« Gi Zu, repliez-vous sur l'aile droite ! Gi Gu, en avant ! »
Le Roi Gobelin donna ses ordres aux gobelins, et ceux-ci parvinrent à combattre en reculant avec succès.
Il menait le combat contre Pena en ciblant leurs points faibles, mais comme prévu, ils ne pouvaient pas infliger autant de dégâts à l'ennemi tout en battant en retraite.
Pena comptait également des soigneurs parmi les rangs de son arrière-garde, et les blessés y étaient immédiatement amenés pour être soignés.
De plus, comme l'armée ennemie était composée d'aventuriers, habitués à combattre monstres et bêtes monstrueuses, ils étaient rompus à la blessure.
Les gobelins auraient sans doute eu bien plus facile face à une armée composée בעיקר de conscrits jadis paysans, mais malheureusement, les aventuriers étaient tout simplement trop familiers de la mort. Et en tant qu'épées à louer, ils étaient aussi habitués aux effusions de sang entre humains.
C'est pourquoi, même lorsque la bataille atteignit un point où les humains auraient dû commencer à reculer, ils ne le firent pas. Et au lieu d'avoir peur, ils chargèrent bravement.
Le Roi Gobelin devenait graduellement impatient, mais il ne voulait pas que cela se voie sur son visage, aussi poussa-t-il un grand hurlement et fit-il tournoyer sa grande épée.
À ce rythme, ne finiraient-ils pas par rattraper les terres frontalières qu'ils avaient délibérément laissé partir devant ?
Le Roi Gobelin se tenait en première ligne, combattant vaillamment contre les humains, mais il ne pouvait pas saisir l'état de la bataille.
Les aventuriers se dressaient devant lui, et il les détruisait avec sa grande épée, mais même lui commençait à fatiguer.
Malheureusement, il ne pouvait pas quitter les premières lignes, car sans lui, le front s'épuiserait assurément sur-le-champ et serait forcé de reculer.
Bien que les classes duc et noble fussent également présentes, seul le Roi Gobelin pouvait réellement mener l'armée.
En d'autres termes, la seule raison pour laquelle ces hordes de gobelins parviennent à fonctionner comme une armée, c'est que le Roi Gobelin est là pour les mener.
Sans lui, seule la destruction attendait les gobelins.
Le Roi Gobelin refoula son impatience dans un coin de son cœur tandis qu'il se concentrait à faire tournoyer sa grande épée contre l'ennemi.
La bataille avait commencé quand le soleil était à son zénith, mais le temps passa, et maintenant il penchait vers l'ouest.
La nuit était l'heure des monstres. Le Roi Gobelin croyait que s'ils devaient faire un mouvement, ils devaient le faire dans les circonstances les plus avantageuses possibles.
◆◇◆
Le chef des forces de Pena, Allen, continuait de recevoir des rapports de pertes qui donnaient envie de détourner les yeux, mais les résultats étaient tout aussi grands.
Ils repoussaient progressivement les forces gobelines dans un coin.
Bien que les premières lignes des gobelins ne se soient pas effondrées, celles-ci reculaient graduellement.
Allen croyait que c'était parce que la puissance de ses forces était supérieure.
Bien sûr, il n'avait aucun moyen de savoir que les gobelins protégeaient les gens des terres frontalières. Même s'il avait reçu un tel rapport, il n'aurait pas pu le croire.
Pour en finir avec cette bataille, il mènerait les Chevaliers Bleus et achèverait l'ennemi une bonne fois pour toutes.
Tous les Chevaliers Bleus croyaient que c'était ce qu'Allen ferait.
Cependant, il était presque l'heure pour la déesse des ténèbres, Verdna, de déployer ses ailes et d'accueillir l'heure du dieu de la nuit, Ya Jansu.
Tout s'était bien passé pour eux jusqu'ici, donc la bataille décisive serait difficile.
Un faux pas et tous leurs efforts seraient réduits à néant.
Allen était perplexe.
Devaient-ils braver les dangers de la nuit et attaquer les gobelins ? Ou devaient-ils redoubler de prudence et attendre le lendemain avant d'attaquer ?
Mais d'un autre côté, s'ils attendaient demain, les gobelins pourraient bien récupérer. Ou ils pourraient même s'enfuir. Allen ne pouvait s'empêcher de penser de telles choses tandis qu'il observait le champ de bataille à la recherche d'une opportunité.
Bientôt, un messager à cheval arriva jusqu'à lui.
« Renforts du royaume d'Elrain ! 6 000 cavaliers ! » dit le messager.
