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Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 1207

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Chapitre 1207

Chapitre 1207

Chapitre 1207/124197%~10 min de lecture1 857 mots

Je suis le Grand Roi Démon Baal.

Tout le monde me traite d'idiot.

Pourquoi me traite-t-on d'idiot ? Parce que je suis l'incompétent Roi Démon qui a failli détruire le Royaume Démon.

Mais franchement, « failli détruire » est exagéré.

Si le royaume pouvait être détruit par quelqu'un de mon calibre, il l'aurait été maintes fois par le passé.

En matière de sottise, bien des Rois Démons m'ont largement surpassé.

…… N'est-ce pas ?

Parmi les tyrans de l'histoire, je me considère comme plutôt pas mal, moi.

Il y a eu par le passé un Roi Démon qui a perdu une guerre contre le Royaume des Hommes et vu plus de la moitié de son territoire confisqué.

Un Roi Démon qui a trop fait confiance à ses vassaux et s'est fait voler son pays.

Et le summum : un Roi Démon qui a fait s'effondrer la capitale (de l'époque) pour un rituel louche.

Il y a eu pas mal de grands idiots ayant laissé leur nom dans l'histoire, alors comparé à eux, ma sottise mérite à peine le qualificatif de « petit con ».

Concrètement, quel genre de connerie ai-je commise ? Je me suis contenté d'aimer la culture de tout mon cœur et de la promouvoir.

Si l'on change de point de vue, on pourrait même dire qu'il s'agit là d'une conduite intelligente, digne d'un sage monarque.

J'ai encouragé l'essor des arts, de la littérature, de la musique, j'y ai déversé d'énormes budgets, et je les ai couverts d'éloges à tout-va.

Expositions d'art, concours, carnavals où résonnent les pas de danse, bals nocturnes à n'en plus finir.

Vraiment flamboyant. Encore aujourd'hui, si je ferme les yeux, les paysages de cette époque reviennent, accompagnés de leurs lumières aux couleurs éclatantes.

Pourtant, c'est exactement pour cela que je suis un idiot.

Les budgets injectés dans ces activités culturelles ont fini par étouffer le pays, jusqu'à affecter les fonds de guerre pour le conflit contre le Royaume des Hommes.

« Si l'on augmente encore le budget culturel, on sera contraints de rogner sur les frais de guerre. Notre armée en sera affaiblie et nous risquons de perdre dans le pire des cas. »

Tel fut le rapport du ministre des Finances de l'époque, mais je ne l'ai pas cru.

Notre armée se bat depuis des centaines d'années et ne cesse de vaincre les humains.

La raison pour laquelle nous n'atteignons pas la victoire totale, c'est la Barrière Sacrée qui couvre la frontière.

Sans elle, les démons auraient depuis longtemps exterminé la race humaine.

L'Armée du Roi Démon est assez forte pour ça. Quelques manques d'argent ne sauraient la faire perdre.

Bien au contraire, pour guérir les cœurs lassés par des années de guerre, il faut davantage développer la culture et la transformer en vitalité pour le peuple.

Si cette force atteint le champ de bataille, elle nous rapprochera de la victoire.

…… Penser ainsi, voilà où résidait mon idiotie.

Mon plan s'est effondré un jour, d'un seul coup.

Par un coup d'État survenu sans crier gare.

Le meneur n'était autre que l'un de mes dizaines de fils, Zedan.

J'ai été béni d'une nombreuse progéniture, tellement de fils et de filles que, quand on m'a annoncé « Le Prince Zedan Ourdit Une Révolte !! », ma réaction a été : « Il y avait un type comme ça ? »

Les fils et filles qui m'ont marqué sont ceux nés des épouses — au nombre de plusieurs — qui étaient sages, belles, et avec qui j'ai passé de longues années.

À y repenser, l'épouse devenue mère de Zedan était une femme particulièrement effacée, dépourvue de tout intérêt.

