Un labyrinthe surnaturel créé par la Créatrice de Donjons.
J'avançais dans un couloir sombre, incapable d'y voir quoi que ce soit.
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Main dans la main avec Stardus.
Mais qu'est-ce qui m'arrive ?
Je me le demandais tandis que nous descendions le couloir obscur, nos mains jointes.
Marcher en se tenant la main, sentir sa chaleur corporelle, c'était une sensation étrange.
Les mains de Stardus étaient si douces. Non, pas ça.
Mais putain, je ne pige pas ce qu'elle a en tête.
Je ruminais ça en marchant, la main serrée dans la sienne.
Évidemment, c'est dangereux, et il faut qu'on reste ensemble, avait-elle dit, parce que c'est le seul moyen d'être sûrs.
Tu n'as pas imaginé ce plan juste pour m'attraper comme ça, et une fois dehors, tu me casses le bras, tu m'assommes et tu m'embarques au poste ?
L'idée m'avait même traversé l'esprit. J'ai la téléportation, donc ça ne change rien, mais je ne comprends pas son comportement à moins que ce soit ça.
Bref, quelle qu'en soit la raison, me voilà à marcher main dans la main avec elle dans ce couloir sombre.
Qu'est-ce qui se passe par ici, on avance dans cet espace noir avec pour seul bruit des échos assourdissants.
Et, peut-être à cause de ma vision limitée, je ne distinguais pas grand-chose devant moi. À la place de la vue, mes autres sens devenaient plus aiguisés.
Comme la chaleur de la main de Stardus, si proche de la mienne que nos chairs se touchaient, et la faible sensation de son pouls ou le bruit de sa respiration calme, qui perçaient le vacarme.
Oui.
En résumé, là, tout de suite, je suis plus préoccupé par le fait que Stardus me tienne la main que par le danger devant nous.
Le fait que je pense à elle depuis tout à l'heure en est la preuve. Da-in, reprends-toi, t'as plus quinze ans et c'est pas ton premier béguin. Te prendre la tête pour une main tenue...
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Bien sûr, marcher dans la rue main dans la main avec Stardus, c'est une autre histoire. J'avais l'impression d'un fan qui tient la main de son idole, ce qui n'a rien à voir avec tenir la main d'une autre fille.
Tandis que je marchais en y repensant.
Hé, Égostique.
J'entendis sa voix, elle qui marchait tranquillement à mes côtés, main dans la main.
Ouais, quoi ?
J'avais pensé à Stardus, et je lui répondis comme ça, par pure lassitude.
Elle resta silencieuse un instant, puis parla à nouveau.
Pourquoi est-ce que tu m'aides tout le temps ?
..?
Et au moment où j'entendis ça, je faillis m'arrêter net.
Haha, c'est-à-dire ? Qu'est-ce que j'ai fait pour t'aider ?
Je répondis, souriant le plus naturellement possible.
Mais putain, pourquoi tu poses une question aussi bizarre à un vilain ? Je me suis fait griller ? Impossible. J'ai fait pas mal de trucs bizarres récemment, mais je suis toujours resté fidèle au terrorisme... Ceci dit, plus depuis un moment.
Pendant que je restais coi, confus, elle rouvrit la bouche, sur un ton hésitant.
À la Porte de Clair de Lune... Tu as appelé tous tes potes pour m'aider, et quand les sectateurs m'ont attaquée, tu m'as sauvée.
En l'entendant dire ça, je cherchai fébrilement une bonne excuse.
C'est parce que je suis censé faire du terrorisme en Corée, et ça m'emmerde de voir la Corée se faire écraser par un autre taré. Je ne te l'avais pas dit l'autre jour ?
Pas ça.
Et juste au moment où j'allais répliquer, elle me coupa la parole et parla à nouveau.
Tu m'as sauvé la vie, pour une raison quelconque, et je ne parle pas que de cette fois. Je parle de quand tu t'es jeté depuis le sous-sol du Groupe HanEun, et je parle de maintenant. Tu te dis vilain, alors pourquoi tu fais ça ?
On aurait dit qu'elle allait me faire la morale, mais j'entendais dans sa voix une question sincère, un doute qu'elle traînait depuis longtemps, et la détermination à l'éclaircir cette fois.
Comment lui répondre ?
Bien sûr, je ne peux pas dire : je n'ai jamais voulu être un vilain, mais je le suis devenu pour te sauver, pour sauver le monde, parce que ça ne me ressemble pas. J'avais le pressentiment que l'excuse habituelle, « tu es mon ennemi juré », ne marcherait pas.
Il ne restait qu'une solution : répondre par une ambiguïté, mêler vrai et faux.
Avec cette idée, je me tournai vers elle, toujours en lui tenant la main, et dis.
C'est parce que tu es mon ennemi juré.
Ça l'explique.
Et.
Ayant dit ça, je ricannais.
Parce que tu comptes pour moi.
Hein ?
Elle réagit à mes mots l'espace d'un instant.
Bon, elle est déstabilisée. C'est mon moment.
Je saisis l'élan, le regard droit devant moi, le sourire aux lèvres, et dis.
Sans toi, mon ennemi juré, quel intérêt aurait mon terrorisme ? Même le spectacle le plus parfait ne voudrait rien dire s'il n'y a ni acteurs ni public.
