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Fluffy Paradise

Chapitre 6 : Allons à l'école — volet grand frère

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Chapitre 6

Chapitre 6 : Allons à l'école — volet grand frère

Chapitre 6/6100%~12 min de lecture2 341 mots

Aujourd'hui, je sors avec papa et maman.

Il paraît qu'à l'école où vont mon grand frère et ma grande sœur, il y a une sorte de journée portes ouvertes.

Ils n'auraient pas des animaux rares, des fois ?

L'école de mon grand frère et de ma grande sœur se trouvait un peu à l'écart du palais.

L'Académie royale. Une école fondée par le tout premier roi, dont chaque souverain assure en personne la direction, et la seule du pays à porter le titre de « royale ». On y entre sans considération de naissance, du moment qu'on réussit l'examen, et quand on en sort, on est une élite qu'on traite partout avec égards.

Les filières sont nombreuses : chevalier, mage, chevalier des bêtes, suivante, fonctionnaire civil, et j'en passe. Ensuite, on est affecté au palais, dans les domaines ou dans les demeures nobles. Le palais, c'est la fonction publique d'État, et les domaines, la fonction publique territoriale, en quelque sorte.

Et puis il y a la filière des hauts officiers, réservée aux nobles.

C'est dans cette filière-là que sont mon grand frère et ma grande sœur.

Voilà tout ce que Papan m'a expliqué.

La classe de mon grand frère passe sur le terrain, apparemment.

En arrivant au terrain, j'ai vu qu'on avait monté des gradins.

Sauf qu'on avait aussi prévu des places réservées pour les nobles, et l'accueil n'y était pas le même selon le rang.

Pour notre famille, on avait installé un canapé bien moelleux et un service à thé. Avec, en prime, une élève de dernière année de la filière des suivantes pour s'occuper de nous.

Un canapé en plein air, franchement, il y aurait de quoi dire !

Mais ni Papan ni Maman n'ont eu l'air de s'en étonner, et ils ont commandé du thé comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.

Bon. À Rome, fais comme les Romains : je ne vais pas me formaliser non plus.

Je me suis assise sur le canapé et j'ai soufflé un bon coup.

J'ai bu un thé délicieux, j'ai jeté un œil distrait sur le terrain, et je suis restée bouche bée.

Il y avait un diorama gigantesque.

D'après Papan, plusieurs professeurs l'ont fabriqué par magie !

Une montagne et une rivière qu'on croirait découpées dans un vrai paysage, et au bout d'un petit bout de plaine, un terrain rocailleux.

Comparé au vrai, ça doit être à l'échelle un centième ou un millième, mais la montagne, elle, fait la hauteur du bâtiment scolaire de cinq étages.

Ils vont se servir de ça ! ! Ça a l'air trop bien, moi aussi je veux jouer avec !

Aux deux bouts du diorama, il y avait plein de soldats de vingt à trente centimètres. Une espèce d'illusion : les élèves commandent ces soldats et s'affrontent, c'est une simulation tactique.

Il y a plusieurs types de soldats, fantassins, chefs d'unité, cavalerie des bêtes, mages et tout le reste. On dirait un jeu d'échecs en vrai.

« Chupèèère ! »

Un spectacle pareil, ça n'existe que dans un monde de fantasy : j'étais surexcitée !

J'ai parlé à mes parents avec un sourire jusqu'aux oreilles, et Maman m'a serrée très fort.

Après, c'est Papan qui m'a prise dans les bras.

Ma parole, je suis drôlement gâtée.

Enfin le tour de mon grand frère !

Je ne comprends rien à la tactique, mais il a caché une partie de ses fantassins dans la montagne, il a posé des pièges magiques dans les zones dégagées, et même pour un œil de profane, mon grand frère est écrasant de supériorité ! !

Il n'a pas fallu longtemps pour qu'il gagne.

« Frérot, chupèèère, chupèèère ! ! »

Tout excitée comme j'étais, mon grand frère m'a prise dans ses bras et m'a caressé la tête.

Encore, caresse-moi encore.

Comme il y avait du temps avant le tour de ma grande sœur, on est allés faire le tour de l'école.

Cette école, c'était le palais autrefois. Voilà pourquoi elle est si démesurément grande.

... Oups, les lois de la nature m'appellent. Donc :

« Frérot, pipiii. »

Direction les toilettes, toujours dans les bras de mon grand frère.

Je n'ai pas besoin d'aide ! !

Il a beau être mon frère, c'est trop la honte, arrête !

J'ai fini par le convaincre et j'ai atteint la cabine saine et sauve.

Une fois soulagée, en revenant, j'ai trouvé mon grand frère coincé par un type très voyant.

« Frérot ? »

« Ma sœur est revenue, alors si vous permettez... »

« Ta sœur ? Vous ne vous ressemblez pas du tout, dis donc. »

C'est quoi, ce mec ? On se voit pour la première fois et il est grossier à ce point !

