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Goblin Kingdom

Chapitre 384

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Chapitre 384

Chapitre 384

Chapitre 384/39298%~9 min de lecture1 682 mots

C'était au pied d'une montagne, assez haute pour fendre les cieux, dans l'obscurité d'une grotte d'où ne se voyait qu'un rocher noir d'encre, que vivaient les gobelins Gaidga. De là, à trois jours vers l'est se trouvait le Village de Ganra, Forêt Inconnue. Et à deux jours au sud s'étendaient les plaines et les forêts où se situait le Village Paradua.

« Voilà donc le foyer des Gaidga. »

Épiant depuis la forêt, nous pouvions voir les larges silhouettes des gobelins Gaidga entrer et sortir de la grotte sans cesse.

Tout en observant, je remarquai que les gobelins Gaidga transportaient un Grand Cornu.

« C'est la nourriture de base des gobelins Gaidga, le Grand Cornu », dit Gilmi.

Je remerciai Gilmi d'avoir ajouté cette explication avec nonchalance pendant que nous continuions d'observer les Gaidga.

Ce qui attira vraiment mon attention, ce fut ce trou béant sur la poitrine du Grand Cornu. L'attaque qui avait laissé ce trou béant avait dû être mortelle. Ce n'était définitivement pas l'œuvre de la force d'un gobelin ordinaire. Sans compter que ce trou était gros comme un jeune gobelin.

Si cette attaque provenait de l'un des Gaidga, alors je pense les avoir un peu sous-estimés.

On pourrait dire que la raison pour laquelle nous gagnions jusqu'ici, c'est que ce gobelin n'était pas encore apparu.

« Le chef est-il le gobelin le plus fort des Gaidga ? » demandai-je.

« Cela devrait être le cas. Enfant de Mishka, Rashka. Même parmi les quatre tribus qui administrent leurs rituels vénérés des portes des enfers, il devrait être le plus fort. »

Avant que je m'en rende compte, je souriais.

'Hé bien, voilà qui est intéressant.'

Rashka des Gaidga.

'Si nous menions un combat de force, vas-tu perdre ?'

Tandis que je pensais cela, je donnai le signal à mes subordonnés.

Et nous marchâmes en silence, nous approchant furtivement de cette grotte noire pour l'assiéger.

À la lisière de la forêt et des bois se trouvait le foyer des Paradua. Il n'était pas difficile de comprendre pourquoi ils avaient choisi cet endroit pour s'installer. C'étaient des gobelins, donc bien sûr, ils avaient bâti leurs demeures dans la forêt. Mais en les construisant près de la lisière, là où se trouvaient les plaines, ils pouvaient chasser facilement pour se nourrir.

Comparée à la caverne des Gaidga et à la forteresse naturelle des Ganra, la demeure des Paradua faisait défaut en matière de défense. Certes, ils pouvaient avoir des palissades autour de leur village, mais au final, celles-ci n'étaient faites que pour empêcher les bêtes à l'intérieur de s'enfuir trop facilement.

C'était un aménagement qui ne prenait pas les ennemis en compte. Mais ce n'était pas étrange, après tout, dès qu'une bataille éclatait chez les Paradua, tous leurs gobelins combattaient sur le dos de leurs bêtes de monte, car chaque gobelin des Paradua se voyait confier une bête à la naissance, pour la monter une fois qu'il était en âge.

Combattre sur le dos d'une bête offre une grande mobilité, mais c'est quelque chose de complètement étranger au concept de tenir un château. En fait, il vaudrait mieux simplement fuir avec elles, au lieu d'essayer de défendre un siège.

C'est pour cela que le village des Paradua ne possède aucune défense valable.

Et c'est ce même village qu'un grand gobelin venu des Gaidga visita.

On voyait pendre à son cou un collier noir et épineux. Ce collier n'était autre que le trésor des Gaidga, le Collier de Colère Vidol.

C'est un collier qui peut augmenter la force de son porteur. C'est à la fois un trésor et la preuve du statut de chef.

Dans ses mains se trouvait une massue de la taille du gros tronc d'un arbre. Elle était effilée au bout comme une lance, si bien qu'on aurait pu la dire lance en bois, n'était sa taille énorme.

Ses mâchoires puissantes semblaient pouvoir avaler tous les gobelins autour de lui. Aucun sourire ne figurait sur son visage, juste une ligne droite. Et dans ses yeux brillait un éclat sombre, brûlant, semblant exister avec ces rides profondes entre ses sourcils dans le seul but de toiser ses subordonnés et ses ennemis.

Une corne unique pointant vers les cieux ornait son front. Et avec sa peau, brune, il était soit de classe noble, soit de classe duc. Le gobelin le plus fort des quatre tribus subissait actuellement la colère du chef des Paradua.

« Et ? Comment vas-tu réparer cela ? »

Le regard déjà âgé d'Aluhaliha transperça violemment le grand gobelin se tenant devant lui.

Aluhaliha ne broncha pas le moins du monde face à ce gobelin qui ne semblait pas différent d'un rocher inamovible.

En fait, il était si grand que même s'il s'effondrait, Aluhaliha devrait encore lever les yeux. Pour cette raison, Aluhaliha n'avait d'autre choix que de monter sur sa bête de monte, rien que pour rencontrer le regard de ce gobelin géant.

« Désolé. »

Une voix grave, portant des excuses, parvint aux oreilles d'Aluhaliha.

La raison de leur dispute était la défaite lors de la bataille contre les Ganra.

