Changement de termes : jusqu'à présent, l'Église sera nommée Église de l'Ouest.
Cheat sheet des noms de gobelins :
La balise [Gobelin] sert à faciliter les recherches par CTRL+F.
[Gobelin] Gi Ga
Le gobelin de ce groupe isolé qui accompagnait le protagoniste lors de sa victoire sur un orc. Il est actuellement de classe noble, le rang le plus élevé parmi les subordonnés du héros. Il préfère utiliser la lance.
[Gobelin] Gi Gu
[Gobelin] Gi Gi
Connu comme guerrier des bêtes, un gobelin capable d'apprivoiser les animaux.
Il a évolué en chassant les cerfs-lances avec le protagoniste.
Il préfère se servir de la hache. Sa classe gobelin est rare.
[Gobelin] Gi Go
Un gobelin couvert de cicatrices. La nourriture de son horde avait été volée par les loups gris, c'est pourquoi il a choisi de suivre le protagoniste. C'est le plus expérimenté des gobelins rares. Son arme est un katana recourbé. Il adopte les codes du samouraï.
Il vient d'accéder au rang de noble et a reçu la Protection Divine du Dieu de l'Épée, Ra Baruza.
[Gobelin] Gi Za
Le gobelin rare druide qui les a récemment rejoints.
[Gobelin] Gi Ji
[Gobelin] Gi Do
Druide. Utilise la magie du vent.
[Gobelin] Gi Jii
Gobelin Rare. Issu de la fraction de Gi Gu. Il est connu pour son <> qui lui permet de voir les faiblesses de son adversaire.
[Gobelin] Gi Da
Gobelin Rare. Issu de la fraction de Gi Ga. Ses compétences remarquables sont <> et <>.
[Gobelin] Gi Zu.
Gobelin Rare. Le gobelin favori du Dieu Fou Zu Oru. Possède la compétence <>.
[Gobelin] Gi Zo
Druide. Magicien des eaux.
[Gobelin] Gi De
Dompteur de bêtes.
État
Race : Gobelin Niveau 8 Classe : Seigneur ; Chef de Horde Compétences possédées : Souverain de la Horde ; Volonté insurgée ; Hurlement écrasant ; Escrime B+ ; Désir insatiable ; Âme royale ; Sagesse du dirigeant I ; Yeux du serpent bleu ; Danse au bord de la mort ; Œil du serpent rouge ; Manipulation magique ; Âme de guerrier dérangé ; Le Troisième Cantique ; Instinct ; Sagesse du dirigeant II ; Protection divine : Déesse des Enfers Attributs : Ténèbres ; Mort Bêtes subordonnées : High Kobold Hasu (lv1) ; Gastra (lv20) ; Cynthia (Lv20) ; Roi Orc Bui (Lv36) ;
En tête, traçant la voie à travers cette forêt labyrinthique, se tenait Gilmi.
« Nous sommes appelés les gobelins du début », murmura Narsa à mes côtés.
La solennité de sa voix rappelait celle d'une ancienne prêtresse miko.
« On dit que nous, les gobelins, sommes nés du Pays des Morts, dont nous sommes ensuite venus peupler ce monde. »
Parle-t-elle de la Déesse des Enfers, Altesia ?
« La regrettée Deetna, notre mère déesse, notre unique fondation. »
Cela me rappelle la légende dont Reshia avait parlé. Dans ce récit, les dieux souhaitaient le retour de Deetna depuis les enfers. Et elle était revenue, mais… accompagnée de monstres et de bêtes magiques.
À priori, la légende dont parlait Reshia s'était également transmise aux monstres.
Une coïncidence ?
« Mais notre divinité, Deetna, fut vaincue, et celle qui vint régner sur le pays des morts fut Altesia. C'est par le chaos semé dans le monde lors de sa ruée et grâce à sa puissance effroyable qu'elle conquit nos terres. Puis elle défia à nouveau le monde humain. »
Ainsi, vivants et trépassés s'affrontèrent une nouvelle fois, je suppose ?