Quand les chevaliers bleus et les aventuriers environnants entendirent cela, ils s'agitèrent.
La victoire était à portée de main ! Le moral monta à son comble.
Mais si le Roi Rouge battait les gobelins ici, la reine respectée d'Allen en serait affectée.
Ce n'était pas une bataille qu'ils pouvaient laisser au Roi Rouge. Ils devaient la gagner par eux-mêmes. Seulement alors elle aurait un sens.
Dans ce cas, il pourrait être nécessaire de rassembler tous les chevaliers bleus et d'attaquer.
Allen considéra son prochain coup tout en regardant les aventuriers combattre les gobelins.
« Combien de temps avant leur arrivée !? » demanda Allen.
« Environ deux heures ! » répondit le messager.
La silhouette du Roi Rouge fonçant follement dans l'obscurité du crépuscule traversa l'esprit d'Allen.
Allen prit sa décision.
« Écartez les ailes. Encerclez les gobelins », ordonna-t-il enfin.
« Nous allons... !? » demanda l'adjoint d'Allen.
Allen hocha la tête.
« Nous attaquerons de toutes nos forces. Préparez-vous dans trente minutes ! Les Chevaliers Bleus contourneront par l'aile droite et semeront le chaos dans l'arrière-garde ennemie ! Nous tenons enfin les monstres par les talons ! Nous n'allons pas donner ça au royaume d'Elrain ! »
Alors que le moral montait en flèche parmi les forces de Pena, la formation de leur armée commença à prendre la forme d'un oiseau déployant ses ailes.
Tandis que la bataille entre les forces de Pena et les gobelins se poursuivait, chaque camp prenant tour à tour le dessus, l'avant-garde du Roi Rouge menée par Saldin se dirigeait vers les gobelins.
« Qu'ont dit les éclaireurs !? » hurla Saldin depuis son cheval.
« Le camp de Pena est à une demi-journée vers l'ouest », lui répondit son ami de confiance.
« Salauds ! On accélère ! »
Saldin donna un léger coup de talon dans le flanc de son cheval en exhortant son armée à aller plus vite.
« Ceux qui ne peuvent pas suivre, suivez plus tard ! On attaque les gobelins avec Pena sur les deux flancs ! Ne prenez pas de retard, cavaliers ! »
Les forces que menait Saldin étaient les aventuriers et soldats ayant survécu à la défaite de Razuel. Ils étaient 5 000. Il avait aussi les soldats donnés par le vieil enchanteur, Grave, ajoutant encore 1 000 cavaliers sorciers (garde de mana) à ses effectifs.
Le peloton de la garde de mana pouvait être considéré comme l'enfant précieux de Grave. Donc, le fait qu'il ait accepté de les prêter à Saldin montrait à quel point il attendait de lui.
« Vers l'ouest ! »
Saldin pointa son épée vers l'ouest tout en tirant sur les rênes pour changer de direction.
« On leur prendra la tête à ces gobelins ! »
Parce que Saldin était plus enflammé que d'habitude, le moral de l'armée s'en trouva naturellement relevé.
« Une récompense sera donnée à la première lance ! Je négocierai personnellement avec notre chef de clan, Brandika, pour l'obtenir ! » dit Saldin en brandissant son épée au-dessus de sa tête.
Saldin prit la tête en chevauchant, des voix hurlant de joie tandis que les aventuriers et soldats le suivaient derrière.
Deux heures plus tard, les ailes de la déesse des ténèbres avaient déjà recouvert les alentours, et des voix de combat pouvaient être entendues plus loin.
La moitié des soldats de Saldin était restée en route, mais Saldin ne pensait pas que ce fût un problème.
« Gardes de mana, lancez des boules de feu à mon ordre ! Vous les tirerez en salve trois fois ! »
Saldin plissa les yeux en essayant de percer l'obscurité devant lui.
« Maintenant ! Visez le ciel et tirez ! »
Les gardes de mana visèrent le ciel et lancèrent leurs boules de feu.
La moitié des mille gardes de mana projeta leurs flammes haut dans les airs.
En un instant, les flammes illuminèrent les alentours, soulevant le voile de l'obscurité et mettant à nu le spectacle terrifiant qu'était le champ de bataille.
Saldin pensa du mal des forces de Pena qui s'étendaient vers les deux ailes. Pendant ce temps, il fit faire le tour à gauche à toute son armée.
« Dites aux abrutis de Pena qu'on s'occupe de celui-ci ! » dit Saldin à un soldat proche avant de repartir. Il n'attendit même pas la réponse du soldat.
« En avant ! » hurla Saldin.
