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Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 1165

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Chapitre 1165

Chapitre 1165

Chapitre 1165/120197%~9 min de lecture1 645 mots

Je m'appelle Ariaros.

C'est un nom bien grandiose, mais ma vraie nature, c'est celle d'un voyou comme on en trouve partout.

Pas d'éducation, pas de bonne famille non plus.

À l'origine, j'étais censé passer une vie minable, terré dans les ruelles.

Le tournant pour un type comme moi, ce fut la fin de la guerre.

À cause de lui, le Royaume des Hommes a été un temps sens dessus dessous.

On disait que l'armée du Roi des Démons allait débouler dès le lendemain et massacrer tout le monde, hommes, femmes, vieillards, enfants, sans distinction.

Ceux qui ont fui en tout premier, ce sont les fonctionnaires nantis.

Ces types qui, nommés par l'État, dominaient la ville en s'engraissant au quotidien sur le dos des gens avec impôts lourds et pots-de-vin, n'ont servi à strictement rien quand la situation est devenue critique.

Le seigneur qui protégeait ses terres transmises de génération en génération aurait, lui, tenu bon pour défendre le peuple, mais les plus pitoyables, ce sont les villes et villages sous administration directe de la maison royale ou de l'Église.

Les bureaucrates qui gèrent ces terres pourrissent au contact direct de la corruption de la famille royale et de l'Église, pourrissant eux-mêmes jusqu'à la moelle.

Devant l'annonce funeste de l'approche de l'armée du Roi des Démons, ils ont abandonné les citoyens qu'ils devaient protéger et sont partis en courant.

Une ville privée de ses gouvernants ne peut que sombrer dans le chaos.

Pour les gens laissés pour compte par les autorités, qui ne savaient plus où aller, il n'y avait qu'une seule issue : se donner un nouveau chef, quel qu'il soit, et unir leurs volontés sous sa bannière.

Juste après la fin de la guerre, le Royaume des Hommes comptait plusieurs villes et villages dans ce cas, et chacun a fini par se choisir son propre chef, sous une forme ou une autre, pour se préparer aux épreuves à venir.

Ma ville natale en a fait partie.

Et le nouveau chef qu'ils ont choisi, c'était, fait surprenant, ce voyou des bas-fonds que je suis.

Déjà avant, les fonctionnaires géraient mon quartier n'importe comment, ce qui avait accéléré sa transformation en bidonville, et c'était moi qui tenais ce secteur.

Je n'ai pas pu repousser les gens qui venaient m'implorer.

Comme le bidonville qui occupait la majeure partie de la ville était déjà mon territoire, étendre mon contrôle à l'ensemble n'a pas été bien difficile.

Dans un premier temps, la ville a retrouvé son calme avec moi comme chef, et nous avons fini par accueillir l'armée du Roi des Démons qui finirait bien par arriver.

Même devenu chef de la ville, mes forces se composaient uniquement de voyous.

Pas moyen de rivaliser avec une vraie armée.

« Que vienne ce qui doit venir », me suis-je résigné à moitié, mais contre toute attente, l'armée du Roi des Démons qui s'est présentée a reconnu notre autonomie, et m'a même nommé officiellement chef de la ville.

Pour l'armée du Roi des Démons, ce nouveau territoire posait problème sur problème ; s'ils pouvaient s'épargner l'effort de le gérer eux-mêmes, ils préféraient de loin.

Mais ils ne l'ont pas laissé complètement livré à lui-même : dans les villes où des dominateurs violents faisaient la loi, ils ont passé tout au peigne fin et viré les chefs incompétents.

Pour ce qui me concerne, je n'ai eu aucun écho, donc j'ai dû être jugé comme un dirigeant assez correct pour qu'on tolère mon existence.

Heureux de cette aubaine, je me suis consacré corps et âme à l'administration de la ville, et le temps a filé à une vitesse folle.

Au fil du temps, il y a eu cet événement : la souveraineté du Royaume des Hommes est revenue aux humains.

Je me demandais avec une pointe d'inquiétude si le nouveau roi humain tolérerait un dirigeant de zone grise comme moi, mais heureusement, le président Liteseus, jeune mais homme de dialogue, m'a laissé continuer à gouverner ma ville après le coup d'État.

Au centre, des voix s'étaient élevées pour profiter du recouvrement de la souveraineté et faire le ménage parmi les dirigeants borderline comme moi, les remplaçant par des élites en bonne et due forme.

Ceux qui réclamaient ça, c'était tous les mêmes qui avaient fui in extremis avant la fin de la guerre, espérant profiter du retrait de l'armée du Roi des Démons pour revenir aux affaires.

Mais le président Liteseus a balayé ces voix sans discussion et a interdit qu'on les ressasse ; c'est une main de fer qui ne ment pas sur sa jeunesse.

La compétence et la rudesse du président, pour moi qui n'ai survécu que par la force pure, sont limpides et me plaisent bien.

Les fonctionnaires du centre le trouvent apparemment gênant parce qu'ils n'arrivent pas à en faire une marionnette, mais…

Avec un roi qui a de la bouteille, on a envie, soi, de lui suivre le mouvement volontiers.