« Les soins d'une gamine, tu n'as qu'à les laisser aux domestiques. »

Oh ? Serait-ce le petit méchant de service, celui qu'on trouve dans tous les romans ?

Un présomptueux qui se serait mis en tête, tout seul, de voir en mon grand frère un rival ?

Il est plutôt beau garçon, c'est dommage.

« À moins que tu ne prépares déjà ton excuse pour quand je t'aurai battu ? »

*Clac.*

Celui-là, je le tue !

« Fwérot, il est twop fowt ! Il perd pas ! »

« Pff. Les petits enfants ne peuvent pas comprendre. »

Ce type vient de ricaner par le nez.

Je me dis parfois que mon esprit régresse un peu, ces derniers temps, mais j'ai quand même la trentaine !

Un noble bouffi d'orgueil et rien d'autre, élevé dans la mollesse au plus mauvais sens du terme : le crétin type.

« Vaut mieux cha qu'un imbéchile qui compwend pas chon wang. »

Mon grand frère en est resté ébahi.

Forcément. Pardon, grand frère. Ta petite sœur a une langue de vipère.

Mais ce sourire radieux, tout de même... Sur ce point-là, tu es le portrait craché de Papan !

« ... Sale gosse ! ! »

Oh ? On lève la main sur une enfant sans défense ? Tu tombes encore plus bas que le crétin, dis donc.

Je vais le dire à Papan. Comme ça, il saura ce que le rang veut vraiment dire.

Notre maison a beau n'être que ducale, Papan comme mon grand frère ont le sang royal et des droits au trône. Mon arrière-grand-père était le frère cadet du roi. D'ordinaire, les frères et sœurs du souverain épousent des membres de familles royales étrangères et renoncent à leurs droits sur le trône du pays.

Mais mon arrière-grand-père, lui, a renoncé à son rang royal pour mon arrière-grand-mère.

Voilà pourquoi, chez les nobles, notre maison est celle qui détient le plus de pouvoir après la famille royale... Sauf que Papan étant ce qu'il est... Bon.

« Que se passe-t-il ? »

Une voix pas forte du tout, mais qui dégage une pression terrible...

Mauvais pressentiment.

« Votre Altesse ! ! »

Ah, je m'en doutais.

Je vais me cacher derrière mon grand frère.

Mon grand frère et le crétin s'inclinent. On ne peut pas lever les yeux sur lui tant qu'il ne l'a pas permis. Moi, je garde la tête basse pour éviter son regard.

Je suis bien mal élevée moi aussi, tout compte fait.

« Peu importe. »

Son Altesse a donné sa permission et les deux ont relevé la tête, on dirait.

Moi, je continue de me servir de mon grand frère comme bouclier.

« Il m'a semblé, Tristan Disdol, que tu allais lever la main sur une enfant. »

« Q-quoi ! Jamais je ne ferais une chose pareille. »

Meeenteeeur !

Tu étais à deux doigts de frapper, emporté par la colère.

« Vraiment ? Alors pourquoi Neferutima se cache-t-elle ? »

Je ne me cache pas parce que j'ai peur d'être frappée, figurez-vous !

C'est de me faire attraper par le prince sadique que je ne veux pas !

« Votre Altesse connaît ma sœur ? »

« Je l'ai recueillie, un jour où elle s'était perdue au palais. »

« Chuis pas perdue ! »

Ouille. Ça m'a échappé...

« Tiens donc. Tu me réponds ? »

Aaaah, le prince sadique arrive sur moi !

I-il faut que je file.

Au moment où je me mettais à courir, un bras vigoureux m'a tirée en arrière d'un coup.

Câlin forcé...

« Naaan, veux dechendre ! »

Une petite fille qui déteste le prince et un prince qui s'amuse beaucoup : devant ce spectacle inhabituel, mon grand frère et le crétin sont restés interdits.

Au secooours ! !

« Tu es toujours aussi amusante. Tu veux devenir mon jouet ? »

Coup de massue... Dire que ma tête est amusante... Et me traiter de jouet... Il est sadique à quel point, ce prince ! !

« Fwéroooot... »

À moitié en larmes, j'ai appelé mon grand frère à l'aide.

Il a repris ses esprits, mais comme le prince sadique ne me lâche pas, il n'a pas l'air de pouvoir faire grand-chose.

« Je peux te faire entrer et sortir du palais à ta guise, tu sais. »

À cette seule phrase, j'ai cessé net de me débattre.

Laissez-passer pour le palais égale jouer avec Râsu autant que je veux !

Ça devait se lire sur ma figure, parce que le prince sadique se retenait de rire.

« Tu aimes Râsu à ce point ? »

« Râchu, ch'est mon copain ! »

Cette élocution catastrophique, faites quelque chose ! !