L'éclat de la lumière des boules de feu se refléta sur la longue épée de Saldin, transformant cette épée en torche pour que les soldats la suivent.
« Deuxième salve ! Tirez comme la dernière ! »
Lorsqu'ils passèrent le campement de Pena, les gardes de mana tirèrent une autre salve.
Les commissures de la bouche de Saldin se relevèrent en voyant les gobelins et les aventuriers se battre.
Alors qu'il affichait ce sourire de bandit, il serra plus fort son épée.
« Après la dernière salve, vous, les bâtards, vous rompez ! Compris !? » ordonna Saldin aux gardes de mana.
L'adjoint du peloton de Grave acquiesça, et Saldin se détourna avec de la folie dans les yeux.
« Troisième salve. Qu'ils l'aient, ces gobelins !! »
700 boules de feu s'élevèrent dans le ciel avant de redescendre et s'écraser sur les flancs de l'armée gobeline. Alors qu'un mur de flammes s'élevait, Saldin ordonna le début de la charge.
« Charge !! »
Des nuages de poussière s'élevèrent derrière la force de 2 000 cavaliers de Saldin alors qu'ils commençaient leur charge.
« WuoOOOoooOOO ! »
Avec une grande vigueur, le Roi Rouge commença sa charge.
Mais le régiment de Gi Jii Yubu n'allait pas se laisser brûler et embrocher sans réagir.
Ils s'équipèrent de grands boucliers pour minimiser les dégâts des boules de feu, puis quand les cavaliers de Saldin commencèrent à charger vers eux, ils dressèrent leurs lances.
« Ils arrivent ! Poussez ! »
Au commandement de Gi Jii, ils posèrent leurs grands boucliers et tinrent leurs lances à deux mains en courant à la rencontre des cavaliers arrivants.
« GURUUuoAA ! »
Chaque armée poussa un cri de guerre.
Les rugissements s'entrechoquèrent, l'air même trembla, et des chevaux volèrent dans les airs tandis que des membres de gobelins voltigeaient dans le ciel.
« Ne reculez pas ! Repoussez-les ! »
Gi Jii Yubu le démon de la bataille encouragea les gobelins et ils se battirent de toutes leurs forces. Malheureusement, la différence de nombre était simplement trop grande.
Les forces que menait Gi Jii ne comptaient plus que 300 après tous les combats qu'ils avaient traversés.
Avec un tel écart de nombre, Gi Jii n'eut d'autre choix que d'ordonner la retraite après avoir seulement un peu repoussé l'ennemi.
Pourtant, ils avaient réussi à jeter de l'eau froide sur l'enthousiasme ennemi et à ralentir leur élan, donc leur attaque pouvait encore être qualifiée de succès.
Le Roi Gobelin profita de l'ouverture créée par l'armée de Gi Jii pour commander l'armée.
« Gi Gu, reculez mais ne laissez pas le front s'effondrer ! Rashka, on va à gauche. Suivez-moi ! »
Sur l'ordre du Roi Gobelin, Rashka et sa tribu Gaidga firent face à la cavalerie devant eux, tandis que le Roi Gobelin lui-même prit les soldats sous son commandement direct pour affronter la cavalerie partant à gauche.
Gi Go Amatsuki le roi de l'épée et les autres devinrent comme deux lances en perçant le camp ennemi, tandis que l'attaque féroce de la tribu Gaidga élargit le trou qu'ils avaient percé.
Après avoir temporairement émoussé l'élan ennemi, le Roi Gobelin jugea qu'ils ne pourraient pas survivre à une attaque sur deux fronts.
Ils ne pouvaient plus attendre. Ils devaient battre en retraite maintenant. Alors il ordonna à toute l'armée de se replier.
« Gi Zu ! Gi Jii ! On replie toute l'armée ! Tenez l'ennemi ici ! »
« Selon les ordres du roi ! Relevez-vous, gobelins ! »
Le peloton le plus épuisé n'était autre que celui de Gi Gu, mais quand même, Gi Gu prit la tête et attaqua les aventuriers.
Les gobelins de classe rare le suivirent depuis l'arrière. Chacun agissant exactement comme on l'attendrait des subordonnés de Gi Gu, attaquant avec une coordination parfaite.
Leurs haches tachées de sang s'abattirent sur les crânes de leurs ennemis. Et quand ils jugèrent que l'élan ennemi s'était affaibli, ils firent demi-tour.
Pour protéger l'arrière, Gi Zu et Gi Jii prirent les flancs des clans dispersés qui les attaquaient, puis ils reculèrent encore plus loin.
