C'était aussi Yoshu qui parvint à saisir des informations sur l'ennemi au front, sur les lignes arrière.
Cette information leur parvint alors que le mois de Tiga touchait à sa fin.
Les aventuriers, supposés constituer la force principale de l'ennemi, se déplaçaient vers l'est depuis l'ouest.
Gilmi, qui recherchait l'ennemi au sud, fit déplacer son armée vers le nord dès qu'il reçut cette information. Ils ne purent déterminer quelle route empruntaient les aventuriers, mais Gilmi mena quand même son armée vers le nord de toutes ses forces.
Les soldats rassemblés à Fanzel sous les ordres de Gilmi accélérèrent tous le pas sans dire un mot.
Le village de la tribu Ganra avait été réduit en cendres, plus de dix villages humains avaient été pillés, et même deux villages demi-humains avaient été détruits. La tribu Ganra en particulier, ceux sous les ordres de Gilmi, cherchaient l'ennemi les yeux injectés de sang.
Il fallut encore sept jours avant qu'ils ne trouvent l'ennemi.
Gilmi confia un groupe de soldats à Shumea, un autre à Gi Zu Ruo, et en mena un lui-même. C'est ainsi qu'ils divisèrent leurs forces en trois pour rechercher l'ennemi. Shumea reçut l'unité entière de défense des frontières à intégrer, tandis que Gi Zu disposait de l'infanterie lourde des orcs. Quant à Gilmi, il avait la tribu Ganra, un petit nombre d'humains, et les demi-humains brûlant de colère après avoir vu leurs villages réduits en cendres. Chacun disposait également d'une partie de la cavalerie du clan Leon Heart.
La cavalerie du clan Leon Heart partit en reconnaissance, et quand elle revint pour communiquer à Gilmi le nombre de l'ennemi, Gilmi envoya un messager aux deux autres groupes et gravit une colline d'où ils pouvaient surplomber l'ennemi.
L'endroit était une région vallonnée plus à l'est que les marches du nord. Ils les rattrapèrent dans la zone s'étendant entre la lisière de la région parsemée de forêts et la zone vallonnée.
Les ennemis en contrebas étaient au nombre de 1 500.
Les forces derrière lui ne comptaient même pas 1 000 hommes.
Gilmi ferma les yeux un instant et poussa un profond soupir.
Il supportait les critiques parmi ses frères.
Il supportait aussi les critiques du peuple qui le traitait d'incompétent.
Il endura même les cris de ressentiment de ceux qui avaient été pillés et tués. La vue de son foyer calciné, celle de ses frères mourant avec regret, il ferma les yeux, et un instant, tous ces souvenirs défilèrent dans son esprit, puis… il les rouvrit.
« Je vous tiens ! »
Deux mots et un sourire féroce, mais ces mots étaient si chargés d'intention qu'ils auraient pu s'exprimer en un million de mots.
Il en allait de même pour la tribu Ganra derrière lui.
Avec une haine pareille à de la joie, Gilmi ordonna aux demi-humains de charger. Et comme si ses frères ne pouvaient attendre une seconde de plus, ils encochèrent leurs flèches sur leurs arcs.
« Prenez ça, humains ! »
Les flèches s'envolèrent vers le ciel et s'abattirent sur les humains. Gilmi n'eut pas à donner d'ordres les uns après les autres pour que sa tribu le suive. Pas besoin de mots tandis qu'ils poursuivaient son dos.
Pendant ce temps, la cavalerie du clan Leon Heart fit un long détour par le champ de bataille et galopa pour bloquer le chemin de l'ennemi.
Ils étaient résolus à ne laisser partir aucun de ces hommes, mais il y avait encore un écart de force pour les affronter de front.
Les flèches descendantes de Ganra semblaient possédées par la volonté de Ganra elle-même alors qu'elles déchiraient les aventuriers, chair et armure confondues. Les crocs et les centaures, dont les villages avaient été attaqués, brûlaient d'une soif de vengeance folle tandis qu'ils chargeaient vers les aventuriers.
Quand les crocs perdaient leur bras droit, ils utilisaient le gauche. Quand les deux bras étaient perdus, ils utilisaient leurs crocs pour mordre les aventuriers.
Même quand leurs jambes étaient blessées, ils rampaient vers leur ennemi et luttaient corps à corps pour les traîner au sol. Face à une telle folie, où il semblait que la tribu des Crocs (Loup-garou) se battrait jusqu'à la dernière goutte de sang dans leurs veines, les aventuriers ne purent s'empêcher de chanceler.