DUEL I
[Race] Gobelin
[Niveau] 22
[Classe] Duc ; Chefs de Horde
[Compétences Possédées] <> <> <> <> <> <> <> <> <> <> <> <>
[Protection Divine] Déesse des Enfers (Altesia)
[Attributs] Ténèbres ; Mort
[Bêtes Subordonnées] Kobold (Niv.9)
[État Anormal] <>
Notre expédition vers le nord se déroula sans accroc.
Après un jour et demi, nous continuâmes de progresser au nord du lac, chassant des bêtes à notre guise au fil de l'avancée. Durant ce temps, nous ne croisions aucune bête puissante.
Mais en chemin, je réalisai que je n'avais pas tenu compte du rythme de Reshia.
Même avec un guide, marcher dans ces parties de la forêt est assez éprouvant pour un humain, aussi son allure était-elle bien lente.
Si nous continuions ainsi, nous y passerions trop de temps, alors je pris Reshia dans mes bras et la portai.
Elle protesta immédiatement, mais je l'ignorai et accélérai le pas de l'armée.
« Nous marcherons jusqu'à midi », déclarai-je.
Le vent pleureur balayait les terres désolées, chantant un hymne pour tous.
Ces vents pourraient être invoqués par la puissance de la magie, pensai-je. Ils pourraient être là pour montrer que les druides règnent sur ces terres, mais même ainsi, nous marchâmes.
Désormais, nous devons faire preuve d'une grande prudence.
Sous la conduite du vieux gobelin, je déposai Reshia et menai la horde en avançant prudemment.
« C'est donc ici que vivent les druides ? » demandai-je au vieux gobelin.
« Oui. Plus loin se trouve la zone où l'arbre géant qui absorbe les nutriments de cette terre se dresse... Le Grand Arbre Perce-Ciel, le foyer des druides. »
D'après le vieux gobelin, les druides avaient creusé une caverne aux racines de cet arbre géant et y avaient établi leur base.
« C'est donc là qu'ils sont », marmonnai-je.
À distance se dressait un grand arbre touchant les cieux, dominant tout ce qui l'entourait. À mesure que nous nous en approchions, l'arbre et ses environs devenaient plus fournis. Une verdure luxuriante s'étendait autour du tronc, tandis que les racines affleurantes enlacaient les rochers proches. Les jeunes pousses de l'arbre géant étaient cultivées sur cette terre. On eût dit qu'il tentait de créer une nouvelle forêt avec pour seule espèce la sienne, provoquant une invasion de feuillage qui s'étendait sur trente mètres autour de lui.
Et puis, hors de cette minuscule forêt au sein de cette forêt géante, surgit un gobelin.
Il regarda de notre côté, puis paniqua, et revint vivement en arrière appeler ses camarades.
« Bien. Il a fait le travail à notre place », remarkai-je.
Alors, pour les faire se rendre, j'ordonnai le déploiement de l'armée. Après tout, il n'y a pas de moyen plus rapide qu'effrayer son adversaire.
L'armée de dix de Gi Go marcha à droite, l'armée de bêtes de Gi Gi à gauche, l'armée de dix de Gi Ga prit l'arrière de l'arbre, tandis que je pris le front. Ainsi encerclâmes-nous l'arbre géant de cette petite forêt.
Je restai là, silencieux, à attendre. Me demandant comment les gobelins adverses allaient sortir, le vieux gobelin vint soudain vers moi.
« Ô roi, daigne entendre ma requête », dit-il.
« Quoi ? » répondis-je sèchement, les yeux fixés sur l'arbre géant.
« Permettez-moi d'être celui qui exigera leur reddition. »
« Quoi ? »
Le vieux gobelin s'inclina résolument vers moi. Un changement radical par rapport à ce vieux gobelin qui contestait ardemment l'idée de venir ici.
« Pourquoi ? » demandai-je.
« C'est difficile à dire, mais le chef des druides est très probablement mon fils », répondit le vieux gobelin, une hésitation dans la voix.
« Tu exigerais leur reddition ? Même s'il s'agit de ton propre sang et de ta propre famille ? »
Je n'avais jamais entendu parler d'un gobelin éprouvant de l'émotion en tant que père.
Comment les gobelins pourraient-ils avoir un sentiment de paternité quand ils font chasser leurs enfants dès la naissance ? Une telle chose ne devrait pas être possible.
Pour les humains, ils développent de telles émotions car ils doivent protéger leurs enfants après la naissance. Mais pour les gobelins qui doivent chasser immédiatement même nouveaux-nés, de telles émotions n'existent pas. Alors pourquoi ?
« ... Cela ne peut être évité. Quelqu'un doit y aller », répondit le vieux gobelin.
Le vieux gobelin ne broncha pas devant ma voix mécontente, au contraire il me fit face avec ténacité.
Quelque chose me tiraillait. Quelque chose qui me faisait trouver du déplaisir à la proposition du vieux gobelin. Mais je ne savais pas quoi. Je le regardai donc froidement en donnant mon accord.
« Bien », dis-je.
Je regardai le dos solitaire du vieux gobelin tandis qu'il s'en allait seul vers le grand arbre.
––– Faux ! Qu'est-ce qui me tourmente !?
C'était comme s'il y avait une brume noire dans ma tête, étouffant mes pensées.
