Le parfum qui s'échappait du Pavillon Linglong allait en s'intensifiant, attirant hommes et femmes, jeunes et vieux. La curiosité les clouait sur le seuil, avides d'apercevoir ce qui se tramait à l'intérieur.
Pour leur plus grand dam, les grandes portes restaient hermétiquement closes.
Lorsque celles-ci finirent par s'ouvrir en grinçant, l'arôme riche et alléchant se répandit. Mais avant que quiconque n'ait pu faire un seul pas à l'intérieur, ils furent bloqués par des clients qui sortaient !
Le tenancier s'avança alors lentement, salua en joignant les mains et s'adressa à la foule.
« Tout le monde. »
« Notre humble établissement ferme temporairement ses portes. Nous ne recevrons aucun client pour l'instant. Nous vous prions de bien vouloir comprendre ! »
Après avoir lâché cette annonce précipitée, le tenancier se retira à l'intérieur.
Les portes se refermèrent avec fracas, laissant la foule de badauds complètement abasourdie !
« Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ? »
« Le Pavillon Linglong refuse des clients ? Ils ont perdu la tête ? »
« Quelle puissance ont-ils dans le dos pour fermer boutique sur un simple caprice ? »
« C'est bien ce qu'il me semblait ! Gagner sa vie devient de plus en plus dur de nos jours. Même les ânes d'une brigade de production n'oseraient pas faire pause, alors eux, ils annoncent tranquillement qu'ils ferment ? Ça sent l'arnaque, non ? »
« C'est forcément un truc ! Le ciel seul sait ce qu'ils ont comme mets et vins là-dedans ; l'odeur seule me donne envie d'avaler ma propre langue. Impossible qu'ils ferment vraiment ! »
« Si vous voulez mon avis, c'est juste un coup de pub. Ils ont sans doute un nouveau produit à écouler et font les difficiles ! »
« Exactement ! Restons là et voyons un peu quel tour ils nous préparent ! »
La foule s'agitait d'autant plus qu'elle en parlait, toute chaude à l'idée de voir ce qui allait se passer.
Ayant humé ces riches effluves, même les sceptiques ne purent résister à leur gourmandise et grossirent la cohorte qui patientait devant la porte.
De vifs débats traversaient la foule, les visages résolus !
« J'attendrai ici jusqu'à ce que je comprenne ! »
« Ouais, on attend jusqu'au bout ! »
La rue bascula vite en un vacarme assourdissant, rivalisant avec le grand spectacle du jour de l'inauguration. À l'intérieur, en revanche, régnait une sérénité absolue, sans le moindre client attardé en vue.
Séparés par une simple porte, c'était comme deux mondes entièrement différents.
À cet instant, la grande salle du Pavillon Linglong était remplie de jeunes femmes vêtues de jupes simples et élégantes.
Que ce soit par l'allure ou le port, elles surpassaient de loin les demoiselles féeriques des légendes mortelles. Si l'une d'elles paraissait dans la rue extérieure, elle provoquerait une véritable sensation.
Ces jeunes femmes se tenaient silencieusement en file. Certaines posaient sur leurs mains délicates des plateaux en céladon portant une gamme de pilules médicinales inestimables. D'autres portaient des bassins de jade remplis de nectar d'immortel pour la toilette...
Qu'importe ce qu'elles tenaient, toutes, plusieurs centaines, arboraient des expressions solennelles et obéissantes. Les yeux baissés, elles attendaient en silence. La longue file s'étirait le long de l'escalier en bois ancien jusqu'au septième étage, qui s'élevait haut.
C'était la suite privée la plus luxueuse du Pavillon Linglong, assez vaste pour accueillir des centaines de personnes. À l'instant, les portes en étaient closes, et la belle servante tout au front de la file attendait déjà depuis un bon moment.
À ses côtés, le tenancier patientait lui aussi, le dos courbé, n'osant pas souffler mot.
Ce ne fut qu'à l'apparition d'un homme d'âge moyen en fauteuil roulant qu'il osa enfin s'incliner et rendre compte par transmission vocale.
« Intendant... »
« Tout a été préparé suivant vos instructions. Le Pavillon Linglong tout entier a cessé ses activités. Nous trois mille serviteurs nous dévouerons entièrement au service du corps physique de Son Excellence. Diverses ressources sont en cours de transfert depuis le trésor pour garantir que chacun des besoins de Son Excellence sera satisfait ! »
À ces mots, l'Intendant fit un léger hochement de tête.
Il lança négligemment une cigarette Huazi, plongeant le tenancier dans un état de révérence profonde et de tremblement.
Quelle que fût son excitation, le tenancier n'osa pas émettre le moindre son. Il rangea précieusement la cigarette et se tint sagement derrière l'Intendant.
Les regards de tous dans le Pavillon Linglong étaient fixés sur la porte de la plus grande suite.
À l'intérieur, une seule personne : . À cet instant, il serrait un jade ancien, y ayant projeté sa conscience pour tester un jeu de Simulateur de Vie. Il était tombé dans un profond sommeil sur le canapé divin en velours...
Après ce qui parut une éternité de ténèbres troubles, la vision de se clarifia enfin.
Un paysage d'un réalisme incroyable et à couper le souffle apparut devant lui. Des lacs miroirs, des nuages tourbillonnants au-dessus, de luxuriantes montagnes vertes l'entouraient. Des grues immortelles et des bêtes exotiques volaient à travers les nuages, et la brise douce qui effleurait son visage était d'un réalisme rafraîchissant.
