Ils atterrirent dans le village. Les villageois étaient terrifiés. Ils luttaient déjà contre deux Bêtes Kiru Adal, et voilà que deux Bêtes Kiru Aaron arrivaient en plus.
On aurait dit que le Jour du Jugement dernier était tombé sur le village.
Pourtant, ils ne baissèrent pas les bras. Monsieur Chen et eux venaient à peine de se poser qu'une quinzaine d'Adaliens se ruèrent vers eux en hurlant.
Monsieur Chen avait prévu la situation. Il fit un clin d'œil à Deuxième Frère, lui signalant de placer les quelques personnes qu'il tenait devant eux.
Les gens d'en bas s'apprêtaient à lancer leurs Lances d'Os lorsqu'ils virent une Bête Kiru tenir la personne qu'ils avaient envoyée chercher du renfort.
Un frisson parcourut la foule. Ils n'avaient pas imaginé que leur renfort serait capturé. À présent, c'en était vraiment fait d'eux.
Ils hésitaient à jeter les Lances d'Os. S'ils ne le faisaient pas, ils n'avaient aucun autre moyen de faire face aux Bêtes Kiru. S'ils le faisaient, et s'ils atteignaient leurs propres gens ?
De quoi leur donner mal à la tête. Ces Bêtes Kiru Aaron étaient d'une ruse surprenante.
Juste au moment où ils ne savaient plus quoi faire, les quelques personnes tenues par Deuxième Frère virent ceux d'en bas se préparer à leur lancer des Lances d'Os. Elles tremblèrent de peur et s'écrièrent vivement : « N... ne... ne lancez pas ! »
« Ils sont là pour aider. »
« Oui, oui, oui, ce sont les renforts que nous avons appelés. »
Plusieurs voix s'empressèrent de parler, de peur qu'en tardant trop, ceux d'en bas ne leur lancent leurs Lances d'Os.
Les gens d'en bas entendirent leurs paroles et parurent perplexes.
Ces Bêtes Kiru étaient là pour les aider ?
Comment était-ce possible ?!
Deuxième Frère relâcha les personnes qu'il tenait.
Celles-ci accoururent et expliquèrent aux autres ce qui leur était arrivé en route vers les renforts.
Après avoir entendu leur histoire, les autres regardèrent Monsieur Chen et les siens avec stupéfaction. Ils ne s'attendaient pas à ce que ces deux Bêtes Kiru soient si humaines, qu'elles puissent communiquer avec eux !
« Kede ! Es-tu sûr qu'ils sont là pour aider ? » demanda quelqu'un, encore incrédule.
L'un des quatre captifs secoua la tête : « Pas entièrement sûr, mais nous étions pris, l'évasion était impossible. Elles savent voler, et retrouver le village ne serait pas difficile, alors nous avons décidé de parier et de les amener ici.
Mais nous pouvons confirmer qu'elles ont les cadavres de Bêtes Kiru. »
Après avoir entendu leurs mésaventures, les autres comprirent qu'ils n'avaient pas d'autre choix et ne leur en voulurent pas d'avoir amené les deux Bêtes Kiru Aaron.
Ces deux Bêtes Kiru étaient effectivement différentes des Bêtes Kiru Adal. Elles ne les attaquèrent pas sur-le-champ. Même quand les villageois firent mine d'attaquer, les deux Bêtes Kiru ne prirent que des postures défensives.
Il était donc croyable qu'elles étaient venues aider.
Si ces deux Bêtes Kiru aidaient, ce serait bien mieux que de chercher secours auprès d'autres villages.
Quelqu'un s'inclina devant Monsieur Chen et demanda : « Monsieur Chen, êtes-vous vraiment là pour aider ? »
Monsieur Chen acquiesça. « Oui, mais je n'aiderai pas gratis ! »
À l'affirmation de Monsieur Chen, tous les visages s'illuminèrent, mais en entendant la seconde partie de sa phrase, leurs expressions devinrent gênées.
Ils comprenaient qu'il n'aiderait pas pour rien, mais leur village n'avait rien à offrir en récompense, et ils ignoraient ce qu'il voulait.
« Monsieur Chen, quelle récompense exigez-vous ? » demanda quelqu'un.
Monsieur Chen dit : « Êtes-vous le Chef du Village ? »
« Non ! Le Chef du Village combat les Bêtes Kiru là-bas. Si vous avez quelque chose à me dire, je le transmettrai au Chef du Village une fois la bataille terminée », répondit l'homme.