« Mais nous perdîmes encore. Lorsqu'elle fuya vers ces terres, elle ne nous laissa qu'un seul ordre avant de nous abandonner… Protégez la Forteresse de l'Abîme, déclara-t-elle. Si vous le faites, votre roi naîtra. »
Quelle passion devaient renfermer ces mots pour que tu en sortes littéralement ébranlée en les prononçant ? Qu'y a-t-il vraiment au fond de tes pensées, Narsa ?
« Et quand ce jour pointera, nous nous réveillerons, et nous affronterons les humains une nouvelle fois. »
Cela diffère légèrement du récit qu'avait livré Gilmi.
« Et ? » demandai-je.
Ce prologue est bien trop long. Je veux juste arriver à la fin.
« Les quatre tribus protègent ensemble ce qui est sacré. Ainsi, afin de préserver la Forteresse de l'Abîme, chacun de nous reçut un trésor gardien du Pays des Morts. »
J'entendis des cris provenir du flanc droit, mais je laissai faire Gi Gu Verbenne.
« Ce trésor… constitue leur objectif », précisa Narsa.
Des cris montèrent du flanc gauche, mais les arbres obstruent ma vue… Je n'ai d'autre choix que de leur faire confiance.
« Mais pourquoi seulement maintenant ? » interrogai-je. « La guerre ne datait pas de plus de quatre cents ans ? »
« …Parce qu'ils n'en peuvent plus d'attendre. Ils ont donc décidé de capturer le roi eux-mêmes. »
L'amertume semblait imprégner Narsa.
À cet instant, alors qu'ils ne pouvaient sûrement pas avoir attendu patiemment ces paroles, les gobelins Gaidga firent leur apparition.
« Capturer le roi, hein ? »
Telles des marionnettes sans volonté…
Ce roi, c'est moi.
Quelqu'un placé sur ce trône par autrui n'est pas un roi.
« Gi Za, je te laisse ça en charge », ordnai-je.
« Pas de problème », sourit sans crainte le chef druide, Gi Za, tandis qu'il s'élançait de mes côtés vers la mêlée. Derrière lui suivait un grouillement de gobelins manipulant la magie.
Sous la direction de Gi Za, des vents incolores et une eau bleue frappèrent les gobelins Gaidga.
« Le chef des Gaidga est Rashka, fils de Mishka. C'est mon fiancé. »
Je vois. Ça pourrait peut-être m'être utile.
Narsa se contenta de baisser la tête, sans même chercher à comprendre ce que je pensais.
« Expulsez-les vite et reprenez le village de Ganra ! » commandai-je.
Peu importe… que ce soient ces quatre trésors ou le roi que vous convoitez tous… je reprendrai tout.
Je regardai les gobelins placés sous mon commandement.
« Gilmi, explore les alentours. »
« Oui. »
Les cimes abritaient les gobelins de Ganra. Narsa semblait lutter intérieurement, serrant son petit poing avec force pendant qu'elle observait la scène se jouer devant elle.
Tel un humain… hein ?
Je plissai les yeux en la voyant agir. Pour le meilleur ou pour le pire, traiter avec des humains pourrait bien s'avérer plus facile que de gérer des gobelins.
Puis je tournai le regard vers le champ de bataille sanglant. Là-bas, quelques acclamations retentissaient déjà par endroits.
« Pour le moment, semble-t-il, nous avons atteint notre objectif », murmurai-je.
Gilmi, qui fouillait les environs depuis le haut d'un arbre, descendit rendre compte.
« On dirait que les gobelins Gaidga battent en retraite », informa-t-il.
Je fis un signe de tête affirmatif au milieu du tumulte des gobelins de Ganra.
« Prenez de la nourriture et montez la garde autour de nous… Cette mesure devrait suffire, non ? » dis-je d'un regard froid et impérieux.
Visiblement incapable de soutenir mon regard, Narsa hochait péniblement la tête.
◆◇◆
Si cet air devait être résumé par un seul mot, celui d'« extravagant » serait le plus adapté.
Du marbre poli sur lequel s'étendait une moquette rouge, menant droit vers la pièce la plus profonde où se dressait le trône du roi.
