Dans la capitale du royaume de Snail s'élevait un château somptueux.
Un château si éblouissant qu'il se distinguait même dans les ténèbres de la nuit.
―― Le château de Snail.
Sur le balcon de ce château de Snail.
Le roi de Snail et le chancelier faisait tinter leurs coupes de vin d'un sec « clink ».
« …… Cependant, les choses ont tourné de façon inattendue à notre avantage. »
« Ah. »
Tous deux ricanaient d'un rire mince et sordide.
« Qui aurait cru qu'en finançant simplement cette armée révolutionnaire, nous en tirerions un tel retour sur investissement ? »
Le roi de Snail porta un regard de côté sur la capitale royale.
Bien que ce fût la nuit, pas une seule lumière ne brillait dans la ville, qui s'enfonçait dans une obscurité sordide.
…… Ce pays n'était plus qu'un citron pressé.
À force d'avoir pressé les impôts sans penser aux lendemains, ce pays ne rapportait plus guère de profits.
C'est pourquoi le roi de Snail avait jeté son dévolu sur l'empire voisin de Noa.
La réussite de la révolution était une heureuse erreur de calcul.
Et la chance continua de sourire… on disait qu'on avait récemment dévalisé le trésor impérial de Noa jusqu'à la dernière pièce d'or.
La guerre est un duel d'or contre de l'or.
Sans or, on ne peut engager ni mercenaires, ni approvisionnements, et mener une guerre convenable est impossible. Quelles que soient les défaites sur le champ de bataille, c'est celui qui a l'or qui l'emporte à la fin.
Désormais, l'empire de Noa n'avait plus rien de redoutable.
« Profitons de cette aubaine pour mettre l'empire de Noa dans notre poche. »
« Ah. Et de là, nous pressurerons les impôts à outrance pour encore rehausser le standing du château de Snail. »
« Ah ah ah, faut bien jeter un os aux gueux, sinon ils râlent. »
« Qu'à cela ne tienne… il suffit de rejeter la faute sur le roi-démon ou sur l'empire de Noa, et ils avalent la couleuvre sans broncher. »
« Fufu, s'entendait-on dire ça, ce serait embêtant. »
« De toute façon, personne n'écoute… »
C'est au moment où le roi de Snail, ayant ainsi parlé, penchait élégamment sa coupe que retentit.
« ―――― Fuh-hah-hah-hah-hah-hah ! »
Dans le ciel nocturne, un rire sinistre résonna.
Le roi de Snail recracha son vin en un « buh » sonore.
Il scruta les alentours à la hâte, mais nulle part figure humaine.
Pourtant, seul le rire parvenait à ses oreilles.
« Q-Qui est là !? Où es-tu ! »
Le roi de Snail tourna le visage vers la provenance de la voix — vers le ciel nocturne.
Il n'y avait rien.
Non… il n'y avait rien, du moins était-ce censé être le cas.
Pourtant.
« Ce qui est à toi est à moi, ce qui est à moi est à moi ―― »
Des ténèbres du ciel nocturne, une ombre suinta, lentement…
On eût dit un monstre, mais non. Un humain.
On ne sait quand, sur fond de croissant de lune tranchant comme une lame, un homme au masque bizarre était apparu, flottant dans les airs.
« ―――― Le phantom thief Nemesis, ici présent ! »
Tout en faisant claquer sa cape noire comme des ailes, l'homme proclama d'une voix haute.
« Pressurer l'or des innocents pour engraisser sa bourse… passe encore, mais en rejeter la faute sur le roi-démon , c'est impardonnable ! »
Le phantom thief Nemesis pointa un doigt rageur vers le roi de Snail.
« ―― Des vermines indignes même de l'enfer, ce phantom thief Nemesis va vous châtier ! Ou plutôt… je vais vous faire pleurer à coup sûr ! »