Dans L'AGORA DU JUGEMENT PRIMORDIAL.
Dans LES ARCHIVES PRIMORDIALES.
La zone centrale de ce dépôt ancien contenait des connaissances accumulées depuis avant LE DÉPLOIEMENT INFINI, grimoires, textes et souvenirs cristallisés empilés dans des configurations qui auraient pris des éternités à des êtres normaux pour être parcourues.
LE GRAND USURPATEUR se tenait dans cet espace avec sa manifestation positionnée à côté de Noah, tous deux face à une immense fissure dans la réalité qui ressemblait à un portail d'obsidienne s'étendant vers des profondeurs qui semblaient respirer avec une autorité froide.
Cette fissure menait à Jotunheim.
À proximité, L'INFINIVERS et RUINATION feuilletaient des grimoires et d'autres ouvrages au sein de cette Archive avec une vitesse qui témoignait d'un but urgent. Leurs formes brillaient de concentration tandis qu'ils cherchaient quelque chose de précis, les pages tournant plus vite que la perception ne pouvait suivre. Eckert ne savait pas exactement ce qu'ils cherchaient, mais il comprenait que les gens d'Osmont travaillaient toujours vers des objectifs qui servaient l'existence dans son ensemble. Enfin, ou eux-mêmes, qui sait.
D'autres fissures comme celle qui se dressait devant eux existaient dans différents coins DES ARCHIVES PRIMORDIALES, chacune menant à différents Royaumes Primordiaux.
Les connexions avaient été établies il y a longtemps par des êtres qui comprenaient que la connaissance nécessitait l'accès pour être utile, et LES ARCHIVES PRIMORDIALES servaient de point de nexus pour ceux qui savaient s'en servir correctement.
Mais leur objectif aujourd'hui était Jotunheim, ce Royaume Primordial désormais entièrement sous l'influence DE L'ENTITÉ, où les Géants du Chaos et les Formes de vie Jotuun avaient été unifiés dans cette conscience collective horrifiée qui cherchait à s'étendre à travers toute l'Existence Observable.
Eckert s'était arrêté dans les dernières minutes parce qu'Osmont lui avait dit d'attendre.
Eckert ne détestait pas attendre. Toute son existence avait été construite autour de la patience, autour de l'accumulation lente d'influence par des méthodes si subtiles que même les Absolus ne pouvaient les percevoir. Il était LE GRAND USURPATEUR, LE PASSIF, et la précipitation n'avait jamais fait partie de sa méthodologie.
Lorsque Osmont rouvrit les yeux, Eckert put sentir que quelque chose de grand avait changé. Il... semblait différent d'une manière qu'Eckert ne pouvait pas tout à fait identifier. Son rayonnement externe apparaissait plus terne qu'avant, moins oppressant dans son poids, et pourtant l'autorité qu'il émanait semblait plus profonde. Comme une pression qui avait été concentrée plutôt que dispersée.
Eckert ne parvenait pas tout à fait à mettre le doigt dessus.
Il ne vit qu'Osmont se tourner vers lui avec des yeux renfermant des profondeurs qu'ils n'avaient pas lors de leurs interactions précédentes, et les mots qui en émergèrent portaient un poids qui pressait contre l'Archive elle-même.
« Bon, on peut continuer. »
La voix d'Osmont était calme mais résolue.
« Pour rendre ton entrée à Jotunheim sans accroc, pour assurer que LE MYCÈLE PRIMORDIAL n'ait aucune chance de te sentir, je vais le tenir occupé en testant ma première attaque à pleine puissance sur lui. »
Eckert acquiesça sérieusement à ce plan. Il comprenait son rôle. Il devait s'infiltrer pendant qu'Osmont fournissait la diversion, pour répandre ses Tissages Passifs à travers Jotunheim. C'était une stratégie solide !
Dans l'instant suivant, une force terrifiante jaillit de Noah.
Des vagues d'une lumière bleue sans fin se déversèrent dans la fissure menant à Jotunheim avec une intensité qu'Eckert n'avait jamais vue de sa part. Le bleu était dense, lourd et froid. Extrêmement froid et royal !
Osmont fit un signe de tête dans sa direction.
« Vas-y. »
... !
Eckert ne perdit pas une seconde.