Le Roi Gobelin lui-même protégeait la partie la plus arrière de leur ligne tandis que les gobelins fuyaient dans l'obscurité.
« Pas encore. C'est pas fini ! » cracha Saldin depuis son cheval, couvert de sang gobelin. « Dites aux pelotons qui nous suivent ! Pas le temps de se reposer ! On les poursuit ! »
Les pelotons restés en arrière venaient juste de rattraper. Saldin avait prévu à l'origine de les mettre en formation à leur arrivée, puis de les jeter dans la bataille.
Mais si les gobelins étaient en retraite, c'était différent.
Maintenant que Saldin pouvait sentir la victoire à l'horizon, il allait poursuivre les gobelins.
« Dites aux tortues stupides de Pena de courir après les gobelins ! Notre signal sera les boules de feu ! »
Après avoir envoyé un aventurier proche comme messager, Saldin prit les pelotons qui venaient d'arriver et se mit à partir vers le nord.
Il étala la garde de mana que Grave lui avait confiée, puis, alors que l'obscurité de la nuit était illuminée, il pourchassa les gobelins.
Note du traducteur : Je ne suis pas sûr si j'ai appelé Gi Go Amatsuki un dieu de l'épée pendant un moment, mais il est en fait censé être un roi de l'épée, pas un dieu.
Aussi, j'ai mentionné il y a très très très longtemps quelque chose à propos des Chevaliers Bleus étant supposément des Chevaliers Poulets Bleus, mais bien que ce soit vrai kanji-sage (ils sont littéralement chevaliers oiseau bleu ou chevaliers poulet bleu. Je suppose qu'un poulet est un oiseau, donc…), la lecture que l'auteur a fournie est « Chevaliers Bleus ». Donc, pas d'erreur là, apparemment. C'est juste que la lecture correcte n'est pas présente la plupart du temps, donc parfois j'oublie que l'auteur a fourni une lecture pour un certain kanji.
Une bataille de retraite en portant les soldats blessés ne pouvait qu'être difficile.
Les chevaux de la cavalerie ennemie étaient rapides, et si les gobelins possédaient une endurance exceptionnelle, ils étaient tout de même à pied.
Peut-être que s'ils combattaient dans la forêt, ce ne serait pas si grave, mais le problème était qu'ils combattaient actuellement dans les plaines.
Le handicap d'être à pied face à des montures était simplement écrasant.
Les gardes de mana qui semblaient agir comme éclaireurs illuminaient le ciel nocturne de leurs boules de feu chaque fois qu'ils repéraient les gobelins.
Même le Roi Gobelin ne pouvait éviter de subir des pertes face au déferlement successif de cavaliers chaque fois qu'ils étaient repérés.
Les gobelins devaient combattre en reculant, puis quand ils avaient creusé un peu de distance, ils réorganisaient leurs pelotons, puis ils reculaient à nouveau.
Heureusement, c'était actuellement la nuit. Donc, les gobelins n'avaient besoin que d'un peu de distance pour que les humains les perdent de vue.
Malgré cela, leurs plans d'aller vers le nord par la route la plus courte furent complètement ruinés par le commandement d'Allen sur les Chevaliers Bleus, qui ne cessaient de leur couper la route.
Le commandant-chevalier Allen savait déjà que les gobelins voulaient utiliser la route la plus courte pour rejoindre la région occidentale.
Et avec les Chevaliers Bleus de Pena et les cavaliers du Roi Rouge attaquant les gobelins simultanément, la force principale qui aurait dû être protégée se retrouva au contraire à attirer l'ennemi vers elle.
Bien que l'Ordre des Chevaliers Bleus ait été à moitié détruit lors de la dernière bataille, ils étaient encore largement connus comme l'élite de l'élite.
Un ordre de chevaliers tel que celui-ci, qui portait la dignité de son pays sur ses épaules, ne pouvait pas avoir un soldat lâche parmi ses rangs. C'est pourquoi ils cherchaient sans crainte les gobelins et les attaquaient.
Menant les Chevaliers Bleus n'était nul autre qu'Allen, qui avait juré de venger la mort du défunt commandant-chevalier, Aizas. C'était un tabou pour le commandant en chef de toute une armée de mener une charge lui-même, mais Allen brisa délibérément ce tabou pour relever le moral de ses soldats.
Cependant, Allen n'était pas réellement assez naïf pour penser que cela suffirait à vaincre les gobelins. Après tout, il avait encore l'armée mixte menée par les aventuriers avec lui. En tant que tel, il priorisait la recherche des gobelins et l'évitement d'une confrontation directe pour réduire lentement leurs effectifs.
