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Farming Life in Another World

Chapitre 914

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Chapitre 914

Chapitre 914

Chapitre 914/103588%~11 min de lecture2 080 mots

J’étais un homme de race humaine.

Mon père, le roi, était tombé au champ de bataille, et j’avais succédé au trône d’un petit royaume à dix-huit ans.

Dix années s’étaient ensuite écoulées.

Les combats s’étaient enchaînés sans discontinuer.

Notre royaume avait été petit, mais comme sa majeure partie était constituée de terres agricoles, il avait constamment fait l’objet des convoitises de ses voisins.

Même si je leur répétais qu’il ne fallait plus se disputer entre humains tandis que nous nous préparions à la guerre contre le Royaume Démon, personne n’avait écouté.

Ils ne revenaient sur ces propos que lorsque nous les avions vaincus lors d’une bataille.

Cela m’avait mis hors de moi.

Heureusement, ou peut-être simplement parce que j’avais du talent naturel.

C’était un peu prétentieux de ma part, mais non seulement mes compétences en arts martiaux personnels avaient été solides, mais j’avais dirigé efficacement une armée complète.

Je ne m’étais jamais complètement déclaré invincible, mais dans les faits, j’avais remporté presque tous les affrontements.

J’avais ainsi anéanti les royaumes qui tentaient de nous attaquer, tour à tour, et j’avais élargi nos possessions jusqu’à faire de notre État une entité d’une taille correcte.

Une nation de taille moyenne, précisément.

Elle ne pouvait certes pas être qualifiée de grande puissance.

De véritables grands empires existaient ailleurs, après tout.

Il me fallait donc renforcer nos capacités militaires pour éviter de devoir subir les exigences arbitraires de ces puissances.

Le jour même, j’avais encore fait tomber un royaume.

« Quelle gloire pour notre roi !

Un spectacle admirable ! »

« Le royaume de Gozran, pourtant si résistant, n’avait été qu’un enfantillage entre vos mains. »

« Des prouesses dignes d’un conquérant !

Nous devons nous aussi redoubler d’efforts ! »

Lors d’un banquet célébrant cette victoire dans notre château fort, les généraux de mon pays m’encombraient de leurs compliments avec des sourires aux lèvres.

Ces officiers semblaient de petits serviteurs empressés auprès de moi, mais en réalité, ils n’étaient nullement des lâches.

Sur les champs de bataille, ils massacraient les ennemis tels des démons de guerre, jouissant déjà d’une renommée parmi les nations voisines.

« Ce fut une excellente initiative de capturer, non seulement le roi ennemi, mais aussi ses princes et princesses directement sur le terrain.

La prise de contrôle des territoires s’en était trouvée grandement facilitée. »

C’était indéniable.

Nous les avions bien pris au piège.

« Maintenant, comment souhaitez-vous vous débarrasser de ces prisonniers ? »

Me débarrasser ?

« Oui.

À savoir quelle forme donnerait à leurs morts glorieuses. »

« Voyons, voyons.

Ces conversations n’ont rien à faire lors d’une fête pareille. »

« Effectivement.

On n’évoque pas ce genre de choses ici.

N’est-ce pas, Majesté ? »

…Hmph. Ils avaient perdu, mais ils m’avaient affronté de plein fouet.

Sur ce point, je devais leur rendre hommage.

« Alors ? »

S’ils pouvaient servir notre royaume, pourquoi les épargner et les employer ?

« Ah, effectivement.

Votre Majesté a vraiment un cœur large. »

« C’est vrai, c’est vrai. »

« Cependant, dans ce cas, cette troisième princesse…

Elle pourrait regretter sa fuite.

Elle a manqué une occasion unique de servir notre souverain. »

« Cette troisième princesse qui a déserté sans même combattre ? »

« Une telle personne serait inutile à Sa Majesté.

Il lui serait plus commode de crever quelque part en pleine nature plutôt que de nous embêter. »

« Wahahaha.

Oh pardon, la coupe de notre roi est vide.

Quelqu’un porterait-il du vin ? »

« Je vous prie de m’excuser.

La voici.

J’ai pris soin de la vérifier contre les poisons. »

Dès que j’acceptai le nouveau gobelet, l’un des généraux lança le traditionnel toast.

Je levai légèrement le verre en réponse, et la salle retentit aussitôt des acclamations en honneur de la victoire.

« Santé à notre roi ! »

« Haha, notre nation est invincible ! »

« Absolument, tant que notre roi règnera, notre peuple connaîtra seulement la victoire ! »

Les paroles de ces officiers faillirent détendre mes épaules.

Mais je ne pouvais baisser la garde.

Non, vraiment pas.

Si la situation autour de notre royaume s’améliorait globalement, elle restait loin d’être sécurisée.

