J'observais la situation de Cory et j'y voyais le reflet de mon propre parcours. Je pouvais distinguer les similarités entre nous deux. Nous avions perdu nos familles en un seul instant, et nous avions dû porter le fardeau en tant qu'aînés de nos maisons.
Je disais que ma situation était similaire à la sienne, mais la mort de mes parents était un accident au lieu d'un meurtre prémédité alors que les parents de Cory avaient été assassinés. Cela signifiait que Cory avait une cible pour sa rage.
Si j'avais eu la capacité de veiller sur mes frères et sœurs cadets et de m'en occuper dans cette situation, Cory, lui, n'avait pas ce genre de capacité ni la possibilité de le faire.
Il n'avait pas le temps de regarder autour de lui. Ce serait bien s'il y avait eu quelqu'un auprès de Cory pour lui dire comment prendre soin de son cadet, mais il n'y avait personne.
J'avais laissé message sur message pour lui dire de s'occuper de sa sœur avant de le regretter, mais aucun ne lui était parvenu. Connaissant sa personnalité méticuleuse et sensible, je savais qu'il regretterait cela encore et encore. Cela mènerait à quelque chose de pire.
Je regardais Cory perdre lentement la tête dans sa frénésie de vengeance et je mordais ma lèvre. Voir un vieil ami si misérable était dur.
Il refusait d'assister aux cours depuis quelques jours alors qu'il continuait de creuser ce qui s'était passé.
Plus il apprenait, plus le temps passait, plus il devenait anxieux.
« Il n'y a pas moyen………… »
Cory, qui enquêtait sur l'incident depuis quelques jours maintenant, rit creux en marmonnant pour lui-même. Ses yeux vides semblaient n'avoir plus aucune focalisation. Comme les autres. Son regard se troubla à mesure qu'il sombré davantage dans la folie. Cory était pareil.
Avec de l'incrédulité dans la voix, Cory ouvra à nouveau la bouche.
« Moi…… j'étais……… »
Il se couvrit le visage de ses mains et serra ses cheveux blonds dans ses poings. Il parut désespérer un instant avant de se lever de sa chaise, le meurtre dans les yeux.
*Thud !*
Cory balaya tous les documents et recherches sur son bureau par terre et les brûla dans la pièce. Il jeta son encre et tous les livres qu'il avait conservés. Puis, il brisa tous les miroirs de la pièce. Il réduisit en miettes tous les éclats de verre jusqu'à ne plus pouvoir voir son propre reflet dedans. Il hurla aussi fort qu'il put.
Après avoir déliré un moment, Cory sortit de la pièce en courant et se mit à chercher quelqu'un. Je restais là, stupéfaite, le temps qu'il jette tout en vrac, avant de me précipiter sur ses traces.
« Yvnes ! »
La personne que Cory cherchait n'était autre que Yvnes.
Yves afficha un sourire satisfait dès qu'il vit Cory s'approcher.
« Tu savais tout depuis le début, pas vrai ? »
Cory attrapa Yves par le col en le fixant, ses yeux pleins de rage meurtrière. Yves se laissa traîner par le col par Cory.
« Tu savais tout et tu as quand même essayé de me faire participer au plan du principal ? »
Sa voix était rauque. Il semblait essayer de baisser le volume au maximum tandis qu'elle tremblait de rage, mais Cory était trop emporté pour parvenir à se contrôler.
Aux mots de Cory, Yves roula des yeux pensif un instant.
« Ah, le marquis DuBois n'est pas décédé récemment ? La raison était…… Hmm. »
Il jeta un coup d'œil à Cory en continuant. Yves arborait son sourire faux et dangereux caractéristique. Ses yeux débordaient d'excitation.
« C'est toi qui as participé au plan du principal. »
Yves regarda Cory s'effondrer avec un sourire vicieux. Il s'excluait commodément de la responsabilité, mais il ne semblait pas que Cory, si profond dans sa flagellation, ne le remarque pas.
« Oh, monsieur Cory, on dirait que vous avez vraiment eu la mainmise sur le meurtre de votre famille, hein ? Oh, mon Dieu. »
Fils de pute. J'eus l'impression que mon sang allait éclater aux mots d'Yves. Je ne pus m'empêcher de jurer face à la situation. Yves, connard, qu'est-ce que tu viens de……
Yves avait fait en sorte que Cory participe au meurtre du marquis DuBois exprès. Je regardais Yves prendre plaisir à ruiner une vie et me demandais s'il était vraiment humain. Il l'avait fait le jour de l'anniversaire de Cory, en plus.