C'est comme ça que, ces derniers temps, je trouvais de plus en plus de satisfaction à mon travail.

Et puis, le président Liteseus en personne m'a approché.

« Monsieur le maire Ariaros, j'ai un travail spécial à vous confier. »

« La ville de Sanchoume que vous gérez est, dans le Royaume des Hommes, celle qui se trouve la plus près du Pays des Fermes. À l'avenir, les produits commerciaux issus de ce pays passeront par votre ville pour se répandre sur tout le territoire. »

Hein.

Ce roi-là use toujours de termes alambiqués.

Pourtant il est jeune, où a-t-il bien pu apprendre tout ça ?

« En tant que chef de la ville de Sanchoume, Monsieur Ariaros, veuillez vous préparer dès maintenant. Comme point de passage de la route commerciale qui reliera le Pays des Fermes à l'ensemble du Royaume des Hommes, merci de mettre en place les infrastructures nécessaires. »

M, maintenant ?…

« Dès maintenant. L'échelle est grande, la préparation prendra un temps considérable. »

Il en rajoute pour me mettre le feu aux poudres.

C'est ce que je pensais à l'époque.

Mais après avoir accepté l'invitation du président Liteseus et participé à une… exposition de produits, je me suis rendu compte que j'avais tout faux.

En même temps, j'ai réalisé à quel point j'avais été insouciant.

Les gens, les choses rassemblés à cette exposition…

Tout était du plus haut niveau mondial, et d'une variété incroyable.

Si l'avenir dont parle le jeune maître de Liteseus se réalise, ce sont des merveilles pareilles qui partiront de cette terre chaque jour ?

Et le premier passage obligé, c'est la ville la plus proche du Pays des Fermes : la mienne.

L'estomac me serre.

J'ai l'air d'avoir endossé, sans m'en rendre compte, une responsabilité de taille.

Mais qu'on vienne, je suis prêt.

Je suis parti de rien, simple voyou, mais en continuant pendant des années, il semble qu'une certaine conscience de dirigeant ait fini par germer en moi.

Si ma ville natale doit se développer, qu'on m'en donne la charge !

J'en ferai une splendide et prospère ville-relais commerciale, au prix de tout mon mandat !

« Monsieur Ariaros, il y a quelqu'un que je tiens à vous présenter. »

Pendant l'exposition, pendant que je dévorais une montagne de wakame en visitant les stands, le jeune maître de Liteseus m'a appelé.

« C'est la représentante de cette terre, celle qui deviendra roi… enfin, la Sainte. Mais avant elle, il y a une autre personne que vous devez rencontrer. »

De qui s'agit-il, jeune maître ?

Pourquoi faire durer le suspense ?

« C'est Madame Chimeli, une démone, gouverneure de la ville de Rondomelt. Ça vous dit quelque chose ? »

La ville de Rondomelt ?

C'est une ville du côté du Pays des Démons, celle qui se trouve la plus près de ce Pays des Fermes… !?

En d'autres termes, l'équivalent de ma ville, mais version Pays des Démons.

Une ville qui, aux mêmes conditions que la mienne, peut espérer un essor phénoménal ?

Dans un sens, un rival potentiel.

C'est entendu.

Je la jugeerai de mes propres yeux pour voir si elle peut devenir mon ennemie.

C'est ainsi que j'ai fait la connaissance de la dirigeante du côté Pays des Démons… Hè, une femme… !?

En plus, mise soignée, type visiblement bien né.

Pas vraiment mon genre, pour un self-made-man comme moi… !?

« Je suis Chimeli, gouverneure de la ville de Rondomelt. »

C'est moi qui vous salue poliment.

Je suis Ariaros, chef de la ville de Sanchoume.

Dites-moi, vous rendez-vous compte de votre situation ? Du potentiel que recèle cette terre ?

Les dirigeants des deux villes, du Pays des Démons et du Royaume des Hommes, celles qui sont placées pour bénéficier le plus des bienfaits du Pays des Fermes, se trouvent maintenant face à face.

Nos terrains d'action diffèrent, donc il n'y aura pas de conflit direct…

Pourtant, dans des conditions similaires, c'est celui qui aura fait le plus progresser sa ville qui prouvera sa valeur de dirigeant.

« Je n'ai pas l'intention de perdre… »

« Moi non plus, ohohohoho… »

Des étincelles crépitaient entre nos regards, tandis qu'en surface nous échangions une poignée de main ferme.

Une main petite. Et douce.

Devant cette scène, le jeune maître de Liteseus reste décontracté.

« Bon, la Sainte doit être débordée par la gestion de l'exposition, alors en attendant, occupez-vous par ici. Profitez-en pour approfondir vos liens, faites un tour ensemble de l'exposition, voulez-vous ? »

Hein ?

Même si vous dites ça, j'ai déjà fait le tour complet, moi…

Non, attendez. Si j'agis avec cette démone et que je lui montre la dignité et l'intensité d'un chef de ville qui a traversé l'enfer, c'est pas mal non plus.

Je vais lui apprendre la différence de classe !

C'est bon, j'accepte, non sans présomption, d'escorter la demoiselle !

Excusez-moi d'être un voyou sans éducation, mais je vous prie de me donner la main ?

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