Bien que j’eusse l’intention de régner avec justice, j’avais étendu nos frontières par la force des armes.

Je savais pertinemment que cela m’attirait des rancunes.

Et cette fois, bien que ce ne fût pas une multitude, nombre de fidèles accompagnaient la princesse en fuite.

Ils ne visaient pas carrément ma tête, mais il fallait rester vigilant.

Je tolérais ce vacarme pour la soirée, mais dès demain, la discipline reviendrait.

« Entendu !

Pour la gloire de notre royaume ! »

Cette nuit-là.

Non, tard dans la nuit.

Je pénétrai dans la vaste pièce où les torches brûlaient à profusion.

Et là, sans hésiter, je m’inclinai profondément.

Je pliai les genoux et pressai mon front contre le parquet.

Puis je lançai toutes mes excuses.

J’étais infiniment désolé !

Restant parfaitement immobile, j’attendis que l’autre brise le silence.

Aucune voix ne répondit.

Devrais-je renouveler mes excuses ?

C’est exactement à ce moment précis que les mots arrivèrent enfin.

« Ô roi. »

Certes, je le suis.

« Avez-vous oublié ce que je vous ai dit avant de lancer cette campagne militaire ? »

N-non, absolument pas.

C’est précisément pour cette raison que je m’incline ainsi…

« Quel était donc l’objectif de cette expédition ? »

Capturer les fonctionnaires civils autour de la troisième princesse du royaume de Gozran.

« Exactement.

Vous aviez raison.

Mais alors, où se trouve cette troisième princesse de Gozran ? »

Elle… s’était enfuie.

« Et les fonctionnaires ? »

Ils avaient fui avec la princesse.

« Et malgré cela, vous avez anéanti le royaume de Gozran ? »

C’est bien ce que j’avais fait.

« Pourquoi ? »

Eh bien, voyez-vous, c’était plutôt la dynamique des combats…

« Pourquoi avoir annexé tout cet État !

Je vous avais supplié des dizaines de fois, sans relâche, que c’était trop ambitieux et impossible à gérer ! »

La personne à qui je faisais face, prostré, était un homme d’âge mûr.

Il portait le titre de baron.

Sa profession était celle de haut fonctionnaire civil.

Et ce lieu abritait justement l’administration interne de mon royaume.

Le bureau du ministre de l’Intérieur.

Il y accomplissait ses missions quotidiennes.

La majeure partie du vaste bureau avait été envahie par des liasses de dossiers et des tablettes boisées couvrant les tâches en attente, tandis que ses collègues s’étaient activés avec acharnement dans les rares espaces libres.

Leurs regards étaient vidés de toute vie, mais leurs mains bougeaient à une vitesse incroyable.

« De base, nous n’étions qu’un petit royaume, incapable de gérer autre chose qu’une structure modeste !

Or, voir nos terres quadrupler en à peine dix ans… constituait manifestement une erreur stratégique !

Notre administration était totalement en faillite ! »

Un… petit royaume, et non une nation mineure…

« Abandonnez ces ridicules préjugés !

L’orgueil ne corrigeait jamais les déficiences administratives ! »

J’en convenais.

« Comment en sommes-nous arrivés là ! »

C’était parce que vous demandiez des administrateurs compétents…

« Oui, je les avais bel et bien réclamés ! »

Lorsque nous avions cherché, nous avions découvert que la troisième princesse de Gozran ainsi que son équipe civile étaient excellents, n’est-ce pas ?

Vous étiez ceux qui aviez exprimé ce besoin.

« Donc vous aviez déclaré la guerre pour ça ?

Je vous avais conseillé une approche pacifique. »

Non, attendez, j’avais bien essayé de procéder calmement.

Mais notre État possédait aussi son honneur.

Il n’aurait pas été logique de demander assistance sous prétexte de faiblesse administrative.

« Avoue-le.

Dépose cette fierté inutile. »

Certaines formes de dignité se méritaient et ne se jetaient pas.

Ainsi, puisque mon seul souhait initial était simplement qu’elle vînt régner ici, j’avais envoyé des émissaires pour proposer ce mariage en qualité d’épouse légitime.

Pas en tant que concubine.

Comme reine consort.

Pourtant, quand nous avions dépêché ces messagers, Gozran s’était soudain mis en position de guerre totale.

J’avais tenté d’éviter le conflit, mais face au refus systématique des négociations et à l’invasion directe, je n’avais plus le choix…

« …… »

Qu’y avait-il ?

« Seigneur.

Permettez-moi une question.

Répondez-y sincèrement. »

Très bien, j’allais répondre.

« Quel âge aviez-vous ? »

Je comptais vingt-huit ans cette année.

« Et la troisième princesse de Gozran ? »

…Hein ?

