D'après ce qu'Inglis avait entendu de la part du frère de Pullum, un homme nommé Hallim, il semblait que ce que Tiffany, la Hyrule Menace, avait fait ne se limitait pas à piller les habitants, mais qu'elle accordait aussi le pouvoir des Highlanders à ceux qu'elle choisissait comme pions. Et pas seulement cela : il semblait qu'elle les séduisait même, envoûtant leurs cœurs pour qu'ils lui obéissent. Un comportement si différent de celui des autres Hyrule Menaces, à savoir Eris, Ripple et Cystia.
Ces trois-là n'avaient pas l'autorité de transformer qui que ce soit en Highlander. Bien qu'elles aient effectivement été envoyées par le Highland, Eris et Ripple en particulier avaient fait de la protection du Midland et de tous ses habitants leur mission de vie, et elles la prenaient au sérieux.
L'idée d'accumuler des pions sous leurs ordres par la séduction leur était étrangère. Sinon, avec la beauté et la force qu'Eris et Ripple possédaient toutes deux, le royaume de Charalia aurait été sens dessus dessous. Quoi qu'il en soit, cette Hyrule Menace nommée Tiffany semblait différente.
Elle possédait une force d'un autre acabit et un statut différent ; peut-être alors qu'Inglis pouvait s'attendre à un autre genre de combat. Cela, elle l'attendait avec impatience. Mais pour l'instant, elle devait profiter du combat qui se présentait devant elle.
La persuasion d'Ian avait été inefficace et une lutte semblait inévitable.
« Laisse-moi le reste. Non, au contraire, ne pas avoir ce genre de développement après s'être infiltré sur le territoire ennemi serait franchement ennuyeux. Fufufu… »
En prélude à un combat contre une Hyrule Menace, cela devrait faire un bon échauffement.
« Non, enfin… tu n'avais pas à être si joyeuse… Je veux dire, au cas où tu l'aurais oublié, monsieur Hallim est le frère aîné de Pullum et le fils d'un ministre… Alors s'il te plaît, je t'en supplie, laisse-lui la vie sauve ! » « Bien sûr que je le ferai. Se battre contre des gens forts n'est bien que si on peut le refaire encore et encore. Le vaincre une seule fois serait un trop grand gâchis de potentiel. Tant qu'il est en vie, il peut revenir demander une revanche. » « Non, euh… j'apprécie que ton intention rejoigne la mienne, mais je pense qu'il y a un truc qui cloche dans ton raisonnement ? C-c'est vraiment sans danger ? »
Rafinha adressa un hochement de tête énergique à Ian, qui avait l'air inquiet.
« C'est bon, Ian. C'est ce qui est normal pour Glis. » « Hein ?! Les chevaliers de Charalia acceptent qu'elle soit comme ça ?! » « Bien sûr que ce n'est pas acceptable, mais Glis c'est Glis, et on n'y peut rien. Tu sais, on combat le feu par le feu, ce genre de chose ? » « J-je vois ? » « C'est impoli. Ne t'inquiète pas, pour ce qui est du résultat final, je ne lui ferai rien de mal. Je vais juste m'amuser un peu en chemin, d'accord ? » « J'espère bien. Pour l'instant, évite de détruire la ville comme tu as fait pour le Grand Théâtre, tu m'entends ? Il y a des gens qui se cachent dans les bâtiments. » « Ouais, je sais. »
Hochant la tête, Inglis fit un pas de plus vers l'avant. Derrière elle, Rafinha, Leone et Liselotte s'écartèrent et prirent position. Voyant cela, Hallim laissa ricanner froidement, comme s'il les prenait pour des imbéciles.
« Fufu… Vous, les Sans-Rune, savez vraiment plaisanter. » « J'ai peur que ce ne soit pas une plaisanterie. On ne peut pas vous laisser piller cette ville et prendre nos provisions, alors nous allons résister. » « Ahahahaha ! Je ne ferai pas de pitié maintenant que vous m'avez provoquée, vous savez ? Vous êtes vraiment sûres de ça ? » « Merci beaucoup, alors. Je serais ravie si vous ne faisiez aucune pitié. » « Bon sang. Même si vous êtes aussi jolie que lady Tiffany ! Vous avez vraiment pété un plomb, hein ? Cependant, on a une utilité pour des gens comme vous ! Je vous donnerai aux autres Highlanders comme jouets. Et pendant qu'ils s'amuseront, je passerai mon temps avec lady Tiffany. » « Vous pouvez me traiter comme vous voulez. Une fois que vous m'aurez vaincue, cela va de soi. » « Ha ha ha ha !! J'aurais du mal à me retenir pour ne pas tuer une Sans-Rune comme vous ! Je jetterai aussi les autres chevalières comme jou——nnggghh ?! »
Le rire aigu d'Hallim fut coupé net en pleine phrase. En un clin d'œil, Inglis s'était approchée de lui sur son Flygear et l'avait saisi par le cou. Il semblait totalement incapable de réagir au déplacement à grande vitesse d'Inglis grâce à l'Armure d'Éther activée.
« Kgh ?! QU-, QUOI ?! » « Vous pouvez dire ce que vous voulez de moi, je m'en fiche, mais pourriez-vous éviter de dire des bêtises à Rani ? Ça pourrait nuire à sa saine croissance physique et mentale, voyez-vous. »
En fait, Rafinha venait de cracher « Ordure !! » avec un air dégoûté. Leone et Liselotte en avaient fait de même. Pullum, qui écoutait depuis sa cachette, avait dû détester l'entendre aussi. Mieux valait faire taire Hallim.
« Ga……hak…… ! Cette force, cette quantité colossale de mana ?! Qu-, qui diable es-tu… ?! »
Même en gémissant de douleur, Hallim parvint à extirper ces mots. Tout comme elle l'avait fait devant Eris quelques années plus tôt, Inglis convertit l'éther qu'elle avait en elle en mana.
C'était une visualisation de la puissance pour ceux qui avaient la sensibilité nécessaire pour percevoir le « Mana ». Hallim, qui était maintenant un Highlander, le perçut comme Inglis le souhaitait et parut en être saisi. Maintenant, il serait sur ses gardes et viendrait à elle de toutes ses forces. Il valait toujours mieux laisser son adversaire donner tout ce qu'il a avant de l'emporter. C'est la meilleure façon de grandir en tant que personne.
« Je ne suis qu'une simple écuyère, vous savez ? Sur un champ de bataille, je ne compte pas plus qu'un fantassin, donc vous n'avez pas à me faire de quartier ni à me ménager. Tenez-vous sur vos gardes face à moi et attaquez-moi de toutes vos forces, d'accord ? »
Inglis lui donna ce ferme rappel, puis retira sa main du cou d'Hallim avant de sauter de son Flygear. Elle fit une pirouette dans les airs et atterrit avec un léger thud.
« Allez, commençons. »
Elle se mit en garde, puis l'invita d'un geste de la main, en souriant. L'inattention et la moquerie sur le visage d'Hallim disparurent, remplacé par un regard meurtrier. Un vrai combat, un véritable champ de bataille, après si longtemps, comme elle l'avait attendu. Cette rencontre fatidique, Inglis allait en tirer le maximum de plaisir.