Même en face à face, elle ne daignait pas esquisser un sourire, et les alentours la couvraient en disant « La nouvelle épouse est une personne sérieuse » ; depuis ce jour, dans mon dictionnaire, « sérieux » s'est vu définir comme « euphémisme pour désigner une femme ennuyeuse ».

Elle n'avait rien d'intéressant, mais son rang était élevé, je ne pouvais la refuser, et nous n'avons eu que Zedan, puis plus rien.

Zedan lui-même, né « sérieux » comme sa mère, avait un caractère incompatible avec le mien, si bien que je ne lui ai pas accordé l'attention que je portais aux autres enfants.

Quand j'ai appris la rébellion, ma première pensée fut qu'il avait mal vécu ce traitement et levait l'épée par vengeance.

Mais la vérité était tout autre.

Zedan, pour sauver l'Armée du Roi Démon qui se trouvait chaque jour plus en mauvaise posture, m'avait désigné comme cause première et ourdi mon élimination.

J'ai su plus tard que Zedan était le seul de mes fils à s'être rendu sur le front, à avoir commandé les troupes et de ses propres mains stoppé l'invasion de l'armée humaine.

L'exact opposé de moi, qui avais consacré mon cœur au développement culturel dans la capitale démoniaque.

Et le soutien et l'espoir du peuple s'étaient concentrés sur Zedan seul.

Je croyais, à ma façon, avoir servi le pays, mais le peuple vivant dans ce pays avait choisi Zedan.

Preuve en est : ce qui semblait n'être qu'un acte de terrorisme voué à la répression a vu l'ampleur de la rébellion enfler, et l'armée, l'administration intérieure et les autres organes vitaux du Royaume Démon ont rallié Zedan, légitimant le coup d'État.

Le peuple lui-même a acclamé Zedan et accepté avec joie ma destitution.

Mais ce qui a le plus brisé mon cœur, c'est que mon bras droit de longue date, le ministre Lukif Fokare, en qui j'avais la plus grande confiance, ait lui aussi rejoint Zedan.

Pire : il aurait été membre central de la planification du coup d'État.

À l'époque, j'ai maudit Zedan d'avoir accompli cette trahison, je l'ai sommé de répondre de son crime de rébellion, mais Lukif Fokare a coupé court en déclarant :

— « Au contraire, le Prince Zedan vous a sauvé. Votre vie et votre honneur. »

Qu'est-ce qu'il raconte, cet imbécile ?

J'aurais voulu l'injurier d'ingrat, mais le sens des paroles de Lukif Fokare, je l'ai compris bien plus tard, à même ma chair.

En réalité, les finances du Royaume Démon étaient alors au bord de la faillite.

On peut se demander comment un Roi Démon peut ignorer la situation financière de son propre pays, mais moi, vraiment, sérieusement, je n'avais d'intérêt que pour la culture.

Un Roi Démon digne de ce nom devrait mener l'Armée du Roi Démon en tête et combattre les humains, or je me suis rendu sur le champ de bataille à peine quelques fois au total.

Je ne pouvais donc pas connaître la situation militaire, et il paraît que l'Armée du Roi Démon était poussée à bout, au point que Zedan doive aller au front en personne et croiser le fer avec les soldats humains.

Si Zedan n'avait pas tenu bon à ce moment, le front se serait effondré, l'armée humaine aurait pénétré au cœur du Royaume Démon et d'immenses territoires auraient été amputés.

La responsabilité en aurait bien sûr incombé à moi, le Roi Démon, et j'aurais dû quitter le trône de façon bien plus misérable que par un simple coup d'État.

J'ai dit plus tôt qu'un Roi Démon avait échoué dans une guerre et perdu du territoire ; ce Roi Démon a abdiqué pour assumer sa responsabilité.

Ce qui n'a pas suffi : il s'est tranché la gorge devant les tombeaux des Rois Démons successifs, expérant son crime par le suicide.