« Allons parler à votre Chef du Village ! » dit Monsieur Chen, puis fit saisir l'homme par Deuxième Frère et l'emporta voler vers le champ de bataille à l'entrée du village.
Deuxième Frère déposa l'homme, sortit sa Massue à Pointes et fonça sur les Bêtes Kiru.
Le Chef du Village, menant une centaine de jeunes et de vaillants villageois, livrait bataille aux Bêtes Kiru. Il avait vu les deux Bêtes Kiru volantes entrer dans le village, mais ils ne pouvaient quitter leurs positions et ne faisaient que guetter avec anxiété.
Il surveillait les mouvements du village et fut perplexe de ne voir aucun combat s'y dérouler.
Puis il vit Deuxième Frère emporter l'un de leurs villageois, et son cœur se serra. Deuxième Frère déposa vite l'homme, sortit une Arme, et chargea.
Le cœur du Chef du Village lui tomba dans les bottes. Ils peinaient déjà à faire face à une Bête Kiru ; une autre qui volait, c'était la mort assurée.
Rempli d'une détermination tragique, sa colère éclata. Il rugit et se tourna pour combattre Deuxième Frère désespérément.
Cependant, juste au moment où il allait trouver la fin la plus tragique qui soit, Deuxième Frère le dépassa, lui jetant un regard étrange.
Il voulait dire à peu près : Qu'est-ce qui lui prend, à celui-là ? Pourquoi hurle-t-il si fort ?
Hein ?!
Le Chef du Village resta figé, puis se retourna vivement vers Deuxième Frère, qui abattit son Arme sur la tête de la Bête Kiru. La Bête Kiru recula de plusieurs pas.
???
Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi cette Bête Kiru volante les aide-t-elle ?
« Chef du Village ! » Une voix vint de derrière, l'homme amené par Deuxième Frère.
Le Chef du Village le regarda et demanda : « Qu'est-ce qui se passe ? »
L'homme expliqua brièvement ce qui s'était passé.
Le Chef du Village fut d'abord perplexe, puis transporté de joie, et enfin, en entendant que Monsieur Chen et les siens n'aideraient pas gratis, son expression s'assombrit à nouveau.
Que pouvaient-ils bien offrir en récompense à deux Bêtes Kiru ?
Il se creusa la cervelle mais ne trouva rien qui vaille.
« Allons leur demander ce qu'ils veulent », dit le Chef du Village.
Avec l'aide de Deuxième Frère, il put maintenant se dégager et organiser d'autres villageois pour assister Deuxième Frère dans la poursuite de l'attaque contre les Bêtes Kiru.
Les villageois virent Deuxième Frère charger et marteler la Bête Kiru, un instant stupéfaits, ne comprenant pas ce qui se passait ni ce qu'ils devaient faire.
Entendant les instructions du Chef du Village, ils furent immédiatement remplis de confiance et d'enthousiasme.
Une Bête Kiru qui rejoint le combat en échange du retour du Chef du Village au village — c'était une affaire en or. Les talents de combat du Chef du Village n'étaient que légèrement supérieurs aux leurs ; comparés aux Bêtes Kiru, ils étaient insignifiants.
Ignorant leurs pensées, le Chef du Village fut ravi de voir l'entrain des jeunes et revint au village pour trouver Monsieur Chen.
Arrivé dans le village, voyant qu'il n'avait pas été détruit et que la Bête Kiru se tenait là sans causer le moindre dégât, il poussa un soupir de soulignement.
« Lis, Chef du Village de Luo Ka, vous salue, Monsieur. Puis-je connaître votre nom ? » Le Chef du Village s'inclina poliment et demanda.
Monsieur Chen rendit le salut. « Appelez-moi simplement Awen. »
Voyant Monsieur Chen rendre son salut, Lis fut stupéfait. Il était déjà surpris d'apprendre que les deux Bêtes Kiru étaient humaines et pouvaient communiquer, mais il l'était encore plus par sa politesse.
Après un moment de réflexion, il demanda : « Monsieur Chen, que devons-nous faire pour mériter votre assistance ? »
Voyant son nervosité, Monsieur Chen le rassura : « Ne vous en faites pas, ce ne sera pas difficile pour vous. »
Lis poussa secrètement un soupir de soulagement, mais tant que Monsieur Chen n'aurait pas formulé sa demande, le poids sur son cœur demeurait.
« Monsieur Chen, parlez. Si c'est en notre pouvoir, nous le ferons certainement. »
Monsieur Chen dit : « J'ai besoin d'apprendre quelques informations de base sur le Peuple Adal et vos affaires, et je souhaiterais faire un peu de commerce avec vous. »
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