Des tapisseries tissées par les tailleurs les plus doués durant plusieurs années étaient pendues aux murs. Des lustres incrustés de joyaux, illuminant les lieux par la puissance de cristaux magiques, pendaient au plafond. De magnifiques vitraux, mêmes introuvables jusque dans l'Église de l'Ouest, habillaient les fenêtres, faisant miroiter la lumière filtrante sur les hommes présents dans la salle et créant une ambiance rêveuse.
C'était la salle du trône, où le roi recevait ses hôtes. Assis sur ce siège siégeait un vieil homme, connu des nations voisines sous le nom de roi majestueux.
Ashtal Do Gelmion. Il règne sur le royaume situé à l'ouest du continent, dont les frontières s'étendent depuis la Forêt des Ténèbres vers le sud.
Des deux côtés du couloir rouge trônaient les piliers de cette nation : nobles, bureaucrates, soldats et marchands. Ils se tenaient là tels des remparts, sans laisser échapper le moindre frémissement de toux. Dans cette pièce, une seule chose dominait, et rien d'autre que la dignité royale.
« Les chevaliers saints sont arrivés. »
Soudain, dans cette atmosphère tendue, ces mots résonnèrent comme le bris net de quelque chose.
Le roi leva les yeux vers la porte devant lui qui s'ouvrit. Trois hommes vêtus d'armures franchirent le seuil.
Le premier était un homme dans la pleine maturité. Au visage au traits affinés, au dos droit et aux cheveux argentés presque blancs, il dégageait l'image d'un majordome. Pourtant, la vivacité contenue dans son regard infirmait toute telle idée. Tout en caressant sa moustache, il imposait son aura aux alentours.
Le second était un jeune homme. Son regard arrogant balayait les alentours. Son corps massif, bâti comme un roc, était revêtu d'une armure. Sa mâchoire semblait assez puissante pour broyer l'acier, et dans ses yeux bleus férocement perçants burnait une ambition ardente. Même ses cheveux courts semblaient défier le ciel en se hérissant vers les cieux.
Le dernier portait une armure rouge et arborait de longs cheveux. La beauté étincelante de sa chevelure dorée et longue pouvait aisément le faire passer pour une femme. Son corps svelte arborait une peau blanche et porcelaine, aussi pure que si elle n'avait jamais été touchée par le soleil. Bien qu'il ressemblât à une dame, un sourire sarcastique tira ses lèvres tandis que ses yeux étroits survolaient les présents avec mépris.
« Gowen Ranid, Gulland Rifenin et Gene Marlon sont venus répondre à l'appel du roi. »
Tandis que l'homme d'âge mur s'agenouillait devant le souverain, les deux autres imitèrent son geste.
Le roi leva un bras sec comme du bois mort et leur fit signe de se détendre.
« Que demande le roi de nous ? »
Les chevaliers saints constituaient le plus grand atout militaire du royaume. Que trois d'entre sept soient convoqués auprès du souverain… ils avaient parfaitement conscience de l'urgence de la question.
Du sud au sud-ouest s'étendait la Forêt des Ténèbres. Au nord se dressait la chaîne montagneuse du Dieu de la Neige, Yggdrasil. À l'est se trouvait le Saint Royaume de Shushunu. Et au sud-ouest, l'Alliance des Seigneurs. Entouré par toutes ces entités, ce pays estimait la force physique par-dessus tout. Et ceux qui avaient atteint l'apogée de cette puissance recherchée n'étaient autres que les sept chevaliers saints.
« Une requête a émané de l'Église de l'Ouest », annonça le roi.
À ces mots, Gowen, toujours agenouillé, saisit immédiatement la teneur de leur mission.
« Trouvez la sainte », ordonna le roi d'une voix basse.
Chacun des trois acquiesça d'un mouvement du visage.
« Ramenez-la en vie, à tout prix », enjoignit le roi.
« Comme vous le souhaitez ! » répondirent en chœur les trois chevaliers saints.
Satisfait, le roi les congédia.
« Reshia Fel Zeal, la sainte de Zenobia, c'est bien ça ?… Je me demande sérieusement ce qui passe par la tête à ces gens de l'Église. »
C'était un secret, mais la Tour d'Ivoire avait bel et bien exercé une pression sur ce royaume.
