, Platy en spectatrice, je poursuis la fabrication.

Je dissous les ingrédients dans l'eau, je mélange jusqu'à obtenir une pâte genre crêpes, et je fais cuire sur une plaque chauffante.

Et le résultat…

« Des shika-senbei !! »

« Des senbei aux cerfs ? »

Ouais, des senbei faits par les cerfs, pour les cerfs, pour être mangés par les cerfs !

Pourquoi je connais la recette ? Parce qu'après m'être fait émouvoir par les cerfs au parc de Nara, j'ai demandé à une vendeuse de souvenirs qui en vendait, et elle m'a appris à les faire.

Depuis, je n'en avais plus fait une seule fois jusqu'à hier, mais le souvenir du bon vieux temps a fini par servir !

« Et… tu comptes en faire quoi, de ces shika-senbei ? »

Je fais ça.

Messieurs les cerfs ! Acceptez ces shika-senbei ! Je vous en livrerai cinquante par mois !!

Alors, s'il vous plaît, arrêtez de saccager nos champs ! ?

« … Ça ressemble à du mikajime versé aux yakuzas ! ? »

Mais l'effet est redoutable.

Aujourd'hui encore, les cerfs qui venaient se goinfrer de nos légumes arrivent en file indienne.

Attirés par les shika-senbei.

Les cerfs, c'est vrai, ils en raffolent ! Efficacité anti-cerf : SSS !

« Guoooooh !? Arrêtez de vous agglutiner ! De partout où je regarde, rien que des cerfs !? »

Des dizaines de cerfs grouillent autour de moi ! ?

Les herbivores, c'est flippant ! Juste après les souris pour la vitesse de reproduction ! ?

« Nuoooooh !? Arrêtez de me percuter par-derrière pour avoir des senbei !? »

Mais je suis pas une jeune femme qui raconte sa vie en streaming !

Je suis un costaud de quadra, un tacle par-derrière ça me renverse pas, je tiens le coup ! Et je lâche pas les senbei, dommage pour vous !!

Vous n'avez qu'à les manger dans l'ordre, poliment, comme je vous les donne !

Dommage, wahahahahahaha ! !

« Guwafu ! Baribaribaribaribari ! Umee, umee no da !! »

Hein ?

Le cerf a parlé ?

Non, au milieu du troupeau, y a un truc qui détonne clairement !

C'est Veil ! ?

« Hé hé, je rentre de chez Junior et je tombe direct sur le nouveau menu du maître ! Un timing parfait, no da ! »

C'est pas pour toi que j'ai fait ces senbei, connard !

C'est pour les cerfs ! Les cerfs ! Pas pour les humains, pas pour les dragons !

« Mais ces senbei sont fades, non ? C'est prévu pour les tremper dans un truc ? »

C'est POUR LES CERFS que je te dis !

La bouffe pour animaux, c'est généralement plus fade que pour les humains !

Ahhh, Veil a montré l'exemple, et maintenant les gamins débarquent pour en avoir ! ?

Les jeunes frères et sœurs de Junior, encore petits !

Non ! Les shika-senbei, c'est pas pour les humains !

Si vous en donnez aux gamins, les services sociaux vont débarquer ! ?

Quelqu'un arrêtez-les ! Au secours ! ?

… Pendant que je m'amusais comme un fou avec les gamins et Veil…

« … Je me demande ce que Junior fabrique en ce moment ? »

Platy, en spectatrice, l'a lâché avec nonchalance.

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