« Sauf votre respect, Votre Altesse. Laisser une enfant pareille circuler librement au palais me paraît fort discutable. »

Le crétin qui vient déposer une réclamation.

Gêner mes rendez-vous avec Râsu, c'est inadmissible !

« Avec Neferutima, il n'y aura pas de problème. Mon père l'a beaucoup appréciée. »

« Le woi ? »

« C'est cela. Va donc lui montrer ton visage. »

Oh. J'ai le droit de revoir le roi ?

« Woui ! »

« Avec mon père, tu es tout affection. Pourquoi est-ce qu'avec moi tu te sauves ? »

Enfin, la réponse est évidente !

« Pace que t'es le plince chadique. »

J'ai répondu du tac au tac. Quand je dis des méchancetés, mon élocution s'améliore, on dirait. J'ai moi aussi un fichu caractère, je ne suis pas en position de faire la leçon aux autres. Découverte du jour !

« Je vois. Tu avais donc tellement envie que je te taquine. »

Il a un sourire vraiment mauvais, le prince...

*Gnuuuuu—*

« Cha fait maaal ! »

Ne me pince pas la joue !

Je peux pleurer, maintenant ? Je peux, hein ?

« Votre Altesse, je vous prie de m'excuser. La présentation de Kâna va bientôt commencer, auriez-vous l'obligeance de me rendre Néma ? »

Bien joué, grand frère ! !

J'ai été libérée de l'attaque de pincement, mais dans les bras du prince sadique, je ne suis pas rassurée pour autant.

Libérez-moi vite ! C'est mon vœu le plus profond.

« En ce cas, je vous accompagne. »

Coup de massue...

N-non. Ça ira, merci ! !

Ah, mais pour refuser, on ne dit pas « merci », si ?

« Cependant, il serait irrespectueux de vous laisser ainsi... Veuillez nous pardonner. »

Courage, grand frère ! Tu es le seul sur qui je peux encore compter ! !

Sauf qu'un enfant, même mon grand frère, ne peut pas s'opposer à la famille royale.

« Il n'y a pas de mal. Ceci est déjà mon jouet. Ne t'en soucie pas. »

Devant cette affirmation du prince sadique, mon grand frère a pris un air inquiet.

Ah... Est-ce que par hasard je me serais trompée de choix ?

Grand frère, pardon.

« Tristan, Neferutima est sous ma protection. Désormais, tu t'abstiendras de ce genre de chose. »

Le crétin a sursauté sous la pression du prince sadique, puis il a enfin compris qu'il s'était attiré sa disgrâce, et il a blêmi.

Toutes mes condoléances.

Toujours dans les bras du prince sadique, nous sommes partis vers la salle de ma grande sœur.

Cela dit, jusqu'à quand est-ce que je vais rester portée ?

Pour un adulte, encore, mais pour un enfant de l'âge de mon grand frère, je ne suis pas un peu lourde ?

Non, je ne dis pas que je suis grosse ! ! ... Enfin, je crois...

« Je chuis lourde ? Je peux mawcher, tu chais. »

« Cela fait un bon entraînement. »

Attends ! Toi ! !

C'est moi qui ai posé la question, d'accord, mais on a plus d'égards que ça pour une demoiselle !

Tu ne plairas à personne ! !

... Ah, oui. Beau gosse, prince, un peu tyrannique, et un parti extrêmement prometteur : impossible qu'il ne plaise à personne.

C'est en pensant à tout ça que je me suis mise à examiner attentivement le visage du prince sadique.

« Les yeux de Neferutima sont-ils noirs ? »

D'où ça sort, cette question !

Ah, forcément, je le dévisageais.

Il faut dire qu'à cette distance, si les regards se croisent, il s'en aperçoit.

« On dirait plutôt un bleu très proche du noir. »

Dire « noir » a l'air de poser problème, alors ma famille soutient que c'est du bleu.

On ne m'a pas encore expliqué pourquoi, mais en attendant, je ferais bien de détourner la conversation.

« Néma, cha va. »

Neferutima, c'est long, un diminutif suffira. D'ailleurs, je m'en suis rendu compte récemment : pour Neferutima, le diminutif ne devrait pas être plutôt « Néfer » ou « Ruti » ?

Ne garder que le début et la fin, on n'a jamais autant abrégé ! C'est ce que je me dis en ce moment.

« Néma, donc... Alors appelle-moi Viru. »

« Viwu... »

Ah, désolée. Je n'arrive toujours pas à prononcer les r correctement.

« ... Vi, ça suffira. »

Ah, le prince sadique a fait un compromis.

Quand il est gentil, ça m'inquiète, j'ai peur qu'il y ait anguille sous roche...

Tiens ? Je serais un peu contaminée par le prince sadique, moi ?

Vous êtes à jour !

C'était le dernier chapitre disponible pour Fluffy Paradise.

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