Aux mots d'Yves, la magie de Cory explosa d'un coup. L'emprise de Cory sur la chemise d'Yves se resserra et ce qui apparut près de sa main furent des lances aussi tranchantes que la foudre, menaçant de transpercer la gorge d'Yves.
Et en même temps, ces lances acérées étaient pointées vers la propre gorge de Cory. Les cous de Cory et d'Yves furent lentement empalés par ces lances tandis que le sang commençait à couler légèrement. À cause de l'explosion magique, les oreilles et la bouche de Cory se mirent à saigner.
« Keugh. M-même si tu me t-tues. Les faits. Ne changent pas. Haha. Rien ne change même si tu meurs aussi. »
Yves restait décontracté même sa vie menacée.
« Mais même si le couple marquisal est mort comme ça, on dirait qu'il y a une personne de plus qui s'apprête à passer à la vie suivante à cause de toi ? »
« …… »
« Oh, peut-être que tu es déjà en retard. Je viens de passer près du bâtiment des juniors, et on dirait que des gamins regardaient quelque chose en grand groupe. J'étais curieux alors j'ai jeté un œil, mais je pense que ça pourrait t'intéresser aussi. »
« …… Viedielle ! »
Les yeux de Cory s'écarquillèrent comme s'il venait de se souvenir de sa cadette.
Jusqu'ici, il avait eu peur d'affronter Viedielle. Je comprenais que c'était probablement à cause de sa culpabilité. Cory avait essayé de lui rendre visite encore et encore, mais tout s'était effondré. Au final, ce Cory ne s'était pas occupé de Viedielle du tout. Il ne savait même pas comment elle allait.
Puis, quand Yves lui lança un appât, Cory refréna sa rage et parut inquiet. Pas possible, marmonna Cory pour lui-même en dissipant la magie autour de lui.
Il se mit à courir vers le bâtiment des juniors.
Comme l'avait dit Yves, un grand groupe d'élèves était rassemblé devant le bâtiment des juniors et faisait du vacarme. C'était plus comme s'ils regardaient quelque chose en groupe au lieu de faire du vacarme.
Quand Cory s'approcha du groupe, les élèves devinrent soudain solennels. Cory courut aussi vite qu'il put avant de fixer un point et de ralentir.
D'un regard vide, Cory s'approcha lentement de quelque chose. Il rit creux avant de s'effondrer sur le sol là, tout de suite.
« Ha, haha……… »
Cory regardait Viedielle, allongée par terre. La béquille qu'elle utilisait était brisée en morceaux à côté d'elle.
Viedielle avait l'air d'être tombée de quelque part en hauteur. Ses os étaient brisés. Ses articulations tordues et ne pliaient pas correctement. On aurait dit qu'elle était décédée il y a quelques instants — son sang semblait encore tiède, et son visage gardait une certaine chaleur.
Le corps de Viedielle manquait d'une jambe. Elle lui avait été arrachée lors du récent accident.
Cory semblait ne pas reconnaître sa cadette après ne pas l'avoir vue depuis son anniversaire. Il se contentait de la fixer.
Il se releva et marcha lentement vers elle avant de s'effondrer à côté d'elle.
De mains tremblantes, Cory la serra comme un bébé. Les articulations de Viedielle étaient pliées à l'envers alors il les remit délicatement, délicatement, dans leur sens d'origine pour qu'elle ne souffre pas.
Il caressa délicatement, sans cesse, le visage de Viedielle. Il la caressa lentement, délicatement, alors que plus de sang couvrait son visage. Ses mains furent teintes de rouge par son sang tiède. Cory posa son front contre celui de Viedielle.
« Ils ont soutenu ce plan au début, eux aussi. Même s'ils ont changé d'avis en cours de route. »
Il n'y eut pas de réponse, mais Yves continua de parler.
Yves sortit un mouchoir de sa poche de chemise et s'approcha de Cory pour essuyer le visage de Viedielle. Le mouchoir blanc d'Yves fut taché de rouge par le sang de Viedielle.
Yves fronça les sourcils avec dégoût en regardant son mouchoir taché, mais je fus la seule à surprendre cette expression. Yves sourit doucement à Cory.
« C'est du lait renversé. On ne peut pas revenir en arrière. Si ne serait-ce qu'une fraction de ce plan était quelque chose que votre famille aurait voulu, alors ne devrions-nous pas exaucer leur souhait ? »
Et en bonus, je connais les gamins qui ont blessé ta sœur émotionnellement et physiquement quand elle a perdu sa jambe. Si tu participes au plan, tu auras ta vengeance. Yves parla doucement, persuadant Cory.