Allen exploitait habilement la mobilité de leurs chevaux des sables pour exécuter une stratégie de frappe-et-fuite à répétition. De plus, comme il devait mener les pelotons d'armée manqués aussi, les capacités d'Allen en tant que leader s'améliorèrent régulièrement.
Les Chevaliers Bleus suivaient les gobelins comme une ombre et continuaient de les forcer à changer leur chemin de retraite, mais les forces du Roi Rouge ne savaient pas cela, et elles continuaient de se diriger vers le nord.
À cause de cela, quand la force principale des gobelins fit campement dans la nuit, pensant que les humains devaient s'être épuisés, ils finirent par entrer en conflit avec les forces du Roi Rouge.
Gi Za Zakuend, le gobelin de classe sorcier, était celui au commandement, car les gobelins montés de Paradua et les gobelins furtifs de Gi Ji Arsil étaient chargés de surveiller les environs.
Quand Gi Za Zakuend découvrit que les humains s'approchaient d'eux, il ordonna immédiatement à l'armée d'avancer vers le nord.
« Envoyez un messager au roi ! Seigneur Hal, je vous laisse ça ! » dit Gi Za.
Gi Za demanda à Hal de porter le message car il était de la tribu Paradua. Et la tribu Paradua était la plus mobile des gobelins. Au même moment, Gi Za demanda à Gi Gi d'envoyer ses monstres vers l'arrière.
« Gagnez-nous du temps ! Il faut tenir jusqu'à l'arrivée du roi ! »
Au même moment, Gi Jii demanda au peloton d'assassins d'ouvrir la voie, tandis qu'il demanda à Gi Ba Hagar et Zaurosh de protéger les humains et de courir vers le nord en avant.
« Nous tiendrons l'ennemi ici ! » dit Gi Za.
Felbi n'eut même pas le loisir de demander ses ordres à Gi Za quand son peloton banda ses arcs et tira sur la cavalerie ennemie cherchant à percer l'armée de monstres de Gi Gi Orudo.
Gi Za claqua de la langue en laissant le commandement de ses druides à Gi Do Buruga, pendant qu'il rejoignait lui-même la mêlée. Gi Za savait que ce serait un combat difficile.
Pendant ce temps, après avoir vu l'armée de monstres apparaître, la tête de Saldin se refroidit soudain.
« Pourquoi ont-ils divisé leur armée en deux ? » se demanda Saldin.
Il était certain que l'armée de monstres n'était pas présente auparavant. C'était du bon sens que d'avoir toutes ses forces en un seul endroit était la meilleure façon de les utiliser.
Saldin le savait malgré n'avoir jamais étudié formellement. Il le savait par l'expérience. Et c'était aussi à cause de cette expérience que Saldin pensa à la possibilité de renforts.
« Alors, ces types sont des renforts ? »
Bien que Saldin ait combattu les gobelins, il ne les comprenait pas réellement en profondeur.
Quand il ordonna de lancer des boules de feu pour illuminer les alentours, il remarqua aussi que les elfes étaient présents.
« Non. Serait-ce qu'ils essaient de fuir par des chemins différents ? »
Normalement, Saldin attaquait d'abord et réfléchissait après, donc quand les aventuriers et soldats environnants le virent réellement utiliser sa tête, ils ne purent s'empêcher d'être perplexes.
Il ne fallut pas longtemps avant que Saldin ne devienne frustré, cependant.
« Merde ! Si c'était Carlion, il aurait déjà trouvé une réponse ! »
Il avait hardiment déclaré qu'il sauverait Carlion, mais Carlion était si loin qu'il ne pouvait même pas voir son dos.
Saldin fixa hateusement le camp ennemi.
« Général, qu'est-ce qu'on fait ? » demanda un soldat.
Mais Saldin l'ignora en regardant le champ de bataille illuminé par les boules de feu.
« …Ils n'ont pas l'air d'avoir beaucoup d'élan… » marmonna Saldin pour lui-même.
Ce faisant, cela lui vint enfin à l'esprit.
— Ces types sont en fuite !
Un éclair de perspicacité de la Déesse de la Sagesse.
Saldin afficha un sourire cruel, juste comme celui d'un bandit, en observant la scène devant lui.
« Divisez l'armée en deux ! »
Après avoir reçu des renforts, son armée comptait maintenant 4 000.
Saldin prit la moitié pour combattre l'armée qui était là maintenant, pendant qu'il prit l'autre moitié pour poursuivre le reste de l'armée qui fuyait.