Attendez.

Quel âge avait-elle ?

Le premier prince de Gozran… étant donné qu’il était d’un an mon cadet, il devait avoir vingt-sept ans.

La seconde princesse aurait eu vingt-cinq ans.

Donc la troisième devait tourner autour de vingt.

« Sept ans. »

Hein ?

« C’est sept ans !

Lui demander d’épouser votre Majesté revenait à exiger un otage !

Comment voudriez-vous qu’ils n’attaquent pas en représailles ! »

Pardon ?

Sept ans ?

Pourtant, on disait qu’elle gérait l’administration.

« C’est précisément pour cette raison que nous les sollicitions ! »

Ah…

« Au pire scénario, je pensais que si nous récupérions la princesse et ses cadres civils, la croissance territoriale compenserait… Mais vous ne vouliez que des terres supplémentaires ! »

M-mes excuses.

Je reconnaissais avoir fait erreur.

J’aurais dû me soucier un peu plus de l’âge réel de notre cible.

« Vous n’aviez tout de même pas massacré les membres de la famille royale de Gozran ? »

Évidemment que non.

Les tuer rendait impossible toute négociation si la princesse décidait de revenir.

« Libérez-les. »

Quoi ?

« Renvoyez-les.

Les royalistes de Gozran.

Et restaurez la monarchie de Gozran.

C’était la seule solution valable.

Tout autre option menait à la ruine.

Effaçons purement et simplement cette guerre. »

Eh bien, écoutez…

« Que voulez-vous dire ? »

Je m’inquiétais surtout d’avoir gagné du terrain sans réussir à capturer la princesse…

D’ailleurs, pendant le transport vers ici, j’avais volontairement abaissé la surveillance à plusieurs reprises afin de faciliter leur évasion.

« Et donc ? »

Pourtant, au lieu de fuir discrètement, ils étaient tous restés là.

« Dans ce cas, abandonnez-les quelque part !

Une fois laissés pour compte, ils n’auraient eu d’autre choix que de rentrer chez eux ! »

J’avais tenté cette expérience deux fois, mais ils avaient toujours fini par revenir.

Ce n’était pas ma faute !

« Votre Majesté est responsable !

À part la princesse, le reste de la noblesse ne pensait qu’à survivre !

Que prévoyiez-vous de faire avec eux ? C’étaient de lourds fardeaux ! »

B-bien, ils pourraient servir sur le champ de bataille.

Ces individus résistaient particulièrement bien.

Les frappes du premier prince brisaient des blocs de granite sans difficulté.

« Si ces coups d’épée suffisaient à améliorer l’administration, allez-y !

Êtiez-vous sérieux concernant leur futur rôle ?

Si vous laissiez ces nouveaux territoires sans supervision, les grandes puissances vous reprocheraient sévèrement cette négligence. »

Q-quoi que disent les empires, je les broierais sous mes bottes !

« Malheureusement, si ces superpuissances nous regardaient fixement, notre économie se désorganiserait complètement avant même qu’une véritable confrontation puisse éclater. »

Euh…

C-e’est vrai.

Pourquoi ne pasistribuer ces nouvelles terres à titre de récompense à nos subordonnés ?

« Même distribuées, comment comptiez-vous superviser leur exploitation ?

Ce serait à nous de gérer la bureaucratie locale, n’est-ce pas ?

Personne dans nos rangs n’avait jamais dirigé de fief auparavant. »

Nous étions autrefois un petit royaume sans assez de domaines à céder.

Toute l’administration relevait exclusivement de la Couronne.

« J’ai compris.

Il ne reste plus qu’une solution ultime. »

Ah ? Existait-il encore un espoir ?

« Imitez Gozran. »

?

« Provoquez la guerre, acceptez la défaite et permettez à un rival d’absorber notre territoire.

Visez spécifiquement une grande nation dotée d’une administration solide. »

At-attendez.

S’ils nous écrasaient et nous absorbaient… quelle serait ma part du gâteau ?

« Ne vous inquiétez pas.

Nous prendrions des dispositions pour éviter toute souffrance inutile. »

Je mourrais, c’était ça !

Moi, je finirais exécuté !

« Majesté, vous parliez encore avec votre accent provincial. »

Laissez tomber les détails !

Je refusais catégoriquement.

Je ne voulais pas encore périr.

Je n’avais même pas encore d’épouse officielle.

« Dans ce cas, nous présenterions notre démission collective. »

Désolé, désolé, désolé.

Excusez-moi absolument pour ça !

Je vous accorderais des titres nobiliaires en compensation !

« C’était inutile ! »

J’étais un homme de race humaine.

Je n’y entendais rien en administration, mais j’étais redouté tel un roi conquérant.

***

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