J'ai failli subir le même sort.

Le fait que je puisse encore porter le titre de Grand Roi Démon et couler une retraite paisible, je le dois entièrement à ce que Zedan ait tranché rapidement.

Sinon, j'aurais perdu la vie en même temps que le trône, et mon nom serait resté dans l'histoire non pas comme « idiot » mais comme « grand fou », « obscur imbécile » et toutes les insultes imaginables.

Zedan m'a sauvé la vie et l'honneur.

Le talent de Zedan en tant que Roi Démon me surpasse de loin.

Après m'avoir renversé et s'être fait Roi Démon, Zedan a utilisé son pouvoir sans retenue pour redresser l'Armée du Roi Démon et a ramené en un clin d'œil la situation militaire à l'égalité.

Bien qu'étant parvenu au trône par des moyens extraordinaires, ce qui lui a valu des difficultés pour contrôler ses vassaux, il a usé de tous les moyens, doux et durs, pour accomplir la réforme du personnel.

Au bout du compte, il a même conquis ce tenace Royaume des Hommes et réalisé la fin de la guerre, le vœu séculaire de la race démoniaque, jusqu'à être appelé « le plus grand Roi Démon de l'histoire ».

Moi, j'ai froidement traité Zedan, et bien qu'il fût mon fils, je ne me suis jamais soucié de lui.

J'avais beaucoup d'autres fils et filles, et je croyais avoir versé mon affection sans compter sur plusieurs d'entre eux, donc je suis conscient de la cruauté dont j'ai fait preuve envers Zedan.

Pourtant, Zedan, s'il a dû m'éliminer par nécessité, s'est contenté du châtiment minimal, me laissant le titre de Grand Roi Démon et des biens suffisants pour vivre ma vieillesse.

Cela aussi vient sans doute de sa nature « sérieuse ». Il aurait pu exposer ma tête en place publique pour affirmer sa justice.

Le sérieux de Zedan honore la morale.

C'est pourquoi je suis en vie, et je dois m'en souvenir chaque jour sans jamais l'oublier.

…… Hein ? Quoi ?

Un messager du château, c'est rare.

Quoi ? Zedan ?

Qu'il veuille me voir, c'est rare.

Même si, du haut de ma position de déchu, j'aimerais faire valoir ma fierté, je ne peux refuser celui qui fait un pas vers moi.

Après tout, je vis grâce à sa clémence.

Bon, allons remplir l'un des rares devoirs de ma douce retraite.

…………

Ce qui m'attendait au terme de mon trajet……

C'était Zedan, dégageant une aura comme s'il se tenait sur un champ de bataille.

De surcroît, l'endroit était…… une ferme que j'avais visitée autrefois.

Que fait Zedan dans un tel lieu ?

« Père… Je vous attendais. Je vous remercie d'avoir daigné vous déplacer. »

O, oua…… !?

Pourquoi ta voix tremble-t-elle si bas ?

« C'est moi qui aurais dû me rendre chez vous, mais j'ai commis l'impolitesse de vous convoquer ici, car il y a quelque chose qui ne peut se faire qu'en ce lieu. »

Quelque chose qui ne peut se faire qu'ici ?

« Je vais vous demander de recevoir ceci. »

Zedan, brandissant de toutes ses forces quelque chose qu'il tient dans sa main……

« Boule Noire Flamboyante Tueuse du Roi Démon !! »

Une puissance magique d'un noir d'encre jaillit de Zedan dans toutes les directions, pulvérisant le gros rocher qui se trouvait devant lui en menus éclats, mais…… ?

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Une technique ultime ?

« Voici ma boule magique ultime, tissée de mes mains ! Recevez-la, Père, et je saisirai l'essence du jeu de catch !! »

En entendant cette déclaration, j'ai compris.

Ah, je vais me faire tuer par Zedan ici, maintenant.

C'était pour ce jour qu'il m'avait gardé en vie ! Mon fils !?

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