« Hôte, hôte, avez-vous décidé d'accomplir la mission ? »
N'obtenant aucune réponse depuis un long moment et voyant entamer sa méditation de cultivation, posa faiblement la question.
Pourquoi cette hôte est-elle si difficile à gérer ? Ses efforts vont encore être vains.
sentit une chaleur dans son dantian, comme si quelque chose s'y rassemblait.
Elle savait que son corps agrégeait l'énergie spirituelle pour s'en nourrir.
Elle devait bien l'admettre : si les combats et les tueries du monde de la cultivation lui déplaisaient, la cultivation en elle-même la passionnait. Chaque fois qu'elle sentait l'énergie spirituelle se diffuser dans tout son corps, elle éprouvait un bien-être exceptionnel, tant physique que mental.
Cette sensation ressemblait étonnamment à ce qu'elle ressentait en peignant, ce qui arracha à une exclamation.
« Pourquoi, à ton avis ? »
rétorqua paresseusement : « Je suis déjà ici, est-ce que j'ai le choix ? »
lui rappela mollement : « Hôte, vous pouvez tout à fait choisir de vous retirer quelque part dans le monde de la cultivation. n'interférera avec aucun de vos choix. »
« Mais tu changeras d'hôte. »
le transperça sans pitié : « Tu me prends pour le genre de personne à rentrer gentiment à la maison cultiver son champ ? Puisque je t'ai, toi, comme cheat, pourquoi j'irais te céder à quelqu'un d'autre ? »
Ayant obtenu une réponse affirmative et voyant cultiver avec application, poussa un soupir de soulagement, puis demanda : « Alors, que comptez-vous faire ensuite, Hôte ? »
En système compétent, il avait déjà imaginé cent huit façons d'aider son hôte à s'élever, avec la garantie qu'elle deviendrait la personne à l'ascension la plus rapide du monde de la cultivation depuis cent mille ans !
« Rompre les fiançailles. »
Puisque son objectif n'était pas de séduire le protagoniste masculin mais de s'élever au rang d'immortelle et de sauver le harem, à quoi bon conserver ces fiançailles ?
Si tu ne romps pas activement les fiançailles, c'est que ta façon de penser a un problème.
la couvrit d'éloges : « Hôte, votre raisonnement est d'une clarté ! Vous n'avez même pas besoin que je vous rappelle la bonne marche à suivre. L'hôte va-t-elle déclarer la guerre au protagoniste masculin et le piétiner tout au long de son parcours de cultivation, histoire de lui montrer qui est la personne numéro un du monde de la cultivation ? »
porta la main à son front : « Est-ce que le protagoniste masculin m'a offensée ? »
se figea, se ressaisit, hurla : « Par tous les cieux, Hôte, quelle largeur de vues ! Je pensais que vous alliez faire comme les autres transmigrées et vous opposer au protagoniste masculin d'origine ! Je vous avais même préparé un plan machiavélique pour l'écraser, avec écrabouillage garanti. »
fronça les sourcils : « N'est-ce pas simplement parce que le protagoniste masculin d'origine avait offensé les autres transmigrées ? »
Sinon, cette folle aurait tué le protagoniste masculin d'origine à vue.
Si avait empêché d'accomplir sa mission, elle s'en serait prise à lui elle aussi, sans hésiter : elle n'était pas une sainte.
Mais ils ne s'étaient même pas encore rencontrés. Pourquoi irait-elle provoquer le protagoniste masculin ? Fallait-il être folle ou dérangée pour aller chercher querelle au favori du Dao Céleste ?
Il n'entrait pas en conflit avec sa quête principale.
À peine eut-elle fini de parler qu'elle sentit un frisson glacé lui descendre sur le crâne.
Aussitôt, une flèche fendit l'air et transperça de part en part le rideau de la voiture dans laquelle elle se trouvait, sifflant au ras de sa tempe.
« Aaaahhh ! Un assassin ! Un assassin ! »
Avant même que ait pu se remettre de la tension ambiante, la voix du système lui perfora les tympans : « Comment ose-t-on, dans le Premier Ciel, s'en prendre au convoi de la famille Ming ! Ils sont fatigués de vivre ?! »
Il faut bien le dire : était vraiment bruyant.
, elle, empoigna l'épée longue qu'elle tenait, en jaugeant son assaillant.