Les aventuriers savaient que les gobelins étaient rusés. Ils priorisaient toujours la survie de leur chef. Utiliser leurs subordonnés comme boucliers n'était que du bon sens pour eux.
C'est pourquoi Saldin croyait que le gobelin géant qu'il avait combattu auparavant était sûrement avec la moitié en fuite. L'armée de monstres devant lui n'était rien de plus qu'un moyen de gagner du temps.
Saldin divisa aussi la garde de mana entre ses deux armées avant de prendre 2 000 cavaliers avec lui pour contourner et poursuivre la moitié fuyante de l'armée gobeline.
Saldin s'appuya sur ses instincts animaux pour saisir la position du peloton ennemi au nord alors qu'il ordonnait à ses hommes de charger dans les ailes de la Déesse des Ténèbres.
Bien que ce fût actuellement la période la plus sombre de la journée, Saldin chevaucha sans ralentir ne serait-ce qu'un peu.
Saldin frappa de sa lance et fit tournoyer son épée contre les ombres qui bougeaient.
Peu importait qu'il abatte monstre ou bête monstrueuse.
Il tuerait l'ennemi. C'était tout. Et quiconque s'alliait avec l'ennemi n'était aussi rien de plus qu'un ennemi.
« Tuez tout le monde ! Coupez ces têtes de gobelins ! »
L'attaque enflammée du Roi Rouge venait juste de commencer.
Les forces du Roi Rouge approchaient avec un grand élan depuis l'arrière. Au moment où Ra Gilmi Fishiga les remarqua, elles étaient déjà proches.
Ra Gilmi Fishiga avait laissé son peloton à l'arrière et n'avait que le minimum nécessaire pour escorter les humains, donc son peloton ne pouvait pas surveiller les environs aussi bien qu'il l'aurait pu.
De plus, Hal et ses gobelins Paradua étaient originellement chargés de surveiller les alentours, mais Hal dut porter un message au roi, donc son peloton fut démantelé et redistribué aux autres pelotons.
Quant à Gi Ji Arsil, il avait déjà bien assez à faire rien qu'à repérer et éliminer les monstres devant eux.
« Faites avancer les humains ! »
Ra Gilmi Fishiga confia l'escorte des humains à Zaurosh et son clan Cœur-de-Lion, pendant que lui et Gi Ba Hagar se portèrent à l'arrière pour défendre.
La tribu Ganra excellait dans l'utilisation des arcs, donc ils n'avaient aucune chance dans un combat rapproché. En tant que tel, ils se concentrèrent plutôt sur la défense avec le peloton de Gi Ba.
Malheureusement, les forces du Roi Rouge glissèrent à travers eux et attaquèrent les humains à la place.
Saldin ne voyait pas bien dans le noir, donc il attaqua juste là où il y avait plus d'ombres. Malheureusement, cela se trouva être là où se trouvaient les gens des terres frontalières.
Et essayent les gobelins de rattraper, ce n'était pas une tâche si simple quand on poursuivait des soldats montés, donc ils n'eurent d'autre choix que de regarder la partie la plus arrière de la ligne des gens des terres frontalières être écrasée.
« Vous osez ! » Gi Ba Hagar tenait une hache de jet dans une main et une longue épée dans l'autre alors qu'il bondissait droit sur l'ennemi sans même daigner consulter Gilmi.
Les gobelins sous ses ordres le suivirent aussi dès qu'il partit.
« Quoi ? Ce ne sont pas des gobelins !? »
Saldin fut choqué de réaliser que ce qu'il avait tranché n'était pas un gobelin mais un humain normal. Malheureusement, il n'y avait pas moyen d'arrêter l'élan de ses soldats.
« Arrêtez-les ! Au nom du roi, tuez ces bâtards ! »
La première charge avait frappé les citoyens des terres frontalières, et maintenant, les forces du Roi Rouge contournaient pour commencer une seconde charge.
Mais au moment suivant, la hache de jet de Gi Ba frappa un cavalier en tête, causant la chute du cheval et le chaos pour le reste du peloton.
« Attaquez ! »
Gi Ba chargea audacieusement pour prolonger ce chaos le plus longtemps possible.
Il fit tournoyer sa longue épée à sa guise. Et quand elle se brisa, il prit simplement la lance de l'ennemi.
« Allez après les gobelins ! Qu'importe quelques têtes d'humains sans valeur ! »
Aux mots de Saldin, l'attention se porta sur le peloton de Gi Ba.
Alors que Gi Ba se battait vaillamment, les gens des terres frontalières fuyaient le champ de bataille.
Le peloton de Gilmi tira des flèches sur l'ennemi, mais malgré la pluie de flèches, Gi Ba ne cessa pas de se battre une seule fois.