Alors que la lumière du soleil réchauffait son visage, elle apportait un sentiment de confort parfait.
Les yeux de s'écarquillèrent progressivement de surprise. Il baissa les yeux, serra et desserra les mains, ressentit une vague d'étonnement avant de marmonner à voix haute.
« Bon sang... »
« Même la sensation tactile dans mes mains est si réelle. C'est exactement comme la réalité. Ce jeu de Simulateur de Vie du Pavillon Linglong est vraiment quelque chose ! »
Avant que n'ait pu s'émerveiller davantage, il aperçut son reflet dans le lac. Il était identique à son apparence réelle, tout aussi incroyablement beau.
Instantanément, ressentit une pointe de joie.
Ce jeu n'était pas seulement réaliste ; il était diablement convivial. Il savait même préserver son beau minois. Pas mal, pas mal du tout !
Avant que ne passe plus de temps à admirer sa beauté sans pareille, un groupe de jeunes demoiselles féeriques descendit du ciel. Elles atterrirent tout autour de lui, l'appelant avec une tendresse affectueuse, les yeux brillants d'une adoration de groupies absolues.
« Grand Frère aîné ! »
« Grand Frère aîné, je te cherchais partout ! »
« Frère aîné, j'ai beaucoup de doutes sur ma cultivation ces temps-ci. Est-ce que tu aurais un peu de temps aujourd'hui pour me guider ? »
« Moi, je n'ai pas de problème de cultivation, mais je trouve que l'agencement de ma grotte d'entraînement n'est pas assez élégant. Tu accepterais de venir me donner des conseils approfondis ? »
« Frère aîné, j'ai des questions aussi ! »
En un clin d'œil, il fut entouré de jeunes femmes magnifiques. Chacune était jeune et radieuse, les yeux pleins d'admiration et d'amour.
n'avait jamais été aussi populaire de sa vie.
Le bonheur arriva si soudainement qu'il ne sut pas trop comment réagir.
Heureusement, une invite de jeu surgit dans son esprit, l'aidant à comprendre son rôle de personnage.
[Dans cette vie, vous êtes le Grand Frère aîné du Palais Céleste Yunding. Doué d'un talent transcendant et d'une cultivation profonde, vous êtes devenu célèbre dans le monde entier à seulement dix-huit ans. Captivant le cœur d'innombrables jeunes femmes, vous êtes le véritable Élu !]
En lisant ce profil, rayonna de joie sur-le-champ !
L'Élu ?
Donc son point de départ était aussi cheaté que ça ! Pas étonnant qu'il soit si populaire !
Il devait bien admettre que, si le jeu avait le côté brut, too much, d'un jeu web one-hit-level-999, il n'en était pas moins indéniablement grisant. Au minimum, c'était bien mieux que sa vraie vie.
n'avait jamais osé rêver d'une vie aussi parfaite !
Au milieu de son excitation, il eut envie de tester ses limites.
D'une légère impulsion du pied, il s'envola droit dans les cieux, se tenant au sommet de la mer de nuages ! D'un geste nonchalant de la main, il déchaîna une puissance capable de retourner les mers, faisant tourbillonner violemment les nuages !
Le groupe de groupies le suivit sur leurs propres nuages, leurs douces voix emplies de louanges sans fin !
« La technique de déplacement du Grand Frère aîné est toujours aussi stylée. »
« Le Grand Frère aîné est trop beau ! »
« Comparé à la grâce de notre Frère aîné, tous les autres hommes du monde ne sont que de la boue mortelle. »
« Frère aîné, s'il te plaît, guide-moi ! »
Juste au moment où les cultivatrices bouillonnaient d'excitation.
Plusieurs cultivateurs en robes blanches volèrent aussi sur des nuages, le visage empli de révérence !
« C'est bien le Frère aîné qui cultive ! »
« Mais bien sûr ! En dehors du Grand Frère aîné, qui d'autre au monde pourrait posséder une grâce aussi magnifique ? »
« Si je pouvais avoir ne serait-ce qu'un dixième de la grâce du Grand Frère aîné dans cette vie, je mourrais sans regret ! »
« Un dixième ? Tu oses rêver si grand ! »
« Exact ! Si je pouvais avoir ne serait-ce qu'un dix-millième de la grâce du Grand Frère aîné, je m'entraînerais volontiers avec acharnement pendant deux mille cinq cents ans de plus ! »
...
Écoutant le flot ininterrompu de flatteries derrière lui, ressentit une joie indescriptible dans son cœur.
Debout, les mains dans le dos, révéré par des milliers, capable de toucher le soleil, la lune et les étoiles d'un geste de la main.
La vie parfaite dont il avait rêvé devait être exactement ainsi.
Cela, cela était ce que devait être un vrai cultivateur !
Comme c'était différent de sa propre réalité. Depuis sa transmigration, il avait enduré d'innombrables épreuves. Après avoir trimé des années sous la direction du Système, il croyait qu'il deviendrait enfin un cultivateur. Qui aurait cru qu'au final, il n'aurait toujours rien accompli ? Il ne maîtrisait même pas le jeûne des aliments mortels, et il était mort de fatigue chaque putain de jour. La cultivation, mon cul !
Ce jeu était purement phénoménal.
Enfin, goûta à l'exaltation grisante d'être le génie élu des cieux. Ce fut véritablement un rêve devenu réalité. Submergé par l'émotion, il se laissa peu à peu glisser dans cette vie merveilleuse...