C'est toi ? Altesia !?
[Compétence] <> activée.
« Tu ne penses pas que le gobelin va te trahir ? Comme c'est mignon », dit une voix dans ma tête.
Secouant la tête, je chassai cette voix d'un haussement d'épaules, et regardai vers le vieux gobelin qui s'éloignait.
« Suis ton cœur ! » hurlai-je, balayant l'ingérence d'Altesia.
Alors le vieux gobelin s'inclina vers moi, et entra seul dans l'arbre géant.
◇◆◆
Au bout d'un moment, le vieux gobelin ressortit avec un autre gobelin à ses côtés.
« Oh ? Il y en a pas mal, non ? » dit le gobelin ennemi en souriant avec défi.
Mais je sais fort bien que, derrière cette façade souriante, le gobelin porte une grande assurance. Une robe enveloppée autour de lui, un bâton dans une main, il dégageait une forte pression. Et ce gobelin... plutôt qu'un gobelin, son apparence est bien plus proche de celle d'un humain.
Avec sa peau rouge, c'est très probablement un gobelin rare.
Mais cette atmosphère que je sens sur ma peau...
Ce gobelin est fort ; mon corps me le dit.
« Es-tu le chef ? » demandai-je.
Le gobelin qui se tenait devant moi, son allure hardie laissait clair qu'il ne baisserait pas la tête.
Mais c'est tout.
Je le conseillèrai tout de même.
« C'est exact. Je suis le chef des druides », répondit le gobelin.
Il y a une distance de vingt pas entre nous. C'est dommage, mais ce n'est pas une distance que je peux combler en un instant.
« Rends-toi, et offre-toi à moi », déclarai-je.
« Koukoukou... Tu sais que c'est vain, et pourtant tu t'en donnes la peine ? » répondit le chef des druides en riant. « Mais soit... Si tu parviens à me vaincre, je te donnerai tout. »
Un duel entre deux êtres qui s'autoproclament roi. Comme dans les livres d'histoire. Mais ainsi, les pertes seront minimes, et les gains immenses.
« Si je gagne, tu me donneras tout. Mais alors si c'est toi qui gagnes ? »
Quand je dis cela, ce ne fut qu'un instant, mais le chef druide me fixa, hébété. Puis rapidement, il éclata de rire, et dit :
« Quel type marrant... Tu comptes mourir !? »
Un sourire bestial apparut sur mon visage. Comme si une proie délicieuse venait de m'être tendue. Alors, avec ce sourire vicieux, je répondis au chef druide.
« On peut parier précisément parce qu'il y a deux choses égales en jeu. »
Moi non plus, je ne savais pas que je ressentirais cela. Peut-être parce que le visage de ce gobelin est si proche de celui d'un humain.
« Je vois... Alors dans ce cas... »
Comme le chef druide réfléchissait, Reshia surgit soudain.
« Allô ? Ça ne vous dérange ? Je ne vois rien ! »
Sans se soucier de rien, la voix de Reshia résonna dans cette atmosphère tendue. Et le gobelin devant moi se figea.
« ... Hé, papy, c'est quoi ce truc ? » demanda le chef druide au vieux gobelin qui était derrière lui.
« Le trésor du roi, une humaine », répondit le vieux gobelin.
« Un jouet, en d'autres termes ? »
« Non, le roi ne s'adonne pas à ce genre d'activités... Au contraire, il semble prendre plaisir à lui parler. »
« Oh ? »
Une lueur acérée jaillit des yeux du chef druide.
« J'ai décidé. Je veux cette fille ! »
Reshia se figea.
Je lui jetai un coup d'œil de biais, et claquant de la langue au fond de ma tête. Puis je la regardai et dis sarcastiquement :
« Félicitations, tu as été personnellement réclamée. Tu dois sauter de joie. »
« Q-Q-Qu'est-ce que tu racontes !? » demanda Reshia, ne comprenant pas ce qui se passait en me comparant au chef druide.
« La récompense de notre duel. Si je gagne, j'aurai sa horde. Si je perds, je te livrerai. »
« Q-Q-Q-Qu'est-ce que tu décides tout seul ! »
Cette fille n'a absolument aucune conscience d'être ma prisonnière. Eh bien, je ne la traite pas comme telle, donc c'est prévisible je suppose.
« Ne t'inquiète pas, je n'ai pas l'intention de perdre. Je n'ai aucune intention de te livrer à qui que ce soit non plus », dis-je pour la rassurer.
« Tch ! » répondit Reshia, visiblement encore paniquée.
Serrant Iron Second (Grande Épée d'Acier), je fixai l'ennemi devant moi, et calmai mon cœur brûlant.
Il n'a probablement pas entendu le marmonnement de Reshia, pensai-je.
Puis me raidissant, je concentrai toutes mes forces pour faire face à l'adversaire digne de ce nom qui se dressait devant moi.
« Viens ! »
Au retentissement de ma voix, la bataille sous cette atmosphère tendue commença.
Note de l'auteur :
C'est un combat de druide.
Qui aurait cru que le vieux gobelin aurait une famille !?
La capacité du vieux gobelin à si bien parler dès le début vient de son intelligence élevée.
Mais c'est après tout un gobelin normal, donc il ne peut pas rivaliser avec les druides.