Aller au contenu principal

Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 1216

Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo TsukurouIsekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou
Chapitre 1216

Chapitre 1216

Chapitre 1216/124198%~8 min de lecture1 560 mots

Je m'appelle Graysilver.

Je suis le gérant miteux d'un salon de thé.

Mais pour une raison quelconque, ces derniers temps, je me remémore mon ancien métier.

Mon ancien métier, c'était mercenaire.

Être payé pour faire la guerre, voilà le travail.

Il n'y a pas de bons souvenirs à chérir, et pourtant, il arrive qu'on s'en souvienne par bribes, ce qui est étrange.

À ces moments-là, ce ne sont pas ces journées à vomir qui reviennent en bloc, mais un seul fragment illuminé par un projecteur.

Un jour d'il y a bien longtemps, l'histoire d'un gamin que j'ai ramassé.

Son nom… Ma… comment s'appelait-il déjà ?

Est-ce le vieillissement du cerveau qui m'empêche de me rappeler le nom propre ?

Pourtant, l'épisode lui-même, je m'en souviens clairement, ce qui est fâcheux.

Ce gamin avait osé tenter de me voler mon portefeuille.

Un gamin des rues typique.

Abandonné par ses parents, ou bien fugueur de son propre chef.

Ces gamins finissent dans une grande ville, et n'ont d'autre choix que de faire un travail accessible aux enfants ou de se salir les mains.

Celui-ci avait choisi la seconde option.

Il n'avait sans doute pas la patience pour un travail honnête.

Je lui ai parlé.

« Si tu continues comme ça, tu deviendras un criminel endurci ou bien tu finiras pendu avant ça. »

J'ai vu quantité de types à qui j'ai dit ça.

Les deux cas, je les ai vus maintes fois.

La nature humaine, disons-le, se fige plus ou moins avant la dizaine.

La reformer ensuite n'est pas une mince affaire.

Que l'humain devienne un être rationnel à part entière, ou une bête qui nuise à la société, ça se joue dans les dix ans qui suivent la naissance.

C'était la conclusion tirée de mes dix‑plus années comme mercenaire.

Le gamin pickpocket attrapé ce jour‑là semblait avoir passé les dix ans.

Pourtant, il n'avait pas l'air d'avoir atteint quinze ans.

Mais la façon dont il retroussait les gencives pour échapper à mon étau, c'était du singe pur jus.

On ne pouvait pas croire que c'était un humain.

J'avais décidé de ne pas hésiter à trancher si je tombais sur un singe déguisé en humain.

Comme je l'ai dit, une nature humaine une fois fixée ne change pas facilement.

Combien de fois se fait‑on trahir quand on fait preuve de mansuétude en espérant une réinsertion ?

Donc, pour une bête qui ne peut plus redevenir humaine, il faut trancher net et la débarrasser.

Mieux vaut ça que de le relâcher et qu'une personne inconnue en fasse les frais ailleurs.

J'ai observé ce gamin pour voir de quel côté il penchait, mais le jugement était délicat.

Son froncement de sourcils et son air menaçant étaient bien ceux d'une bête, mais au fond de ses yeux, une tristesse semblait poindre.

Dans un monde pareil, même un enfant peut porter une tristesse au fond du cœur.

J'ai hésité un instant, mais j'ai décidé de ne pas balayer cette hésitation.

Prendre une décision en hésitant, c'est le chemin du regret.

Et c'est ainsi que j'ai prononcé la phrase d'avant.

J'ai intégré le gamin dans ma propre compagnie de mercenaires.

Sous mes ordres, je pouvais le mettre hors d'état de nuire immédiatement s'il commettait une erreur irréparable.

En d'autres termes, je maintenais la décision en suspens.

D'ailleurs, à l'époque, je venais juste de monter ma compagnie en indépendant, alors j'avais besoin de bras, peu importe.

Au final, j'ai répété la même chose plusieurs fois et j'ai pris plusieurs gamins dans la troupe.

Quelques années plus tard.

Les gamins embauchés ce jour‑là ont tous grandi à leur manière.

Certains ont accumulé du talent et ont reçu des postes importants, d'autres ont disparu depuis longtemps.

Celui qui s'est le plus démarqué, c'était encore Ma… non, impossible de me rappeler.

Contre toute attente, il apprenait vite, et surtout il flairait les occasions et fonçait, ce qui lui rapportait souvent des résultats.

Quand ma compagnie a grossi, il a été nommé l'un des quelques chefs d'escouade, et on l'envoyait souvent sur les missions critiques.

À force de temps, on s'est familiarisés, et j'ai pu apprendre son passé.

Apparemment, il était né dans un village reculé du Royaume des Hommes, avait fui sa famille et était arrivé en ville.

Jusqu'ici, c'est une histoire banale, mais la suite était singulière.

Le motif de sa fugue.

Il parait qu'une amie d'enfance, une gamine, avait été emmenée par un proxénète, et qu'il l'avait poursuivie pour la reprendre.

Jouer au prince charmant avant même dix ans, quel gars remarquable, me suis‑je dit.

