Ning Xi se massa le front et arpenta la pièce avec agitation : « Pour l'histoire des fleurs envoyées pour me piéger, on en reparlera plus tard, mais tu sais que la nouvelle de ton retour a déjà fuité. Les médias et tes fans vont envahir l'aéroport ! Tu veux que vienne te chercher ? Tu veux que je me fasse déchiqueter par eux ? Jiang Muye, je t'ai largué une seule fois ! Ça ne vaut pas le coup de me faire un tel procès ! »
« Est-ce que je te fais un procès ? C'est une occasion gratuite de devenir célèbre, un truc que des tas de stars voudraient et n'obtiendront même pas ! »
« Je. N'en. Ai. Pas. Besoin ! »
« Très bien ! Tu ne viens pas, c'est ça ? Alors je raconterai au monde entier que tu m'as largué ! De toute façon, je m'en fiche de passer pour un idiot, je veux que tout le monde rende justice pour moi ! » L'autre répliqua sans vergogne.
« Toi… » Les poumons de Ning Xi étaient sur le point d'éclater de colère. La chose la plus stupide qu'elle ait jamais faite de sa vie, c'était de provoquer un trouble-fête comme Jiang Muye.
Tu crois que je ne saurai pas contrer tes mesquineries ?
Le coin de la bouche de Ning Xi se releva légèrement tandis qu'elle pouffait : « D'accord, tu veux que je vienne te chercher ? J'irai ! Mais ne regrette pas quand le moment viendra ! »
En réalité, régler l'affaire avec Jiang Muye était simple. Il était juste mécontent de s'être fait larguer pour la première fois, alors il voulait se venger un peu. Il s'arrêterait une fois rassasié. Ce qui lui donnait mal à la tête, c'était le démon qui avait envoyé le diamant.
Oublie, oublie. Elle n'allait pas s'en occuper tant qu'elle n'y serait pas obligée !
« Ning Xi, y a quelqu'un qui te cher– »
Elle entendit la voix pressante du garçon de courses, Xiao Li, dès qu'elle sortit du coin, et elle eut si peur qu'elle faillit tout lâcher et s'enfuir.
Qui encore cette fois ?
Est-ce que ça finira jamais ! ?
Tout le monde dans l'équipe semblait soudain regonflé à bloc, y aurait-il quelque chose d'encore plus explosif cette fois-ci ?
Dans le coin, l'expression de Cui Caijing était pleine de dédain : « Ces hommes frustes ne savent que balancer leur fric ! Ils sont d'un vulgaire ! »
« Mademoiselle Xi, b-bonjour ! » Cette fois, c'était une fille timide. Voyant que l'expression de Ning Xi n'était pas terrible, elle crut même avoir fait une bêtise et parut inquiète.
Face à une fille comme ça, Ning Xi ne put extérioriser sa rage, si grande fût-elle : « Non, c'est rien. Tu me cherches ? »
« Je suis là pour t'apporter quelque chose. » La fille ouvrit un objet blanc qui ressemblait à un thermos. Une brume blanche et fraîche s'en échappa, révélant trois bouteilles qui semblaient contenir des jus de fruits : un rouge, un jaune et un vert.
« C'est… ? » Le coin de la bouche de Ning Xi tressaillit. Elle avait vu trop de dramas de palais, sa première réaction fut qu'on essayait de l'empoisonner.
« C'est mon petit jeune maître qui l'a fait lui-même. Il y a du jus de pastèque, du jus d'orange et de la soupe aux haricots verts. » Répondit la fille.
« C'est qui, ton petit jeune maître ? » Ning Xi était suspicieuse, et chercha dans sa mémoire s'il y avait des petits jeunes maîtres aimant faire des jus de fruits parmi les gens qu'elle avait offensés.
La fille lui indiqua de lire le mot sur les bouteilles.
Ning Xi l'arracha pour jeter un coup d'œil, et ne vit qu'un mot anglais écrit sur le papier : « fighting », avec un cœur dessiné à la fin.
Elle put presque imaginer l'expression timide de l'expéditeur, les lèvres pincées en traçant le cœur.
« C'est donc Little Treasure… » Le regard de Ning Xi s'adoucit instantanément, et ses émotions tourmentées se calmèrent enfin.
Au début, elle avait craint d'être trop visible au démarrage de sa carrière et d'attirer des ennuis et des ragots inutiles.
À présent, elle se disait : pourquoi accorder tant d'importance aux regards de gens qui ne se souciaient pas d'elle ? Si elle devait sans cesse se soucier de ce que les autres pensaient d'elle dans ce milieu, ne finirait-elle pas par mourir d'épuisement ?
Autrefois, elle avait trop tenu compte de l'opinion des femmes du monde, même quand leurs regards la méprisaient. Elle avait trop tenu compte de l'attitude de ses supposés parents biologiques, et avait accordé trop d'importance à l'avis de Su Yan. Cela l'avait rendue de plus en plus complexée avec le temps, et elle avait peu à peu perdu son identité…
Elle avait déjà compris cette philosophie depuis longtemps, pourtant elle avait laissé un petit incident ébranler son cœur à ce point.
Elle n'avait qu'à être elle-même, garder la conscience tranquille, et un jour, elle pourrait se prouver par sa propre force.
Elle se battait seulement pour les gens qui tenaient à elle.