Si les gobelins battaient en retraite maintenant, la cavalerie ennemie attaquerait à nouveau, et les gens des terres frontalières seraient sûrement blessés.
« Seigneur Gi Ba ! Nous devons battre en retraite ! » dit Gilmi.
Mais Gi Ba l'ignora en poussant un hurlement. « GURUuoAA ! »
Gi Ba rassembla toute sa force et embrocha un soldat ennemi avec son cheval, puis les projeta loin.
« Si vous voulez partir, partez ! Je resterai ici et j'arrêterai l'ennemi ! » dit Gi Ba à Gilmi.
Ce ne fut qu'un instant, mais Gilmi sentit clairement la résolution de Gi Ba, alors il hocha simplement la tête et fit demi-tour.
Avant de retourner escorter les humains, le peloton de Gilmi tira trois salves de flèches vers les humains ennemis qui cherchaient à encercler Gi Ba.
Maintenant que Gi Ba et son peloton étaient peu nombreux, ils tirèrent plein parti de l'obscurité de la nuit. Ils devinrent fous sur le champ de bataille exigu et attaquèrent n'importe quel ennemi chaque fois qu'ils en rencontraient un.
Saldin et ses soldats étaient trop nombreux, donc ils eurent des difficultés à attraper Gi Ba et ses hommes. Chaque fois qu'ils essayaient de l'encercler, Gi Ba et ses hommes visaient la partie la plus faible de leur encerclement et perçaient.
La promesse de récompense de Saldin ne fit qu'empirer leur situation actuelle. Après tout, tous ici du côté de Saldin se battaient pour obtenir cette récompense, donc tout le monde continuait juste d'attaquer les gobelins. Il n'y avait aucun sens du travail d'équipe.
C'était comme si une montagne d'or avait été empilée devant leurs yeux. Ils poussaient tous égoïstement ceux autour d'eux pendant qu'ils couraient désespérément pour s'emparer d'une part.
Gi Ba perça la tentative d'encerclement de Saldin 4 fois. Et chaque fois, bien que ce fût difficile à voir à cause de l'obscurité, le visage de Saldin se tordait de colère.
« Qu'est-ce que vous foutez, bordel !? Il n'y a pas plus de 200 soldats du côté ennemi ! » Saldin étaitthoroughment enragé, mais quand il vit des renforts ennemis arriver, ses yeux devinrent perçants.
« …J'ai déjà vu ce type. Très bien. Je l'abattrai moi-même ! » dit Saldin.
« Seigneur Gi Ba ! » cria Zaurosh.
Gi Ba avait résolu de rester en arrière pour arrêter l'ennemi ici, mais Zaurosh, le commandant en chef du clan Cœur-de-Lion, revint pour le sauver.
Zaurosh fit tournoyer sa lance-faux et abattit un cavalier ennemi pour assurer la retraite sûre des gobelins.
« Assurez un chemin de retraite ! Tenez juste un peu ! » dit Zaurosh à son peloton, puis il alla là où était Gi Ba et dit : « Seigneur Gi Ba ! Repliez-vous s'il vous plaît ! »
« Tu n'aurais pas dû venir ! J'accomplirai mon devoir ! » répondit Gi Ba tout en continuant à abattre ennemi sur ennemi sur place.
Zaurosh pouvait clairement sentir la résolution de Gi Ba, mais il ne pouvait pas comprendre pourquoi.
« Regarde. Mes jambes ne bougent plus », dit Gi Ba.
Zaurosh baissa les yeux sur les jambes de Gi Ba, et ce qu'il vit était une jambe convulsée, couverte de blessures. Elle avait dû saigner tout ce temps.
Quand Zaurosh releva les yeux vers Gi Ba, le visage du gobelin était plein d'émotions. Cela malgré le fait que Gi Ba fixait hateusement l'ennemi devant lui.
Zaurosh ne put que grimacer, incapable de dire quoi que ce soit.
Mais alors Gi Ba parla.
« …Tu es humain, mais… Tu es un bon ami », dit Gi Ba.
Cela n'avait pas fait longtemps qu'ils étaient déployés au sud, mais Gi Ba et Zaurosh étaient sans aucun doute des camarades d'armes qui s'étaient battus côte à côte.
À cause de la protection divine qu'il avait reçue, Gi Ba avait toujours haï les humains, mais Shumea causa un changement en lui. Et maintenant, il y avait un humain prêt à risquer sa vie pour le sauver.
Après avoir rencontré ces deux humains, Gi Ba avait changé son regard sur les humains.