Mais un gamin ne peut pas grand‑chose ; même en ville, il n'a pas réussi à retrouver le lupanar où elle avait été vendue.

Lui‑même n'avait que faire de survivre, et ses journées se passaient à voler à la tire.

J'ai eu l'impression de comprendre la vraie nature de cette tristesse qui se cachait au fond de ses yeux de bête.

Pourtant, à l'époque où il a émergé dans ma compagnie, il avait dû gagner en aisance, et sa propre force l'accompagnait.

Je lui ai demandé s'il ne recommençait pas à chercher son amie d'enfance, et il a laissé échapper un rire amer et sans force.

« Si elle est en vie, elle a dû s'établir solidement comme prostituée. Si je réapparaissais maintenant, je ne ferais que la gêner. »

Lui aussi avait fini par accepter la réalité.

C'est inévitable.

Pour survivre, il faut bien faire des compromis quelque part.

Le temps a encore passé, et la guerre s'est terminée.

La compagnie de mercenaires a été dissoute.

Des mercenaires qui ont perdu leur terrain de jeu, s'ils cherchent un nouveau gagne‑pain, deviennent bandits.

Ne voulant pas troubler la paix si durement retrouvée, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour caser mes hommes.

En contrepartie, j'ai contracté une grosse dette auprès de l'administration du Roi des Démons, et j'ai été obligé d'accepter des travaux louches dans l'ombre.

Je pensais finir enterré dans une tombe après avoir appris trop de secrets, mais contre toute attente, me voilà maintenant gérant d'un salon de thé dans un coin de la capitale magique.

Des jours si paisibles qu'on en oublierait presque mon passé de mercenaire, et pourtant, le visage de ce type me revient.

Qu'est‑ce qu'il fait, lui, en ce moment ?

Bah, c'est un homme qui a survécu en mercenaire à l'époque des troubles, alors quelque pépin qu'il ait, il ne crèvera pas si facilement.

Survivre n'importe où, c'est la force du mercenaire.

Et tant qu'il vit, on finira bien par se croiser quelque part. Peut‑even qu'il viendra en client dans ce salon de thé.

En rêvant à un tel jour, je lustre mes tasses à café et prépare l'ouverture.

…………

Pourtant, les clients qui viennent sont décevants, et aujourd'hui encore, c'est M. Shax.

« Regardez bien, c'est vraiment une pièce superbe… »

En disant ça, qu'est‑ce que M. Shax a apporté ?

Une tasse à café ?

Si c'est ça, j'en ai pourri sur mes étagères.

« Ce n'est pas une tasse quelconque ! Figurez‑vous que c'est la dernière création venue tout droit de la Ferme !! »

La Ferme ?

Alors c'est une tasse faite par des elfes, c'est ça ?

Un truc pareil, trop cher pour nous, on ne peut pas se le permettre.

« Non non ! C'est justement ça qui est surprenant, le prix est assez abordable ! La raison, c'est que ce n'est pas une œuvre elfique, mais faite par des mains humaines ! Vous avez entendu les rumeurs sur le Pays de la Ferme, n'est‑ce pas ? Il parait qu'un de leurs pionniers l'a fabriquée ! »

…….

Hé bien.

« Bien sûr, vu que c'est un amateur, la plupart ne sont pas vendables, mais parmi elles, celles d'un seul individu en particulier dégagent une aura à part. Spécialement, on me les a confiées en avant‑première ! Alors, quoi ? Vous ne sentez pas une saveur indescriptible ? »

En me montrant la tasse, j'ai ressenti une nostalgie.

Une tasse tordue, qu'on ne peut pas servir aux clients.

Pourtant, cette distorsion m'a rappelé quelque chose vu autrefois, l'expression menaçante d'une bête qui fronce les sourcils.

Et en même temps, au fond de la tasse, une couleur triste, et simultanément, une atmosphère comblée qui repose au fond.

« … M. Shax, je prends cette tasse. »

« Merci pour votre achat ! …… Hein ? Mais une seule ? Pour l'utiliser en boutique, il vaudrait mieux en prendre un lot ? »

« Arrêtez les blagues. Une tasse au caractère aussi fort, qui risquerait de troubler le cœur des clients, on ne peut pas l'utiliser dans un salon de thé où l'on vient chercher un moment de quiétude. »

« Gu ! »

M. Shax se tait, comme si on avait touché là où ça fait mal.

« … Al‑alors, pourquoi n'en acheter qu'une ? Ah, c'est ça, vous anticipez une plus‑value et vous spculez !? »

« Une manœuvre aussi habile, moi je ne sais pas faire. Celle‑là… c'est pour mon usage personnel. »

Si je fais du café avec, j'aurai l'impression de retrouver un vieux copain après longtemps.

…… J'ai entendu dire que du côté humain, beaucoup d'aventuriers ont été envoyés comme pionniers au Pays de la Ferme.

Bah, je ne sais pas quelle vie folle il mène, mais s'il est en forme, il n'y a rien de mieux.

Swipez pour naviguer

Commentaires

0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.