C'est pour ça que tu es si importante pour moi, Stardus, parce que, comme je l'ai déjà dit, tu me complètes.
Pour moi, tu vaux plus que tout, c'est pourquoi je ne veux pas que tu te fasses mal, Stardus.
Dis-je, ricannant.
Ouais. C'est l'astuce, le dire tout haut, dire que je tiens à toi. Et elle, l'héroïne, va faire genre : « Putain, quoi ? » ou « Le vilain m'apprécie ? C'est dégoûtant. »
L'idée qu'elle me dise ça me donnait la nausée, mais les deux réactions me convenaient, parce qu'il importait de lever tout doute qu'elle pouvait avoir sur moi.
Et sa réaction à mes mots.
Heu... Beurk. Je vois.
Elle répondit d'une petite voix, et ne fit que bouger légèrement sa main dans la mienne.
C'était quoi, cette réaction floue ?
J'attendais quelque chose de plus dramatique.
.
.
Nous marchâmes en silence après ça.
Je sentais son visage rougir de plus en plus. Non, qu'elle ne réagisse pas comme ça, ça donne l'air d'un vilain taré qui fait sa déclaration à l'héroïne. Qu'est-ce qui lui prend ?
Je suis plus préoccupé par la main qui touche la sienne.
C'était bizarre de descendre le couloir en se tenant la main, de sentir sa chaleur, sa main qui gigotait parfois dans la mienne.
Bref, tandis que nous traversions les couloirs sombres, toutes sortes de monstres surgissaient, des monstres que la Créatrice de Donjons avait façonnés par la cognition de son mieux.
Évidemment, elle ne peut pas combattre des monstres en tenant une main, alors j'allais la lâcher.
Hein.
-Kaaaaaahhhhhhh.
À chaque fois qu'un monstre spectral ou un truc du genre apparaissait, Stardus les écrasait tous d'un unique coup de poing de la main droite, donc je ne pus pas lâcher et je finis par marcher main dans la main avec elle tout le long.
Combien de temps s'était-il écoulé depuis que nous arpentions ce couloir sombre, terrassant tous les monstres qui surgissaient ?
Ah, je vois enfin de la lumière.
Finalement, au bout du couloir, nous aperçûmes une porte ouverte d'où filtrait une lumière blanche venue de l'extérieur.
Ça voulait dire que c'était la dernière salle.
On y va ?
Ouais.
Et ainsi, enfin, nous entrâmes dans une pièce lumineuse baignée de blanc partout.
La première chose que je remarquai en entrant fut le visage de Stardus, juste à côté du mien.
Et son visage, à moi, me parut assez calme.
Suis-je le seul à surréagir ?
Avec cette pensée, je toussai et lui parlai.
Bon, cet endroit a l'air sûr pour l'instant.
Avec ça, je pus enfin lâcher sa main.
Pour une raison quelconque, quand je la lâchai au bout du compte, elle ne semblait pas vouloir me quitter, mais c'est sans doute mon imagination.
À quoi sert cette salle ?
Bref, c'est ce que dit Stardus, en regardant autour d'elle.
-BANG.
La porte par laquelle nous étions entrés se referma violemment sous une porte blanche qui descendit de nulle part.
Nous étions maintenant piégés dans une petite pièce et, à cet instant, un panneau électronique se mit à clignoter sur le mur devant nous.
Je le savais depuis l'original.
C'était la salle finale que la Créatrice de Donjons avait préparée pour deux personnes ou plus entrant dans le labyrinthe.
On l'appelle la salle « tue ou meurs ».
La raison pour laquelle ses labyrinthes paraissent étrangement peu impressionnants, c'est qu'elle a déversé tout son pouvoir dans cette chambre finale.
C'est une salle bien vicieuse qui ne s'ouvre pas tant qu'une des personnes à l'intérieur n'est pas morte, et c'est son arme ultime.
J'attendis que les mots apparaissent et, à cet instant, le texte surgit sur l'écran.
Naturellement, je savais ce qui allait s'afficher, donc je regardai sans grande tension.
Hein ?
Les mots sur l'écran me tombèrent soudain dessus.
Je ne pus m'empêcher de lâcher ces mots, gêné.
*
[Une salle où l'on ne peut sortir sans s'embrasser]
*
..?
Attendez, c'est quoi ça ?
Moi et Stardus regardions le texte, interdits tous les deux, et ne pûmes dire que : Quoi ?
Je veux dire, sans crier gare ?
Peu importait ce que je racontais.
?
Dis-je, incrédule, en regardant la Stardus brisée à côté de moi.
La Créatrice de Donjons. Elle... Mais putain, qu'est-ce qu'elle fout ?
***
*
[Vous rigolez de quoi ?]
[Montrez-nous ce que vous voyez !!!]
[Regardez-moi regardez-moi regardez-moi regardez-moi regardez-moi regardez-moi regardez-moi regardez-moi regardez-moi regardez-moi regardez-moi regardez-moi regardez-moi regardez-moi regardez-moi]
[La Créatrice de Donjons << Pourquoi elle touche le pilier en ricanant les yeux fermés ?]]
[Sérieux, je meurs d'envie de savoir ce qu'ils font tous les deux là-dedans, lol]
[Autant de spectateurs qui regardent ça ont mal, je me demande si c'est ça la vraie terreur de ce vilain ?]
[Shiva, ouvrez la porte !!!]
*