La Tour d'Ivoire regorgeait de magiciens et de bureaucrates hors pair. Ainsi, bien que ce royaume comptât également plusieurs sujets exceptionnels parmi ses serviteurs, il n'osait aucunement tourner en dérision la puissance de la Tour.
Et pourtant, cette Tour d'Ivoire ainsi que l'Église de l'Ouest exigeaient une enquête pour retrouver une simple jeune fille.
Une existence à la fois chanceuse et inquiétante.
S'il lui restait un souffle de vie, trouvez-la et ramenez-la.
Alors qu'une flamme pétillait dans les yeux creux d'Ashtal, il esquissa un sourire.
◇◇◇
« Je me demande bien ce que pense notre roi », demanda Gene en marchant tout en jouant avec ses longs cheveux.
Ayant été congédié de l'audience royale, il ne prit même pas la peine de contenir sa langue légère, ni de dissimuler l'impression tortillée qu'il dégageait, un sourire sarcastique accroché aux lèvres.
« Mais toi, t'en as carrément rien à foutre, non ? En tout cas, comment dirais-tu qu'on commence à chercher des proies dans la forêt ? Ça fait un bail que je n'ai pas eu le plaisir de chasser », ricanait sauvagement l'homme connu sous le nom de Gulland.
Chevalier au gabarit impressionnant, surnommé le Chevalier Tempête, personne ne le dépassait dès qu'il s'agissait de manier une grande épée.
« Qu'en penses-tu, vieux ? » plaisanta Gene avec un sourire au chevalier aîné qui marchait en tête de groupe.
Gowen, l'aîné des chevaliers saints, et celui qui supposait détenir le palmarès le plus garni parmi eux.
« …La Tour d'Ivoire et l'Église l'ont évidemment poussé à y aller », lâcha Gowen en jetant un coup d'œil aux deux hommes qui suivaient.
Ce regard qu'il leur adressa… ce n'était pas avec lucidité qu'il les contemplait, non. Il les fixait plutôt avec une froideur extrême. C'était un regard glacial qui semblait scruter quelque chose d'absolument sans valeur.
Le sourire de Gene se contracta.
« Comme on s'y attendait du Chevalier au Bras Puissant, tes yeux sont extraordinaires. En réalité, ton regard me semble presque inhumain », lança Gene en fixant Gowen avec une pointe de raillerie.
En y regardant de plus près, on aurait découvert que la main gauche de Gowen n'était autre qu'un membre métallique, brut et fonctionnel.
Quand Gowen cessa de marcher, Gene fit de même et pris rapidement ses distances.
« Tu veux tenter le coup, vieux ? Ma Fefire est rapide, tu sais ! » dit Gene en posant doucement les mains sur le fin fleuret fixé à sa hanche.
Ses mouvements étaient fluides et, pour être effrayant, il ne laissait aucune ouverture. Il était toujours prêt. Prêt à accueillir n'importe quelle proie venant fondre sur lui.
« Nous devons cesser ceci. Il n'y a rien de profitable à se battre entre nous, même si cela amuse Gulland », déclara Gowen d'une voix inexpressive en posant son regard sur l'homme athlétique et imposant.
« Quoi, tu refuses ? Alors que je pensais pouvoir tuer le blessé », rit Gulland d'un ton bas pendant que Gene haussait les épaules.
« Tu es juste nul en analyse psychologique », lâcha Gene.
À ces mots, Gowen reprit sa marche. Gene et Gulland échangèrent un regard furtif, puis eux aussi reprirent leur progression.
Se chamailler ici ne leur porterait que du tort.
S'ils comptaient se battre, autant le faire dès le départ et remporter la victoire. Tous deux étaient parfaitement conscients que c'était là la meilleure démarche à adopter.
« La princesse otage, Reshia Fel Zeal, c'est bien ça ? Pour l'instant, pourquoi ne partons-nous pas la délivrer ? »
Tandis que Gene l'annonçait sur un ton désinvolte, les deux autres hochèrent vaguement la tête.
Note de l'auteur :
J'ai un peu modifié le point de vue et intégré un récit provenant du royaume humain.
Les méchants, c'est vraiment charmant, non ?