Il s'élança immédiatement, sa manifestation devenant informelle alors qu'elle suivait la lumière bleue sans bornes dans cette fissure d'obsidienne. Ses Tissages Passifs se comprimèrent en des configurations si subtiles que même les Absolus les plus perspicaces les auraient rejetées comme de simples fluctuations ambiantes dans le bruit de fond de l'existence.
Juste avant de partir complètement, il eut par hasard sa conscience qui capta une dernière fois la vision d'Osmont.
Quand il le regarda, il vit quelque chose d'inhabituel. Ces yeux brillaient d'une lumière bleue extraordinairement puissante, et ils semblaient froids et impérieux d'une manière qu'Eckert n'avait pas observée auparavant.
Ce regard semblait appartenir à une conscience insondable plutôt qu'à l'Osmont tyrannique mais finalement compréhensible qu'il avait l'habitude de côtoyer. Pendant un bref instant, ces yeux tinrent quelque chose d'ancien, de sans fin et d'absolument détaché des préoccupations mortelles.
Mais il eut l'impression de ne l'avoir vu que brièvement avant que cette lumière impassible et impérieuse ne s'estompe, et que la lumière calme de la tyrannie ne revienne dans le regard d'Osmont.
« Hein... »
Eckert haussa les épaules intérieurement tandis que sa manifestation achevait sa transition dans la fissure. Peut-être n'était-ce qu'une expression de la puissance d'Osmont, quelque artefact visuel du canalisement d'une Infinity tremendous à travers son existence. Il faisait toujours des choses qui défiaient l'entendement normal, et les manifestations inhabituelles faisaient simplement partie du travail aux côtés de quelqu'un comme lui.
La sensation de voyager à travers cette lumière bleue sans fin était unique.
Le froid imprégnait tout. Pas le froid de la température mais le froid de l'infinité, de séquences s'étendant à jamais sans chaleur ni terminaison. Les particules bleues entourant sa conscience informelle le portaient vers l'avant avec un élan qui semblait n'avoir pas de fin, simplement une progression sans fin vers quelle que destination Osmont avait désignée.
Et puis sa conscience émergea dans les cieux de Jotunheim.
Les cieux au-dessus de ce Royaume Primordial bouillonnaient de lumière obsidienne et argentée entrelacées en motifs de Chaos donnés forme atmosphérique. Les nuages se déplaçaient dans des directions qui se contredisaient, certains dérivant vers le haut tandis que d'autres spiralait vers le bas, tous irradiant une autorité froide qui pressait contre la perception d'Eckert.
En contrebas s'étendait une citadelle d'une échelle impossible.
Des années-lumière de taille, la structure s'étalait à travers le paysage de Jotunheim comme une ville conçue pour des êtres qui mesuraient leurs déplacements en parsecs plutôt qu'en pas. Des tours s'élevaient vers ces cieux tourmentés avec une architecture combinant Chaos cristallisé et croissance organique en des formes qui semblaient respirer et se mouvoir même tandis qu'Eckert les observait.
La citadelle palpitait d'une force vitale brillante, d'innombrables Formes de vie Jotuun, Géants du Chaos, vaquant à leur existence unifiée à l'intérieur de ses frontières.
Eckert pouvait sentir des auras d'Absolus étendues dans différentes zones de cette vaste structure, leur présence flamboyant comme des phares parmi les existences inférieures les entourant. Tous portaient la conscience unifiée chaleureuse de l'infection DE L'ENTITÉ, tous faisaient partie de cette collective horrifiée qui cherchait à tout consumer dans sa conscience singulière.
Mais à cet instant, dans ces cieux où sa conscience entourée par la lumière bleue de l'Infinity commençait à se répandre, Eckert sentit quelque chose qui le fit s'arrêter avec une surprise authentique.
Les mers sans fin de l'Infinity se formaient en formes.
Des formes qu'il reconnaissait.
... !
Il dut regarder deux fois pour s'assurer qu'il voyait correctement. Sa perception se concentra plus intensément sur ce que l'autorité d'Osmont devenait autour de lui, et sa confirmation ne fit qu'approfondir son étonnement.
Ces formes étaient celles de...
D'armes nucléaires.
Osmont avait transformé ses mers bleues sans fin d'autorités extrêmement denses et lourdes en ogives nucléaires massives sans fin. Celle qui contenait la conscience d'Eckert s'élevait comme une montagne, sa forme imitant le design allongé des armes les plus dévastatrices connues de l'homme. Une lumière bleue flamboyait le long de sa surface en motifs suggérant une dévastation contrôlée attendant d'être libérée !