Gi Ba regarda la mort venir vers lui.
« C'est dommage que je ne pourrai plus me battre avec toi. »
Curieusement, au milieu du champ de bataille féroce, où le métal claquetait contre le métal et la vie contre la vie, au bord de la mort, Gi Ba parla paisiblement.
« Accomplis ton devoir, mon ami. Quant à moi, Gi Ba Hagar, cette bataille est mon devoir ! »
Gi Ba hurla cela en déviant une lance et en tranchant le bras qui l'avait lancée vers lui.
« …Que la fortune de la guerre te soit favorable ! » dit Zaurosh en se retournant.
Gi Ba le regarda partir, puis afficha un sourire féroce en reprenant le meurtre.
« Venez, humains ! Voyez si vous pouvez avoir cette tête à moi ! »
De longues épées vinrent fendre l'air vers Gi Ba des deux côtés, puis alors que les humains étaient choqués, il fit tournoyer sa propre longue épée et l'abattit sur leurs têtes.
Gi Ba força sa jambe immobile à faire un pas de plus, puis il transperça le cou de l'humain, et puis en trancha la tête.
Les gobelins sous Gi Ba savaient aussi qu'ils allaient mourir, donc ils se battirent sans retenue.
Avec seulement 100 gobelins restants, l'encerclement de la force du Roi Rouge était simplement trop grand pour être surmonté.
« Écartez-vous, imbéciles ! » dit Saldin avec colère en apparaissant hâtivement devant Gi Ba, couvert de sang.
« Hé, Gobelin… On se revoit », dit Saldin.
Les yeux de Saldin avaient une lueur féroce qui semblait assez tranchante pour couper.
« …Ce serait notre troisième rencontre, humain ! Mais, c'est bien. Maintenant, tu pourras m'accompagner en enfer ! »
« Façon de voir les choses en grand. »
L'attaque vigoureuse de Saldin lacéra le bras de Gi Ba, mais Gi Ba ne semblait pas se soucier de la blessure du tout alors qu'il relevait son épée.
Quand la longue épée de Gi Ba descendit, Saldin la rencontra avec la sienne.
Avec Gi Ba cloué au sol par Saldin, les forces du Roi Rouge commencèrent à abattre le peloton de Gi Ba un par un.
Les gobelins qui s'étaient battus avec Gi Ba tout ce temps tombèrent les uns après les autres.
« GURUuoOOOOAA ! »
« UOouuOOOAA ! »
Saldin et Gi Ba mirent tout sur la ligne alors qu'ils s'affrontaient en esprit.
Le son des cris de guerre et des épées s'entrechoquant résonna ensemble à travers le champ de bataille comme de la musique.
C'était une musique produite par la bataille entre un gobelin et un humain, mais avant longtemps, les cris cessèrent, et seul resta le choc des épées.
Des étincelles jaillirent et les sons du fer se brisant résonnèrent.
Saldin parvint à couper un des bras de Gi Ba, tandis que Gi Ba blessa profondément la jambe de Saldin.
Tous deux étaient grièvement blessés, mais aucun des deux camps n'était prêt à reculer.
L'affrontement entre un humain et un gobelin brûlait féroce comme un grand brasier, mais le moment de conclure était déjà venu.
Le corps de Gi Ba était criblé de trous par l'épée de Saldin. Et avec le dernier de sa force utilisé, Gi Ba tomba à genoux.
« T'es sacrément tenace pour un gobelin », dit Saldin.
« Pour mon ami et le roi ! Je ne perdrai pas ! » dit Gi Ba, puis il rassembla le dernier de sa force et attaqua une dernière fois.
Mais Saldin l'esquiva calmement et trancha Gi Ba puissamment de l'épaule à la poitrine.
« Mon ami… Prends soin de… le roi… »
Alors que le sang jaillissait de la blessure s'étendant de sa clavicule à son cœur, la dernière force quitta Gi Ba.
Ainsi prit fin la vie de Gi Ba Hagar les Bras Féroces.
« Ami ? Prends soin du roi ? …Imbécile. pourquoi un gobelin dirait les mêmes choses que… »
Saldin regarda le gobelin qu'il avait tranché et resta figé sur place un moment.
Quand certains de ses subordonnés essayèrent de couper la tête du gobelin, il les frappa et les engueula.
Finalement, il prit la longue épée de Gi Ba et la planta dans le sol devant le corps de Gi Ba.
« …On poursuit l'ennemi », dit Saldin.
Alors que Saldin tournait le dos, un messager de Brandika — qui avait découvert la poursuite — arriva pour leur dire de se retirer.