Cette flèche, après avoir traversé le rideau de la voiture, avait tout de même réussi à lui frôler la tempe. Si son propriétaire avait eu l'intention de l'assassiner, cela signifiait qu'il maniait l'arc à la perfection. L'occupante d'origine, après tout, avait une cultivation de fin d'Établissement des Fondations. Bien que le noyau ait changé, l'aura de cette personne ne s'était pas révélée le moins du monde, ce qui indiquait qu'elle était au moins au stade du Noyau d'Or.
Dans le Bas Monde de la Cultivation, le stade du Noyau d'Or était déjà un niveau respectable, qui permettait même de diriger certaines sectes mineures.
Et si le propriétaire de cette flèche n'avait cherché qu'à l'avertir, cela prouvait plus encore que ses talents d'archer étaient hors du commun.
regarda la lettre attachée à la flèche, le cœur envahi par le froid.
« Au sujet de cette rupture de fiançailles, j'espère que Mademoiselle Ming prêtera attention à la gravité de la situation et ne sous-estimera pas . Si vous savez ménager l'honneur de , je vous offrirai une généreuse récompense. »
« Qu'est-ce que c'est que ça ? » hésita .
« La protagoniste féminine, », lâcha en quelques mots, les yeux sur cette écriture délicate.
Comme chacun sait, outre une fiancée qui méprise le protagoniste masculin, le trope du bon à rien devenu dragon arrogant comporte aussi une Sœur Cadette qui a grandi aux côtés du héros.
L'affection profonde de la Sœur Cadette sert à souligner la cruauté de la fiancée, sa mesure à faire ressortir les excès déraisonnables de la fiancée, et son amour pour le héros à accentuer les regrets infinis et le manque de clairvoyance de la fiancée.
En général, cette Sœur Cadette, quel que soit le nombre de femmes que le héros comptera plus tard dans son harem, occupera toujours une place à part dans son cœur.
Une telle personne, on l'appelle la protagoniste féminine.
Et est précisément cette Sœur Cadette-là, cette protagoniste féminine-là.
Après tout, le protagoniste masculin n'est pour l'heure qu'un bon à rien, et personne n'accepterait d'offenser la famille Ming pour lui — personne, sauf la protagoniste féminine, qui lui reste loyale.
La relation entre et le héros peut être considérée comme la seule véritable intrigue romantique décrite dans le roman « Feilong Ao Jiutian ».
Cela dit, elle était mal écrite, elle aussi. Premièrement, n'est pas seulement une Sœur Cadette de la secte Ao Tian, dans le Bas Monde de la Cultivation : elle est aussi la Grande Demoiselle de la Mer d'Azur de Lapis-Lazuli, dans le Haut Monde de la Cultivation. Son rang n'est pas d'un cran au-dessus de celui du héros, il est bien plus haut — et pourtant, elle est tombée amoureuse de ce héros parti de rien.
Deuxièmement, possède un talent exceptionnel, supérieur même à celui du héros. Le livre n'a jamais détaillé sa cultivation, mais elle pouvait défaire sans peine n'importe quel adversaire croisé sur sa route.
Pourtant, dès que le héros était dans les parages, elle se blottissait dans ses bras et se laissait sagement protéger par lui.
Enfin, non contente d'aimer le héros, ne manifestait pas la moindre gêne devant ses autres conquêtes : elle accueillait au contraire toutes ces femmes avec magnanimité.
Elle allait jusqu'à s'occuper des autres pendant leur accouchement et leurs relevailles, d'une vertu à toute épreuve.
Ajoutez à cela la beauté de , et vous obtenez l'amante idéale dont rêve n'importe quel homme.
Devant le héros, se montrait toujours douce, généreuse et compréhensive. Elle n'aurait jamais imaginé être capable de saisir un arc long et de lui décocher des flèches, à elle, pour l'avertir de ne pas aller trop loin.
Dans le roman d'origine, les talents d'archère de n'étaient pas décrits en détail : il était seulement dit qu'elle excellait à l'arc.
Pourtant, est une Cultivatrice de Musique. Son arme est un konghou, et elle se sert d'ordinaire de ses mélodies, en retrait, pour créer un champ de soutien — devenant ainsi le plus remarquable des équipements du héros.
Mais il faut le reconnaître, tirait admirablement. Elle a d'abord envoyé une flèche pour suggérer les conséquences, puis offert une généreuse récompense pour exprimer ses intentions. À un âge si tendre, savoir déployer à la fois la force et la bienveillance : elle est bien la protagoniste féminine du roman.
Dommage, simplement, que la protagoniste féminine du roman ait le cerveau retourné par l'amour.