Bien que Rashka ait pu tout laisser à Aluhaliha, une partie des gobelins Gaidga s'en étaient tout de même allés attaquer les Ganra, mais avaient été repoussés. Et puis, juste au moment où les Paradua étaient en train d'exiger la reddition des Ganra, ils furent repoussés à nouveau.

« Prouve-le. »

Aluhaliha ne faisait que suivre les paroles de Rashka, et ses hommes ne faisaient que suivre l'officier des Paradua, donc Aluhaliha veut que Rashka lui donne la tête de ce gobelin en guise d'excuses.

« Je ne peux pas. »

Mais c'est impossible pour Rashka. Parce que le gobelin en charge, Riweka, était déjà mort. Et les gobelins qui avaient réussi à survivre étaient tous de bas rang, donc ils ne pouvaient pas prendre la place de Riweka.

« Gamin, tu me prends de haut ? »

Bien sûr, Aluhaliha ne laisserait pas cette affaire en l'état. Il est, après tout, un autre chef menant sa propre tribu. S'il laissait passer cela sans recevoir les excuses de Rashka, son image de chef serait ternie. La décision de former une alliance avec les Gaidga venait surtout de lui. Si Aluhaliha échoue à montrer la valeur de cette décision sous un bon jour, le prochain chef pourrait bien le piétiner.

« Je te donnerai trois Grands Cornus. »

Les grands cornes que mangeaient les gobelins Gaidga avaient diminué récemment.

« …Très bien. Mais si une chose pareille se reproduisait… »

« Tu n'as pas à t'inquiéter pour ça. »

L'orgueilleux Aluhaliha n'avait formé une alliance avec les Gaidga que pour assurer la survie de sa tribu. Leurs réserves de nourriture diminuaient ; leurs bêtes se faisaient plus rares… S'ils continuaient à ce rythme, leur tribu serait sûrement en danger. Sentant cela, Aluhaliha abandonna sa fierté.

Il étouffa son propre cœur, et piétina sa foi en échange de nourriture.

Bien que ce ne soient que trois grands cornes, compte tenu de l'état du village, c'est encore une importante source de nourriture.

« Assez sur ce sujet. Qu'allez-vous faire ensuite ? »

Aluhaliha, qui était de mauvaise humeur, changea de sujet, lançant un regard acéré vers Rashka en posant cette question.

« Nous attaquerons les Ganra à nouveau. Je rassemble les subordonnés que j'ai dispersés. Je veux qu'ils y aillent cette fois. »

Aluhaliha renifla en direction des Ganra.

« Une bataille d'anéantissement, hein ? »

Tandis qu'Aluhaliha prononçait ces mots, un gobelin solitaire apparut dans son esprit.

C'était ce gobelin qui se tenait derrière la princesse des Ganra, Narsa. Avec trois cornes, une peau grise, et même une queue… cette apparence majestueuse n'avait rien de comparable aux autres gobelins. Et avec cette grande épée qu'il portait sur son épaule, l'aura qui l'entourait était d'un tout autre niveau.

Sans compter la netteté dans ce regard brûlant du sien… Aluhaliha ne savait pas pourquoi, mais pour une raison quelconque, ce gobelin avait le pouvoir de faire bouger son cœur par ses mots.

Si l'on devait mentionner une existence « à part » des gobelins normaux, une seule existence viendrait à l'esprit. Et c'est : un roi.

Était-ce le roi qu'Aluhaliha et Rashka attendaient ? Ou n'était-il qu'un imposteur ? Non, il était encore trop tôt pour que ce salut vienne.

« Connais-tu le nom du gobelin qui est venu en aide aux Ganra ? » demanda Aluhaliha. Il voulait savoir… ce que ce gobelin, semblable à un rocher, pensait de lui.

« Non, ce genre de personne… »

« Chef !! »

Un gobelin solitaire courut vers eux, écumant.

« Que fais-tu devant un invité !? »

Aluhaliha hurla, mais au fond de lui, il était troublé. Pour que son subordonné soit paniqué à ce point… ce n'était pas une mince affaire.

« Le village des Gaidga est attaqué ! »

Ni Aluhaliha ni Rashka ne purent s'empêcher d'écarquiller les yeux.

« Kuzan a-t-elle bougé !? »

Ce qu'ils craignaient le plus, c'était le mouvement des gobelins Gordob isolés au nord.

Mais…

« L'ennemi, ce sont les Ganra ! Et les gobelins venus de l'extérieur ! »

« Quoi !? »

« Notre discussion s'arrête là. Je rentre. »

Même cette voix d'ordinaire calme de Rashka ne put s'empêcher de laisser transparaître une pointe d'impatience. L'entendant, les lèvres d'Aluhaliha se courbèrent.

« Comment l'ennemi s'est-il nommé ? »

« Il ne s'est pas nommé en particulier. Il a juste exigé que nous nous soumettions au roi. »

« Absurde ! »

Des fissures apparurent sur cette massue familière de Rashka.

« Un roi ? Maintenant, de tous les moments !? »

Dans sa colère, Rashka frappa sa massue contre le sol, provoquant des tremblements dans toute la zone.

« Je viendrai avec toi », dit Aluhaliha. « Gamin, appelle les autres. Nous partons en guerre ! »

C'est déjà trop tard.

Une fois le rideau de la guerre levé, il ne retombera pas avant qu'un côté ne soit anéanti.

« Attaquez les Ganra ! »

Les paroles d'Aluhaliha résonnèrent dans tout le village. Et immédiatement, les cavaliers des Paradua se rassemblèrent.

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